Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.

16 février 2019

Ma compil' spéciale Cowboys Fringants

Dans une époque qui a bien besoin d'être politiquement secouée, Les Cowboys Fringants ont petit à petit fait leur place pour chanter et dénoncer les abus de notre société de surconsommation, les inégalités, la dégradation de l'environnement, le capitalisme... mais aussi les peines d'amour, et la vie qui passe. Un vrai groupe charismatique et engagé, qui sait à travers ses chansons, rendre la morosité de la vie plus gaie. Non, la vie n'est pas toujours rose, mais il sait mettre les notes et les mots à l'endroit où l'espoir et la joie nous font pousser des ailes dans le dos. Depuis 1995 et des débuts pas vraiment prometteurs mais ô combien ben fun, le groupe n'a cessé de s'améliorer, d'apprendre, et de devenir le phare de tout un peuple québécois. 

Mais c'est sur scène que Les Cowboys Fringants excellent avec succès tant ils ont tous les ingrédients nécessaires pour faire monter très vite la température. Leur prestation se démarque notamment par la présence sensuelle de la belle multi-instrumentiste Marie-Annick Lépine. Gracieuse dans sa petite jupe et ses bottes de cowboys, elle caresse les mélodies qui sortent de ses divers instruments : violon, accordéon, piano, mandoline, flute... On ne se lasse pas de la regarder jouer, s'agiter sur scène. Karl Tremblay, quant à lui, interpelle par sa présence physique. Il en impose avec respect et admiration derrière son micro, et son air bon camarade représente le coté bon vivant du groupe. Jean-François Pauzé est la tête pensante du groupe et le principal compositeur. Il mériterait une statue sur le Mont-Royal tellement sa plume est belle. Sans oublier, Jérôme Dupras à la basse pour sa folie communicative.

« Pourquoi ce nom ? C’est vraiment une histoire très banale. On voulait participer à un concours amateur et comme c’était de la chanson western dans un bar country de notre région et on se demandait quel nom prendre. On a hésité entre les Oiseaux fringants et Les Cowboys Fringants, alors on s’est dit, étant donné que c’est du Western on va s’appeler Les Cowboys Fringants. Et ça a pas été plus loin que ça. Ça a duré une minute la sélection de ce nom (Karl Tremblay, le 2 mai 2006) [Source Wikipédia]. »

Nous sommes en janvier 2005. Je travaille dans un Couche-Tard sur Montréal, et à la radio passe en boucle La Reine. J'aime bien la chanson et poussé par la curiosité je motive mon chum à découvrir le groupe sur scène à La Tulipe quelques semaines plus tard. Histoire de sortir et de boire un coup. Je me souviens quand l’entracte est arrivée, d'être sorti dehors sous la neige, torse nu, totalement en sueur, totalement excité et à la fin d'avoir passé une soirée furieusement belle. Le genre de soirée qui marque une vie. Quinze ans plus tard, il me reste dans le cœur d'autres concerts mémorables de Bruxelles à Lyon, une magnifique collection de disques, et surtout des chansons collées à ma vie, comme des reflets de souvenirs, de douleurs, d'amours, de joies, de combats. Vous savez, ces chansons que l'on écoute quand le poids du monde sur les épaules devient trop lourd, que l'on écoute pour pleurer, ou simplement pour reprendre une grosse dose de bonheur. 

Voici ma compilation spéciale love love d'eux. 



Parce que...

Si je m'arrête un instant,
pour te parler de la vie
je constate que bien souvent
on choisit pas mais on subit

ça fait que si à soir t'as envie de rester
avec moi la nuit est douce on peut marcher
et même si on sait ben que toute dure rien qu'un temps
j'aimerais ça que tu sois pour un moment
mon étoile filante

Parce qu'au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester

Après un party Dédé s'est tué
Y s'est endormi au volant
J'va toujours me rappeler de c'te soirée-là
Après sa mort on est tous'tombés ben bas

T'es arrivée au bon moment
J'pense que c'était le plus beau jour de ma vie

Y a eu des bons moments
Mais l'bonheur ç a ben l'air que ç dure rien qu'un temps

C'est comme si t'avais pris une paire de cutters
Pis qu't'avais coupé le cordon de mon cœur
J'me suis dévasté pendant une coupl' de s'maines
Faut ben qu'un gars ravale sa peine

Un adolescent
Marche dans la rue
Dernier résistant
D'époque révolue

Mais les aiguilles tout au fond de l'horloge
Battent la mesure et jamais ne dérogent
Elles nous rattrapent laissant dans leur sillage
Les rêves que l'on a pas réalisés
Qui s’essoufflent à la façon d'un mirage
Cédant le pas à la réalité
C'est la vie
C'est la vie
C'est la vie

J'ai bu, j'ai mangé comme un fou
Ch'pu capable de me t'nir debout
J'pense que ma vie est terminée

Mais avant de mourir,
Mes dernières paroles furent :

LÉOPOLD ! Si tu savais comme je t'aime !

Quand je t'ai croisée ce matin-là sur la rue
Ca devait bien faire au moins dix ans
Si tu as fait mine de ne pas m'avoir vu
Tu t'es trahie en te retournant.

T'arrives en même temps qu'l'automne
Tsé qu'ça m'a fait ben d'la peine
De t'voir partir ma mignonne...

Bienvenue à Repentigny-by-the-sea

Oh! À boire, à boire
car j'ai la gorge en feu
à boire, à boire
pour les couples malheureux

T'es méchante quand t'es saoule
Pis comme t'es toujours saoule
ben t'es tout l'temps méchante
C'est comme dans les portes tournantes

Mais ce soir, j' me raconte que ma vie est comme un vieux char
J'ai beau me requinquer mais jamais je ne pars
Je suis un peu trop rouillé
J'viens de m'en apercevoir

Si la vie vous intéresse
Vous êtes à la bonne époque
Venez célébrer cette Grand-messe

Parce que bien avant ma patrie
Et toutes les politicailleries
J'prône les causes humanitaires
Et chuis amoureux de la Terre

Les vers de terre se terrent dans les artères
Jammés dans l'tunnel été comme hiver
Traînant leur p'tit malheur en bandoulière
En ayant toujours peur de la lumière

On n'aura jamais su de quel pays qu'a v'nait
Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appellait
Mais c'matin les gens pleuraient la reine
Dans l'bout d'la rue sainte-Catherine et d'la main'
Mais au moins elle a repris ses ailes
Pour partir vers un monde un peu moins cruel
Et même si elle croyait pas en dieu
C'est sûr qu'elle vole queq'part où l'ciel est bleu.

Sais-tu au moins qu'tu m'as fait croire, qu'y'est encore possible d'être heureux

Le monde entier pourrait creuver
J'suis just ben quand t'es dans mes bras

Octobre arrivé on fumait des cigarettes
Achetées à l'unité, s'prenant pour des poètes

Le ciel de mes jours est en pleurs, tu m'as jamais laissé d'adresse

Comme une étoile poquée dans la nuit
Je m'accroche à mon ciel et je survis
Moi qui aurais tant besoin d'une amie
Dans l'immensité de mon ennui

Comme tout le monde je cherche la même chose
Un peu d'amour sur mes ecchymoses

Pis moi j'aurais pu' personne j'aurais pu'mon vieux chum

Au fond on n'était pas pareil
Toi t'attends qu'il te pousse des ailes
Moi j'espère juste voir le soleil
À travers mon pare-brise qui gèle

J'avais pas beaucoup d'amis
J'ai grandi sans faire de bruit

J'ai rêvé plus d'une fois d'être fort

Quand viendra l'âge du bilan
L'important sera que tu sois content
Car on fait ce qu'on peut dans la vie
Tout dépend de ce qu'on a comme outils
On voudrait tous être aux commandes
Mais l'offre est plus petite que la commande
Que l'on soit minus ou géants
Il faut être fort pour traverser le temps.

Bonne chance

J'm'ennuie tellement d'toi
Qu'j'ai oublié
Ç'qu'y a ben pu t'pousser
A m'quitter

Il ne reste que quelques minutes à ma vie

Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité, adieu l'humanité

Citoyens ! L'avenir commence à c't'heure !!

On veut tous s'arrêter
Mais on est happés comme des cons
Par ce monde de cinglés
Qui fait qu'on r'garde pu' les saisons

Attache ta tuque
Avec le gaz qui est toujours plus cher... Ils savent qu'ils nous tiennent par les couilles

J'ai pas un rond, pis à vrai dire, chu pas mal paumé

Pis entre tout ça, j'pense à toi d'temps en temps

C'est rien qu'une histoire
Comme il y en a d'autres
Mais ça reste quand même la nôtre
Quand arrive le soir
On tire les couvertes
Au lieu de lancer la serviette
Couchés en cuiller
Collé su' ton derrière
T'es mon petit bord de mer
À la fois la lumière
Et le gouvernail
Qui me ramènent au bercail

La vie s'accroche et renait
comme les printemps reviennent
dans une bouffée d'air frais
qui apaise les coeurs en peine

et au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
que des étoiles filantes.


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