Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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27 février 2016

Sidi Wacho - Libre

Quand le disque a glissé dans la platine, il ne faisait pas beau et il pleuvait dehors. Pas vraiment un temps à la fête. La mélancolie et la paresse étaient au programme. Soudain, à la première note de la première mélodie, le ciel gris s'est mit à rayonner.


Quelques notes et une fièvre agréable monte déjà avec le titre Intro "Bandera De Libertad". Pas le temps de prendre une respiration que déjà, le titre te procure une inspiration aspirante. Ouais t'es aspiré, c'est bien le mot. Aspiré vers un pays latin où la musique rime avec fête et vie. Où les paroles riment avec couleurs et chaleur. Où les rythmes riment avec sensualité et liberté. Transition parfaite, le groupe est engagé et le revendique sur Libre. Un minuscule refrain terriblement efficace et fédérateur. Puis quand vient le troisième titre Con Sabor, certaines comparaisons me viennent à l'esprit. Cette excellente fusion de Cumbia et de hip-hop rappellent délicieusement un soupçon de Spook And The Guay, un peu de Java, beaucoup de Mano Negra. Plutôt flatteur non ? En tout cas en quelques titres l'album vaut son pesant de cacahuètes. Et la suite, c'est la même chose. Preuve avec l'excellent Salam Wacho qui offre une parenthèse arabe quand Sin Miedo nous renvoies de l'autre côté de la planète direction l’Amérique du sud et confirme la tendance. C'est un album chaud, c'est un album en éruption. Un volcan envoûtant. Comme au temps du Ministère des Affaires Populaires, où Saïdou et sa tchatche efficace, nous entraîner déjà hors de nos frontières, culturelles et musicales. Et c'est avec une belle nostalgie que En cavale nous ramène chez les Balkans. La chaleur est partout. Le voyage n'en finit pas. Qu'il soit en espagnol, en français ou en arabe, le texte est excellent, politique mais juste. Social et humain. Sans langue de bois. Saïdou, Juanito Ayala aux chants, Dj Antu, El Pulpo aux percus, Boris Viande à la trompette et Jeoffrey Arnone l'accordéoniste, le collectif ne faiblit pas sur la deuxième partie de l'album. Ça pique méchamment sur Ils nous emmerdent, ça fait dandiner terriblement sur Buena Onda, et ça claque sur La Tierra quand les voix de Flavia Coelho et Nawel viennent embrasser les rythmes embrasés. Attention, morceau inflammable ! C'est à la fois tendre, c'est à la fois percutant et c'est parfait.
Enfin, le bonus track de l'album est une tuerie. MAP & Show (Feat MAP) : El espectáculo debe continuar, je relance l'album. Putain, il fait beau sous ce ciel gris d'hiver !


Explosif et enthousiaste, ce collectif affirme que cet album est un prétexte pour prendre la route. Sûr que certaines planches de scènes vont s'embraser, et que beaucoup de gens vont embarquer dans des danses et des chants bouillants. Sidi Wacho, c'est une énergie tout simplement contagieuse...

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