Vivre pour le meilleur

Si tu imagine la carrière de Johnny Hallyday comme une chaîne de montagnes, le titre Vivre pour le meilleur en serait l'un des pics les plus vertigineux. On est en 1999, il sort l’album Sang pour sang, composé par son fils David. Et le premier titre qui nous arrive dans les oreilles est cette baffe monumentale, d'une architecture symphonique époustouflante. Un chef d’œuvre pour regonfler les cœurs. 

L'introduction plutôt calme laisse rapidement place à une montée en puissance orchestrale où les cordes et les chœurs viennent souligner la beauté du propos. Premiers mots, premières minutes, Johnny y utilise son registre le plus grave, à la fois conseillant et créant une intimité immédiate. La tension monte, la batterie s'intensifie puis le premier refrain est une explosion libératrice où Johnny déploie son coffre légendaire, cette puissance vocale atteignant des notes hautes avec une puissance qui semble inépuisable, qui paraît inimitable. J'ai beau la chanter quand je m'embarque dans un karaoké, je finis systématiquement avec une extinction de voix en 12 secondes. Mais impossible sur ce titre de ne pas monter le volume et de ne pas se prêter à pousser la voix. 


Pour un exutoire idéal, Vivre pour le meilleur c’est le mantra ultime, presque physique qui me colle les frissons de la tête aux pieds. Dans ce monde un peu con, dans cette période froide, Johnny nous (me) rappelle en une chanson magnifique que tant qu’on respire, on peut tout déchirer par amour. PAR AMOUR PUTAIN ! C’est le genre de morceau qui te redonne la patate quand t'as un coup de mou, que tu sois un fan de la première heure ou un curieux, on a tous eu ces moments où tout part en vrille où le moral est dans les chaussettes. C’est là que la puissance de cette chanson offre tout son sens et c’est une véritable séance de thérapie en 4 minutes. Quand Johnny lâche les chevaux sur le refrain, il évacue toute la rage, les regrets, les peines et les épreuves. C’est libérateur. C’est une montée d’adrénaline émotionnelle. Elle donne l’impression qu’on peut repartir de zéro, que peut-être - peut-être- les blessures peuvent devenir du carburant. En tout cas, c'est un sommet vocal, un véritable hymne à la résilience. Quand la musique s'arrête presque et qu'il reste juste cette voix puissante qui s'envole, elle donne la définition de ce qu'est "une plus belle chanson".

Et puis il y a eu ce moment dont je ne trouve aucun superlatif pour le décrire, lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, quand Santa s’est emparée de la chanson. Portée par un spectacle grandiose, debout dans cette robe démesurée (comme la cérémonie) qui flottait au vent comme une voile, elle donnait l’impression d’incarner le morceau autant que de le chanter. Le poing levé, elle nous offrait littéralement le texte, à prendre en vol en pleine âme, elle le lançait presque au ciel comme un cri d’amour et de vie. Là où Johnny faisait trembler les murs, elle faisait vibrer l’air et nos cœurs de spectateurs avec la même intensité, la même urgence vitale. C’était puissant, habité, et profondément beau. 



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