Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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28 septembre 2016

Wallace

La musique est le reflet d'un instant précis, la bande son d'un vécu buvant le contexte et la substance de nos sentiments passés ou du "déjà entendu" qui fait renaître les souvenirs, les étincelles. A l’occurrence, la voix de R1 Wallace - cofondateur des Hurlements d'Léo- m'aide à plonger dans la découverte de cet album. Je glisse si facilement...  


Dans un répertoire plus personnel, avec sa poésie reconnaissable entre milles, son grain de voix qui t'emporte ailleurs, R1 Wallace est de retour avec un nouveau projet qui scintille. De la chanson française comme on aime par ici, avec Bertille Fraisse (Mon dieu ce duo avec Daguerre...voir la vidéo) et Nicolas Grosso la rencontre fait des étincelles. Et cela s'entend dès le premier titre Ma Part d'Ange. Je glisse... Introduction frissonnante par une musique synthétique et légère, au refrain qui balance, fédère, accroche... une âme qui valse, un corps qui glisse... et puis ce chant qui force le respect, que l'on écoute avec amour bien plus qu'admiration. Admirable comme Le sang des baleines, cet hymne aux saveurs québécoises parce qu'il me fait tant penser à Korrigan Fest, dans le rythme, la mélodie et l'appel à l'auditeur à écouter admiratif et attentif. Je me laisse prendre par cette étrange tendresse sous-tension de ce début d'album. Cette tendresse si particulière qui se métamorphose discrètement en rage dans C'était toi, un titre sensationnellement captivant (voir le clip)... Captivant comme les accords manouches de Nicolas Grosso nourri à Brian Stezer et tenant Django Reinhardt pour Maître, qui, sur les titres Parle m'en ou No hier fait swinguer sa guitare avec la plume d'un R1 inspiré et aspirant. Alors quand Bertille se met à chanter, il n'est plus question de glissante, c'est une ascension vertigineuse vers la cime des pins chantants de Sète. Sans parler que je frétille quand Bertille fait pleuré son violon sur ce La lame éblouissant. Ce geste instinctif de monter le volume, de tourner le bouton au maximum pour tenter de sentir la chanson, d'espérer la toucher, la caresser.... Les yeux humides, les poils qui s'hérissent, et remercier Dieu s'il existe d'avoir mis un micro devant la bouche d'Erwan, un stylo dans sa main. "Je supplie la lame, qu'elle soit bien tranchante cette fois...", mon cœur se fend, mon sourire se fige, et mon regard part. "La mort est une illusion, un départ, une chanson..." et quelle chanson ! Tant de réjouissance sur un thème si triste, le contraste est saisissant. Transition toute parfaite, saisissant comme le titre Over my window qui termine l'album sous les feux d'artifice d'un chœur qui bat, les bras tendus, les poings serrés, comme une fenêtre ouverte vers la vie.


Putain de bonne étoile... Non, ne rase pas les murs R1, elle brille au-dessus de ta tête contrairement à ce que tu veux bien nous chanter. Même dans le noir cet opus s'illumine, parce qu'il renferme ce genre d'étincelles fantastiques que les beaux albums possèdent.

Tracklist
01 - Ma part d'ange
02 - Le sang des baleines
03 - C'était toi
04 - Parle m'en
05 - 7 ou 8 en Milliard
06 - Mon cul
07 - La lame
08 - No hier
09 - Vivre vieux
10 - Over my window

14 octobre 2016
InOuïe Distribution


www.facebook.com/wallacedesete


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isa
29 septembre 2016 à 03:59

Un membre des HDL, voilà qui d'emblée a de qui m'allécher. Si on ajoute à ça cette chronique dithyrambique, et l'extrait proposé bien sympa à écouter, ça fait encore un artiste à ajouter à ma liste de chanteurs/groupes à découvrir.

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isa
26 septembre 2017 à 20:04

Petit retour après avoir écouté cet été : pour tout commentaire j'ai mis un Bien ! où le point d'exclamation traduit l'enthousiasme que j'ai eu après l'écoute. (et tiens à réécouter du coup ! pour mieux m'en imprégner).

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