Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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23 avril 2016

Qui es-tu Rock in Loft ?

Depuis un petit moment, on voit apparaître le nom «Rock in Loft en OFF des grands événements musicaux de France. Nous rencontrons donc aujourd'hui l'artiste ODyL qui est à l'origine du projet 'Rock in loft' via son association Le Petit Chat Noir Records et son label 25H43 productions.


Le Rock in Loft c’est quoi ? C’est qui ? Depuis combien de temps cela existe ?

Les Rock in Loft sont des rencontres professionnelles en OFF des grands festivals et conventions dans les musiques actuelles. Je suis artiste depuis bientôt 15 ans, et j’ai déménagé il y a un an et demi à Montpellier, à cette époque j’ai commencé à signer des artistes sur mon label et m’occuper de leur développement. J’ai voulu les présenter aux professionnels pour leur trouver des partenaires, et j’ai du coup monté mon premier « showcase en appartement » il y a un an pile à Bourges dans cette optique. A ce moment-là, je me suis rendu compte que les gens du métier sont ultras sollicités lors des festivals et ne savent pas toujours où aller, où trouver des artistes susceptibles de les intéresser, et où se retrouver. J’ai donc eu l’idée à ce moment là de faire un « OFF itinérant » qui soit sur chaque festival, afin de créer une « marque » que les gens du métier connaîtraient suffisamment et de savoir que c’est le bon endroit pour faire des découvertes, pour se retrouver.

Quel est le but du Rock in Loft ? De quel besoin est né ce projet ?

Le but est de faire connaitre des artistes émergents qui n’ont pas encore eu la chance ou l’opportunité d’être programmés dans les « IN ». Parfois des artistes pas forcement dans la mouvance du moment ou qui n’ont pas encore assez de réseaux. L’idée est donc de leur permettre non seulement d’interpréter quelques morceaux devant des professionnels du secteur, mais surtout de pouvoir se retrouver en direct avec ces professionnels qu’ils ne connaissent pas forcement. On essaie de les mettre en relation, le fait que ce soit dans un lieu convivial autour d’un buffet facilite également les discussions. Très souvent quand un artiste joue sur une belle scène, même s’il y a des professionnels dans la salle, il n’a pas toujours la possibilité de discuter avec eux ensuite. Là, il passe l’après-midi avec ces gens, et s’il se débrouille bien, il repart avec plusieurs interviews, chroniques, et pas mal de cartes de visite !

Si je ne me trompe pas le rock in loft s’est déjà installé en marge de plusieurs festivals comme le MaMA, le Bis à Nantes, les Francofolies de la Rochelle, le Printemps Bourges ? Le but est de s’installer sur des événements qui drainent des pros ?

Oui, le but est d’installer une marque. Des OFF il y en a déjà plein, mais l’originalité de notre concept était justement que ce soit un même OFF en marge de toutes les conventions Pro. Nous avons été les premiers à penser à faire cela depuis un an maintenant. Les gens du métier commencent à se passer le mot. Ils savent que chez nous, la programmation est intéressante, et qu’ils sont reçus comme des rois ! Nous essayons en tous cas :-)

N’est-ce pas compliqué de monter des concerts en appartements ? Pourquoi ne pas le monter directement dans des salles ou lieux plus adéquates à recevoir un concert ?

L’idée n’est pas d’organiser des « concerts ». L’idée est de faciliter une rencontre entre un réseau pro et des artistes qui n’ont pas forcement ce réseaux. Des concerts dans des salles, il y en a déjà plein, et il y a beaucoup de gens plus qualifiés que moi pour les organiser ! De plus, lors des grands festivals, il y a déjà mille concerts en salles, et en général, plus de salles disponibles dans la ville ! Notre concept n’est pas celui-ci. Comme je le disais précédemment, quand les artistes jouent dans les salles, même s’ils réussissent à faire venir des professionnels, le cadre ne facilite pas la rencontre. D’autre part, les professionnels vont de salles en salles avec leurs badges, ils sont des noms sur des listes, des accréditations, et rien d’autre. Nous souhaitons que le rapport soit beaucoup plus humain. On essaie de créer des rencontres, de s’appeler par nos noms, de les recevoir comme si c’était chez nous (d’ailleurs à chaque fois les gens pensent que c’est chez moi!). Le fait que les artistes y jouent quelques morceaux en acoustiques, c’est pour que la discussion ne soit pas « abstraite », là ils entendent les morceaux, et peuvent en discuter tout de suite après.
Pour autant, il est vrai que trouver à chaque fois le lieu, devoir gérer la difficulté d’un lieu de ce type, le voisinage, etc... n’est pas une simple affaire !!

Une belle programmation cette année, peux-tu nous en parler ? Comment fais-tu ta programmation ?

J’essaie de mêler les genres et les histoires. Certains artistes sont déjà pas mal accompagnés et commencent à avoir un nom qui circule dans le métier, ceux-là vont attirer une certaine catégorie de professionnels, et cela profitera à d'autres artistes qui sont encore beaucoup moins accompagnés. Dans tous les cas, j’essaie de prendre des artistes qui sont à une période de leur développement suffisamment avancé pour que la rencontre avec ces professionnels soit utile. Ils sont donc pour la plupart en pleine actualité, et c’est cette actualité qu’ils viennent présenter. La plupart tournent déjà pas mal, venir chez nous leur permet de programmer quelques concerts en plus sur leur tournée puisque de nombreux programmateurs passent chez nous. Certains artistes intéressaient déjà des tourneurs ou des labels, les Rock in Loft ont permis de concrétiser la rencontre, puis la signature.


Le Rock in Loft en parallèle du printemps de Bourges 2016 vient de se terminer, quel bilan en tires-tu ?

Cette session du Rock in Loft était particulièrement stressante parce que j’avais fait le pari un peu fou de recevoir 11 artistes en une seule après-midi, et j’ai eu énormément de demandes d’invitations. Plus de 300 demandes, pour la première fois j’étais obligée de refuser du monde. C'est galvanisant et motivant pour la suite, parce que justement, l’explosion du nombre de demandes de professionnels nous permet de voir que le concept commence à vraiment prendre, et que les gens, nous font confiance car ils reviennent. Depuis le départ, je travaille énormément sur la communication de l’événement, j’étais contente de voir que cela avait porté ses fruits. Il nous reste encore du chemin, et sur chaque session je vois les choses à mettre en place pour que la session suivante se déroule au mieux.

Je trouve le concept de Rock in Loft vraiment génial, mais être obligé pour donner de la visibilité à des artistes indépendants de monter des scènes parallèles dans des appartements avec Open Bar champagne pour faire venir des professionnels, tu ne trouves pas que ça en dit long sur le peu de visibilité qu’on accorde aux artistes en devenir et sur le milieu de la musique actuellement ?

C’est le jeu, je ne crois pas que ce soit actuel, c’est comme ça. Les gens, que ce soit les pros ou pas, sont extrêmement sollicités. De la musique, il y en a partout, tout le temps, des nouveaux artistes aussi, internet regorge de millions de notes de musique en pagaille et d’artistes qui espèrent être « the next big thing ». Nous ne sommes pas un pays très ancré dans la culture musicale et dans l’esprit de découverte, c’est difficile de faire déplacer les gens sur de noms inconnus. On le voit : les grosses têtes d’affiches remplissent des stades en dix minutes, mais nos café-concerts sont parfois vides, et les gens râlent pour payer un PAF de cinq euros. Sur un festival comme le Printemps de Bourges, la proposition est déjà énorme. Il y a des concerts dans tous les sens. Se démarquer n’est pas évident, et l’appel du champagne n’est clairement pas un méga atout dans un univers ou de toute façon l’apéro est offert dans tous les sens aux professionnels du secteur ! Je mise plus sur la marque que l’on crée, l’ambiance conviviale, le fait qu’ils savent qu’ils vont se retrouver entre eux, dans un endroit cool pour discuter, plus cosy que dans un espace pro, et où ils savent qu’il y aura à chaque fois des découvertes de qualité.

Où se dérouleront les prochaines éditions Rock in Loft ?

Je m’adapte un peu aux demandes des professionnels et des prods des artistes. En l’occurrence plusieurs personnes m’ont sollicitée pour faire jouer leurs artistes en OFF des Francofolies de la Rochelle. Je pense donc qu’on se dirige vers cette option-là, mais tout dépend du nombre de demandes que j’aurai.

Que peut-on souhaiter au Rock in Loft pour l’avenir ?

Notre objectif est double. L’objectif « égoïste » c’est que la marque soit suffisamment installée et que notre gestion de l’événementiel soit suffisamment reconnue pour que l’on fasse de plus en plus appel à nous, et que le système soit pérenne pour notre association.
L’autre objectif, qui était le premier, c’est que le système attire suffisamment de professionnels à chaque fois pour que cela débouche  sur du concret pour les artistes. Quand j’apprends qu’un artiste a signé avec un tourneur ou un label, ou a obtenu des dates de concerts ou une belle couverture médiatique grâce à leur passage chez nous, je me dis : mission accomplie !!


La playlist de la programmation musicale de Rock in Loft au Printemps de Bourges 2016.

Butch McKoy(folk) / Coffees & Cigarettes(chanson hiphop) / Mighz(chanson urbaine)
Mell(chanson-rock) / Ulster Page(indie-rock) / Thomas Kahn ​(pop-folk) 
Nina Johansson(electro-pop / folk) / Kursed(indie-rock) / Athénaïs​ (pop-folk) 
Ina-Ich (electo-rock) / Gérard Kurdian (pop)



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