Cali - Calicuiri (2026)

Pour être honnête, je n’ai pas été convaincu à la première écoute. Ni à la deuxième. Mais l’histoire commune que j’ai avec sa musique m’invite à ne pas lâcher l’affaire.

Prenez Encore, le premier extrait. A sa sortie, il m'a laissé un goût pop un brin trop familier, me rappelant ce virage amorcé avec La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur. Un album que j'avais déjà eu le plus grand mal à adopter à l'époque, après le triptyque majuscule des débuts L’amour parfait, Menteur et L’espoir. C'est vrai, ce disque de 2009 avait marqué une rupture nette qui finalement était à l’image de cet éternel écorché vif. 

Alors, je n'ai pas baissé les bras. Troisième, quatrième, cinquième écoute... Et soudain, tout est revenu. Un peu grâce aussi au deuxième extrait, Allumette, dont le clip est tout simplement magnifique. Il m’a replongé en un instant dans ce spectacle de marionnettes identique que j'avais eu la chance de voir à Rennes il y a quelques années, et qui m’avait totalement émerveillé.
J’aime les disques qui vibrent, qui suent et qui saignent un peu. Je crois que Caliciuri coche pas moins toutes les cases. Cette fois, Cali a choisi de tomber le masque ou plutôt de le redresser en intitulant son nouvel album de son propre patronyme. Est-ce parce que l’heure des bilans et des grandes confessions est arrivée pour l’un des artistes les plus viscéraux de la scène française ? Viscéral ? Bah ouais, ce nouvel album sonne un peu à contre-courant. Pas d'artifice numérique superflu, ça sent les vrais instruments, les vrais amplis et comme toujours chez Cali, l'organique prend le dessus. Le son est chaud, brut, presque tactile. J'entends par ici l'urgence du live et celle de dire l'essentiel : vis, aime et emmerde le reste ! Voici les thématiques fortes du onzième album studio du catalan où il promène comme toujours sa gouaille poétique et ses failles béantes. La nostalgie y est encore lumineuse, la lucidité peut-être un peu moins mordante, à mon goût mais ne mettez pas en doute mon admiration pour l'artiste. Avec des titres évocateurs comme Ne me regarde plus ou Ma dernière chanson, le chanteur se pose. Il contemple le chemin parcouru et intercepte le temps qui file avec moins de cynisme, mais quand même avec une tendresse bienvenue. Le sens de la formule est toujours là, tout comme le drame intime. Les titres comme Ne fais jamais confiance à un cowboy ou Est-ce qu'on peut vivre sans amour rappellent ce talent qu'a Cali pour transformer les mini-drames du quotidien et les tourments amoureux en hymnes collectifs taillés pour la scène.


Caliciuri reste l'album d'un homme de 58 ans qui chante ses cicatrices et qui nous tend ses mots sans artifice. Un artiste qui poursuit sa route, qui n'a plus rien à prouver et surtout qui fait ce qu'il veut. Cali quoi. Il n'intègre pas la liste de mes albums préférés, mais quelques titres rejoignent ceux d'une très belle discographie que je ne me lasse pas d'écouter. 

Tracklist
01 - Encore
02 - Allumette
03 - Ne fais jamais confiance à un cowboy
04 - Ne me regarde plus
05 - Est-ce qu'on peut vivre sans amour
06 - Vivre
07 - Tu es mort
08 - Donne-moi tout
09 - Luge
10 - Ma dernière chanson
11 - Allumette (Dans la nuit)

25 septembre 2026
Because Music


www.calimusic.fr 
www.facebook.com/brunocali

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