Tim Dup - Les immortelles

Si je m'écoutais vraiment je volerais avec les oiseaux qui planent à travers le ciel, et je glisserais sur un arc-en-ciel mobile jusqu'à laisser sentir en moi quelque chose s'envoler, accompagné par ce doux spectacle qui s'offre devant mes yeux, sous mes doigts, entrant par les oreilles et parcourant mon corps. Non, je ne me drogue pas.

Les frissons virevoltent, tourbillonnent, dansent en moi. Les notes à mes pieds, je n'ai pas l'impression de marcher sur le sol quand Tim Dup chante. C'est lui ma substance illicite. Son univers est une multitude de shoots de couleurs, d'odeurs, de chaleur, de douceur, je deviens rêveur. Songeur. Extase. Je me sens enveloppé d'une autre vie, seule la lumière extérieure me semble être réelle et pourtant je ne veux pas  sortir de ce trip musical. Je continue cette évasion et c'est lorsque je me sens être à une belle hauteur vertigineuse que je prends conscience du spectacle qu'offre ce jeune artiste, derrière son micro, du bout de ses doigts. La poésie est la dernière survivante d'une époque révolue. Elle s'évanouit dans les mélodies pour faire place aux sentiments puissants de ce spectacle qu'offre un si jeune artiste, immensément talentueux. Je ferme les yeux, Les immortelles, je meurs de chaleur. J'entends chanter le fils que n'a pas eu Barbara mais je vois surtout des corps, des fesses, des cuisses, des mains, des pieds nus et des sourires. Je vois la vie, je vois la joie, je vois la simplicité tout simplement. L'essentiel. Si je m'écoutais vraiment, je continuerais cette évasion toujours sublime de ce que mon cœur entend, les yeux fermés sur ce chemin qui descend en légère pente vers la mer, laissant place peu à peu aux grains de sable, j’enlèverais mes chaussures, puis mes chaussettes, puis tout le reste sans préavis et sans pudeur pour sentir ce vent de sensations m'enlacer. Et face à moi voir s'étendre l'horizon, à l'infini, les boucles électro en rouleaux de vagues, les notes de piano, j'ai l'impression qu'il m'appelle dans le murmure des remous de la vie. Mon âme agi d'elle-même... Ah si je m'écoutais vraiment. La lueur des titres comme Amor, Les larmes du monde, Fiu (prélude), Entre chien et loup, Merci et à demain, Mono no aware (postlude) font rougir mes paupières. Tout ce qui nous sépare n'existe plus et j'aime ressentir la musique du Tim Dup. C'est l'essence même de l'art qui nous anime tous, bien qu'elle soit différente en chacun, la musique nous anime tous d'une façon ou d'une autre. Dans une mélancolie heureuse, un oiseau est venu chanter au-dessus de moi il y a six ans. Son chant mélodieux est comme l'une de ces interprétations de cette essence. Mais son nouvel album... Comment expliquer ? Je relève la tête et ouvre les yeux, le cœur serré en écoutant en boucle Le club des 27. Une fois, six fois, vingt fois. Allez encore une fois, je me mets sur le dos et me laisse porter par son rythme, un ciel imaginaire dans ma tête est parsemé de nuages gris, l'un d'entre eux fait face au soleil mais un rayon persiste et le transperce. Je ferme encore les yeux pour ressentir la moindre note, la moindre intonation, le moindre souffle, donnant tout ce que je peux donner pour ce genre de moment incroyable qui me fait sentir vivant...


Voilà, un nouveau rituel s'installe pour Les immortelles. Quand le temps est lourd et que j'ai besoin de m'envoler, je caresse la surface du disque et je sors le 33 tours de sa pochette. je le pose sur la platine et je m'isole. Je monte le volume, je ferme les yeux et la poésie de Tim Dup s'occupe du reste.
Incroyablement beau.

Tracklist
01 - Si je m'écoutais vraiment
02 - Amor
03 - Les immortelles
04 - Pardon, j'ai menti
05 - La culotte
06 - Fiu (prélude)
07 - Le fil (feat.Eesah Yasuke)
08 - Le club des 27
09 - Entre chien et loup
10 - Regarde-nous danser
11 - Les larmes du monde
12 - Merci et à demain
13 - Mono no aware (postlude)

03 février 2023
Columbia Records


www.timdup.com

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