Nicolas Comment - Berliner romanze (2026)

Le printemps est la saison du renouveau, de l'air qui tiédit, des bourgeons qui éclosent, de l'amour qui grandit et moi qui me donne envie de découvrir de nouvelles musiques. Nicolas Comment je le croise depuis un moment. Je vois souvent son nom associé sur les projets d'autres artistes. Un jour, j'ai emprunté l'un de ses livres photos à la bibliothèque de Châteaubourg, que j'ai beaucoup aimé, et dernièrement je l'ai vraiment découvert (vocalement) sur l'album hommage à Philippe Pascal en reprenant (superbement) Les Nuits Chrysler

Et au début de ce printemps actuel, il a sorti un disque dont le nom m'évoque beaucoup de choses personnelles. Berliner romanze. Avec ce projet que je me lance à l'assaut dans son univers musical. Avec ce disque au titre évocateur. Très vite, Nicolas Comment emporte celui qui l'écoute dans une atmosphère sensorielle et planante. Tout y est calme, fiévreux mais paisible, la musique glisse tranquillement jusqu'au pavillon de l'auditeur détendu que je suis. Tout y est rêve, amour et volupté nocturne. Est-ce l'Est ?, le titre qui ouvre le bal, donne à cet égard le tempo indolent qui sera celui de cette succession de pistes envoûtantes.

La coloration de cet opus est-elle l'éloge de la flânerie et la célébration du sentiment amoureux ? J'y trouve une nostalgie inhérente dans les six compositions de Nicolas Comment. Dans Tout autour ou Birgit, c'est une musique intemporelle que nous propose l'artiste. Elle possède ce charme élégant, presque cinématographique, qui aurait pu traverser les décennies sans prendre une ride. Si l’univers du disque évoque le fantôme d'un Gainsbourg période Initials B.B. ou les productions feutrées de Jean-Louis Piérot, Nicolas Comment façonne un disque totalement issu de son imagination visuelle et poétique.
Il nous emporte dans un Berlin fantasmé, un décor de guerre froide et de romances artistiques, pour suivre les traces d'une muse singulière au détour de Baisers de Prenzlauer. On y parle d'amour, d'errance et d'attachement aux souvenirs, et c'est très beau et j'ai envie de vivre un moment intense berlinois.
Derrière cette élégance feutrée se cache l'histoire d'un disque né d'un hasard. Un été de canicule en 2003, une grève des aiguilleurs du ciel, et Nicolas Comment se retrouve bloqué à Berlin. C'est là, que naissent les premières notes de Tout autour sur une guitare de passage. L'une de ses toutes premières chansons. L'artiste convoque le spectre d'amants magnétiques croisés au détour du rideau de fer, quelque part entre la mélancolie de Lou Reed et le romantisme de Bowie période Heroes. Sur la Tor apparaît comme une halte encore plus intimiste et extrêmement pudique, tout en nuances et en demi-teintes. L'album s'étire et se referme comme un songe mélancolique au son d'un U-Bahn hypnotique. Je reste scotché. On redécouvre ici, via cette superbe version remastérisée, un projet qui avait initialement vu le jour en 2008 sous la forme d'un précieux livre-disque aux éditions Filigranes, alors intitulé Est-ce l'Est ?.


Voilà un album qui, je pense sans trop me mouiller, ressemble sans nul doute à son auteur-photographe, une sorte de café noir, serré mais suave, chaud, enveloppant, sombre et délicieux.

Tracklist
01 - Est-ce l'Est ?
02 - Birgit
03 - Tout autour
04 - Baisers de Prenzlauer
05 - Sur la Tor
06 - U-Bahn

24 avril 2026
Kwaidan Records


www.nicolascomment.com 
www.facebook.com/nicolas.comment

Commentaires


Les articles les plus consultés du moment

Le temps qui reste de Serge Reggiani

Les dix plus belles pochettes d'albums de 2015 selon Break musical

The Wooden Wolf - Indigo Prayers Op.8 (2026)

Ginette ! (Têtes Raides)

Marc Seberg - Le chant des terres (1985)