Renaud - Boucan d'enfer (2002)

Je me suis réveillé ce matin avec une des chansons de l'album dans la tête, de quoi me donner la migraine en me disant que ça fait déjà vingt ans que ce disque est sorti. Putain déjà.

Bon. On ne va pas se mentir, ce n'est pas forcément son meilleur album, malgré les chiffres et l'emballement médiatique (à juste titre) mais il reste un album attendrissant et important. Mais celui qui ne jure de Renaud que par Boucan d'enfer ne connaît pas le reste de sa discographie (celle d'avant hein). Mais bon, plus de sept ans après son dernier bonbon d'album A la belle de mai (1994) voir le retour du Renard était loin d'être un supplice. Au contraire, ça faisait vraiment plaisir de le voir différemment que sur les publications de ces magazines torche-cul que le peuple raffole. C'est la première fois aussi que je pouvais m'offrir le disque de mon idole de toujours dès sa sortie, c'était une petite fierté, un petit trésor. D'autant plus que l'album en version cartonné est une belle œuvre agrémentée par les dessins de Titouan Lamazou, et la pochette est vraiment l'une des plus belles parmi la discographie de Renaud.

Avec une voix grave qui transpire plus la clope et l'alcool qu'autre chose, Renaud revient nous chanter qu'il aime vivre heureux en restant caché au fond de son bistrot peinard. On avait compris. Plus posé, le bonhomme à le cœur plus que jamais à la ramasse, et à ce sujet Coeur perdu est pour moi l'un des bijoux de ce disque. Ceux qui ont vécu un chagrin à cette époque savent que cette chanson était déchirante à écouter. Et pour continuer à chialer, Boucan d'enfer apporte son lot de tristesse également. Ça ne valait pas un Manu, mais ça avait l'avantage de nous montrer pourquoi Renaud avait mis tout ce temps avant de revenir sur le devant de la scène. Mais pour moi, la chanson la plus triste de l'album est Baltique qui parle de la chienne de François Mitterrand, restait sur le perron de l'église lors de la cérémonie des obsèques de son maître. L'amour d'un chien pour son maître, voici le plus bel exemple que les humains pourraient prendre et qui ne ferait pas de mal.

Et dire que ça se veut chrétien / Et ça ne comprend même pas / Que l'amour dans le cœur d'un chien / C'est le plus grand amour qu'il soit...

Outre son bel hommage pour l'amour des chiens, Renaud moins expressif restait pourtant énervé. Le treizième album comporte quelques chansons engagées intéressantes. La condition animale avec Baltique, mais aussi l'actualité du moment avec le (mauvais) carton Manhattan-Kaboul et sur ces saloperies de haines qui provoquent l'horreur, et puis l'homophobie avec l'excellent Petit pédé à la plus belle punchline de toutes les chansons sur le thème : Il fait pas bon être pédé / Quand t'es entouré d'enculés. Ça c'est bien dit et tellement vrai... Seul l'amour guérit tous les maux, et de nos jours tant de gens mériteraient d'en avoir de l'amour pour apprendre le respect...

Ce disque, bien qu'il ne soit pas l'un de mes préférés, j'aime l'écouter quand l'envie me prend. Et ça m'arrive plus souvent que je ne pourrais le croire. Je l'écoute comme étant l'ultime album, celui marquant la frontière de l'avant et l'après Renaud. Et si j'accroche beaucoup moins sur l'après Rouge Sang, Toujours debout, Les mômes et les enfants d'abord !, ils n'effaceront jamais pour autant toute mon affection que j'ai depuis l'avant boucan...


Tracklist
01 - Docteur Renaud, mister Renard
02 - Petit pédé
03 - Je vis caché
04 - Cœur perdu
05 - Manhattan-Kaboul
06 - Tout arrêter...
07 - Baltique
08 - L'entarté
09 - Boucan d'enfer
10 - Mon nain de jardin
11 - Mal barrés
12 - Corsic'armes
13 - Mon bistrot préféré

28 mai 2002
Virgin records


www.renaud-lesite.fr

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