Voici un album/concert que j'aime beaucoup et que j'écoute souvent. 

Celui-ci est le premier "live" d'Yves Jamait, enregistré en 2011 et matérialisant le succès de ses trois premiers opus. J'ai découvert Jamait autour d'une table à l'heure de l'apéro chez une amie et, intrigué de découvrir son univers, le soir-même j'ai été émerveillé à l'écoute de son premier album (magnifique) De verre en vers. J'ai aimé sa voix de conteur qui dresse le portrait de notre quotidien lambda avec une poésie si fine qu'on aimerait boire dans ses phrases.

Un album enregistré sur scène, j'ai toujours trouvé ça plus sympathique qu'un best-of. Au bout de trois albums studios, l'opus "en concert" arrive à point nommé ! Et passer une soirée avec Yves Jamait, que ça soit dans un vrai concert, ou à défaut dans son salon en écoutant un disque en concert, ne laisse personne indifférent. Au contraire.

Guitare à la main, casquette de Gavroche sur la tête, dans un beau costume des grands soirs populaire, cet artiste pas secondaire, sorti tout droit d'une guinguette de rue, nous embarque dans l'album, sur scène.

Assis sur son tabouret de comptoir, le natif de Dijon nous invite à boire un coup avec lui. Bière à la main, nous trinquons à la santé de ses chansons bouillonnantes et douces que sa voix rocailleuse nous invite à découvrir ou à redécouvrir et savourer sans modération.

Un amoureux des mots. Ça tombe bien, moi j'ai toujours soif de ça !

D'une sensibilité poignante, il chante le monde ouvrier qu'il connait bien, l'amour, les désespoirs du quotidien qu'il respire à plein poumons, sans oublier les femmes à qui il aime rendre hommage, ou aux copains de bistrots sur fond de java, d'accordéon voire  de piano-bar.

Jamait ne vous mentira jamais. C'est sur scène, lorsqu'il envoie sans cesse valser sa casquette dans les airs, qu'il nous invite mieux que quiconque dans cet univers fait de kiosques à journaux, de moineaux qui volent dans un ciel gris, d'odeur de café, de solitude, de première cigarette au réveil, de poubelles, de cuites et de mal de cheveux, de galère, de RER, un univers citadin en noir et blanc teinté de gris mais tendre comme dans une photo de Robert Doisneau.

Le même univers sombre et modeste du quotidien de Monsieur et Madame tout le monde. Nous tous en somme. Mais à la sortie d'un de ces concerts, ou après avoir écouter cet album live, le proverbe "métro-boulot-dodo" ne sera jamais aussi chouette. Et ça fait du bien de colorer un peu la vie !! Un superbe album en concert donc !


16 novembre 2009
Wagram Music

www.jamait.fr