Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.

15 avril 2019

Yules - A Thousand Voices

Yules réussit, en dix morceaux (sublimes), à trouver la moelle épinière d'une pop planante : ce souffle intérieur rendu au monde dans un murmure de puissance. Intense et feutré, cet album, foncièrement enivrant, ne manquera pas de superlatifs.


Dans les prochains jours, les prochains mois, A Thousand Voices fera sensation et nous fera beaucoup de bien. Personnellement, il m'en fait déjà. Beaucoup. Énormément. Et j'espère pour toi aussi qui tombera sous le charme de cette pop sensible et mélodique. C'est frais, c'est limpide, c'est poétique, c'est vivant, et à la fin, on en redemande. Vous le savez, dès qu'une miette de musique réveille ma sensibilité, je monte sur mes grands chevaux et avec cet album c'est la chevauchée assurée. La grande chevauchée fantastique. Sous la lumière tamisée, dehors il fait nuit, les gens dorment et moi, je glisse l'album dans mon lecteur, casque sur les oreilles. Le morceau d'ouverture A Thousand Voices déroule, élégant et raffiné, des mélodies amples et des mots suspendus, aussi insaisissables que les nuages de cette pop vaporeuse que nous offre le groupe. S'en suit d'autres titres forts, beaux, comme la ballade The Other Inside Me à la poésie mystérieuse, dont les rêveries déploient tout leur pouvoir d'évocation. Je me plaît à divaguer sur Fall Grief, à me laisser porter par cet univers onirique, au refrain d'une guitare à la puissance incantatoire. De quoi fermer les yeux et de se laisser... Un petit bijou cette chanson... Comme d'autres. Même si en l’espace d’un album, j’ai perdu le fil de mes rêveries qui se multiplient. J'arrive à la moitié de l'album : Another Song (to L.C) et tout s'enchaîne à une vitesse folle comme une sensation nouvelle à chaque découverte des morceaux suivants. Le cœur au galop. Past Its Present, A Bridge Anyway. C'est vibrant, ça frétille, ça picote et ça fait du bien. L’album ne cesse de me confronter à des sonorités agréables : If (feat. Lonny Montem), sincère, sobre, élégant, parfois émouvant, souvent magnifique. L'opus s'arrête sur un Detalled View doux et envahissant. Dominée par le silence, l’acoustique, la voix magique, la montée en puissance, je me laisse recouvrir par ce dernier titre à la mélodie imparable pour un lâcher prise absolu. Chef d'oeuvre !


Oui, j'espère que dans les prochains jours, les prochains mois, A Thousand Voices fera beaucoup parler de lui. Car voilà un album qui vient s'ajouter à la longue liste de ceux qui donnent une claque, une belle, profondément, intensément. 

Tracklist
01 - A Thousand Voices
02 - The Other Inside Me
03 - Fall Grief
04 - I Can't Wait
05 - Another Song (to L.C)
06 - Past Its Present
07 - A Bridge Anyway
08 - River
09 - If (feat. Lonny Montem)
10 - Detalled View

12 avril 2019
Marjan Records

www.facebook.com/yules
www.yuleslesite.com

14 avril 2019

Hervé - La peur des mots (cover Alain Bashung)

Hervé et moi, c'est une histoire d'amour qui commence comme je les aime. 16 mars 2019, nous entrons dans le Liberté à Rennes pour voir Eddy de Pretto. Une fois installés confortablement, les lumières s'éteignent, Hervé entre sur scène pour assurer la première partie. Il ne nous faudra que deux titres pour être totalement conquis.

Et j'adore quand ça se passe comme ça. Ces rencontres-étincelles qui explosent en feux d'artifice. Déjà parce que je n'avais pas du tout écouté le bonhomme avant le concert, je voulais me garder la surprise. Et puis, le voir tout petit au milieu d'une scène immense, tout seul face à des milliers d'âmes fiévreuses et conquérir au fur et à mesure chaque centimètre de cette scène, de la salle, de nos cœurs.... Et devenir au fil des morceaux, l'unique intérêt de ce début de soirée... Époustouflant feu follet derrière son clavier. Immense présence. Intense artiste. Je suis sous le charme, et je perds tout contrôle sentimental quand les premières notes de La peur des mots retentissent... 


Ouais mec, à la fin de sa performance, j'étais totalement sous le charme. De ce morceau, de cet artiste, de son univers... Jusqu'en même y penser pendant le show d'Eddy... En tout cas, aujourd'hui, j'ai hâte d'être au 17 mai prochain pour la sortie de son premier EP. Je vais compter les jours, un grand arrive !

www.facebook.com/HerveMusiqueFC
www.youtube.com/hervé

12 avril 2019

Marc Delmas - La superficie du ciel

Quand de douces mélodies m'envahissent, je me sens bien. En plus, j'avais envie de belles chansons avec les beaux jours du moment. La découverte du nouvel album de Marc Delmas tombe à point ! 


La superficie du ciel regroupe onze chansons à l'image de la pochette : apaisante, délicate, intrigante. Voilà comment je peux résumer cet album en trois mots. Dès le premier morceau La superficie du ciel, Marc Delmas fait parler sa poésie. Et pour moi, les artistes sans poésie deviennent des produits, seuls les poètes m'intéressent, et comme l'ouverture de l'album annonce parfaitement la couleur alors, je plonge. Je plonge dans les mots, et je nage de bonheur. Car on sent beaucoup d‘empathie et de proximité dans les chansons de Marc Delmas. Des chansons qui parlent au cœur, qui parlent des choses de la vie avec une pudeur remarquable, avec une guitare magnifique donnant des ballades acoustiques touchantes (Nos garçons, On s'est volé), avec une voix posée et d'une sensibilité mêlée à une forme de retenue. De la dentelle, tout en délicatesse (Tisser des poèmes est un bel exemple). La première fois, quand j'ai écouté l'album en entier et que j'ai réalisé être arrivé à la dixième piste sans m'en rendre compte, je fus étonné. Parce que les titres s'enfilent comme des perles, la production est ultra propre, d'où se dégage un sentiment de cohérence et d'apaisement qui rend la production si fluide. Un long fleuve tranquille. Marc Delmas livre des chansons concises et charmantes, un peu nostalgiques, un peu douces-amères. Une mélancolie magnifique; à juste dose… De facture minimaliste et épurée, voire éthérique, l’album est, jusqu'au dernier, titre très puissant. Un ultime titre éloquent de poésies... De la mélodie aux paroles, de l'atmosphère aux images du clip vidéo (à voir ici), Le bruit d'une main possède beaucoup d'atouts pour caresser la sensibilité d'un bon nombre d'auditeurs, d'amateurs de bonnes musiques.


Voilà un bel album qui nous tend les bras. Et croyez-moi, La superficie du ciel est d'une telle douceur qu'on aurait bien du mal à lui dire non. 

Tracklist
01 - La superficie du ciel
02 - Nos garçons
03 - Tisser des poèmes
04 - Wattana
05 - Jouvence
06 - L'adret
07 - Les roses trémières
08 - La mort des amants
09 - On s'est volé
10 - Fifrelin
11 - Le bruit d'une main

22 mars 2019
Microcultures / Differ-Ant

www.facebook.com/MarcDelmasChansons
www.youtube.com/marcdelmas

10 avril 2019

¿ Who's The Cuban ? - Circo Circo

Difficile de commencer cette chronique sans avoir envie de rhum, de menthe, de citron vert, de sucre roux et de glace pilée, quand en plus de ça, dehors il fait super beau, même chaud, et que de mes enceintes, sort un son latino qui me donne envie d'être fin juillet au bord de la mer. 


Quoi que, l'été approche doucement mais sûrement, et logiquement les rythmes africains et cubains que l’on écoute durant l’année vont s’intensifier en même temps que l'odeur des barbecues. Ça tombe bien, j'ai sous la main un super album qui va bien me plaire ces prochains jours. J'imagine le tableau : En rentrant du boulot, play sur Circo Circo, les fringues qui volent, une porte de frigo qui s'ouvre, une main qui prend une bière et hop, le gros saute sur le transat du jardin ! Au top ! 
L'album de ¿ Who's The Cuban ? est à la fois coloré, intense, humain, musical et palpitant. Et bien que certains titres peuvent me donner le sentiment de déjà entendu, je pense à  Buscando una forma de liquidarte le premier titre ou encore à Todo lo hice puisque la moindre sonorité cubaine qui résonne aux oreilles, reste en tête parce que cette musique on l'aime forcément même sans en être adepte, d'autres sont totalement extraordinaire comme Como, l’envoûtant et puissant Rosana et surtout le joyeux Guagüita. Parce qu'en plus de la traditionnelle mélodie afro-cubaine évidemment bien présente, le groupe n’hésite pas à prendre les voiles pour naviguer au-delà de la mer des Caraïbes pour aller puiser dans d'autres racines sonores. Dans leur cocktail festif et tropical, on retrouve logiquement de la salsa, mais aussi du rock, de la pop, du jazz... Tout ce qui peut donner un peu de chaleur, de vitalité et de passion ! Faut dire que le combo franco-cubain -autrefois nommé Son Del Salón- bouillonne de créativité et osent mélanger des musiques qu’ils aiment - ou qu'ils savent jouer - ou les deux, voilà des mecs totalement passionnés par ce qu'ils font. Bon, c'est peut-être un peu bateau de dire ça, parce que tous les musiciens semblent passionnés par leur boulot, mais tu ne m'aurais pas dit qu'ils étaient de Nancy, j'aurais plutôt cru que les mecs étaient des habitués des café-concerts de la Havane. Et qu'ils seraient venus défendre leur premier album dans notre beau pays de java et d'accordéon grâce au pif d'un producteur nostalgique de l'ouragan Chan Chan de 1997.


On vient de me dire que le froid et la pluie vont revenir dès ce week-end. Oh flûte de zut, ouais je sais qu'en avril ne te découvre pas d'un fil, je vais devoir remettre à plus tard les envies de chaise longue et de Mojito. Alors pour me consoler, même sous un ciel gris, j'écouterais à nouveau Circo Circo juste pour l'invitation au voyage...

Tracklist 
01 - Buscando una forma de liquidarte
02 - Todo lo hice
03 - Tukara
04 - Como
05 - Rosana
06 - El Circo de la Sombra
07 - Afro-spleen
08 - Teologia de barra
09 - Domingo
10 - Domingo 2
11 - Guagüita
12 - Descarado

29 mars 2019
L'autre distribution



6 avril 2019

Joep Beving - Unus Mundus (Movement I)


"En seulement deux ans et deux albums, celui qui jouait pour le plaisir et pianotait dans sa cuisine est devenu un phénomène mondial de la musique classique, grâce aux plateformes de diffusion numérique. Dès l'écoute de ses premières notes de piano, un monde singulier s'ouvre à ceux qui l'écoutent et ne se refermera qu'à la fin de l'album ou du concert, c'est une véritable bulle qu'il nous offre d'une déconcertante simplicité."

Vous avez cinq minutes devant vous ? 
Installez-vous confortablement, branchez votre casque et laissez-vous bercer... Le reste se passe de commentaires... Ten, nine, eight, seven, six, five, four, three, two, one, liftoff...


www.joepbeving.com
www.facebook.com/joepbevingmusic

4 avril 2019

YES BASKETBALL, Adrien Legrand, Vanessa Wagner, run SOFA...

Il y a d'autres albums qui sortent ce mois-ci et qui sont passés dans mes petites oreilles, certains pourraient probablement vous plaire. Alors puisque vous traînez par ici, laissez-vous tenter part cette petite sélection. 


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YES BASKETBALL
(05 avril 2019)

"YES BASKETBALL est le projet solo de Pierre Marolleau (Fordammage, Fat Supper, Leo88man, Faustine Seilman, My Name is Nobody, We Only Said, ...), débuté après une fracture au tibia en jouant au basket. 

YES BASKETBALL est un vaste terrain de jeu qui entre indie-rock et hip-hop mais reste ouvert à d'autres plaisirs.

YES BASKETBALL réunit sur ce premier EP des musiciens de TOTORRO, TRUNKS, FAIRY TALES IN YOGHOURT."

Ecoutez le premier EP de YES BASKETBALL sur Bandcamp



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Adrien Legrand - Impression EP
(05 avril 2019)

"Nul besoin de jouer fort, Adrien Legrand préfère manier les silences pour offrir une place de choix au piano, à la voix et aux chœurs. Une façon de faire sa place tout en douceur, en exprimant des émotions simples, sans artifice, et en visant au cœur.
Sans l’avoir prémédité, cette voie tout juste ouverte risque bien de ne plus se refermer et, si son nom, Adrien Legrand, est là depuis l’origine, il fallait simplement y associer du son pour que l’image soit complète."

Découvrez vite le clip Là-haut

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Vanessa Wagner - Inland
(25 avril 2019)

"On entre dans Inland comme on explore un paysage intérieur, une nature libre, frémissante et sensible. Chaque note est un pas, chaque son trace un chemin. Le piano de Vanessa Wagner nous transporte sur une île, au milieu des nuages, dans une forêt crépusculaire, un désert blanc, le long des rivières qui ruissellent et s'affolent, sur le crâne d'une montagne aux couleurs fauves, dans des villes de verre, chaotiques et fragiles."

C'est beau.

Découvrez le single Für Fritz
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Run SOFA - The Joy of Missing Out
(24 avril 2019)

"Avec l'EP "The Joy of Missing Out", run SOFA explose et renverse l'angoisse ! La meilleure soirée, c'est celle que tu n'attends pas, cele où personne ne t'attend, celle où tu n'attends personne, puisque toutes tes attentes sont comblées. [...] En six titres, les run SOFA ne ratent rien. Ils vivent leur son, transmettent leur vie et suspendent le temps : Ils sont chez eux, partout, en phase avec eux-mêmes. L'extase est là. Les peurs ne les guident plus, ils ont créé un nouveau paradigme, ils ont trouvé l'accord suprême intérieur..."
Découvrez le clip WEIRD
www.facebook.com/RUNSOFAOFFICIAL



2 avril 2019

Marjolaine Piémont - Sans le superflu

J'aurais regretté qu'il me passe sous les oreilles celui-là. Sans le superflu est un album qui fait du bien, à prendre sans pincettes... Marjolaine Piémont, vénus du second degré, vient de sortir en janvier dernier, un premier album détonnant, explosant de fraîcheur et loin d'être de mauvais goût.


Empreinte d’une agréable énergie, Sans le superflu me fait passer par bien des sentiments différents. Entre hilarité et admiration, Marjolaine Piémont me fait passer par bien des sentiments également, dont je lui fais une place quelque part entre l'élégance d'une China Forbes et le franc-parler d'une GiedRé. Bien calée, entre ces deux artistes que j'admire follement, la chanteuse m'impose sans forcer son univers et son premier album est jouissif, tout simplement. Déjà parce qu'il commence très fort avec le fantastique titre Je suis bonne. Nouvel hymne pour ces femmes émancipées laissant derrière elles le "Sois belle et tais-toi" insupportable. Voilà la première preuve que Marjolaine n'a pas sa langue dans sa poche et c'est tant mieux. D'une voix mélodieuse, direct et claire, elle manie avec justesse le sous-entendu et les ambiguïtés, ce qui rend un répertoire délicieux. Son album est incroyable. Drôle au premier abord, souvent mélancolique (Il était une fois), sans jamais tomber dans le trash ou le vulgaire : C'est beau un homme à poils / C'est presque un animal / C'est chaud un homme à poils / C'est mieux qu'un chien, presque un cheval. Saluons l'écriture ! Je te l'ai déjà dit Maurice, mais c'est un régal. Encore une preuve avec l’enivrante Ma beauté intérieure, quand "il" ne l'a prend souvent qu'entre 5 et 7 pour lui parler de sa beauté intérieure, quand sensualité et érotisme flirt avec coloscopie de jambes en l'air. Peut-être ai-je autant l'esprit tordu qu'elle, puisqu'elle ne parle que d'un docteur, sûrement d'un gynécologue. Le parcours de santé est dans la même lignée. Elle chantonne ce petit coin de paradis fertile au cœur de la ville, où elle aime se balader se prenant pour une reine avec mille âmes à (sous) ses pieds. Dans l'écriture, il y a aussi un petit peu de Bénabar (celui d'avant avec ses associés), pour cette façon poétique d'embellir des mots classiques afin de raconter au mieux les petits quotidiens. Je pense à la plume et à l'univers d'Oldelaf aussi en écoutant et en savourant Vos corps. Une autre chouette chanson, c'est : A quoi ça sert. Pour le rythme, pour le sens des questions qu'elle se pose. Enfin pour finir, mention "cœur avec les doigts" pour la comptine Vieille. Sourire tout en se sentant triste, moi je dis bravo. Encore une belle chanson sur la maladie d'Alzheimer (Je pense à  L'étranger dans la glace de Thiėfaine, ou  La symphonie  d'Alzheimer de Barcella).
Le rideau tombe, je me lève, j'applaudis à me saigner les mains, j’adhère et j'adore cet album, cette artiste, son univers, sa musique, sa plume... 


Avec son humour doux acide, et sa tendresse piquante, j'espère que Sans le superflu va agréablement surprendre beaucoup d'âmes sensibles en quête d'originalité qui traîne par ici. 

Tracklist
01 - Je suis bonne
02 - Il était une fois
03 - Serrer la main
04 - C'est beau un homme à poils
05 - Ma beauté intérieure
06 - Le parcours de santé
07 - A quoi ça sert
08 - Sans le superflu
09 - Femme mais pas d'un homme
10 - L'amour nous a roulé dans de beaux draps
11 - La soldomi
12 - Vos corps
13 - Vieille

11 janvier 2019
Washi Washa

www.facebook.com/MarjolainePiemontOfficiel
www.marjolainepiemont.com

La sélection d'avril 2019

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.



01 - So Long Taulard - Johnny Montreuil & Sanseverino
02 - Dans ma voiture du futur - Léopard DaVinci
03 - Look Up - Great Mountain Fire
04 - Used to Be Yours - The Ninth Wave
05 - I Swear It's True - Máni Orrason
06 - Carré - Quelu
07 - I Could Go To Sleep And Die - Equipe de foot
08 - Across The Sunlit Isle - Richard Andrews
09 - Mantra - Duel
10 - Minimal Function - We Hate You Please Die
11 - Don't Trust The Tide - White Velvet
12 - Ouvre la porte - El Gato Negro
13 - Ma mort d'avant ma mort - Les Breastfeeders
14 - On Ne Disait Rien - Festin
15 - La peur des mots (Cover Bashung - Session Live) - Hervé
16 - Que la vie est belle -  MY Concubine feat Brigitte Fontaine
17 - Moi, Jane - Auren
18 - Broke Her Peter - The Big Idea
19 - (à suivre)


Écoutez nos autres playlists sur soundsgood : soundsgood.co/break-musical




31 mars 2019

Richard Andrews - The Golden Fascination

Vous êtes à la recherche d'un très bel album, avec des compositions magnifiques, une voix intimiste, un univers doux, fragile et fascinant ? Ça tombe bien, Richard Andrews vient de sortir un album qui va vous plaire. 


Me voilà englué dans une quiétude dominicale comme je les aime, car tout au long de la journée, de fil en aiguille, s'installe tout naturellement des musiques comme des évidences. Richard Andrews pose son piano dans mon salon, les rayons du soleil transpercent les baies vitrées, et les mélodies font danser mes poussières. Moi, je suis posé, au calme, et je plonge, je plonge, je plonge... Je m'enfonce même. C'est que la musique de Richard Andrews incite à la procrastination absolue. Et c'est loin d'être désagréable tant, son premier album The Golden Fascination est fascinant. Au delà des compositions magnifiques, une voix intimiste et un univers doux, c'est aussi la réalisation minutieuse, soignée, parfois exigeante qui me passionne ici. Outre le piano, des sons jaillissent aux creux des oreilles, parfois reconnaissables, parfois inconnus au bataillon. Comme dans Across The Sunlit Isle avec cet instrument provocant un son aigu qui flotte lentement dans la mélodie et qui me donne des picotements sacrément sensuels. Je peux tenter de croire que c'est l'oeuvre d'un synthétiseur, mais je m'en fiche au fond, et préfère seulement m'en tenir à affirmer que l'artiste est un musicien formidable. Parce qu'il y a du talent, dans l'écriture et l'interprétation qui se dégagent au fil des morceaux qui défilent. J'adore le nostalgique False Memories, le mélancolique The Golden Fascination (qui me fait penser de loin et en moins flippant, au cultissime Mad World de Gary Jules), j'adore également le positif Northern Lights qui donne envie de courir tout nu dans un champs de coquelicots. Entre dream pop, electronica et musique contemporaine, la musique de Richard Andrews pourrait être une B.O imaginaire qui offre la possibilité à l'auditeur de sortir de ses pensées trop lourdes et de s'aérer l'esprit dans des rêveries brumeuses (Fermez les yeux et écoutez Echoes Float... sublime... quatre minutes en apesanteur...). L'album se termine avec Undertones et son petit coté folk acoustique guitare sur les genoux, au coin du feu, le jour d'une virée au parc national de Yellowstone. Dans ces moments-là, on écoute et on tombe amoureux du chanteur. C'est toujours comme ça que ça s'passe, et franchement l'auteur-compositeur anglais ne fait rien pour éviter ces déclarations-là. Donc, après avoir longtemps fait parti du groupe folk-illustré Uniform Motion, l'anglais installé à Toulouse depuis vingt ans, a bien eu raison de se lancer dans ce projet solo qui mérite vraiment qu'on remette à demain les choses importantes à faire, et qu'on relance l'album encore une fois, juste pour l'écouter amoureusement et ne rien faire d'autres...   


Donc, si vous êtes à la recherche d'un très bel album, avec des compositions magnifiques, une voix intimiste, un univers doux, fragile et fascinant, le premier album de Richard Andrews va terriblement vous plaire... 

Tracklist
01 - Nirot
02 - The Golden Fascination
03 - Everything I Know
04 - Across The Sunlit Isle
05 - False Memories
06 - Necipher
07 - Northern Lights
08 - Sign of the Times
09 - Echoes Float
10 - Undertones


30 mars 2019

Louis Arlette, Nära, Anita Farmine, M.c. Salò, Booze Brothers, Julie Meyer...

Il y a d'autres albums qui sortent ce mois-ci et qui sont passés dans mes petites oreilles, certains pourraient probablement vous plaire. Alors puisque vous traînez par ici, laissez-vous tenter part cette petite sélection. 



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Louis Arlette - Des ruines et des Poèmes
(15 mars 2019)

Deuxième album de Louis Arlette après Sourire Carnivore paru en 2017. Aujourd'hui Des Ruines et des Poèmes semble être loin du temps intimiste de son premier opus. Dans Des Ruines et des Poèmes, une certaine frénésie est présente. Une urgence d'aller de l'avant, pour ne rien regretter avec une évidente démonstration sentimentale (en atteste le puissant cover Je suis un soir d'été de Jacques Brel). Puissant et nerveux, l'album déborde de beautés héroïques, de morsures magnifiques, de tumultueuses amertumes. « On vit dans une ambiance de Rome d'avant le déclin, de Babylone d'avant la chute : une ambiance de fin de civilisation.» Des ruines, mais des poèmes : Louis Arlette a peut-être, avec son deuxième album, écrit la bande-son idéale, et finalement très jouissive, des fracas chaotiques de notre époque. Un bien bel album de la chanson d’aujourd’hui. 

Voir le clip de Je suis un soir d'été (Jacques Brel)

www.facebook.com/louisarlette


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Nära - Home is Everywhere
(22 mars 2019)

"Home is Everywhere est un EP métissé, insolite, où la pop d'ALT-J et l'electronica de DARKSIDE s'imprègnent du MALOUF et de la HADRA tunisienne. Un mélange fascinant et envoutant, au rythme précis, tellurique. Le chant est rond, chaud et l'élégance des mélodies hypnotiques s'enracine dans le corps." 
L'album de Nära est une invitation au voyage et au partage des cultures, un envol vers un autre univers musical.

Ecoutez Home

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Anita Farmine - Seasons
(01 mars 2019)

J'écoute et je découvre l'album d'Anita Farmine comme j'écoute FIP : l'esprit ailleurs, les pensées aériennes, l'âme en voyage. Avec ce nouvel opus, j'ai cru comprendre que Anita Farmine est élevée indiscutablement au rang de Reine de cette World Music teintée d'électronique. C'est pas faux.
"Des cultures iraniennes, algérienne, anglo-saxonne, la chanteuse a beaucoup appris et a construit son identité, mais elle sent sa place en France. Ce n'est qu'à l'âge de 27 ans qu'elle commence à écrire et composer. Le caractère hybride de l'art d'Anita Farmine se retrouve jusque dans son processus de création, car la chanteuse ne compose jamais de la même manière : elle peut s'inspirer tout autant d'accords qu'elle plaque au piano, lui évoquant des mélodies et des paroles en anglais, en persan ou en français, que de poèmes iraniens [...]"

Une musique de soleil.
Du soleil au cœur. 

Ecoutez Désert
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M.c. Salò - Sibylline
(29 mars 2019)

"Gouailleur interventionniste pour STUPEFLIP ou sapeur-ambianceur chez TATAPOOM, M.c. Salò aiguise ses mots sur des samples salopés à souhait. Des rimes bien balancées depuis qu’il a des dents.

Jean-Paul Michel alias M.c. Salò s’improvisait graphiste incompris, acteur de courts-métrages confidentiels, ou réalisateur de publicités bancales. Un passé furtif mais sulfureux de professeur d’infographie et d’arts plastiques le convainquait définitivement de rejoindre son vieil ami King Ju dans la grande aventure Stupeflipienne. Depuis, il mène aussi sa barque entre ses projets solo et Tatapoom, duo crapuleux formé avec Oliboy où l’on perçoit des vibrations néo-romantiques ambiancées de soucousses zoukées en cadence nouvelle mini-vague.

Dans nos oreilles la lumière s’allume, une fine silhouette apparaît. Le lutin apache, the italian monkey, Sheetah Cittadini vous enfume d’un son pipo lino, de nuages de synthés, de nappes féroces. La bataille est gigantesque. La percée est béton, ils carburent au tungstène."


Découvrez le morceau Les brebis en Babibel 
www.mcsalo.bandcamp.com


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Booze Brothers - The Lemming Experience
(29 mars 2019)

"Après avoir parcouru toute l’Europe pour délivrer leur punck rock celtique énergique dans des pubs irlandais comme sur des scènes plus prestigieuses aux côtés de Gogol Bordello, Lofofora, Millencollin ou encore Four Men and A Dog, les Booze Brothers se sont entourés d'une équipe de professionnels pour livrer un album célébrant leur 20 ans de carrière : The Lemming Experience."

Voir le clip "Thousands Are Sailing" (Cover Pogues)
www.facebook.com/BoozeBrothers

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Julie Meyer - Humeur fragile
(22 mars 2019)

"Julie Meyer nous embarque avec sa sensibilité dans une atmosphère tendre et délicate. Au fil de ses chansons, elle regarde avec lucidité nos failles, nos états d’âme, mais aussi les petits charmes de la vie. Ses textes poétiques sont portés par une voix douce et chaude s’entremêlant avec charme sur ses mélodies."

A découvrir d'urgence !
A suivre attentivement !

Voir la vidéo Tes chansons résonnent



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27 mars 2019

Mes souliers sont rouges - Ce qui nous lie

"Le groupe normand Folk alternatif est de retour avec un septième album. Un manifeste pour les musiques populaires de tradition orale, dont il vient d'extraire des pépites nichées au coeur des campagnes normandes et un trésor enfoui au fin fond du Michigan. La démarche n'est pas si commune que de porter la parole de leurs aïeuls et de la remettre au goût du jour."


C'est après avoir lu ce début de description de la promo, que je plonge dans le nouvel album de Mes Souliers Sont Rouges. Bon entre nous, nul besoin de description pour invitation, ça fait vingt ans, ce groupe et moi, qu'un amour pour le patrimoine musical nous lie ensemble. N'allez pas croire que je vais me mettre à faire mon Stéphane Bern, que nenni, mais faut quand même faire preuve de belles reconnaissances pour ce groupe de musique folklorique, parfois teinté de rock celtique. Moi, j'adore ça. Dès le premier morceau Non que j'aime donc, j'adhère. De toute façon comment ne pas adhérer ? Il faut vraiment être étroit d'esprit pour ne pas aimer - ou de moins ne pas apprécier - cette musique festive, vivante, rayonnante, papillonnante. Parce que chez moi y a deux sortes de musique populaire. Celle de Mes Souliers Sont Rouges et celle de Patrick Sébastien. Choisissez votre camp. J'ai choisi la traditionnelle comme celle que l'on aime chanter en chœur autour d'un feu, entouré d'ami(e)s, quand le temps s'arrête. Un exemple que tout va bien dans le meilleur des mondes : je n'avais pas terminé d'écouter le morceau La mer farouche, que je me suis surpris en train de chantonner le refrain. Il était déjà en moi, comme si la chanson existait depuis des lustres. Voilà un groupe fédérateur, passionné et qui aime transmettre à son public. Un public d'ailleurs fidèle... Il était tellement impatiemment d'attendre l'arrivée d'un nouvel album des Normands, qu'il a fait péter le plafond chez Ulule. Voilà donc une belle preuve d'amour qui dure depuis 25 ans. Voilà donc Ce qui nous lie : de l'amour oui, mais aussi des chroniques quotidiennes, des histoires de voyages, des racines, des sourires, de la poésie, de la musique, de la joie et de la bière qui coule à flot en écoutant Jig & Reel volume à fond ! 


Un nouvel album comme une preuve de plus que les Normands de Mes Souliers Sont Rouges sont très attachés à leur histoire, leur culture et leurs valeurs... En attendant, guettez les prochaines dates du groupe, de chouettes ambiances à coup de rythmes effrénés et de boucles endiablées sont en prévisions !

Tracklist
01 - Non que j'aime donc
02 - La Barbière
03 - Les prunes
04 - Cotillons
05 - La mer farouche
06 - Poil de chameau
07 - Jig & Reel
08 - Il en est temps ma mère
09 - Kansas
10 - Le curé d'Argentan
11 - Fille d'honneur
12 - Le bout du banc II

29 mars 2018
Antal Productions

www.facebook.com/mesoulierssontrouges
www.souliers-rouges.com

22 mars 2019

Yann Tiersen - ALL

Il est des albums grandioses, de ceux qui vous pénètrent, vous mettent à nu et vous font imploser. Ils débarquent comme des bombes silencieuses, bien que vous en connaissez la couleur, vous ont déjà ébloui par tant de beauté. La dernière oeuvre de Yann Tiersen est la vie, il respire la vie. Le chemin est désormais tracé, je peux me laisser porter par son flot.


L'atmosphère de ALL est de celles qui vous enserrent totalement, délicieusement. Comme une marée. Une marée de sentiments. Lorsque vient la montée, vous êtes pris au piège. Je suis pris au piège, émerveillé par onze mélodies. Dès le premier morceau Tempelhof, me voilà enveloppé tout entier dans un voile de son, qui m'envahi comme l'air. Puis, la descente. Le retour à la réalité quand l'album se tait. Un choc. Violent. Violemment vivant. J'y retourne. Parce que quand le breton caresse ses notes de pianos, mon esprit est soumis, mes sens sont aiguisés et je suis émotionnellement totalement vulnérable. C'est cela, la magie de ALL. C'est cela, la magie de Yann Tiersen. Un génie de la sensation pure, s'extasier devant tant de beau qui nous entoure, et, l’apothéose de l'album devient grandiose d'une force brute et d'une splendeur si humaine. Mélange de chants bretons, de mélodies d'oiseaux, de vagues, de souffles du vent, de rires d'enfants, de bruits de pas, de bruissement de feuilles. Je ferme les yeux et je m'envole là-bas. Là-bas à Ouessant, un verre à la main au Ty Korn. Puis je me vois sortir de Lampaul en vélo et je pédale heureux jusqu'au bout de l'île, jusqu'au bout de la nuit noire. Je revis ces images nostalgiques, grâce à une musique qui s’écoute les yeux fermés. Pour mieux ressentir la richesse des audaces musicales qui conversent ce dépouillement si particulier que l'ont trouvé déjà sur le précédent album Eusa. Le prolongement du plaisir en somme... Et quel plaisir !


Le Ouessantin signe une nouvelle oeuvre libre, de dimension humaine à la fois universelle et subjective. Sa musique insulaire s'envole pour faire briller nos propres histoires... Et encore une fois pour nous sentir plus que jamais rêveur, amoureux, vivant de mille sentiments...   

Tracklist
01 - Tempelhof
02 - Koad
03 - Erc'h
04 - Usal Road
05 - Pell
06 - Bloavezhioù
07 - Heol
08 - Gwennilied
09 - Aon
10 - Prad
11 - Beure Kentañ

15 février 2019
Mute Records

www.facebook.com/yanntiersen.official
www.yanntiersen.bzh

20 mars 2019

Oui Oui Oui - Ok ok !

En voilà un qui a bien fait d'atterrir dans ma boite aux lettres. J'ai mis six mois pour me décider à le découvrir, mais dès que je l'ai fait... houlala mamamia ! C'est un peu pop, un peu fou, un peu électro, un peu nerveux, un peu rock, et rien que pour tout ça, je dis trois fois oui !


Il y a des disques qui, dès la première écoute, diffusent un sentiment irrépressible de force et de beauté réunies, qui vont vous faire craquer le slip. Ok ok ! me fait cet effet-là, lui qui m'a pénétrer par surprise, même si rien me semble nouveau, tout me semble pourtant bien frais. Dès le premier morceau Room, je me suis dit : "-Hey Maurice, c'est cool comme musique !". A la première découverte j'étais cool, et au bout de quelques jours et une centaine d'écoutes, je peux l'affirmer : je suis amoureux de ce groupe. Oui oui oui madame, monsieur ! En plus en ce moment, le temps ne chie pas dans la colle. Il est 19h je rentre du boulot accompagné de cet album, le casque sur les oreilles, ça sent le printemps et j'ai droit à de magnifiques couchers de soleil. Tout est parfait. J'ai vingt minutes de marche, je peux donc écouter en boucle So Long II. Je vous le cache pas, je suis fou de ce morceau. Une musique suave, à la beauté fragile, indubitable, à la construction complexe, sans retenue, lumineuse. Avec son adorable petit clin d'oeil à Sympathy For The Devil... Ouh ouh ! Dream-pop, prog-rock, low fi, puis même rockabilly... J'arrive pas à saisir le style de cet ovni musical. J'essaye de me la jouer Philippe Manoeuvre, genre je maîtrise, mais en fait ce groupe me perturbe. Il me fait perdre mes repères. Faut dire que c'est un peu pop, un peu fou, un peu électro, un peu nerveux, un peu rock, frais, direct, sensible, érotique. Oh oui, y a pas mal de passages sur une, deux, quatre voir sept chansons qui prêtent à faire l'amour, avec quelqu'un, tout seul, à plusieurs, comme tu veux, mais en musique. Et avec cet album précisément ! Stop, je m'emballe. Je m'enflamme. Ok ok ! m'emballe, m'enflamme... Quand vient Nathalie, je songe à Palatine, à François and the atlas mountains ou à Polo & Pan. Un mix de tout ça, ou parmi eux, ou pas. En tout cas, ils vont se faire une bonne place. C'est qu'il ne faut pas les prendre pour des rigolos les Oui oui oui, ah ça non non non ! Parce que d'autres morceaux sont de vrais hits qui claquent, comme le nerveux No Future, l'enivrant My dear, le suuuuuublime Grow up, le vintage Under the smile... Je dis vintage, car les synthés me donnent toujours l'impression d'être dans un film SF des années 80. Même quand Miossec s'y met. Cet excellent son venue d'ailleurs, lourd d'élégance, imposant, frémissant, offre la possibilité de s'envoler, de planer et puis de rêver. Alors quand en plus de ça il y a un instrument à cordes... 
Hélas, l'album doit se terminer, mais le groupe va le faire par la plus forte des manières. Avec LOST j'ai envie de chialer. Parce que la musique est flippante, elle s’agrippe à mon cœur et me l'écrase sous le poids de trop d'émotions. Putain ça pèse une tonne un chef d'oeuvre ! C'est flippant à mort, c'est magnifique à mort. Volume à fond ! VOLUME A FOND ! Je m'enveloppe de frissons et je vous dis merci Manon, Jacques et Arthur. 


Pour moi, Ok ok ! est une véritable réussite. Une tuerie même. Un album audacieux et ultra plaisant. Alors attendez-vous ces prochains mois à me voir débouler avec mes gros sabots et à radoter que ce groupe est formidable.

Tracklist
01 - Room
02 - No future
03 - Alive
04 - My dear
05 - So long II
06 - Nathalie
07 - Grow up
08 - Madame chou
09 - Dance on the beach
10 - Under the smile
11 - Sweety
12 - LOST

18 octobre 2018
Youz

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17 mars 2019

Les Ogres de Barback - Amours grises & colères rouges

Qu'on se le dise, Les Ogres ont vingt-cinq ans cette année ! Et pour l'occasion, parce que toutes les occasions de faire la fête sont bonnes, Fred, Alice, Sam et Mathilde viennent de sortir un nouvel album comme Les Ogres de Barback savent nous faire.
Oui, comme ils savent faire. Précis, direct, sincère, toujours d'actualité, toujours les mots qui sortent du cœur. Comme en témoigne la première chanson Pas ma haine, inspirée par le livre d'Antoine Leiris, journaliste qui a perdu son épouse lors de la fusillade du Bataclan. Il y a de l'émotion, sans concessions, mais sans tomber dans le pathos. Ici, les émotions s'envolent dans une fanfare qui n'est pas que joyeuse, elle nous transporte dans la vie, dans la force de l'optimisme. Un magnifique premier morceau. "Ils reprendront les chemins de la guerre / Avec des armes toujours plus effroyables / Ils rempliront encore les cimetières / De pauvres diables / Il reprendront l'épée de Damoclès / Dessus d'autres générations / Puis ils voudrons oppresser la jeunesse / Ces pauvres cons / Ils rempliront mon coeur de peine / Mais ils n'auront pas ma haine...". Comme toujours chez les Ogres, rien de moralisant, juste un constat implacable, d'où jaillit une musique sans frontières. Un nouvel album plein d'allant, d'élans et de subtilités. D'humanisme aussi comme avec P'tit coeur. Remuant pour les cœurs en lambeaux, sublime pour les cœurs légers. Et puis je fus content quand est arrivé le titre Il y a ta bouche, parce qu'il y a Magyd Cherfi derrière le micro, accompagné de Lior Shoov qui célèbrent ensemble un instant de béatitude amoureuse face au chaos du monde. Textuellement, c'est délicieux. Mélodieusement, c'est palpitant et puis qu'est-ce que j'aime le timbre de voix du chanteur toulousain. Un interprète de génie, un amoureux de la langue de Molière terriblement contagieux. J'aime aussi beaucoup La Rochelle, un morceau avec une orchestration superbe. Une multitude d'instruments, et énormément de soleil. Nul doute que j'irais écouter ce morceau sur le Port, parce que ça sera un excellent moment.
Voilà un album de quatorze titres bourré d'amours (Si tu restes, S'il nous plaît), d'hommage poignant (Pour toi), d'une bonne dose de sarcasme sur l'époque que nous traversons, avec la conscience du groupe, pour éveiller la nôtre. Auditeur funambule sur un fil, en équilibre entre interrogations et inquiétudes, et honnêteté permanente, et je tiens... Dans cet Amours grises & colères rouges, les Ogres de Barback ne font pas dans la dentelle. Assidûment indépendants, passionnés, jamais rassasiés, la fratrie Burguière s'entourent - pour ne pas changer les bonnes habitudes - d'invités/artistes qui ne font que rendre le projet encore plus intense, encore plus original. Qu'ils soient derrière le micro, derrière un instrument ou derrière les manettes (première fois où le groupe délègue une partie de la réalisation de l'album), on aime cette grande famille.
J'aime ce nouvel album qui fait du bien. Je n'ai jamais tout écouté de leur discographie ou eu d'albums d'eux jusqu'à présent mais à l'époque dans nos soirées enfumées, arrosées et tant aimées, il y avait toujours une ou deux chansons des Ogres qui traînaient dans le poste ou à travers la guitare d'un pote, ils faisaient partis du paysage, et ça ne me dérangeais pas. 25 ans plus tard, je remarque qu'ils font toujours partis du paysage. Sans forcer et sans une ride. Je crois que nous allons faire un petit bout de chemin ensemble dorénavant, pour 25 ans de mieux. Il n'est jamais trop tard... 


"Les Ogres de Barback nous disent, avec une foi dans la musique qui semble, elle, inentamée, ce qu'est notre époque. Ils ont définitivement le goût des autres. Rien d'étonnant pour un groupe qui ne cesse de faire rimer humilité et félicité." 

Tracklist
01 - Pas ma haine
02 - Petit coeur
03 - Chanson pour dans 2000 ans
04 - La nombrilite aigue
05 - S'il nous plaît
06 - Tous les matins immondes
07 - Il y a ta bouche
08 - La corde au cou
09 - Pour toi
10 - Si tu restes
11 - La Rochelle
12 - Hé papa
13 - Latrim'
14 - Pas une femme

15 mars 2019
Irfan

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www.lesogres.com

3 mars 2019

Hum Hum - Blueberries

Hum Hum fait parti de ces groupes que j'espère souvent. Ceux qui débarquent comme ça dans ma vie sans prévenir en mettant un joli bordel dans ma tête et dans mon âme. Ce duo belge de pop musicale formé de Sophie Verbeeck et de Bernard Tanguy sort un premier EP de quatre morceaux archi-prometteurs. Attention au décollage.


Un son délicieux, un peu eighties, très pop, une atmosphère agréable, douce et onirique, avec un fantastique chant en anglais et en français. J'ai glissé le CD dans mon lecteur et je n'ai pas vu le temps passé. Remarque, en quatre morceaux, il est si court... Vivement un album entier (prévu pour l’automne 2019) pour pouvoir prolonger le plaisir. Vous savez c'que c'est. On écoute pour la première fois un groupe, et boum, c'est la grosse claque. On a envie de l'aimer le plus possible alors on écoute, en boucle, en boucle, en boucle. Nous sommes dimanche, je ne me suis même pas encore habillé, et dehors le soleil semble lui aussi, dans un état de léthargie totale. Et moi, ce sommeil profond, je le laisse dans l'état avec une bonne musique à écouter sans freins. Et puis la voix de Sophie Verbeeck me fait fondre sur chaque morceau. Je dégouline de sentiments. Les choses se mettent à vibrer à l'intérieur comme à l'extérieur. Dès le premier titre, Bueberries, je fut vite enivré d'une poésie enveloppée d'une douce alchimie entre un chant frais et une musique envoûtante sur le fil d'une fièvre hivernale. Voilà une bonne explication de l'attachement profond que j'ai pour cet EP. 


Hum Hum est pour moi une sacré belle découverte à part entière : avec eux, je vole et je respire. Et bon sang, que ça fait du bien. Vivement cet automne alors !

Tracklist
01 - Blueberries
02 - Poetry
03 - Rêves clandestins
04 - Parade

15 mars 2019
Water Music / Dragon Accel



2 mars 2019

La sélection de mars 2019

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.



01 - Les châteaux de l'égo - Barcella
02 - Roads - Henry
03 - Big - Fontaine D.C.
04 - La mer, quand elle mord, c'est méchant (Live La Blogothèque) - Miossec
05 - Hubris - Simon Littauer
06 - Roller Party - Ambeyance
07 - Bleu Sauvage - Després
08 - Glascow Télévision - The Ringards
09 - Sing For Me - The George Kaplan Conspiracy · Paulette Wright
10 - Deux Mille Cinq - Melatonine
11 - Former Lorry Driver - Orouni
12 - Creepy Rain - Black Bones
13 - Patience - Tame Impala
14 - Facing the Wall - Polar Moon
15 - Best Kept Secret - Manolo Redondo
16 - Gorgon Madonna - Yugen Blakrok
17 - Nothing Sacred / All Things Wild - Kevin Morby
18 - Dance - Dukes of Paris
19 - Sweet Stalker - The Dharma Jerks
20 - Lesson - Jive Me
21 - Premier des derniers - Alambic
22 - Strasbourg - Amoure
23 - Right Side Of Heartbreak - The Waterboys
24 - Zelel Zelel - Gili Yalo
25 - Oh Small Word - Don Nino


Écoutez nos autres playlists sur soundsgood : soundsgood.co/break-musical

Photo magnifique by Pierre aka Cailloux Céleste. (Thanks for you)

25 février 2019

Ad orgasnum aeternum

Hubert-Félix a fêté ses quarante ans de chansons l'année dernière avec une superbe tournée et un album qui compile une quarantaine de grandes et belles chansons. Et moi, du coup je fête mes vingt-cinq ans cette année d'amour animal pour l'artiste, avec une playlist de vingt-cinq morceaux qui me donnent des papillons dans le ventre et ailleurs... 



01h53 de bonheur.

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16 février 2019

Ma compil' spéciale Cowboys Fringants

Dans une époque qui a bien besoin d'être politiquement secouée, Les Cowboys Fringants ont petit à petit fait leur place pour chanter et dénoncer les abus de notre société de surconsommation, les inégalités, la dégradation de l'environnement, le capitalisme... mais aussi les peines d'amour, et la vie qui passe. Un vrai groupe charismatique et engagé, qui sait à travers ses chansons, rendre la morosité de la vie plus gaie. Non, la vie n'est pas toujours rose, mais il sait mettre les notes et les mots à l'endroit où l'espoir et la joie nous font pousser des ailes dans le dos. Depuis 1995 et des débuts pas vraiment prometteurs mais ô combien ben fun, le groupe n'a cessé de s'améliorer, d'apprendre, et de devenir le phare de tout un peuple québécois. 

Mais c'est sur scène que Les Cowboys Fringants excellent avec succès tant ils ont tous les ingrédients nécessaires pour faire monter très vite la température. Leur prestation se démarque notamment par la présence sensuelle de la belle multi-instrumentiste Marie-Annick Lépine. Gracieuse dans sa petite jupe et ses bottes de cowboys, elle caresse les mélodies qui sortent de ses divers instruments : violon, accordéon, piano, mandoline, flute... On ne se lasse pas de la regarder jouer, s'agiter sur scène. Karl Tremblay, quant à lui, interpelle par sa présence physique. Il en impose avec respect et admiration derrière son micro, et son air bon camarade représente le coté bon vivant du groupe. Jean-François Pauzé est la tête pensante du groupe et le principal compositeur. Il mériterait une statue sur le Mont-Royal tellement sa plume est belle. Sans oublier, Jérôme Dupras à la basse pour sa folie communicative.

« Pourquoi ce nom ? C’est vraiment une histoire très banale. On voulait participer à un concours amateur et comme c’était de la chanson western dans un bar country de notre région et on se demandait quel nom prendre. On a hésité entre les Oiseaux fringants et Les Cowboys Fringants, alors on s’est dit, étant donné que c’est du Western on va s’appeler Les Cowboys Fringants. Et ça a pas été plus loin que ça. Ça a duré une minute la sélection de ce nom (Karl Tremblay, le 2 mai 2006) [Source Wikipédia]. »

Nous sommes en janvier 2005. Je travaille dans un Couche-Tard sur Montréal, et à la radio passe en boucle La Reine. J'aime bien la chanson et poussé par la curiosité je motive mon chum à découvrir le groupe sur scène à La Tulipe quelques semaines plus tard. Histoire de sortir et de boire un coup. Je me souviens quand l’entracte est arrivée, d'être sorti dehors sous la neige, torse nu, totalement en sueur, totalement excité et à la fin d'avoir passé une soirée furieusement belle. Le genre de soirée qui marque une vie. Quinze ans plus tard, il me reste dans le cœur d'autres concerts mémorables de Bruxelles à Lyon, une magnifique collection de disques, et surtout des chansons collées à ma vie, comme des reflets de souvenirs, de douleurs, d'amours, de joies, de combats. Vous savez, ces chansons que l'on écoute quand le poids du monde sur les épaules devient trop lourd, que l'on écoute pour pleurer, ou simplement pour reprendre une grosse dose de bonheur. 

Voici ma compilation spéciale love love d'eux. 



Parce que...

Si je m'arrête un instant,
pour te parler de la vie
je constate que bien souvent
on choisit pas mais on subit

ça fait que si à soir t'as envie de rester
avec moi la nuit est douce on peut marcher
et même si on sait ben que toute dure rien qu'un temps
j'aimerais ça que tu sois pour un moment
mon étoile filante

Parce qu'au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester

Après un party Dédé s'est tué
Y s'est endormi au volant
J'va toujours me rappeler de c'te soirée-là
Après sa mort on est tous'tombés ben bas

T'es arrivée au bon moment
J'pense que c'était le plus beau jour de ma vie

Y a eu des bons moments
Mais l'bonheur ç a ben l'air que ç dure rien qu'un temps

C'est comme si t'avais pris une paire de cutters
Pis qu't'avais coupé le cordon de mon cœur
J'me suis dévasté pendant une coupl' de s'maines
Faut ben qu'un gars ravale sa peine

Un adolescent
Marche dans la rue
Dernier résistant
D'époque révolue

Mais les aiguilles tout au fond de l'horloge
Battent la mesure et jamais ne dérogent
Elles nous rattrapent laissant dans leur sillage
Les rêves que l'on a pas réalisés
Qui s’essoufflent à la façon d'un mirage
Cédant le pas à la réalité
C'est la vie
C'est la vie
C'est la vie

J'ai bu, j'ai mangé comme un fou
Ch'pu capable de me t'nir debout
J'pense que ma vie est terminée

Mais avant de mourir,
Mes dernières paroles furent :

LÉOPOLD ! Si tu savais comme je t'aime !

Quand je t'ai croisée ce matin-là sur la rue
Ca devait bien faire au moins dix ans
Si tu as fait mine de ne pas m'avoir vu
Tu t'es trahie en te retournant.

T'arrives en même temps qu'l'automne
Tsé qu'ça m'a fait ben d'la peine
De t'voir partir ma mignonne...

Bienvenue à Repentigny-by-the-sea

Oh! À boire, à boire
car j'ai la gorge en feu
à boire, à boire
pour les couples malheureux

T'es méchante quand t'es saoule
Pis comme t'es toujours saoule
ben t'es tout l'temps méchante
C'est comme dans les portes tournantes

Mais ce soir, j' me raconte que ma vie est comme un vieux char
J'ai beau me requinquer mais jamais je ne pars
Je suis un peu trop rouillé
J'viens de m'en apercevoir

Si la vie vous intéresse
Vous êtes à la bonne époque
Venez célébrer cette Grand-messe

Parce que bien avant ma patrie
Et toutes les politicailleries
J'prône les causes humanitaires
Et chuis amoureux de la Terre

Les vers de terre se terrent dans les artères
Jammés dans l'tunnel été comme hiver
Traînant leur p'tit malheur en bandoulière
En ayant toujours peur de la lumière

On n'aura jamais su de quel pays qu'a v'nait
Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appellait
Mais c'matin les gens pleuraient la reine
Dans l'bout d'la rue sainte-Catherine et d'la main'
Mais au moins elle a repris ses ailes
Pour partir vers un monde un peu moins cruel
Et même si elle croyait pas en dieu
C'est sûr qu'elle vole queq'part où l'ciel est bleu.

Sais-tu au moins qu'tu m'as fait croire, qu'y'est encore possible d'être heureux

Le monde entier pourrait creuver
J'suis just ben quand t'es dans mes bras

Octobre arrivé on fumait des cigarettes
Achetées à l'unité, s'prenant pour des poètes

Le ciel de mes jours est en pleurs, tu m'as jamais laissé d'adresse

Comme une étoile poquée dans la nuit
Je m'accroche à mon ciel et je survis
Moi qui aurais tant besoin d'une amie
Dans l'immensité de mon ennui

Comme tout le monde je cherche la même chose
Un peu d'amour sur mes ecchymoses

Pis moi j'aurais pu' personne j'aurais pu'mon vieux chum

Au fond on n'était pas pareil
Toi t'attends qu'il te pousse des ailes
Moi j'espère juste voir le soleil
À travers mon pare-brise qui gèle

J'avais pas beaucoup d'amis
J'ai grandi sans faire de bruit

J'ai rêvé plus d'une fois d'être fort

Quand viendra l'âge du bilan
L'important sera que tu sois content
Car on fait ce qu'on peut dans la vie
Tout dépend de ce qu'on a comme outils
On voudrait tous être aux commandes
Mais l'offre est plus petite que la commande
Que l'on soit minus ou géants
Il faut être fort pour traverser le temps.

Bonne chance

J'm'ennuie tellement d'toi
Qu'j'ai oublié
Ç'qu'y a ben pu t'pousser
A m'quitter

Il ne reste que quelques minutes à ma vie

Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité, adieu l'humanité

Citoyens ! L'avenir commence à c't'heure !!

On veut tous s'arrêter
Mais on est happés comme des cons
Par ce monde de cinglés
Qui fait qu'on r'garde pu' les saisons

Attache ta tuque
Avec le gaz qui est toujours plus cher... Ils savent qu'ils nous tiennent par les couilles

J'ai pas un rond, pis à vrai dire, chu pas mal paumé

Pis entre tout ça, j'pense à toi d'temps en temps

C'est rien qu'une histoire
Comme il y en a d'autres
Mais ça reste quand même la nôtre
Quand arrive le soir
On tire les couvertes
Au lieu de lancer la serviette
Couchés en cuiller
Collé su' ton derrière
T'es mon petit bord de mer
À la fois la lumière
Et le gouvernail
Qui me ramènent au bercail

La vie s'accroche et renait
comme les printemps reviennent
dans une bouffée d'air frais
qui apaise les coeurs en peine

et au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
que des étoiles filantes.


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