Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.

22 mars 2019

Yann Tiersen - ALL

Il est des albums grandioses, de ceux qui vous pénètrent, vous mettent à nu et vous font imploser. Ils débarquent comme des bombes silencieuses, bien que vous en connaissez la couleur, vous ont déjà ébloui par tant de beauté. La dernière oeuvre de Yann Tiersen est la vie, il respire la vie. Le chemin est désormais tracé, je peux me laisser porter par son flot.


L'atmosphère de ALL est de celles qui vous enserrent totalement, délicieusement. Comme une marée. Une marée de sentiments. Lorsque vient la montée, vous êtes pris au piège. Je suis pris au piège, émerveillé par onze mélodies. Dès le premier morceau Tempelhof, me voilà enveloppé tout entier dans un voile de son, qui m'envahi comme l'air. Puis, la descente. Le retour à la réalité quand l'album se tait. Un choc. Violent. Violemment vivant. J'y retourne. Parce que quand le breton caresse ses notes de pianos, mon esprit est soumis, mes sens sont aiguisés et je suis émotionnellement totalement vulnérable. C'est cela, la magie de ALL. C'est cela, la magie de Yann Tiersen. Un génie de la sensation pure, s'extasier devant tant de beau qui nous entoure, et, l’apothéose de l'album devient grandiose d'une force brute et d'une splendeur si humaine. Mélange de chants bretons, de mélodies d'oiseaux, de vagues, de souffles du vent, de rires d'enfants, de bruits de pas, de bruissement de feuilles. Je ferme les yeux et je m'envole là-bas. Là-bas à Ouessant, un verre à la main au Ty Korn. Puis je me vois sortir de Lampaul en vélo et je pédale heureux jusqu'au bout de l'île, jusqu'au bout de la nuit noire. Je revis ces images nostalgiques, grâce à une musique qui s’écoute les yeux fermés. Pour mieux ressentir la richesse des audaces musicales qui conversent ce dépouillement si particulier que l'ont trouvé déjà sur le précédent album Eusa. Le prolongement du plaisir en somme... Et quel plaisir !


Le Ouessantin signe une nouvelle oeuvre libre, de dimension humaine à la fois universelle et subjective. Sa musique insulaire s'envole pour faire briller nos propres histoires... Et encore une fois pour nous sentir plus que jamais rêveur, amoureux, vivant de mille sentiments...   

Tracklist
01 - Tempelhof
02 - Koad
03 - Erc'h
04 - Usal Road
05 - Pell
06 - Bloavezhioù
07 - Heol
08 - Gwennilied
09 - Aon
10 - Prad
11 - Beure Kentañ

15 février 2019
Mute Records

www.facebook.com/yanntiersen.official
www.yanntiersen.bzh

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isa
31 mars 2019 à 20:23

Je me rends compte que je n'ai écouté cet album qu'une seule fois. Pourtant je l'ai aimé, beaucoup, je l'ai trouvé magnifique. Yann Tiersen, j'aime, depuis longtemps. Je l'avais déjà entendu avant Amélie Poulain, via mes frères, même si je l'ai redécouvert grâce à la BO du film. Quand il est seul au piano, ses mélodies m'emportent. Ses morceaux plus "expérimentaux" me sont a priori moins accessibles au premier abord, mais on y retrouve toujours sa patte et son sens de la mélodie qui toujours parviennent à me conquérir. Sur All, la conquête eut lieu dès la première écoute. Bref, je ne l'ai écouté d'une fois, mais je vais très vite le réécouter, et le réécouter encore.

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