Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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22 octobre 2017

Lewis Evans - Man In A Bubble

L'instant de quelques secondes, dès que je lance le second album de Lewis Evans et que la musique commence à résonner, je me dit que quelque chose d'assez exaltant est en train de se passer. 


Par la voix prenante, qui sait se faire aussi douce que possédée. Par les mélodies enivrantes, mi-pop, mi-rock anglo-saxon, à l'imparable musicalité. Par les textes aussi bien en français qu'en anglais d'une élasticité déconcertante... Lewis Evans est mon délicieux plaisir depuis la rentrée. Un vent de bonheur dans les bronches le jour où je suis tombé sur le clip de Spring. Depuis elle fait partie de ces chansons qui perce mon âme. Dans la noirceur de la mélancolie, de la tristesse, des jours sans, demeure toujours un miracle musical qui vient tout sauver. La joie s'invite à chaque fois que j'écoute cette chanson. Voilà de l'art. Une chanson magnifique. Tout comme l'instant où j'ai inséré l'album dans mon lecteur et que Man In A Bubble est venue absorber mon attention. (ici le clip) Une intro jazz/blues secouée par un rock convainquant qui laisse deviner que rien ne sera laissé au hasard. Ni influence, ni talent, ni plaisir. De tout ceci, Lewis Evans en abuse pour ma plus grande satisfaction. Besoin d'Ailleurs confirme définitivement qu'en trois titres je lui ouvre mes bras pour une fidèle et sincère admiration. Ce deuxième morceau de l'album me fait penser à du Polnareff mais en mieux. Accompagné d'un accordéon bienvenu, cette ballade franco-anglaise à de quoi nous plonger dans une joyeuse mélancolie. Et ça fait du bien. ​Voilà tout le paradoxe de cet univers, celui qui nous fait tendre l’oreille, celui qui charme, au plus haut point. Man In A Bubble allie un sentiment profond de mélancolie, pas dépressif mais plus proche de la nostalgie, à une énergie de vie qui, elle, est parfaitement présente. Cela se traduit par un chant volontaire et une réalisation ultra riche. Un titre un poil dansant et planant comme Somali Traveller où l’on semble avancer dans une forêt dense peut déboucher, sur une clairière dégagée quand les voix se mettent ensemble dans une belle unité harmonique. Ça respire, la musique est vivante, elle se respire. Presque organique, très sensationnelle. Lewis Evans adore d’ailleurs mélanger les fluides vocaux autant que les strates instrumentaux pour faire naître chez n'importe quel auditeur sensible, une ivresse musicale. En atteste le magnifique Indamour avec Juliette Armanet et le puissant, le majestueux, le bouleversant All The Night. L'album se termine avec le très Beatles Sixty Five, comme un générique de fin, sourire aux lèvres, les oreilles qui frémissent, puis en redemander... Par gourmandise.


Vous l'aurez compris, cet album est merveilleux parce que ce normand est merveilleux. Parole de breton. Man In A Bubble m'est profondément émouvant, sensible, sublime. De la poésie, dans les mots, dans les mélodies. Partout. De la poésie. Voici un GRAND disque.

Tracklist
01 - Man In A Bubble
02 - Besoin d'Ailleurs
03 - Spring
04 - Somali Traveller
05 - Convinced
06 - Love Gun
07 - Indamour (Feat Juliette Armanet)
08 - Something New
09 - All The Night
10 - Sixty Five

20 octobre 2017
ZRP / Deux minutes trente


 
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