Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
__________________________________________________________________________________________________

28 octobre 2015

Les Cowboys Fringants - Octobre

Dans ce monde qui tourne parfois à l'envers, la vie est souvent ailleurs. À la saison des mélancolies, l'automne s'est installé. Il nous laisse les feuilles au sol, les arbres dépouillés, la nuit qui tombe plus vite, le froid qui arrive, les cheminées qui s'allument. Nous sommes en octobre, le temps passe, la nostalgie s'installe et de nouvelles mélodies qui font du bien, se baladent dans l'air. 


Mon cœur est à l'automne sauvage. Celui fait d'odeurs, de couleurs, de souvenirs d'un temps qui ne reviendra plus. Cet album arrive comme étant bien plus qu'un simple plaisir. C'est la valeur sûre d'un geste vital, celui de dédramatiser le quotidien, de l'illuminer aussi. C'est la beauté contagieuse des Cowboys Fringants. Quand les mélodies et les mots deviennent des besoins récurrents, alors ce neuvième album studio ressemble tout simplement à un cadeau. Car dehors, quand il fait noir, froid, sans horizon ni ciel, les Québécois nous entrouvrent une porte pour laisser passer la flamme timide de notre espoir. Et d'une délicatesse absolue, balayent nos doutes et nos peines au rythme de l'accordéon de Marie-Annick Lépine. À peine sorti, Octobre ressemble déjà à un très grand disque avec l'impression d'y entendre un condensé du meilleur de vingt ans de carrière. La maturité ? Elle est passée depuis bien longtemps. Aujourd'hui, il est tout simplement question de la sortie de l'album d'un groupe, qui fait partie des meilleurs de l'histoire de la musique francophone.

L'album démarre avec Octobre premier morceau mélancolique sur le temps qui passe et dont on ne prête plus attention à force de vouloir vivre trop vite... La voix de Karl Tremblay flotte sur une ballade folk qui nous prend par la main et ne la lâchera pas jusqu'à la fin de l'album. Une entrée en matière comme ils savent si bien le faire. Simple et terriblement efficace. Vient Bye Bye Lou où l'on sent le mélange d'énergie et de révolte transcendées de l'époque de Break syndical. Le meilleur album de leur discographie. Je pense au sulfureux titre punk de La la la (avec des chœurs façon très Bérurier Noir et c'est bien fun !) qui fera lever les poings en concert. Je pense à la vérité frappante et à l'orchestration puissante de Les vers de terre, qui nous fait mesurer l'importance de l'engagement écologique et politique du groupe. Et lorsqu'ils ne chantent pas pour des causes, ils savent mieux que quiconque chanter les p'tites histoires du quotidien. Surtout celles qui nous ressemblent terriblement. Pizza Galaxie : "- Comme une étoile pokée dans la nuit / Je m'accroche à mon ciel et je survis / Moi qui aurait tant besoin d'une amie / Dans l'immensité de mon ennui / Comme tout l'monde je cherche la même chose / Un peu d'amour sur mes ecchymoses / En attendant j'tourne en rond dans la nuit / Aux alentours du Pizza Galaxie..." Et la plume de Jean-François Pauzé finira par m'achever sur Les feuilles mortes, le chef d'œuvre intime d'adultes devenus parents. De quoi les envier, de quoi essorer son cœur d'éponge et faire monter dans le coin de son œil une chaude petite larme. Et cette mélodie qui s'accroche aux tripes... Bam... Prends ça dans la tronche. T'en veux encore ? Alors ressors tes bottes, changement de rythme, y a d'la country sur So So et ça va déboîter des hanches sur la prochaine tournée. Marine Marchande confirme cet enthousiasme. Son petit côté rock celtique explosif, rythme festif, refrain jouissif... Suivi de l'instrumental Oktoberfest. Puissant ! Il y a La devisse aussi. Oh oui, encore une claque. Chef d'œuvre aussi ? Câlice ! Bien qu'ils se fassent un peu plus vieux, ces joyeux loufoques sont encore capable de tout. Du meilleur comme... du meilleur. Le pire c'est que depuis toujours, ils font des morceaux d'anthologie super sérieux (Plus rien par exemple...) puis sont capable de faire des morceaux plus légers, dans une déconne totale pour un résultat excellent. Sacré cowboys fougueux !

Le très beau Mon grand-père, est un autre morceau intéressant car «... Musicalement, c'est aussi assez blues. On n'était jamais allés là. Les changements de rythmes sont intéressants.» Comme le signal Jérôme Dupras (icil'album ne s'oriente pas qu'autour du folk, mais cherche à amener l'auditeur vers d'autres horizons. Des musiques avant tout pensées pour la scène. Les Cowboys Fringants quand ils créent un morceau, pensent avant tout à nous l'offrir en live. Une question d'amour avec son public. Et pour nous l'occasion de passer par tous les sentiments en trois heures de show. Tristement, l'album se termine pour une dernière belle histoire au Pub royal. C'était plus qu'une jolie fille / Elle avait quelque chose de discret / De la douleur dans les pupilles / Et des manches longues en juillet... Probablement une copine d'Hannah, de la Cath'rine, de Marilou ou de la belle Sophie. Bref, une autre pauvre fille à l'histoire bancale, mais une fille qui devient magnifique quand elle tombe dans les bras des Cowboys Fringants.

Oui, Octobre est beau. Que ce disque est beau. Que ce groupe est beau à écouter. Que cette musique enchante la vie... À l'extérieur, l'automne imposant change le paysage. Mon regard est ailleurs, le disque tourne encore. Une voix de neige et une chaleur irrésistible me font fermer les yeux. Je deviens clown pathétique, livreur de pizza, ex-toxicomane. Oui, que ce disque est beau.


www.cowboysfringants.com
facebook.com/lescowboysfringants
fondation.cowboysfringants.com


Vous aimez ce groupe ? Soutenez-le et faites tourner !

avatar
28 octobre 2015 à 13:42

Bel article !! J'adhère +++ !!
Manque juste un petit mot sur Louis Hébert !! Comment est-ce possible, ce morceau est aussi énorme, le texte, le rythme, et la mélodie finale qui me donne envie de tourbillonner encore et encore....

Reply
avatar
28 octobre 2015 à 14:35

Super cette présentation de l'album, fort similaire à mes impressions de l'album. J'ose même un «peut-être leur meilleur en carrière».

Reply
avatar
28 octobre 2015 à 15:56

Enfin après leur dernier album trop franchisé trop loin de nous ils nous reviennent avec un album qui nous rallis qui nous refait revivre le bon vieux temps des bon vieux albums des Cowboy !

Reply
avatar
28 octobre 2015 à 23:26

Magnifique chronique :) Merci et bravo. D'accord avec notre ami commentateur, Louis Hébert est également géniale, peut-être ma préférée, une chanson qui résume bien l'engagement politique des cowboys et le désenchantement qui règne quand même sur cet album génial.

Reply
avatar
isa
29 octobre 2015 à 20:07

Belle chronique. J'ai hâte de l'écouter... Un nouvel album du groupe, c'est toujours avec impatience que je l'attends.

Reply
 
© since 2014
-->