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Affichage des articles du février, 2016

Sidi Wacho - Libre

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Quand le disque a glissé dans la platine, il ne faisait pas beau et il pleuvait dehors. Pas vraiment un temps à la fête. La mélancolie et la paresse étaient au programme. Soudain, à la première note de la première mélodie, le ciel gris s'est mit à rayonner. Quelques notes et une fièvre agréable monte déjà avec le titre Intro "Bandera De Libertad" . Pas le temps de prendre une respiration que déjà, le titre te procure une inspiration aspirante. Ouais t'es aspiré, c'est bien le mot. Aspiré vers un pays latin où la musique rime avec fête et vie. Où les paroles riment avec couleurs et chaleur. Où les rythmes riment avec sensualité et liberté. Transition parfaite, le groupe est engagé et le revendique sur  Libre .   Un minuscule refrain terriblement efficace et fédérateur. Puis quand vient le troisième titre  Con Sabor , certaines comparaisons me viennent à l'esprit. Cette excellente fusion de Cumbia et de hip-hop rappellent délicieusement un soupçon de Spoo

Noel O'Brien - EP

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On sort du bois quelques minutes, pour se faire un petit détour par l'Irlande. Attiré par la lumière franche d'une pop moderne mélancolique, par un son d’hiver d'où apparaissent quelques timides rayons de soleil. La démo de ce jeune homme, qui sort d'une école de musique de Dublin, est une petite merveille qui colle parfaitement à cette période de jours qui commencent à se rallonger. Un folk épuré, des mélodies, une voix, des accords avec des arrangements pop. Simple, efficace, beau et voluptueux comme les plaines humides et sauvages de ce beau pays. Doux comme un ruisseau qui coule et dévale les vallées du Munster. Noel O'Brien qui cite John Martyn, Bob Dylan et Nick Drake dans ses influences, réussit en seulement cinq titres a perturber l'auditeur. Sommes-nous à l'orée du jour, ou à sa chute ? Une certitude. Voici un EP parfait. Laissez-vous tenter, je vous promets que ce jeune doué est une bouffé d'air pure, fraîche, c'est comme vous voulez. Une

Bears of Legend - Ghostwritten Chronicles

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Quand je lis le mot Québec, je fonce. C'est la première raison pour laquelle j'ai accepté de jeter mon oreille droite curieuse sur la nouvelle galette de Bears of Legend . En voyant que ça parlait de vieux voiliers, d'océan, de sirènes et de mort-vivants, j'ai forcément déposé l'oreille gauche conquise pour une écoute attentive à cet album conceptuel. Ghostwritten Chronicles , ce sont des histoires imaginées à partir d'un journal de bord retrouvé sur un voilier, sur fond de mélange efficace entre musique traditionnelle, esprit folk et rock progressif. Alors oui le texte est en anglais, si vous êtes une bille comme moi en ce qui concerne la langue de Shakespeare, vous apprécierez au moins les puissantes mélodies qui se dégagent de cet album. Dans un premier temps. Ensuite, sortez votre bouquin de traduction. Retour vers les années 1500, place à notre imagination. Le voyage commence... Be Mine, All Mine , bruit de vagues, une voix qui vous prend dans les

Benoît Dorémus - En tachycardie

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De la poésie, de l'humour, de l'amour, un chanteur à la voix juste, à la voix douce, qui fait mouche. Pour une dose de positif, pour une dose de simplicité. Presque six ans après son dernier album, Benoit Dorémus revient enfin. ENFIN ! Et entre nous Benito, ta verve m'a tellement manquée ! Il m'aura fallu un coup de main, je dois l'avouer, pour découvrir Benoît Dorémus . C'était quand ? Il y a dix ans ? Un titre, une reprise par  Renaud sur son album Rouge Sang : Plus rien à te mettre . Probablement ma petite préférée de l'album du frangin. Sous le charme et fébrile, cette aubaine artistique m'a figé le cœur et amouraché l'amour que je porte à l'architecture grammaticale... Et qu'on se le dise, le retour de Benoît est franchement convaincant aux toutes premières écoutes. Sa voix, ses histoires ciselées et ses mélodies ont un rapide effet fascinant. Dès qu'il se met à chanter ou raconter, impossible de ne pas être emporté dans ce

« Faut se lever tôt pour me faire pleurer en musique »

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Un jour ou l'autre, nous nous sommes tous posés cette fameuse question. Si, souviens-toi l'été dernier quand sur la plage de Deauville tu observais le coucher de soleil avec admiration. Ce moment-là où tu t'es dit : "- Qu'est-ce que je pourrais écouter comme chanson pour accompagner ce moment si beau ? ". Nous aussi, nous nous posons ce genre de questions, mais c'est vachement plus intéressant de les poser à Rodrigue , histoire d'en savoir un peu plus sur ses goûts musicaux. L'occasion aussi pour nous et pour vous, de nous replonger dans sa première dizaine d'années de carrière qu'il fête cette année. Et de découvrir son dernier album Spectaculaire Diffus  si ce n'est pas encore fait. (mode d'emploi pour les nuls : cliquez sur le lien surligné en bleu pour accéder au morceau sur youtube ou deezer) Une chanson pour planer sans ectasy Harlem River de Kevin Morby parce que je n'avais pas envie de citer toutes les chan

Max Richter - Memoryhouse

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Pour mieux pénétrer dans les nuits longues et tièdes de l'hiver, entre la fraîcheur extérieur et les chaleurs d'une couette, d'un chat qui ronronne sur les genoux. S'enivrer d'une symphonie bellissime aux heures endormies. Le casque sur les oreilles, les paupières lourdes, c'est l'album qu'il faut.  Calé dans mon fauteuil sans âge, paralysé par le mouvement violent, érotique et majestueux des violons qui prennent le large, engourdi en écoutant ce post-minimaliste allemand, avec des poussées physiques aux allures de rock, comme si je sortais ma tête par la fenêtre ouverte d'un TGV, au ralenti, d'une lenteur gracieuse comme dans un clip de Dolan, et que d'un coup tout s’accélérer, se déchirer dans une excitation sans limite. La nuit, c’est le meilleur moment du monde pour contempler, sans un mot, sans parole, sans toute cette merde qui nous entoure, juste des ondes, des notes, des frissons. Max Richter m'éblouit, me détache du mon

Erwan Pinard - Obsolescence programmée

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J'aime m'accrocher au livret d'un nouvel album (ou d'un vieux aussi). Pour une exploration sensuelle de ce qui se boit et me désaltère de poésie. Celle qui me transperce comme la plume qui fume d' Erwan Pinard , que je découvre d'une ouïe éblouie.  Inconnu au bataillon de mes connaissances, pas très épaisses cela dit, c'est pourtant son troisième album qui sort début février. Il était donc temps que mon chemin croise le sien. Le verbe gominé, la gratte lubrifiée, les musicos habités, l'auditeur en haleine... Alerte générale ! Palpitation, le rythme cardiaque s'accélère. Coup de foudre et soupir admiratif. Aux premières écoutes des treize pistes d' Obsolescence programmée , se mélange morceau sensuel, dérangeant, désespéré, brutal, puissant, merveilleusement raffiné. En atteste le début de l'album avec l'impressionnant Laisse-moi . Une ballade guitare/voix mi-pessimiste dans les paroles, mi-enthousiaste dans la mélodie, mais terribl

Noé Talbot - Déballer le présent

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Une cascade de plaisir me prend à la gorge, je viens de me laisser engloutir par une découverte québécoise. Je viens de me faire happer par les cordes vocales d'un bel artiste. Je viens de me faire tripoter dans tous les sens par un folk-punk terriblement fringant.  La musique commence. Ça tangue rapidement d'images dans ma tête. Des horizons de grandes plaines, de caves miteuses, de scènes de bars chaleureuses peuplent le gris ensoleillé de mes pensées. Un foutre argileux vient glisser sur la mélodie entraînante du premier titre Déballer le présent , la voix est salée, refrain fédérateur à perte de souffle. Abruti d'amour , l'écoute est à la réjouissance, c'est puissant et ça ravage les méninges, c'est chaud et c'est froid. Que c'est bon. Il y a  Burrico  qui fait dégouliner mes mots trop beaux en flots de whaouu, et mes émois sont mis à nu sur Chocolat . Un peu aussi sur Mentir . Pour le coup, j'aimerais croire très fort que l'océan qui nous

Merzhin - Babel

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Babel ou quand le rock français vous ravage la tête et le cœur... Une voix, des guitares, une ambiance. Déchirant, sombre, généreux, passionnant... Babel n'est pas qu'un disque, c'est du sable mouvant qui vous aspire lentement. C'est un poison lent qui vous consume inexorablement... Jusqu'au plaisir ultime. Intense.  Des heures à la seconde , leur dernier album sorti il y a deux ans aurait pu être le disque de tous les dangers. Comment peut-on se remettre d'un chef-d'oeuvre pareil ? La réponse semble évidente aujourd'hui en écoutant leur nouvel album. Les mêmes ingrédients sont là. La folie, le rock, la rage, l'électricité, la puissance, la sensualité, multipliez tout ceci par deux et c'est la gifle dévastatrice, à l'image d'une tempête dans le désert. Merzhin d'album en album ne cesse de se bonifier, de prendre un volume incroyable pour se placer définitivement dans le wagon de tête du rock français, entre Noir Désir et No One I