Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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26 mars 2017

Birkin/Gainsbourg - Le symphonique

Jeudi 09 février, il est 20h00. Nous sortons de la voiture, les rues sont presque désertes. Quelques personnes s'agitent. Nous, nous marchons tranquillement vers le centre culturel Duhamel de Vitré, les étoiles dans nos yeux déjà présentent. Ce soir Jane reprend Serge, ce soir Birkin chante Gainsbourg avec l'orchestre symphonique de Bretagne. Ce soir-là...


Les lumières s'éteignent, l'orchestre s'installe, le public applaudit et les premières mélodies s'envolent... C'est beau. Je suis déjà conquis. Les secondes passent et Jane apparaît... Lost Song... Premier frisson, c'est définitivement grandiose. Bien installé dans mon fauteuil moelleux, au premier rang du balcon central, mon regard s'excite et bondit du piano de Nobuyuki Nakajima aux clarinettes, des violoncelles à Jane Birkin, du chef d'orchestre Didier Bénedetti aux grosses caisses, il y a tellement à voir, tellement à écouter. Une véritable overdose de musique, d'émotions, de bonheur pour un seul souhait : que les secondes soient longues. Quel que soit votre état d'esprit, cette puissance symphonique vous empoigne par le cœur et vous transporte hors du réel, pour un moment inoubliable. D'une justesse impeccable Jane enchaîne les plus belles chansons du répertoire de l'homme à la tête de chou. Des petits riens, La Ballade de Johnny Jane, Babe alone in Babylone, Elisa. Accompagnés par son émouvante fragilité certains titres dans ces versions symphoniques me paraissent encore plus touchants. Je redécouvre L'aquoiboniste, Dépression au-dessus du jardin, je m'émerveille de l'énergie symphonique sur La gadoue et je fonds sur la tendresse que dégage Pull marine. Et plus qu'une fois retenir ses larmes d'émotion... Les retenir jusqu'à l'achèvement. Trop c'est trop. Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve me happe. Forcément quand une chanson vous parle plus qu'une autre... Jane pour moi c'est cette chanson. Puis la Décadence qui n'est hélas pas dans le programme. Cette invitation à la harpe puis cette montée de clarinettes... Il aurait adoré. Gainsbourg pour moi c'est surtout La chanson de Prévert. J'applaudis. Sublime interprétation. Sublime vraiment ? Non, gigantesque interprétation oui, alliance d'une rare élégance entre la plus belle des chanteuses et l'orchestre symphonique de Bretagne, débordant de nostalgie et de beauté. La fin approche, les secondes ne sont pas suffisamment longues à mon goût. Rappel inévitable, public intenable. Jane revient en toute intimité pour nous interpréter une larmoyante Javanaise mémorable. L'émotion est extrême. Plus d'un mois après, cette émotion reste intacte à l'écoute de cet album, enregistré avec l'orchestre de la radio polonaise de Varsovie, qui va longtemps me rappeler des souvenirs fantastiques. C'est plus que certains... Nous nous aimions... Le temps d'une chanson...


Grandiose, explosif, organique, jubilatoire, bouleversant, virtuose, essentiel, Jane vient de m'offrir l'un des plus beaux concerts de ma vie. Ce soir-là j'ai reçu tant d'amour...
Merci Jane, merci infiniment.

Tracklist
01 - Lost song
02 - Dépression au dessus du jardin
03 - Babe alone in Babylone
04 - Physique et sans issue
05 - Ces petits riens
06 - L'aquoiboniste
07 - Valse de Melody
08 - Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
09 - Requiem pour un con
10 - Une chose entre autres
11 - Amour des feintes
12 - Exercice en forme de Z
13 - Manon
14 - La chanson de Prévert
15 - Les dessous chics
16 - L'amour de moi
17 - Pull marine
18 - La gadoue
19 - Jane B.
20 - Lanamour
21 - La javanaise

Sortie le 23 mars 2017
Parlophone


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