Quand le nouvel album de Octantrion commence avec de fascinants accents scandinaves enchevêtrés et installe rapidement une atmosphère de légendes et de féeries, je sais que la foudre va me tomber sur la corde sensible.


Et c'est rapidement chose faite avec le morceau qui ouvre l'album Bältares långdans ce gros kiff de voix mystiques appuyées, une mélodie et des guitares en mode multi fûts. Mais si Éléonore Billy et Gaëdic Chambrier, duo d'Octantrion envoie ce qu'il faut dans les écoutilles, c'est plus orienté vers un folk puissant que violent. D'ailleurs je parle de guitare, mais ici c'est plus un capharnaüm d'instruments à cordes différents que l'on peut retrouver. J'ai fais ma petite enquête et j'ai trouvé des noms que je n'avais jamais imaginés : Cistre basse nordique, nyckelharpa suédois, hardingfele norvégien (violon), mandoloncelle (de la famille des mandolines), guitare-harpe, didgeridoo...  Le voyage musical prend forme et se poursuit de plus belle avec Hugin, Ragnarök, morceaux ultras dansants avec un tempo accrocheur, des partitions riches et une belle énergie naturelle, chaque élément du groupe danse sur un même pied d'égalité. Mon coup de foudre vient frapper avec The Dead King (extrait en vidéo plus bas) une jolie parenthèse enchantée par le timbre envoûtant de Eric Pariche (qui me rappelle celui de Pierre-Vital Gerard chanteur du groupe rennais Santa Cruz) et de la harpe de Cécile Corbel... Planant jusqu'à l'achèvement de mes émotions avec Element [Vilya], une minute vingt-trois pour laisser un violon venir me raconter quelque chose. Je ferme les yeux, j'ouvre grand mes petites oreilles, mon cœur écoute. Sublime, mais c'est un secret. Avec des musiques pareilles, les choses ne peuvent se dire, elles se vivent, il suffit d'ouvrir son cœur pour entendre notre imaginaire se mettre en place aux rythmes des mélodies. Element [Nén], une minute dix-sept pour laisser la harpe venir me raconter quelque chose... Si certains peuvent se retrouver dans les fjords en écoutant cet album, moi je suis à Brocéliande. C'est la même magie quand la nature n'est pas loin des notes, elle est partout la même. Comme en Irlande par exemple, avec la ballade Munin, ou dans les grandes plaines de folk américain avec Element [Cén]. Une minute et sept secondes pour laisser une guitare venir me raconter quelque chose. Non loin, Chaman sonne l'invocation finale pour la contemplation de ce que je viens d'écouter jusqu'à présent. Je regarde en arrière et c'est beau. C'est très beau.  


Tracklist
01 - Bältares långdans
02 - Hugin
03 - Ragnarök
04 - The Dead King
05 - Element [Vilya]
06 - Strömkarlen spelar
07 - En gång nar jäg ska dö   
08 - Dans [När]
09 - Element [Nén]
10 - Munin
11 - Against the Wind
12 - Father
13 - Element [Cén]
14 - Chaman

22 octobre 2021