Je voudrais résumer l’œuvre d’Alex Keiling, alias The Wooden Wolf comme sereine, déterminée, habitée, passant sans jamais s’affadir l’épreuve du temps d'écoute. Il se dégage de cette musique brute l’élégance des grands songwriters, la pompe feutrée des nuits calmes, et ses subtils codes offerts aux rêveurs. Et la lenteur du tempo pris par le musicien ne fait ici que souligner cet instant solennel. Indigo Prayers Op.8 (son 8ème opus), malgré sa splendide tranquillité, est pourtant auréolé de mystères. Le songwriter franco-canadien semble avoir composé ces onze titres en écho à un sentiment diffus, une zone de clair-obscur entre chien et l'oup où le chaud du sang vient se mêler aux reflets bleus de la nuit. Les hypothèses vont bon train sur les influences de cette folk hantée, jusqu’à convoquer l’esprit de Leonard Cohen, de Pink Floyd ou le dépouillement de Jason Molina. Composées autour d’un spleen central, ces variations folk rendent chacune hommage à une émotion brute, par...