Sam Sauvage - Mesdames, Messieurs !
Alors là, les amis (enfin les gens qui se perdent ici), asseyez-vous deux minutes et laissez-moi vous parler d'un truc qui m'a retourné les tripes comme rarement. Je viens de me prendre le dernier Sam Sauvage, Mesdames, Messieurs ! en pleine poire, et je ne m'en remets toujours pas.

C’est une effraction musicale qui me chatouille la nuque, c’est Sam qui débarque dans mes écouteurs sans frapper, avec sa gueule d’ange cabossé et ses mots qui pèsent des tonnes de tendresse pour un voyage au bout du cœur. Ce qui me fascine chez ce type, outre sa beauté mythologique, c’est sa capacité à transformer le banal en sacré moment, intensément. Sa voix, c'est du velours râpé qui gratte là où ça fait du bien. On sent l'héritage des grands, je pense à William Sheller pour la dentelle du piano, à Arthur H pour le grain au fond de la gorge, à Etienne Daho pour la sensualité diffuse mais Sam il a ce truc bien à lui, bien sauvage, cette urgence de faire qui dégouline de chaque note. Faire de la musique, faire tilter les gens. Dans ce premier disque, les pépites qui m'ont achevé sont en premier Avis de tempête, la porte d'entrée. Un titre qui claque comme un rideau de théâtre qui s'ouvre dès que les lumières s'éteignent. 'fin, ici elles s'allument, c'est une invitation, un peu foraine, un peu mélancolique. Il nous prend par la main pour nous dire : « Regardez comme on est beaux dans nos naufrages ». Le synthé est d'une élégance folle, c'est du cristal qui danse sous mon épiderme. Oui, mes mots sont dithyrambiques mais quand j'écoute Un cri dans le métro comme ne peuvent-ils l'être autrement ? Ce titre me fout les poils. C’est une chanson-monde. On y entend le quotidien, les minutes, mais surtout l'immensité de nos solitudes. La montée en puissance est organique, presque érotique dans sa manière d'envelopper l'auditeur. Maintenant je n'écoute pas ce morceau, je m'y noie volontairement, tout comme Je ne t'aime plus. Et puis La fin du monde, dans un clair-obscur festif, entre deux verres de rouge et une fumée de clope imaginaire. J'imagine la scène et ça me plaît. C’est d'une poésie brute, sans fioritures. Il chante la fatigue des corps et l'espoir qui reste au fond des poches avec une justesse qui me donne envie de chialer de joie. Ce type fait un bien fou fou dans cette époque où tout est trop lissé, autotuné et emballé sous vide, Sam Sauvage est un jeune qui nous offre du vivant. C’est de la chanson française à l’ancienne, mais avec le sang neuf d’un mec qui en a marre des faux-semblants. C’est généreux, c’est impudique, c’est d’une beauté qui fait briller les yeux, qui fait brûler le cœur, qui transforme la petite fêlure au fond de nous ou qui nous pourrit le quotidien en immense fenêtre sur le ciel et qu'on écoute quand on a besoin de se rappeler que la musique est un art majeur et quand l'artiste y met le cœur, ceux d'un paquet d'auditeurs suivent. J'ai envie de le voir sur scène, bouffer ses mots jusqu'à l'indigestion. C'est un bonheur de disque, point barre.
Tracklist
01 - Avis de Tempête
02 - Le Langage de l’Amour
03 - Les Gens Qui Dansent (j’adore)
04 - Je Ne T’aime Plus
05 - Boulogne
06 - J’suis Pas Bo
07 - Ne T’en Fais Pas Pour Elle
08 - Il Pleut des Femmes
09 - Hypocrise
10 - Roi du Silence
11 - Un Cri dans le Métro
12 - Les Romantiques
13 - La Fin du Monde
30 janvier 2026
Wagram Music / Cinq 7
www.facebook.com/SamSauvageOff
Merci infiniment pour ce partage !!!!!
RépondreSupprimerUne jolie découverte que je repartager à mon tour :)