Miossec - 04.26 (2026)

Je viens d'écouter le nouvel EP de Miossec, 04‑26. C'est clairement le cadeau de quelqu'un qui se sent comme un roi actuellement sur scène dont pour lui c'est la plus belle des façons de revisiter ses chansons sous un jour nouveau. La sortie de ce mini-disque est par l'occasion, le moyen de nous offrir quelques extraits de ce plaisir qu'il vit. Et ce n'est pas de la nostalgie qui a envahie mes écouteurs, c'est une espèce de confidence, une reconquête des émotions que ces chansons portent, qu'elles me donnent.  

Oui, c'est une intimité troublante dans ces versions 04‑26, que je découvre. Miossec dépouillé de son timbre de rockeur et de ses problèmes de santé, nous revient avec une sensibilité encore plus accrue et une force encore plus tranquille. D'entrée, il se passe quelque chose avec La facture d'électricité. Ces vagues de douceur et de poésie sonore c'est quand même incroyable à vivre, à écouter disons. Avec ses compatriotes Stéphane Fromentin et Nicolas Méheust, ce premier titre réarrangé et réenregistré nous annonce que c'est une sorte de dialogue entre l’héritage et l’évolution personnelle du chanteur. Ce qui frappe immédiatement, c’est le caractère minimaliste et profond de ces nouvelles interprétations. La poésie brute des mots, la gravité feutrée des mélodies et la voix sont mises en lumière Dans Je m'en vais, les guitares et les rythmes s’effacent parfois pour laisser place à une intimité fragile qui porte parfaitement le thème. Et puis cette version de Brest, mon Dieu bordel. Si t’existe, merci. Merci Christophe. À la première écoute, c'était si délicat que je me suis volontairement laissé noyer dès les premières notes. Bouleversant. Il pleuvait tellement ces derniers mois que j'avais besoin d'entendre ça, pour me sortir des profondeurs solitaires et de la perte de soi, se laisser porter. Je me sens couler, emporté… et pourtant si léger, apaisé, totalement serein. Les yeux fermés, mon cœur s’emballe vers la deuxième minute du morceau, les sens éclatent. C'est terrible cette générosité. Je ne m’agite pas, je veux continuer de m’enfoncer, de me laisser aller au gré de cette marée invisible de sensations… Vibrations, frissons, Non non non non (je ne suis plus saoul) apporte un peu plus de rythme et forcément de nostalgie mais le dernier morceau s'annonce dès les premières notes comme l'apothéose d'un si court EP magnifique. Quinze minutes d'extase ! On peut applaudir  ! Sinon y'a quoi à dire d'autre ? Si ce n'est dire que Miossec se réinvente encore une fois, lui qui ne cesse jamais de modeler ses titres dans tous les sens pour leur donner toujours un peu plus de sens ? Quelle tristesse pourtant de n'avoir que quatre titres à se glisser dans le cœur et le baladeur, mais je guette les dates de la tournée, je veux tellement le revoir et 04.26 me donne raison. 

Photo Lara Herbinia
Facebook Miossec.officiel / Photo Lara Herbinia        

Tracklist
01 - La facture d'électricité
02 - Je m'en vais
03 - Brest
04 - Non non non non (je ne suis plus saoul) 

13 mars 2026
Sony Music 


www.facebook.com/christophemiossec
www.christophemiossec.com

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