5 avril 2020

Il a beau être acteur, romancier, poète, producteur, chanteur depuis des dizaines d'années, je ne connaissais rien de l'univers de cet artiste avant de recevoir son dernier album Water is Wet. Quelques écoutes m'ont suffit pour m'approcher de plus près, de cette silhouette longiligne de dandy aux multiples facettes.


Puis le puzzle a commencé à se former et je me suis rendu compte que Theo Hakola ne m'était finalement pas si inconnu que ça. Producteur de “Où veux-tu qu’je r’garde” de Noir Désir, un duo avec Philippe Pascal lorsque Hakola faisait parti du groupe Orchestre Rouge, Friction, morceau que j'ai forcément du entendre au moins une fois durant ma vie de fan absolu du magnétique chanteur de Marc Seberg et même vu dans le film d'une grande poésie perturbante de Christophe Honoré dans Ma mère avec Isabelle Huppert. Mais passons, et découvrons ce huitième album de l'artiste d'origine américain, mais français d'adoption depuis bien longtemps.

Who The Hell ? est comme l'un de ces titres qui colle parfaitement à la peau de son ouvrage. En introduction de cette découverte, le morceau m'invite à une belle traversée, avec le sentiment que je ne vais pas me retrouver essoufflé à la fin. La voix new-wave, le violon qui souffle comme un vent irlandais, le rythme folk, l'ambiance blues, le premier titre fait son effet sur moi. Water Is Wet est ce genre d'album qui appelle aux chantres de mes sentiments à tendance bruts et nocturnes. Une invitation à rêver de me retrancher dans une demeure isolée non loin des plaines du mont Saint Helens, pour suer de poésies et de vieux bourbon. En attendant de traverser l'atlantique c'est ici que je vais me laisser prendre par un disque impressionnant et presque étourdissant. Never Bought A Bottle Of Water, Bury Me Standing ou encore Weak In The Knees, comme des coups dans le ventre, des coups de caresses longues à digérer, pour faire durer le plaisir. Chant lancinant, déclarations d'amour à l'arrogance assumée, Theo Hakola nous livre un recueil de chansons sauvages mais domptables, libres, mélancoliques, douces et sans retenues qui nous confronte à la belle solitude, à l'espoir et à la violence suave et crue de ces histoires musicales que l’on ne peut retrouver que dans la force tumultueuse des grands monuments de la musique.


La musique se termine doucement comme un coucher de soleil sur le lac de mes désirs, j’aperçois la silhouette de Theo Hakola à l'horizon. Une ligne verticale comme une promesse de mots et de musiques à découvrir d'une carrière si longue et indéniablement riche. Sans sourciller, je vais suivre ce grand artiste.

Tracklist
01 - Who The Hell ?
02 - So Bad
03 - Your Baby Blacks, Baby
04 - Never Bought A Bottle Of Water
05 - In A Sauna You Sweat
06 - Bury Me Standing
07 - Scratching The Scruff
08 - Raining Embers
09 - 1963
10 - Weak In The Knees

24 janvier 2020
Microcultures Records / Kuroneko

www.theohakola.com
www.facebook.com/Theo-Hakola

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