Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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16 octobre 2015

Jamait - Je me souviens...

Cette voix éraillée reconnaissable au moindre souffle nous entraîne pour la sixième fois dans son monde désabusé, avec douze nouvelles chansons. La plume est aussi au rendez-vous, celle qui a la manie d'aller chercher derrière la pile de nos sentiments, des émotions souvent déchirantes, souvent exaltantes. Parce que Jamait est l'un des meilleurs conteurs de notre quotidien et Je me souviens... le prouve encore une fois. 


Quel sacré poète ce Yves. Quel plaisir que d'écouter ses paroles. Un régal dont j'ai la chance de fréquenter depuis le début de l'aventure, du temps de son premier album De verre en vers. Guitare à la main, casquette de Gavroche sur la tête, toujours élégant, cet artiste pas secondaire sorti tout droit d'une guinguette de rue, chante d'une sensibilité poignante le monde ouvrier qu'il connaît bien, l'amour dans tous les sens, les désespoirs du quotidien qu'il boit en pleines gorgées, sans oublier les femmes à qui il aime rendre hommage, ou aux copains de bistrots sur fond de java, d'accordéon voire de piano-bar. 

Sur la pochette, le regard semble observer la nostalgie d'un temps qui passe, ou alors, s'oriente-t-il vers un avenir plein de promesses ? Comme du bon vin, plus Jamait fait du Jamait, et plus on savoure un grand cru. Celui qui transforme les vicissitudes de la vie en hymne pour les humbles frappe d'entrée les esprits avec Le temps emporte tout, premier titre et premier chef d'oeuvre d'écriture, de rythme, du brut qui claque comme une caresse. Car derrière ses faux traits de pessimiste, le chanteur cache un cœur d'une grande sensibilité. Et lorsque arrive le deuxième titre Toi, les traditionnelles interrogations lors de la sortie d'un nouvel album s'envolent définitivement. L'artiste est plus que jamais en forme, la verve toujours aiguisée, le swing toujours affûté. Le dijonais montre à nouveau un talent indéniable pour raconter le mal d'amour avec le magnifique D'ici, l'envie d'aimer toujours plus fort avec J'en veux encore ou encore les amours passés avec Je me souviens... On pourrait le croire s'être adouci avec le temps, mais l'auteur se montre toujours grinçant comme il sait si bien le faire. Salauds fait sourire, mais quand l'auteur pose ses mots sur la condition ouvrière dans Le bleu, là tu prends une véritable claque dans la tronche. Parce que c'est purement beau. Un deuxième chef d'oeuvre dont le jeu entre piano et violoncelles force le respect. L'Accordéon, l'autre instrument incontournable de l'univers du chanteur, à droit à sa propre chanson. Pour l'occasion Jamait à inviter un autre amateur d'accordéon en la personne de Sanseverino. Un beau duo. Enfin, un dernier titre qui attire l'attention est Les poings de mon frère, une très belle chanson fraternelle emplie d'une nostalgie qui fait du bien.

Mélancolique et plein d'espoir, Je me souviens... respire la vie. Et le Gaston Montehus des temps modernes après être Passer par hasard, est plus que jamais l'un pilier d'une chanson française loin des conventions et du formatage star-system. Un authentique qui touche droit au cœur, toujours flanqué de cet accordéon qui fait la différence.


facebook.com/yvesjamait
www.jamait.fr


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isa
17 octobre 2015 à 20:01

L'album Je passais par hasard m'a accompagnée (avec quelques autres) cet été lors de mes vacances. Le titre Le temps emporte tout laisse augurer un album dans la même veine, avec la même tendresse et la même poésie, et cette chronique donne encore plus envie de l'écouter. Merci :)

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