Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
__________________________________________________________________________________________________

12 octobre 2016

Yann Tiersen - Eusa

C'est une jouissance cérébrale, une agréable divagation dans une sorte de rêve, une terrible évasion par substitution. Un état grisâtre comme le granit breton m'envahit à l'écoute de Eusa, le dernier voyage en date de Yann Tiersen. Aux images sonores, le pianiste joue avec les notes de son piano pour raconter son île : Ouessant. 


Cet album -où collabore également le breton Didier Squiban grand habitué des expéditions musicales insulaires- à un climat qui vous aspire, quand le cœur léger et les pensées vagabondes vous en donnent les moyens. C'est un égarement éternel, une hypnotise par un horizon peu ordinaire, une lumière particulière, un vieux bateau qui tangue dans les creux de quelques vagues rêveuses après le Fromveur, le phare de la Jument en approche, les yeux flous, je me suis laissé prendre dans les remous du voyage. Impossible de lui donner une définition, de lui écrire une quelconque chronique. Cet album s'écoute et se vit. Il se dépose là, sans faire de vagues, sans brasser de l'air. Discrètement, sensiblement, il est beau. Les mélodies elles, se baladent, flottent limpides sur cette île où le temps est autre chose que le temps, l'odeur est autre chose que l'odeur et l'horizon est perpétuellement un appel aux rêves. On veut hurler de joie, on veut crier de bonheur. On veut aimer, on veut embrasser. On veut vivre. Cet album se vit, comme Ouessant se vit, comme la Bretagne se vit. Et comme plus personne ne doute du talent de Yann Tiersen, écrire le mot génie dans la même phrase relève du pléonasme. N'empêche, cette taille de l'âme qu'il possède, ce don de nous transplanter sa musique au cœur, de faire briller nos mélancolies, de devenir la trame de nos envies, le breton cultive et sème une poésie vitale dans cette époque un peu horrible que nous subissons. Eusa est une expédition musicale, un moment délicieux de dix compositions et de captations sonores sur différents endroits de l'île, qui procure des appétits mêlées d'images bretonnes, de côtes sauvages, de ciels gris, les embruns de Porz Goret et dans un froid de granit, une chaleur qui malgré tout va nous transmettre un ineffable bien-être... Un véritable magnétisme sonore, une suggestion poétique bourrée d'émotions, et une très jolie déclaration d'amour du finistérien pour son île. Rare et précieux. Encore une fois. 


Une note de piano qui tombe, c'est une lueur, une image, des frissons qui surgissent. Je ferme les yeux, cette histoire sera aussi la mienne. Da garout Eusa !

Tracklist

01 - Hent I
02 - Pern
03 - Hent II
04 - Porz Goret
05 - Lok Gweltaz
06 - Hent III
07 - Penn ar Roc'h
08 - Hent IV
09 - Kereon
10 - Hent V
11 - Yuzin
12 - Roc'h ar Vugale
13 - Hent VI
14 - Penn ar Lann
15 - Hent VII
16 - Enez Nein
17 - Kadoran
18 - Hent VIII

28 septembre 2016
Label Mute



avatar
isa
12 octobre 2016 à 19:58

Yann Tiersen, j'achète les yeux fermés, d'autant plus en piano solo ! Je n'ai pas encore écouté cet album, mais je sais déjà que je vais l'aimer, énormément. Le seul nom de Yann Tiersen juxtaposé au mot piano sont une garantie plus que suffisante, pour me donner la certitude que je vais l'adorer. Yann Tiersen, excellent compositeur mais également excellent musicien...
J'ai eu l'occasion d'entendre récemment plusieurs titres d'un album intitulé Yann Tiersen, piano solo, par un pianiste dont j'ai oublié le nom. Et pour cause... Les mélodies étaient bien là, toujours aussi belles, mais l'interprétation était plate et manquait d'âme...
Yann Tiersen, c'est un artiste complet, compositeur, multi-instrumentiste, et qui sait explorer différents univers musicaux (même si c'est au piano et au violon que je le préfère), on sent chez ui une envie d'explorer toujours de nouveaux horizons et de ne pas être dans la répétition. Bref, un Grand, avec un G majuscule.
(et vite vite aller écouter l'album, et vite vite le revoir sur scène !)

Reply
 
© since 2014
-->