16 novembre 2019

Je pourrais résumer la chronique qui va suivre en quelques mots sur la difficulté qu'il y a à savoir ce que l'on pense d'un disque quand on est soumis à diverses influences extérieures. Tu me suis ? Quand j'écoute le dernier album de Manuel Etienne, j'ai des flashs de rock, de punk, de The Cure, de Dominique A, de jazz par moment, de groove, de funk, oui je vais loin, loin, mais surtout de pop à fond. Bref, tant de liberté dans un seul album, c'est clairement ma tasse de thé. 


J'ai découvert Manuel Etienne en 2016 avec la sortie de Ni Pluies Ni Riens (en chronique ici) qui m'avait pas mal emballé, l'annonce donc d'un nouvel album intitulé Imago fut une belle nouvelle. Je me lance donc dans cette chronique. Une chronique difficile parce que je me retrouve soumis à trop d'influences au fil des titres qui défilent. C'est que la production et la réalisation de cet album sont monstrueuses. N'ayant pas peur de le dire. Ma première écoute de cet album fut sans doute déroutante, mais pour l'auditeur presque néophyte que je suis, il est très difficile de ne pas être immédiatement séduit. La mélodie entraînante de Each Time I Fall me met d'emblée dans l'ambiance de l'album, entre parties vocales savoureuses et production musicale parfaitement léchée. Même effet pour Trembler et son chant qui peut faire penser à du Calogero en mieux. J'ai honte de la comparaison. Mais c'est LE morceau enthousiasme et accrocheur par excellence, dans lequel Manuel Etienne nous initie à une danse vocalement sensuelle avec un cuivre, je crois que c'est un saxophone. Néophyte, néophyte, ce qui ne m’empêche pas de dire que globalement je trouve l'album d'un niveau supérieur par rapport au dernier opus du chanteur, même si évidemment chaque album à sa saveur particulière, avec son histoire dans un conteste particulier d'une vie, ce quatrième à sacrément quelque chose de bien maîtrisé. L'album de la maturité ? Je ne crois pas, puis c'est des conneries de dire cela. Plus rigoureux, plus soigné, le talent de Manuel Etienne aidant c'est évident. Le plus frappant dans cet opus est sans doute les expérimentations musicales qui se remarquent particulièrement comme sur La Moneda, l'instrumental Les Makes ou Au dessus de l'ombre, dans lequel il s'aventure, lui et ses musiciens, dans des hauteurs insoupçonnées. Et puis il y a les harmonies vocales, que j'ai trouvé assez puissantes sur des morceaux tout aussi énormes. Ultimately en tête, véritable bijou à la Bowie, qui pourrait devenir un sacré tube. Sans doute mon petit coup d'amour de l'album. Avec une mention cœur avec les mains pour le titre Agnès Varda. Joli hommage à l'oeuvre et à la vie de cette grande dame. Mais pour vrai, j'aime toutes les chansons, parce que Manuel Etienne semble ne jamais vouloir reproduire la même recette d'un morceau à l'autre. Et toute cette richesse, ne risque pas de rebuter les amateurs de pop-rock indie qui vont se régaler, moi le premier. Des thèmes à la production parfaitement dosée, avec un cran d'audace et de talent, j'ai le sentiment d'entendre un disque qui peut devenir grand et intemporel.


Il faut peu de temps pour saisir la force et l’ampleur de ce disque. Infiniment riche qui, en douze titres réussi avec prodige à illuminer l'univers pop-rock au goût anglo-saxon de son auteur. Je ne peux qu’acclamer Imago, parce qu’il est très bon, parce qu'il fait du bien, parce qu’il faut soutenir la scène indépendante et pour prouver, comme toujours, que c'est mieux que la daube populaire et commerciale qui pollue notre environnement. Haut les cœurs pour Manuel Etienne !

Tracklist
01 - Each Time I Fall
02 - Trembler
03 - Acrobats
04 - La Moneda
05 - Agnès Varda
06 - Une Île Entière
07 - Les Makes
08 - Presque un tango
09 - Ultimately
10 - Au dessus de l'onde
11 - The Chase
12 - Feutre Bleu

Sorti le 08 novembre 2019
Bloody Mary Music And Records


www.facebook.com/manueletienne
www.manueletienne.bandcamp.com

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