Il est des albums qui ne se contentent pas d’être écoutés, mais qui se vivent, qui se respirent, qui s’infusent lentement dans les veines comme un élixir de mélancolie et d’évasion. Caravane de Raphaël en fait partie. Paru en 2005, cet album n’est pas seulement un tournant dans la carrière du chanteur : il est un cri du cœur, un souffle incandescent, un voyage où chaque chanson est une halte sous un ciel chargé malgré la présence d'un soleil éclatant quand je l'écoute. Dès les premières notes de Caravane , la chanson-totem qui donne son nom à l’album, on sent le vent de la liberté caresser la peau. La guitare acoustique vibre comme une route sans fin, la voix de Raphaël oscille entre fragilité et ferveur, tandis que les paroles dessinent un horizon mouvant, où l’amour et l’errance s’entrelacent comme les fils d’un destin incertain. Puis viennent les joyaux de ce chef-d'œuvre intemporel de disque : Ne partons pas fâchés , où l’urgence du départ se mêle à une douceur déchiran...
Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Alors là, les amis (enfin les gens qui se perdent ici), asseyez-vous deux minutes et laissez-moi vous parler de ce dernier Sam Sauvage , Mesdames, Messieurs ! que je viens de prendre en pleine poire, et je ne m'en remets toujours pas. C'était imprévisible. C’est une effraction musicale qui me chatouille la nuque, c’est Sam qui débarque dans mes écouteurs sans frapper, avec sa gueule d’ange cabossé et ses mots qui pèsent des tonnes de tendresse pour un voyage au bout du cœur. Ce qui me fascine chez ce type, outre sa beauté mythologique, c’est sa capacité à transformer le banal en sacré moment, intensément. Sa voix, c'est du velours râpé qui gratte là où ça fait du bien. On sent l'héritage des grands, je pense à William Sheller pour la dentelle du piano, à Arthur H pour le grain au fond de la gorge, à Etienne Daho pour la sensualité diffuse mais Sam il a ce truc bien à lui, bien sauvage, cette urgence de faire qui dégouline de chaque note. Faire de la musique, faire tilt...
Je suis un homme ordinaire, mais quand arrive cette chanson (jamais par hasard) je suis tout sauf commun. Je crois que mon visage s'illumine de cette lueur musicale, une lumière qui ne vient pas du soleil, mais d’une voix qui m’enveloppe, celle de Jacques Higelin . Tombé du ciel s’élève comme un souffle dans l’air. Les premières notes s’immiscent sous ma peau, et tout ce qui pèsent sur les épaules disparaît, s’évapore comme une brume matinale. Parfois je ferme les yeux, laissant la mélodie se mêler à la danse du vent. Parfois je regarde les étoiles s'il fait nuit. Je regarde vers les cieux dès fois que… un chanteur de charme ou un pot d’fleurs… Les mots, ces mots, s’accrochent au cœur comme un poème ancien que j'aurais toujours connu sans jamais l’avoir appris. La gravité s’éloigne, comme si Higelin me tendait la main pour m’arracher au sol. Je ne suis plus assis, je plane. Amoureux. Les souvenirs, les regrets, les doutes, les erreurs, les chagrins s’effacent, balayés par ...
Apocalypse est ce qu'il semblait être comme promis avant sa sortie : une alchimiste de mots, de sons, et d’émotions humaines. Cet opus déploie une mosaïque musicale où chaque morceau est une fresque apocalyptique, un miroir brisé révélant mille reflets de nos âmes contemporaines. On le sait, Saez ne compose pas, il érige des pièces sonores dressées dans les ruines fumantes de notre théâtre actuel pour le bonheur de ceux qui gardent les yeux ouverts. Dès les premières mesures de Arizona Baby , le morceau instrumental m’empoigne par la nuque et me pousse à regarder droit dans le gouffre pour mieux faire battre mon cœur en quête de révolte, de douleur, et de transcendance dans un manifeste lyrique où chaque note suinte la rage et la beauté, l’extase et la cendre. Authentique. La voix de Saez qui entre en scène sur La route s'élève avec la gravité d’un prophète ivre, un Rimbaud moderne errant sur les cendres de Babylone. Il ne chante pas : il exhorte, il déchire, il offre ses doul...
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