Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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13 septembre 2016

Melissmell - L'Ankou

AVERTISSEMENT. Dès la première écoute, on se retrouve aspiré et englouti sous l'émotion qui nous submerge à travers dix chansons rêveuses au tempo vibrant, d'une intensité rare. Melissmell revient avec un opus difficilement qualifiable, une voix qui joue avec nos précipices, et qui délivre des courants de frissons pour un lâcher prise amoureux.


Melissmell c'est la grâce du rock, c'est follement grunge, franchement direct, et si vous tombés dans le piège envoûtant de son univers, alors il s'accrochera à votre cœur. Et puis la poésie, la poésie dans les mots, dans les mélodies. Partout. Aux textes parfois bouleversants, s'ajoutent une voix tantôt fragile, tantôt tremblante, brut et douce à la fois, nerveuse mais réconfortante, une guitare qui entoure tendrement l'atmosphère, et des frissons comme paquet cadeau pour emballer le tout. 
Melissmell, c’est du rock personnel et touchant. Une artiste nue, vulnérable qui respire la vérité. Qui parle avec son cœur, qui prend aux tripes. Sans artifices, sans mélodies grandiloquentes, juste des mots à maux, déposés simplement sur quelques accords de guitare. Et puis il y a les références, Les restes d'un Kurt Cobain féminin où l'influence de Nirvana est assumé, sans pomper et sans être pompant, la note juste et dilatée, confirme le talent de cette grande chanteuse. Ce disque est bouleversant : Le chant des éclairés, (écoutez ici) quand elle hausse le ton, à s'arracher la voix, à ne pas avoir peur de nous serrer le cœur, l'admiration qui brille dans le fond de nos yeux. La chanteuse hurle sa rage à nos cœurs éblouis. D'une puissance à faire pâlir les Cantat, Saez and Co. Alors quand surgit La noyée, je mets le casque sur les oreilles, je monte le volume, je ferme les yeux et je vole. Oui je vole. J'ai envie de chialer mais je ne peux pas, parce qu'il se dégage de cette chanson une force contagieuse indescriptible, être fort et beau, tu déposes les larmes et tu te laisses porter par les vibrations vocales de cette artiste en majuscule. Un album terriblement surprenant, dix titres entrecoupés de comptines et d'atmosphères angoissantes, mystérieuses, où l'on pourrait voir flotter l'ombre de l'Ankou, personnage de la mythologie celte, représentant de la mort en Basse-Bretagne. Dix titres qui passent délicieusement, mélancoliques, inspirés, aux thèmes forts sans être relou et sans prétentions. Déjà dit, mais surprenant oui, Le pendu sonne en moi comme une messe athée, le chant d'une femme énervée. "Hey ! Pendez votre dieu comme vous pendez les femmes... Hey ! Pendez le diable par la queue comme vous pendiez les femmes par les yeux..." Melissmell à toujours le poing levé ! Alors laissons-nous tenter par cet album, par ces titres magnifiques cités plus haut, par le rock vitaminé de Les rivières, la pop dansante de La loose, ou encore Adieux au texte hypnotique. Aucune chance, entre nous il n'y aura pas d'adieu, on se revoit en concert assurément !


L'Ankou est d'une élégance à couper le souffle. Avec ses compositions travaillées qui touchent à la perfection, ce disque fige, électrise et charge l'air d'émotions fébriles, fragiles, subtiles et violentes à la fois. Melissmell en impose et touche en plein cœur.

Tracklist
01 - La clé
02 - Les rivières
03 - Citadelle
04 - Les restes
05 - Air Fraov
06 - Le chant des éclairés
07 - La noyée
08 - Mot dits beat
09 - La loose
10 - Silence
11 - Khmar
12 - Le pendu
13 - Ma petite étoile noire
14 - Domalah
15 - Adieux

16 septembre 2016
[PIAS]


www.facebook.com/melissmell


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isa
2 octobre 2016 à 21:02

Je suis allée voir Mélissmell en concert hier soir, c'était un bon moment. Elle est toute simple, à peine maquillée, pas de coiffure sophistiquée ni de "tenue de princesse" pour monter sur scène, et pourtant dès qu'elle chante ça le fait ! Elle est expressive, n'hésite pas à faire des doigts d'honneur quand elle chante sa révolte, mais sait aussi nous faire passer une très belle émotion.
Écorchée vive, de la puissance, et de l'émotion donc sur des titres plus en douceur. De belles couleurs vocales également sur Defy, où juste accompagnée du piano elle joue de sa voix comme d'un instrument, et nous révèle des facettes différentes de la voix éraillée qu'on lui connaît habituellement.
C'est amusant, en écoutant via le lien que tu as mis Le chant des éclairés, je me disais que personnellement ça criait trop pour moi et que je n'étais pas touchée comme tu l'as été. En live, ça ne m'a pas fait le même effet et je ne ressens pas cette impression qu'elle crie, il y a juste une nana qui chante avec ses tripes pour exprimer sa rage ou ses émotions. L'émotion, pour moi, c'est sur Je me souviens qu'elle a été la plus forte. Chanson adressée à sa maman, en douceur et très forte en même temps.
De L'ankou, elle a chanté Les rivières, Citadelle (je trouve que cette chanson a de très bons atouts pour passer en radio, j'espère qu'elle bénéficiera d'une bonne diffusion), Les restes, Le chant des éclairés (donc), La noyée, Le pendu (dont le refrain est repris par le public) et Adieux (liste non exhaustive).
Ajoutons-y quelques chansons plus anciennes, deux guitares, une basse, des claviers et une batterie (plus quelques boîtes de mixage), on obtient un chouette concert (en plus dans une petite salle, collée à la scène avec Ben le guitariste juste devant moi).

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3 octobre 2016 à 18:18

Merci de nous faire partager ton ressenti Isa !

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