Hyperrêve - Nous voyagerons dans la nuit (2026)
Avec Hyperrêve, le projet de Samuel Lequette, la pop française se fait nocturne, élégante et traversée d’une mélancolie lumineuse. Son troisième album Nous voyagerons dans la nuit, ressemble à cette dérive douce dans les heures bleues, là où les sentiments deviennent plus fragiles mais aussi plus sincères.

Dès les premières notes de Il n'y a pas de paradis, je plonge dans une pop organique où les synthétiseurs analogiques respirent au rythme d’une instrumentation léchée. Le duo avec Laure Calamy apporte une couche onirique à ce morceau d'entrée et transforme le désenchantement en une forme de résistance joyeuse, appréciable. J'aime le flegme d'Hyperrêve, son côté dandy de fin du monde, pas celui de salon, celui qui ajuste sa cravate alors que le paquebot penche sérieusement. C'est l'élégance comme ultime politesse face au chaos. C'est un peu à ça que je pense dans le titre suivant Nous voyagerons dans la nuit. Il y a du Daho dans la pop de Hyperrêve, du Mark Hollis dans la retenue, du Dominique A dans la distribution poétique. On y croise des mélodies mélancoliques qui rappellent la délicatesse d’Air ou la précision onirique de Sébastien Tellier, tout en conservant une identité singulière, presque intime, que j’avais déjà beaucoup aimée dans son précédent album, celui qui m’avait fait découvrir son univers. Un univers en équilibre fragile entre le texte et la texture, où les mots ne cherchent pas à imposer un récit mais plutôt à souligner les sensations musicales. Sensations d'ailleurs en me laissant absorbé de frémissent à l'écoute de Qui fait partie de nos réseaux avec Bill Pritchard. Beauté. On retrouve l'artiste d'outre-Manche, l'archétype du songwriter britannique culte et discret sur Bleu. Le charme opère définitivement quand résonne le très seventies J’aime être un étranger, l’album dévoile sa véritable structure, celle d’un cycle, d’une déambulation nocturne où la solitude n’est jamais un isolement, mais une liberté. C’est une traversée de paysages imaginaires, rythmée par des haltes lumineuses au détour desquelles surgissent des présences discrètes mais marquantes. Avec Ferme les yeux jusqu'à Au fond du coeur en passant par Toi la vie, Hyperrêve me compose une bande-son pour les heures incertaines à venir. C'est -je me répète- lumineux ! Ce disque est un voyage amoureux, une plongée nocturne dans la fragilité des périodes qui vacillent. Car si le désenchantement fait parti de notre quotidien, la résolution d’exister encore reste notre plus belle posture. C’est là, dans ce refus de s'éteindre, que réside la véritable élégance humaine. Voilà ce que pourrait enseigner ce genre de disque qui ne peut que briller par sa grandeur et son élégance, capable de s'installer doucement dans la nuit pour mieux accompagner en musique celles et ceux qui continuent, malgré tout, à avancer dans l’obscurité.
Tracklist
01 - Il n’y a pas de paradis (feat. Laure Calamy)
02 - Qui fait partie de nos réseaux (feat. Bill Pritchard)
03 - Toi la vie
04 - Bleu (feat. Bill Pritchard)
05 - J'aime être un étranger
06 - Ferme les yeux
07 - Nous voyagerons de nuit
08 - La fragilité des jours
09 - Au fond du cœur
27 février 2026
Médiapop Records / Kuroneko
Photo couverture Richard Dumas
www.hyperreve.com
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