J’aime la musique. Je tombe amoureux sans jamais serrer la main de celui que j’aime. Je sens une vibration dans ma poitrine avant même de savoir pourquoi. Je reconnais un rythme qui parle une langue que je n’ai jamais apprise, mais que je comprends mieux que mes propres mots. Je commence mes journées avec un morceau coincé dans la tête, et je me demande s’il m’a choisi, ou si c’est moi qui l’ai choisi. Dans le train, sous la pluie, sur le vélo, dans mon bain : peu importe où, peu importe quand, la chanson me suit, elle devance mes pas, elle me rattrape. Et puis arrive Infini +3 , le premier album de Félix Radu qui vient de sortir. Dès la première note, je suis pris de vertige. Chaque piste est un univers parallèle où le réel se dissout, où mon quotidien devient une danse de lumière et d’ombres. Tu ne te contentes pas de jouer avec les notes, tu joues avec mes nerfs, mes souvenirs, mes émotions. Je dis moi, mais comme dans toutes mes chroniques c'est parce que j'aime ca...
Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Je suis un homme ordinaire, mais quand arrive cette chanson (jamais par hasard) je suis tout sauf commun. Je crois que mon visage s'illumine de cette lueur musicale, une lumière qui ne vient pas du soleil, mais d’une voix qui m’enveloppe, celle de Jacques Higelin . Tombé du ciel s’élève comme un souffle dans l’air. Les premières notes s’immiscent sous ma peau, et tout ce qui pèsent sur les épaules disparaît, s’évapore comme une brume matinale. Parfois je ferme les yeux, laissant la mélodie se mêler à la danse du vent. Parfois je regarde les étoiles s'il fait nuit. Je regarde vers les cieux dès fois que… un chanteur de charme ou un pot d’fleurs… Les mots, ces mots, s’accrochent au cœur comme un poème ancien que j'aurais toujours connu sans jamais l’avoir appris. La gravité s’éloigne, comme si Higelin me tendait la main pour m’arracher au sol. Je ne suis plus assis, je plane. Amoureux. Les souvenirs, les regrets, les doutes, les erreurs, les chagrins s’effacent, balayés par ...
Enveloppées par une brume légère, les chansons de La Maison Tellier se déposent doucement, comme si elles flottaient à la surface de ce monde poétique qu’on recherche tous. Timidité des arbres avance ainsi, à pas feutrés, sur un lac immobile où chaque note semble refléter une émotion, diffuse, presque insaisissable, une sensation, enveloppante, presque imperceptible. Le casque sur les oreilles, enfin seul, enfin à distance du tumulte… D’entrée, l’album s’impose comme une œuvre d’une élégance rare dans ce paysage folk français qui n’est pas à manque en la matière. Ici, pas de démonstration, pas d’éclat inutile, c’est fluide, c’est beau parce que l’écoute repose sur un équilibre fragile entre présence et effacement. C’est merveilleux de ressentir ça. Comme dans un récit intérieur, les morceaux m’invitent à suivre une ligne floue, celle qui sépare le poids du présent à la lucidité d’un flottement tant désiré. Dès le premier morceau Au Vauban , j’aime cette manière qu’a le disque de me p...
Bourdonnement de poésies à tout-va, étourdi par une mélodie qui embrasse les paroles d'une Anja Kowalski majestueuse, je reste le cœur écrasé, brûlant par ce jazz-intimiste. Qui s'en va un peu , est un moment euphorique et convulsif, délicat et élégant, au parfum de l'hiver et de ses espoirs. Car de fil en aiguille, tout tend au printemps, aux premières lumières et à ces beautés à saisir en chemin face au temps qui passe. Une nuit, je tombe au hasard sur ce clip, je découvre et je me laisse entraîner dans les profondeurs nocturnes au son des notes de piano de Marc Sarrazy , de la clarinette basse de Laurent Rochelle , du violon d' Alexeï Aïgui et au beau milieu de mes minutes perdues, tout se mélange, cette œuvre est sublime... Extrait de l'album " Chansons pour l'oreille gauche", Linoleum Productions 2017 www.facebook.com/LinoleumProductions
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