L'Oiseau Ravage - Vertiges de la mue (2026)
Ce disque agit comme une enveloppe. On y laisse sa peau, une certitude, un morceau de soi. Après Déplumé, un premier album épuré, L’Oiseau Ravage entame sa mue avec ce deuxième disque non pas pour collectionner de nouveaux morceaux, mais pour documenter un effondrement nécessaire. Entre poésie abrasive et post-rock crépusculaire, l’opus s’impose comme l’une des pièces instrumentales les plus singulières de l’année.

Dès l'ouverture, je suis saisi par une dualité sonore frappante. C'est une tempête , de sons, de sentiments, d'images. Le lissage n'a pas sa place ici, L'Oiseau Ravage privilégie l'aspérité. Les structures rythmiques ne sont jamais acquises d'avance, elles mutent, se brisent et se reconstruisent aux portes de nos oreilles. C'est une architecture du déchirement, en mouvement perpétuel.
Le saxophone, véritable colonne vertébrale de l’œuvre, oscille entre le murmure confidentiel et une urgence viscérale lorsqu'il se met à crier, à s'énerver. Sa puissance évocatrice semble avoir croisé la route d'une guitare noise. Le piano, quant à lui, ne se contente pas de plaquer des accords : il dessine des paysages pour nos imaginaires d'auditeurs. Je ferme les yeux et c'est une B.O. de l'instant qui fait naître des rêves. Les "chants" (d'oiseaux perchés) saupoudrés avec parcimonie viennent à point nommé pour créer cette atmosphère onirique, parfois folle - dans l'ivresse des émotions - La cérémonie est dans ce sens complètement phénoménal pour dix minutes d'intensité hors-sol. Le titre de l'album n'est pas là par hasard. La mue évoque ce moment inconfortable où l'on oscille entre deux états : trop grand pour son ancienne carapace, mais encore trop fragile dans la nouvelle, c'est un vertige ! L’album capture précisément ce point de bascule. Chaque piste semble être le journal de bord d'une mue forcée, où la beauté naît de la friction entre l'instrumental et le chaos extérieur, soulignant la thématique de l’absence et du renouveau, du cri et du silence. Sur le titre Piou, par exemple, je vois parfaitement cet oisillon tenter de sortir de son nid, cherchant le courage de prendre son envol tant bien que mal. Il est rare de réussir à sortir ainsi des sentiers battus du format instrumental classique pour tendre vers une forme de musique narrative, théâtrale, aussi pure.
En somme, c'est un album de résistance. Une résistance à la linéarité, une résistance à la facilité d’écoute, une résistance pour faire vivre absolument la littérature imaginaire dans une époque où elle s'efface au profit de l'immédiateté du quotidien. C’est un disque qui exige que l’on s’y abandonne totalement pour en comprendre sa géographie, puis ses histoires. En fusionnant une approche littéraire des notes et une exigence mélodique presque expérimentale, L'Oiseau Ravage - duo inclassable de la scène Toulousaine qui rassemble Marek Kastelnik et Charlène Mourasigne - signe une œuvre aussi exigeante que palpitante.
Le saxophone, véritable colonne vertébrale de l’œuvre, oscille entre le murmure confidentiel et une urgence viscérale lorsqu'il se met à crier, à s'énerver. Sa puissance évocatrice semble avoir croisé la route d'une guitare noise. Le piano, quant à lui, ne se contente pas de plaquer des accords : il dessine des paysages pour nos imaginaires d'auditeurs. Je ferme les yeux et c'est une B.O. de l'instant qui fait naître des rêves. Les "chants" (d'oiseaux perchés) saupoudrés avec parcimonie viennent à point nommé pour créer cette atmosphère onirique, parfois folle - dans l'ivresse des émotions - La cérémonie est dans ce sens complètement phénoménal pour dix minutes d'intensité hors-sol. Le titre de l'album n'est pas là par hasard. La mue évoque ce moment inconfortable où l'on oscille entre deux états : trop grand pour son ancienne carapace, mais encore trop fragile dans la nouvelle, c'est un vertige ! L’album capture précisément ce point de bascule. Chaque piste semble être le journal de bord d'une mue forcée, où la beauté naît de la friction entre l'instrumental et le chaos extérieur, soulignant la thématique de l’absence et du renouveau, du cri et du silence. Sur le titre Piou, par exemple, je vois parfaitement cet oisillon tenter de sortir de son nid, cherchant le courage de prendre son envol tant bien que mal. Il est rare de réussir à sortir ainsi des sentiers battus du format instrumental classique pour tendre vers une forme de musique narrative, théâtrale, aussi pure.
En somme, c'est un album de résistance. Une résistance à la linéarité, une résistance à la facilité d’écoute, une résistance pour faire vivre absolument la littérature imaginaire dans une époque où elle s'efface au profit de l'immédiateté du quotidien. C’est un disque qui exige que l’on s’y abandonne totalement pour en comprendre sa géographie, puis ses histoires. En fusionnant une approche littéraire des notes et une exigence mélodique presque expérimentale, L'Oiseau Ravage - duo inclassable de la scène Toulousaine qui rassemble Marek Kastelnik et Charlène Mourasigne - signe une œuvre aussi exigeante que palpitante.
Tracklist
01 – Rosa Bonheur
02 – Faucon Toucan
03 – La cérémonie
04 – Reflets iridescents en apesanteur
05 – Piou
06 – Poule d’or
07 – Difficile extraction de l’œuf
08 – La vie rêvée des aigles
09 – Soleil de plumes
20 février 2026
Le Bruit Du Vent
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