Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Je me suis réveillé ce matin avec une des chansons de l'album dans la tête, de quoi me donner la migraine en me disant que ça fait déjà vingt ans que ce disque est sorti. Putain déjà. Bon. On ne va pas se mentir, ce n'est pas forcément son meilleur album, malgré les chiffres et l'emballement médiatique (à juste titre) mais il reste un album attendrissant et important. Mais celui qui ne jure de Renaud que par Boucan d'enfer ne connaît pas le reste de sa discographie (celle d'avant hein). Mais bon, plus de sept ans après son dernier bonbon d'album A la belle de mai (1994) voir le retour du Renard était loin d'être un supplice. Au contraire, ça faisait vraiment plaisir de le voir différemment que sur les publications de ces magazines torche-cul que le peuple raffole. C'est la première fois aussi que je pouvais m'offrir le disque de mon idole de toujours dès sa sortie, c'était une petite fierté, un petit trésor. D'autant plus que l'album en...
Je suis un homme ordinaire, mais quand arrive cette chanson (jamais par hasard) je suis tout sauf commun. Je crois que mon visage s'illumine de cette lueur musicale, une lumière qui ne vient pas du soleil, mais d’une voix qui m’enveloppe, celle de Jacques Higelin . Tombé du ciel s’élève comme un souffle dans l’air. Les premières notes s’immiscent sous ma peau, et tout ce qui pèsent sur les épaules disparaît, s’évapore comme une brume matinale. Parfois je ferme les yeux, laissant la mélodie se mêler à la danse du vent. Parfois je regarde les étoiles s'il fait nuit. Je regarde vers les cieux dès fois que… un chanteur de charme ou un pot d’fleurs… Les mots, ces mots, s’accrochent au cœur comme un poème ancien que j'aurais toujours connu sans jamais l’avoir appris. La gravité s’éloigne, comme si Higelin me tendait la main pour m’arracher au sol. Je ne suis plus assis, je plane. Amoureux. Les souvenirs, les regrets, les doutes, les erreurs, les chagrins s’effacent, balayés par ...
Avec Ginette, on peut dire que c’est de l’histoire ancienne, et pourtant, il se passe toujours quelque chose à chaque fois que le morceau démarre, comme si un cycle revenait encore et encore, que chaque écoute réenclenche en moi les mêmes sensations malgré les années qui passent. J'en ai fait une histoire sans fin. Ginette est la huitième piste du premier album Not Dead But bien raides (1989) de Têtes Raides . Il faut vivre cela, dans la pénombre d'une salle de concert, pour pouvoir y trouver sa place dans cette suspension du temps. Cette suspension qui balance les âmes. Elle n'a pas besoin de moi, mais moi j’ai besoin d’elle. J’ai besoin de cette présence dans ma vie, complice dans les rêves et dans les envies, pour rouvrir les tiroirs de souvenirs. Quand ça va mal, quand ça va bien, j'ai besoin de passer du temps avec elle, qu’on ne s’en lasse pas, qu’on trouve le goût d’un bon moment, même pour cinq minutes trente, c'est court mais ça suffira. Les notes d'ac...
Chaque fois que je retourne à Perpignan voir la famille, je ne peux pas m’empêcher d'aller faire un tour chez le disquaire (qui bouquine) boulevard Clemenceau. V'là depuis dix ans maintenant que je me suis fait un petit rituel à coup de disque vinyle dans la valise et cet été je suis revenu avec Marche à l'ombre de Renaud . Histoire de venir compléter ma vieille collection. L'album de 1980, le quatrième, sera celui d'un premier grand tournant dans la carrière du chanteur tellement ce disque marquant ouvre et bouleverse la décennie de la plus belle des manières. Encore aujourd'hui, pas moins de la moitié des chansons sont jouées sur scène. L'album débute avec l'emblématique Marche à l’ombre , qui déboule banjo en cavale où Renaud pose définitivement son argot jouant un rôle important dans l'évolution du style de la chanson française à cette époque. Encore une fois, le chanteur mêle humour, critique sociale et émotions personnelles. Ça peut être comme...
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