Il y a deux classes. On les connaît. D’un côté, le peuple, le refrain, le sucre. La musique qui meuble le vide et c’est suffisamment efficace. Ça ne dit rien, mais ça occupe l’esprit. De l’autre, les ombres. Les anciens, les bustes de pierre, les poètes. On les écoute pour nourrir l’esprit. Comme avec Watt . Ce nouveau disque de Bertrand Belin s’infiltre directement, il ne cherche jamais l’effet, mais l’empreinte. Et c’est précisément ce qui me touche chez Belin depuis ses débuts, cette façon de faire de la chanson un espace mental, presque un lieu de résidence. Dès le premier titre, L’inconnu en personne installe une atmosphère étrange, suspendue, faite de nappes synthétiques, de rythmes minimaux et de lignes de basse qui semblent battre comme un cœur fatigué. La voix de Belin, grave, posée, presque parlée, agit comme un fil conducteur. Elle me séduit, j’en tombe rapidement amoureux. J’adore ces voix qui observent, traversent les paysages intérieurs qu’elles évoquent avec une pudeur...
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