Il y a des choses qui gâtent une journée. Comme celle de découvrir le dernier disque de Bertrand Betsch au fond de sa boîte aux lettres en fait clairement partie. Ceux qui lisent mes billets ici savent à quel point cet artiste compte pour moi et combien sa discographie rythme ce blog depuis quelques années maintenant. Ce rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte tient une fois de plus toutes ses promesses. Ce nouvel album, aux illustrations soignées, dessinées par BB himself sous le travail de Julien Bourgeois à l'artwork, contemple le théâtre des apparences, le poids du passé et la beauté dérisoire de nos illusions avec une lucidité désarmante. Un chef-d'œuvre incisif, sobre, parfois drôle malgré lui, et profondément humain. Ne sachant pas ouvre l'album par une litanie du vide et du manquant, instaurant une atmosphère intime où l'on avance à tâtons. Le titre donne d'emblée le ton. Chez Bertrand Betsch , le doute n'est pas une faiblesse, c'est une métho...
Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Rien de ce qu'ils disent sur Bertrand Cantat ne m'intéresse, j'écoute seulement de la musique, le nouveau disque de Détroit et la poésie s'occupe du reste. Ici, le vent est l'hôte. Je n'en finis pas de le voir tourner dans les airs… Tout est rumeur, tout est soupir, mais comme assourdi dans les parages des landes. Puisqu'il s’agit d’un disque délicat, à la fois noise et épuré, centré sur une voix éthérée, soutenue par des mélodies de guitares, une batterie discrète et un souffle électrique enivrant. L’album s’ouvre avec L’Angle . Les sentiments ne sont qu’une question de point de vue. Mon ressenti est enthousiaste. J’essaie de cartographier les images qui s'affichent dans mes pensées face à tous ces différents types de lignes qui traversent le monde, comme les lignes téléphoniques, les lignes de musique, les lignes de métro, la ligne d'horizon et le ballet des nuages, pour m'accrocher, pour ne pas me laisser porter trop loin dans cette poésie. On...
Alors là, les amis (enfin les gens qui se perdent ici), asseyez-vous deux minutes et laissez-moi vous parler de ce dernier Sam Sauvage , Mesdames, Messieurs ! que je viens de prendre en pleine poire, et je ne m'en remets toujours pas. C'était imprévisible. C’est une effraction musicale qui me chatouille la nuque, c’est Sam qui débarque dans mes écouteurs sans frapper, avec sa gueule d’ange cabossé et ses mots qui pèsent des tonnes de tendresse pour un voyage au bout du cœur. Ce qui me fascine chez ce type, outre sa beauté mythologique, c’est sa capacité à transformer le banal en sacré moment, intensément. Sa voix, c'est du velours râpé qui gratte là où ça fait du bien. On sent l'héritage des grands, je pense à William Sheller pour la dentelle du piano, à Arthur H pour le grain au fond de la gorge, à Etienne Daho pour la sensualité diffuse mais Sam il a ce truc bien à lui, bien sauvage, cette urgence de faire qui dégouline de chaque note. Faire de la musique, faire tilt...
J'adore ce genre d'écriture à cœur ouvert, comme si chaque chanson saignait à travers un sourire. Larmes au poing est un album de combat, mais un combat à hauteur d’homme, celui qu’on mène contre la lâcheté, le cynisme, l’oubli. Dix chansons portées par une voix rugueuse, trempée dans la houille du quotidien, traversée de colères justes, d’espoirs cabossés et de tendresses à l’arrachée. Je dis peut-être des conneries, mais je trouve qu'il y a du Lavilliers là-dedans, dans la sincérité principalement, pour le côté animal sensible, il y a du Daguerre aussi, dans l'odeur rock qui flotte dans l'air, mais c'est surtout du Chéenne que je découvre à travers ce nouvel album (son deuxième) : un artiste debout qui ne courbe pas l’échine, même quand l’époque souffle comme une bourrique. Il chante les cœurs sensibles cachés sous des armures de fortune. "Les pieds dans la glaise, le verbe en cavale", peut-on penser. Sa poésie est populaire au sens noble. Musicalem...
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