25 novembre 2019

Je découvre A Wonder plane to... Je me laisse emporter par un style qui est pour moi quasiment étranger et qui a du mal a percer l'imperméabilité de ma carcasse musicale, tout jazz grandiose soit-il. Je vais pourtant suivre Nilok4tet & Daniel Zimmermann en terres inconnues, bandeau sur les yeux, je suis ouvert, quand on m'invite, j'y vais.


Je vais quand même vous avouer que le jazz n'est pas trop ma tasse de thé. Un petit peu, à petite dose. Surtout dans un bain, petites lumières, en écoutant FIP. C'est surtout avec cette radio que j'en écoute, à petite dose donc. C'est pas que j'aime pas, mais c'est que souvent, les solos trop longs ça me gonfle. Comme le biniou. Ouais c'est sympa, mais si j'en écoute pendant deux heures d'affilés, j'étrangle quelqu'un à coup sûr. Même si je suis breton. Donc je ne suis pas jazz. Enfin pas trop. J'ai commencé à m'approcher de ce style il y a quelques années grâce à un album gigantesque, Giant Of Jazz Play Brassens. Un album incroyable, délicieux. Puis depuis c'est par petite touche. Timidement. Y a bien des fusions de toutes sortes que j'aime bien. Le jazz avec du folk, le blues dans le jazz... Mais le jazz pur... Je débarque comme un puceau dans l'album de Nilok4tet et Daniel Zimmermann. Déjà j'aime beaucoup la pochette. Puis j'aime bien la description musicale du style du groupe : Jazz mouvementé. Moi j'aime bien les tempêtes sonores, les rafales de sentiments et je ne vais pas être déçu de A Wonder plane to... Les huit titres qui composent cet album de 69 minutes ne prêtent pas à faire un roupillon. C'est effectivement mouvementé, y a de quoi rester en éveil, et même s'inventer des histoires. Le groupe jouant des formes hybrides de la culture jazz au sens large du terme, l'auditeur part en voyage musical. Le trombone de Daniel Zimmermann parle comme la trompette d'Ibrahim Maalouf. Enfin il me parle à moi, le trombone. Je l'écoute, et j'imagine des mots, des phrases, des textes, une histoire. Parfois qui fait pleurer, parfois qui fait frémir. Je pense au morceau vibrant The green fish in a tunnet et ces dernières minutes époustouflantes. Sans oublier de parler du piano, qui fait du piano comme j'aime. Quand il palpe les sensations qui naissent dans un corps. Sans oublier de parler non plus de la contrebasse, ce formidable instrument qui fait vibrer les fils à linges de nos cœurs trempés. A la contrebasse c'est Colin Jore, Fabien Duscombs à la batterie, Julien Touéry aux claviers et Yvan Picault au saxo ténor, à la flûte et à la clarinette basse forment Nilok4tet, tous issus de la bouillonnante scène jazz toulousaine.


Ce disque est une chaude couverture sonore pour se réchauffer d'un après-midi d'hiver. Quand je vais le glisser de nouveau dans mon lecteur, je ne l’écouterai peut-être pas en boucle, mais je sais que je vais passer un très bon moment en sa compagnie. 

Tracklist
01 - 68 l'été
02 - The green fish in a tunnet
03 - Runn
04 - Vibratil
05 - Five fingers up
06 - Naseaux inquiétants
07- Au coeur du mal
08 - Experience 1999

Sortie le 25 octobre 2019
Alfred Productions / Orkhêstra

www.facebook.com/nilok4tet
www.anielzimmermanntrombone.com

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