Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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12 septembre 2012

Daguerre - Mandragore

Je me dis toujours que l'efficacité des deux premières chansons d'un album est importante puisqu'elle consiste à bien rentrer dedans, mais quand je me prends à chanter les refrains alors que je viens à peine de découvrir l'album alors là, il ne fait aucun doute que le lancement est bien plus qu'efficace. On y retrouve onze nouvelles chansons aux arrangements incisifs où cordes mélancoliques et riffs bien placés défilent au gré des sentiments versatiles qu'offre cette vie que Daguerre défie. 


Et effectivement l'album débute dans les meilleurs conditions avec l'énergique Mandragore. Tambours battants et violon possessif de Bertille Fraisse nouvelle à bord, Daguerre y chante l'amour exaltant, celui qui fait battre tant de cœurs. Le texte est fort, le chant est parfaitement bien en place et on ne peut pas en douter, le rockeur poétique nous livre un bijou bien plus affuté que Le cœur entre les dents. Daguerre continue de traiter l'amour avec trois morceaux puissants, composés avec merveille, où la force musicale côtoie la fragilité des mots :  Pour deux, Je crois encore, Au couteau. L'acharnement d'un sensible qui hurle avec spontanéité, sans gant, mais avec les mots bien choisis. Si bien que le chanteur n'hésite pas, sur J'espère que tu es loin, à chanter sa rancœur. Et bam ! Bien fait, bien dit... Après Aurélie, voici Françis. Décidément les Cabrel aiment Daguerre, et vice-versae. Les deux compères du Sud-Ouest mettent en musique un poème de Théophie Gautier Carmen. L'éloge d'une femme par ses défauts, un autre coté de l'amour que Daguerre n'a de cesse d'explorer, et ça fonctionne parfaitement. Mais l'assoiffé n'en oublie pas non plus l'amitié qu'il chante si bien avec Dans mon sang, ou encore, les petits plaisirs de la vie avec Une journée à la mer.
Et puis, il y a De la lumière, porté par un jeu de cordes à vous faire perdre tous vos sens. Un hymne mélancolique à une vie d'exclusion... et là pendant trois minutes vingt-neuf je ne sais quoi penser. Je ne peux juste dire qu'une chose : Daguerre est beau... c'est beau... inexplicablement beau.. (Je veux de la lumière comme sens à la vie / Et une porte ouverte pour sortir de la nuit). Un morceau comme celui-ci n'est pas donné à tout le monde. Du moins on ne l'entend pas n'importe où...des similitudes y en auraient, mais je ne pense pas avoir les épaules assez dodues pour comparer Daguerre aux plus grands auteurs de notre siècle... M'enfin je décolle aussi... Et lorsqu'il ne reste plus que sa voix accompagnée par une simple guitare sèche sur Sans beaucoup d'estimance je n'ai plus qu'une envie : lui dire bravo et merci... vraiment.


Alors après avoir écouté Mandragore, il serait compréhensible de penser qu'il s'agit d'un excellent album. Il a fait un disque qui combine passion et excès, pour arriver à une véritable agitation, du fond du cœur, du fond des tripes, à la fois hymne, à la fois révolte, parfaitement rythmé et avec un message qui doit être entendu. Rock on, Daguerre est là !

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