Les Crieurs de Toit - Fabriquer des souvenirs (2026)

Les Crieurs de Toit s’inscrivent dans une certaine tradition de la chanson alternative, dans le sillage de groupes comme Les Ogres de Barback, Les Hurlements d'Léo, HK ou encore Debout sur le Zinc, où les textes occupent une place centrale au milieu d'une énergie collective qui se mêle à une forme de poésie du quotidien. Ouais ? Comme une sorte d'approche artisanale dotée d'une belle sensibilité en explorant  avec sincérité les émotions du quotidien. Avec Fabriquer des souvenirs, ils proposent aujourd’hui un nouvel album qui s’inscrit dans cette continuité.

Première chose qui me marque c'est la pochette, belle et évocatrice, qui annonce déjà une œuvre tournée vers la poésie et les couleurs (de la vie). Grand comme ça ouvre le bal, pas d’esbroufe, c'est une invitation à entrer dans un univers à hauteur d'âme. C'est prenant, c'est dansant. Musicalement, Les Crieurs de Toit navigue entre chanson française et pop-rock délicat, avec une instrumentation qui privilégie la chaleur des guitares qui tanguent au son d'un accordéon qui a beaucoup de choses - lui aussi - à raconter. Les mélodies, souvent accrocheuses, servent des textes qui parlent du passage à la quarantaine (Mais qui), de traces laissées par les choix (Et même) et des petits riens qui façonnent une vie. La section rythmique, toujours précise, soutient cet équilibre entre retenue de la nostalgie et mouvements très intenses (Les marches de l’Église). C'est un disque, c'est un enregistrement studio mais c'est clairement un groupe de scène. C'est peut-être aussi parce qu'ils ont le meilleur exemple comme référence : Les Cowboys Fringants dont le titre Montréal et forcément (pour moi) l'un des plus beaux morceaux de l'album. Parce que le plus émouvant, parce que le plus parlant, parce qu'à moi aussi, ils ont changé le cours de mon existence. Écrit et enregistré quelques mois après ce triste 16 novembre 2023, le mérite de ce titre réside dans le fait qu'il rend hommage au groupe québécois, ce qu'il nous a apporté, partagé, appris, sans se focaliser uniquement sur la disparition de Karl, aussi douloureuse fût-elle. 
L’album se distingue aussi par ses moments plus contemplatifs même quand ils sont slamés (Charlie) et cette capacité à capter une émotion fugace, à la transformer en image simple mais marquante (Résistance). Les arrangements viennent enrichir l’ensemble sans jamais le surcharger et ça m'donne parfois une couleur légèrement nostalgique me rappelant ces groupes dans les années 2000 qui me faisaient danser, chanter (et penser) comme Les Croquants, As de Trêfle, Ridan, Karpatt, Les moins que rien... Y a pas de secret, ça se sent ! Autour du noyau du groupe, chacun apporte sa contribution, ce qui renforce cette impression de collectif vivant et par conséquence, de musique vivante. C’est un bel album que Les Crieurs de Toit nous offrent ici, fidèle à leur univers. 


Tracklist
01 - Grand comme ça
02 - Mais qui
03 - Et même
04 - Les bas côtés
05 - Les marches de l’Église
06 - Montréal
07 - Tombes
08 - Charlie
09 - Résistance
10 - Ceux qui crient

16 avril 2026
Y'A Comme Un Lézard

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