Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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11 septembre 2016

Nirvana - Nevermind

Le 24 septembre 1991. Voilà une bien jolie date. Celle de la sortie d'un album phénoménal. Putain vingt-cinq ans dans quelques jours. Un quart de siècle déjà, pfiouuu... Go, ça vaut bien de remettre à jour cette chronique que j'avais écrite à l'occasion des vingt ans de la sortie de l'album, et postée sur le blog musical En chanson. Faite gaffe, ça va pas nous rajeunir les ami(e)s. 


Il y a vingt-cinq ans donc, sortait un album qui allait secouer la planète rock. Un tremblement de terre dans l'univers musical. Un album à la pochette très controversée qui va devenir l'une des icônes des années 1990-2000. Et c'était aussi le début de la vague grunge, le mouvement d'une jeunesse qui essayait de se créer une identité pour échapper à l'ancienne vague hippie de leurs parents.
L'époque du look "jemenfoutisteyaautrechosedeplusinteressantquelapparence" et aux cheveux aussi propres qu'une cuvette de WC d'une salle de concert, et qui a permis des économies de shampoing à nos mamans de l'époque, quand nous étions adolescents et qu'elles nous prenaient pour des malades mentaux quand on s'extasiait sur les cris de Kurt Cobain.

Nevermind c'était - et c'est toujours- un grand disque, l'occasion de découvrir un génie en la personne de Kurt Cobain qui, pour moi, est devenu tout simplement et logiquement un personnage historique qui aura marqué son temps, notre époque, ma vie, ta vie. Bref, c'est important de profiter de cet "anniversaire" pour parler du deuxième album studio de Nirvana, car, en plus d'avoir eu un impact sur une génération entière, il est rempli de tubes comme Smells Like Teen Spirit en tête. Alternant douceur et explosions de violence, servi par une mélodie redoutable il est devenu incontestablement l'hymne universel du groupe et d'une génération entière. Quatre mots aussi puissants et célèbres que l'historique "Vive le Québec libre" du Général de Gaulle. (Je voulais placer le mot "Québec" dans mon article, c'est chose faite.) ou encore Come As You Are l'un des titres les plus avenants de l'album que tout le monde connaît. Un album sous tension entre riffs tranchants et chants corrosifs, marqué par l'écriture de Cobain, chargée de tumulte intérieur et de rage contre le système, et la vie elle-même. J'écris "sous tension" dans le sens "brutal" - "nerveux", car au-delà des mélodiques Teen Spirit, Lithium ou Come As You Are d'autres titres comme Territorial Pissing qui, en deux trois accords punk, dévaste tout sur son passage tout comme le métallique Breed, l'un des plus beaux morceaux de Nirvana à mes yeux, avec Aneurysm de l'album Incesticide. Et puis dans cet album il y a Polly... Vous savez Polly, ce morceau qui évoque le kidnapping d'une amie du chanteur qui a été violée et torturée. Après avoir écouté cette chanson sur scène, Bob Dylan dira "Nirvana a des tripes, Kurt Cobain a du coeur" et je suis parfaitement d'accord. Faut pas croire que parce qu'il se droguait et n'avait que des idées noires "I hate myself and I want to die" que Kurt n'était pas quelqu'un de bien.
L'album aurait pu se conclure dans le calme et en violoncelle avec le magnifique Something In The Way mais fait rarissime à l'époque, un morceau caché Endless Nameless résonne comme un coup de tonnerre où on entend un Cobain énervé et fracassant sa guitare dans une explosion de feed-back et de larsens qui rappelle la fin des concerts du groupe, qui étaient de véritables feux d'artifices de violence et de bruit. Ça décoiffe tellement qu'on en perd ses cheveux.
C'est sur ces notes que le grunge est vraiment né en 1991 avec Nevermind, même si le terme a été lancé en 1987 par le chanteur Mark Arm de Mudhoney. Ce n'est pas exagéré que d'affirmer ça, tant l'héritage alternatif qu'a laissé Nirvana a ouvert de nombreuses portes aux groupes qui ont suivi.


Depuis, le mythique album a souvent pris des proportions exaspérantes, Kurt Cobain est devenu le Che Guevara commercial du Grunge, et tous deux s'affichent désormais sur les tee-shirts d'adolescents, récupérés par une société de consommation et prêts à proclamer être des grunges alors qu'ils sont quasiment tous à côté de la plaque. Nous vivons enfermés dans l'époque où le verbe avoir à bouffer le verbe être... L'âge d'or du mouvement underground est mort lui aussi le 05 avril 1994. Mais vingt-cinq ans plus tard, la nostalgie n'existe toujours pas, ni le souvenir du groupe ni l'album n'ont pris une seule ride. Tout semble être resté intact. Finalement the grunge is not dead !!! Et même si Bleach reste mon album préféré de Nirvana, je ne pourrais jamais me passer de Nevermind, il coule vraisemblablement et définitivement dans mes veines d'adolescent qui survit dans quelques beaux souvenirs.

Tracklist
01 - Smells Like Teen Spirit
02 - In bloom
03 - Come as You Are
04 - Breed
05 - Lithium
06 - Polly
07 - Territorial Pissings
08 - Drain You
09 - Lounge Act
10 - Stay Away
11 - On a Plain
12 - Something in the Way

24 septembre 1991
DGC Records


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