Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Je suis un homme ordinaire, mais quand arrive cette chanson (jamais par hasard) je suis tout sauf commun. Je crois que mon visage s'illumine de cette lueur musicale, une lumière qui ne vient pas du soleil, mais d’une voix qui m’enveloppe, celle de Jacques Higelin . Tombé du ciel s’élève comme un souffle dans l’air. Les premières notes s’immiscent sous ma peau, et tout ce qui pèsent sur les épaules disparaît, s’évapore comme une brume matinale. Parfois je ferme les yeux, laissant la mélodie se mêler à la danse du vent. Parfois je regarde les étoiles s'il fait nuit. Je regarde vers les cieux dès fois que… un chanteur de charme ou un pot d’fleurs… Les mots, ces mots, s’accrochent au cœur comme un poème ancien que j'aurais toujours connu sans jamais l’avoir appris. La gravité s’éloigne, comme si Higelin me tendait la main pour m’arracher au sol. Je ne suis plus assis, je plane. Amoureux. Les souvenirs, les regrets, les doutes, les erreurs, les chagrins s’effacent, balayés par ...
Grand moment de plaisir, les écossais de Travis sont de retour ! Et à l'évocation de ce nom, revient forcément la chanson Sing en tête, véritable madeleine de Proust musicale rappelant le bon temps des années 90. Un huitième album pour Travis , trois ans après Where You Stand qui avait marqué le retour de Francis «Fran» Healy, faisant une parenthèse de sa carrière solo. Sur ce Everything At Once , le chanteur et ses complices Andy Dunlop à la guitare, Dougie Payne à la basse et Neil Primrose derrière la batterie, reviennent avec une envie communicative à travers quelques chouettes titres ici et là parmi les dix titres de ce nouvel album. Et ça commence avec le premier extrait balancé avant la sortie de l'album 3 Miles High . Histoire de se dire que le groupe ne se renouvelle pas mais n'en perd pas pour autant sa force : une pop mélodique à coup de refrains entraînants... Confirmation avec Magnificent Time . La chanson qui te fait sautiller dans la rue. Véridique. ...
Nirman , voici un nom qui risque, en mai prochain (date de la sortie de son premier EP Animal ) de prendre une belle importance dans le milieu musical. Car à l'image de sa pochette très jolie et cette voix cousine d'Alain Chamfort, ce mini-disque s'annonce comme une belle promesse. Après avoir écouté en boucle Azzam David son premier extrait que vous avez pu découvrir dans notre sélection de février 2017 , je me suis lancé enthousiaste dans l'écoute de son premier EP Animal . Balançant de temps en temps dans une douce nostalgie slave héritée de son père, cette musique pop électro entraînante ne me déçoit pas. Un univers que l'on a pu déjà entendre, mais qui apporte pourtant son lot de surprise quand Nirman invite l'auditeur à planer sur le premier morceau C'est la vie . Ces voix aériennes, c'est toujours prenant... L'énergie est maîtrisée et impose une intense douceur, un calme envoûtant quasi immobilisant. Il ne me faudra pas trois plombes pour a...
L'une des plus belles, parce que Nuit et brouillard s’impose comme l’une des chansons les plus poignantes et les plus engagées de la chanson française. En choisissant de mettre en musique l’indicible, Jean Ferrat offra en 1963 un hommage bouleversant aux déportés des camps nazis et dénonça avec une rare intensité les silences et l’oubli d’après-guerre. Le titre fait référence à la directive Nacht und Nebel émise par le régime nazi en 1941, visant à faire disparaître dans le plus grand secret les opposants politiques dans les pays occupés. Une politique de la terreur et de l’effacement que Ferrat évoque avec des mots simples et forts : "Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers / Nus et maigres, tremblants dans ces wagons plombés…" . En quelques vers, le décor est planté : celui des trains de la mort, des camps, de la souffrance humaine à une échelle industrielle. Mais plus qu’un simple devoir de mémoire, Nuit et Brouillard est aussi une mise en garde contre...
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