Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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1 février 2016

Merzhin - Babel

Babel ou quand le rock français vous ravage la tête et le cœur... Une voix, des guitares, une ambiance. Déchirant, sombre, généreux, passionnant... Babel n'est pas qu'un disque, c'est du sable mouvant qui vous aspire lentement. C'est un poison lent qui vous consume inexorablement... Jusqu'au plaisir ultime. Intense. 


Des heures à la seconde, leur dernier album sorti il y a deux ans aurait pu être le disque de tous les dangers. Comment peut-on se remettre d'un chef-d'oeuvre pareil ? La réponse semble évidente aujourd'hui en écoutant leur nouvel album. Les mêmes ingrédients sont là. La folie, le rock, la rage, l'électricité, la puissance, la sensualité, multipliez tout ceci par deux et c'est la gifle dévastatrice, à l'image d'une tempête dans le désert. Merzhin d'album en album ne cesse de se bonifier, de prendre un volume incroyable pour se placer définitivement dans le wagon de tête du rock français, entre Noir Désir et No One Is Innocent. D'ailleurs le premier morceau La planète ne s'explique pas, il se vit, se ressent. Si le terme "organique" n'existait pas, il aurait été créé pour cet album qui s'écoute fort, avec un casque sur les oreilles et de préférence dans le noir. Pour capter toutes les prouesses techniques, qu'elles soient musicales ou vocales. Premier titre, première sensation. L’atmosphère dénonciatrice et revendicative de la galette est contagieuse, on ne peut s’empêcher de penser avec eux. Babel comme Muhammad Ali, Apocalypolitico sont des pièces positives qui n'ont rien à envier à d’autres groupes français, ceux qui nous faisaient lever le poing, la rage réveillée. Il suffirait d'ouvrir les yeux, scandent-ils sur La planète. Des titres d'une patate explosive. L'énergie cette dynamique dévastatrice chez les bretons parfois s’apaise. Alors Merzhin se calme et n'en perd pas moins son talent, le quatrième morceau de l'album est juste sublime, A travers toi. On se laisse bercer, on se laisse happer par ces mélodies ensorcelantes, enveloppée d'une poésie prenante. On appréciera aussi Sous la foucale et Conquistador, pour prolonger le plaisir de ces morceaux qui hypnotisent. Puis que dire de La traque ? Si le groupe est catalogué rock, il se montre capable de faire dans le punk-rock alternatif de papa, à coup de riffs et de gueulante qui rappelle ces bons vieux Shériff. Que c'est puissant. Textes profonds, origines bretonnes marquées à coup de bombardes et autres instruments à vent, voix enraillée et charismatique du chanteur, guitares sans relâche, basse vrombissante et batterie endiablée pour onze titres, trente-six minutes et quatorze secondes en apnée...


Vous êtes prévenus. Le nouvel album studio de Merzhin est un événement musical fantastique qui astique les gimmicks cérébraux et transcende les picotements sous la peau. Un album organique oui.


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