Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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23 février 2018

VACΛRME

Un trio tout vêtu de cordes débarque dans les bacs avec un album qui va faire un sacré vacarme dans votre tête, ça, je vous l'assure. Pour moi c'est simple, ça commence comme un tableau de Séraphine de Senlis... Puis les minutes et les notes s'étirent sur la toile jusqu'à que se soit beau, beau et intense. Troublant. Percutant, parce que fou.  


Oui ça perturbe, parce deux violons (Christelle Lassort & Carla Pallone) et un violoncelle (Gaspar Claus) ne peuvent laisser un cœur indifférent. Sur disque déjà, sur scène ensuite. Au creux d'une salle obscure, les notes de VACΛRME où les cordes chantent et épousent l'essence même de la musique à sensations. Mon coeur s'étire au fil des titres qui défilent. Mon âme est secouée par ce trio qui ne fait qu'un.

Au sortir du Conservatoire, les trois artistes prennent la tangente pour forger leurs identités musicales respectives en explorant des champs très variés (entre pop-rock, folk, musiques de films, électro…). A la fois très distinctes et très proches, ces trois personnalités vont mettre en commun leurs expériences diverses (Mansfield.TYA pour Carla, Vincent Delerm, Camille ou Catherine Ringer pour Christelle, avec Rone, Barbara Carlotti ou Angélique Ionatos pour Gaspar...) pour créer VACΛRME lors d'une résidence en décembre 2012. Une diversité que le trio va entretenir dans le choix de ses expériences live (Youssoupha, Rover, encore Barbara Carlotti ou à la Philharmonie de Paris en octobre 2017...), retranscrit aujourd'hui sur son premier album "VACΛRME", enregistré sous la houlette de David Chalmin.
On y retrouve une intrigante matière musicale enregistrée à partir de jeux d’improvisation, durant d'intenses sessions de studio.  Caractérisé par l’extrême finesse de sa texture sonore (on a souvent l’impression de toucher les cordes avec l’oreille), l’album procède en outre d’un travail improvisé sur les rythmes, les mélodies et les harmonies – le tout invitant à une écoute en profondeur, ô combien gratifiante. VACΛRME gravite en toute liberté au sein d’un vaste espace sonore aux multiples nuances. S’y perçoivent des échos de post-rock, de minimalisme ou de musique contemporaine sans que l’on puisse (ou veuille) apposer une étiquette sur cette musique farouchement irréductible et ardemment tendue vers l’inouï.


Un disque fou, un projet canon. Certes pas mal d'artistes ont déjà sûrement proposé la même chose, mais ce qui est sûre, VACΛRME sonne dans mon ciboulot comme un disque unique d'un presque ailleurs. Ailleurs, parce que depuis que je l'ai découvert avec Le chat de Schrödinger, je pense que Gaspar Claus n'est pas humain, c'est un sentiment organique. Un disque qui nous emmène non loin d'une terre de rêveries, un monde à la fois étrange et intime où s’entremêlent l'excentricité et la névrose de nos âmes torturées. Comme dans un tableau de Séraphine. Impossible de dissocier les deux univers de mon esprit. Pourquoi ? Ici, on y retrouve de beaux morceaux mélodieux aux couleurs minérales tendrement stimulantes qu'une lumière divine dévoile. Les nuances sombres sont à des lustres, guidant vers une lueur pastel entêtantes. Ce disque de cordes est unique. 

Tracklist
01 - V
02 - A
03 - C
04 - Λ
05 - R
06 - M
07 - E

02 février 2018
Les Disques du Festival Permanent

www.facebook.com/VACARME
www.lesdisquesdufestivalpermanent.bandcamp.com

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isa
25 février 2018 à 21:31

Cette chronique me donne fortement envie d'en écouter plus ! D'autant plus que j'ai découvert Gaspar Klaus le même jour que toi avec Le chat de Schrödinger, et que j'ai eu l'agréable surprise de le revoir il y a un peu plus d'un an aux côtés d'Angélique Ionatos.
Quand on sait en plus que j'adore les instruments à cordes frottées...

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