Dream-pop saupoudrée de synth-rock, la musique scintillante de Roseland réussit à m'emporter dans un univers atypique à travers un nouvel album minutieux. L'évasion est garantie, le décollage immédiat pour un vol quelque part là-haut, non loin des espaces aériens de Portishead et Radiohead.


Il aurait été dommage, de ne pas vous faire partager ici la sortie de ce disque délicieux, voir précieux. Vraiment dommage. Comme il aurait été fou, pour moi comme pour vous, de ne pas prêter une oreille à ce dernier album de la bordelaise Roseland. Car écouter Unsaid Words, son nouvel opus, c'est y succomber sans concessions. Et les écoutes successives (souvent matinales, à 7h le train en même temps que se lève le jour) me le confirment : voici un très très beau disque. Et il commence avec l'envoûtant Eternal Eyes, annonçant une sorte de dream pop electro en lévitation. Une belle invitation en profondeur pour explorer la puissance onirique que va nous offrir l'album. All I Want et Wasted confirment une maîtrise sonore bluffante et une limpidité mélodique qui nous invite à la méditation, aux contemplations de ce que l'on écoute et de ce que l'on voit autour de nous. Musique ricochet, claviers tourbillonnants, guitares fascinantes, c'est surtout le lyrisme rayonnant d'Emeline Marceau qui finit par envahir mon cœur. Post-punk, ambiant, noise l'univers du projet Roseland tire au maximum sur les émotions tout au long de ce disque aux douze titres attachants. Jusqu'à ne plus voir se détacher, comme par exemple avec le somptueux Let It Go qu'il m'est arrivé d'écouter en boucle durant plusieurs jours, l'esprit souvent ailleurs. Tout comme Silence, surtout dans le train du retour, comme une berceuse de fin de journée. D'autant plus paradoxalement magique puisqu'au thème de la mort répond l'apaisement sur ce titre à l'ambiance d'ailleurs.
Coté textes donc, la chanteuse évoquera aussi bien le regret d’une vie perdue sur notre chère planète Terre face à l’angoisse d’une vie éternelle dans l’Espace (sur l’hymne électronique et percussive Eternal Eyes) que l’urgence de se faire du bien et de cultiver une certaine légèreté (sur les très radiophoniques Take It Easy et After Tonight) à l’heure où le monde est de plus en plus régi par un stress prégnant, propice au burn-out ou à la dépression (Empty Sentences et son final intense). Mais aussi le poids du regard des autres avec la ballade piano-voix “Wasted”, ou encore  l’importance des gestes face à une parole parfois trop vaine pour s’exprimer sur Unsaid Words. Mais derrière ces thématiques pas forcément tout rose mais dans l'air du temps me diriez-vous, la Bordelaise n'oublie pas d'évoquer l'amour bienveillant et à l'espoir d'un avenir optimiste sur le mélancolique Glide Time ou Let It Go (encore et encore, oh oui !)

De titres grandiloquents à de denses orchestrations, Unsaid Words déploie un univers hors normes pour nous proposer une vaste palette de couleurs et d’ambiances, sans forcer, naturellement et la passion qui anime Roseland à travers son nouveau projet, a tout pour charmer et nous envoûter. 

Tracklist
01 - Eternal Eyes
02 - Al I Want
03 - Wasted
04 - Stop
05 - Let It Go
06 - After Tonight
07 - Unsaid Words
08 - Take It Easy
09 - Glide Time
10 - Perroquet
11 - Silence
12 - Empty Sentences

25 mars 2022
Cryogène Prod / Inouïe Distribution

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