Ori Kaplan & Lihu Melamed - Reverie (2026)

Je trouve étrange notre tendance à rejeter et descendre une œuvre dès qu'elle s'éloigne de nos attentes et de nos goûts. En découvrant ce groupe, j'avais moi-même de gros a priori, notamment à cause des flûtes que je n'apprécie pas, mais j'ai décidé de les mettre de côté et je me suis finalement laissé envoûter par la créativité de ce disque, après avoir bien évidemment, craqué sur la pochette magnifique, la plus belle de l'année ! Voilà, il est facile de s'enfermer dans ce que l'on connaît déjà, mais les vraies richesses artistiques et musicales naissent précisément là où l'on accepte d'être bousculé et surpris. 

C'est exactement pour cela que je perçois l'album Reverie d'Ori Kaplan et Lihu Melamed comme une claque immédiate. Je découvre un disque pas tellement sage, peut-être un peu torturé, mais étrangement accessible. Qui s'apparente à la bande originale d'un film imaginaire. Les mélodies m'apparaissent tout de suite accrocheuses, fluides et directes, évitant toute complexité inutile qui aurait pu alourdir l'ensemble. À la fois mélancolique et joueur, cet album s'impose par lui-même. L'expression artistique y est totale, le compromis entre poésie et mélodie est payant, et les structures, bien que fouillées, restent assez épurées pour laisser respirer chaque ligne rythmique. Ce qui me saute aux oreilles dès la première écoute, c'est l'incroyable travail d'arrangement qui se fait sentir. La musique est proche de moi, le duo pourrait jouer juste à côté que je ne m'en apercevrais pas, ce qui rend l'écoute particulièrement viscérale, saisissante. Malgré la multiplication des instruments et des idées, le risque de perdre la simplicité de l'écoute est totalement évité, chaque élément se répond avec justesse, chaque note de saxophone ou de cuivre se répercute parfaitement avec une nappe électronique ou un coup de percussion. Les musiciens ne s'encombrent d'aucun concept lourd, ils font corps avec le sens profond de leur musique. Certes, Reverie est un album qui, par ses choix audacieux, bousculera les habitudes de ceux qui n'écoutent pas de jazz contemporain, mais pour ma part, j'y vois une superbe célébration de la créativité pure et du renouvellement, grâce probablement à sa petite teinte ambient, cinématographique. Si je devais chipoter, je retiendrais qu'il y manque peut-être un véritable tube fédérateur pour m'amener encore plus haut et peut-être plus loin. Mais au-delà de ça, c'est une belle œuvre qui me prouve qu'il faut toujours oser aller chercher plus loin. C'est cool de partir en terre inconnue. 

Tracklist

01 - Merveille
02 - Nuna
03 - The Stroll (feat. Tamir Muskat)
04 - Shangri La
05 - Obelisk
06 - Amber (feat. Itamar Ziegler)
07 - Stekol
08 - Tuntel
09 - Slider
10 - Lost Soul
11 - Soul Found

12 juin 2026
Batov Records


www.orikaplanlihumelamed.bandcamp.com 
www.orikaplan.com

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