Oscar les vacances - Ceci n'est pas mon corps (2024)

Encore un artiste aussi polyvalent que talentueux. J'en suis amoureux, c'est évident. Ça m'arrive une fois tous les dix ans et je sais que je ne vais plus le lâcher tellement sa musique est un rayon de soleil en hiver. Tiens, ça tombe bien, son premier album vient de sortir et le mois février se trouve au cœur de l'hiver. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Oscar les vacances, multi-instrumentiste et dessinateur, émerge comme une force créative à part entière. Non seulement il compose ses propres musiques, mais il réalise également ses propres clips qu'il faut regarder sans modération, ajoutant une dimension visuelle captivante et immersive à un univers incroyablement bonbon. Laissez traîner votre oreille, vous entendrez une fusion audacieuse de chanson française, de pop et de musique électronique. Centré autour de textes introspectifs, Oscar nous plonge dans les histoires de son adolescence ou de jeune adulte, explorant des thèmes tels que l'amour non réalisé, les angoisses modernes et les questions existentielles constamment en quête, posant des questions sans fin sur la vie, la mort, l'amour et la masculinité. Tour à tour explosif et désabusé, il jongle avec les extrêmes du trash au glamour, du sincère à l'autodérision et semble s'épanouir dans l'exploration de toutes les facettes de l'émotion humaine, sans aucun filtre pour retenir ses pensées les plus profondes, avec un nuance de folie bienvenue. 

C'est avec une totale affection que cette introspection musicale s'est accrochée à mon cœur rapidement. Il faut dire qu'elle commence très fort avec Triss comme Dalida, où toute la tendresse de cet auteur si singulier fait office parfait d'ouverture de Ceci n'est pas mon corps. Son refrain et ses couplets délicieusement séduisants dont seul Oscar semble en être capable. De ce tableau aux punchlines lumineuses je suis happé hors des frontières du réel pour m'emporter là où j'aime me retrouver. Flamants roses me fait penser à Vroum vroum paru sur le dernier EP. La musicalité est contagieuse, j'ai des secousses dans le corps… toc toc toc Oscar les vacances frappe à ta porte… Je lis que son univers serait comparable à celui d'un Philippe Katerine, moi je pense surtout à un Stupeflip assagi ou introverti, moins brutal mais tout aussi frontal. Parce que quand arrive Prophétie 1 (et aussi le 2) je me dis que ce garçon est formidablement anormal comme ceux qui vivent dans leur monde merveilleux chargé de fantaisie mais toujours avec une lucidité énorme qui contraste cet autre monde, le chiant, qui nous emmerde trop souvent. Comme ceux qui réussissent à retirer dès que c'est nécessaire le déguisement d'adulte trop grand que la vie nous impose. Nous sommes trop seuls au monde alors je m'enferme dans la musique et avec celle-ci je ne suis pas déçu. Je m’attendais à être ému (Garçons, Neiges éternelles), secoué (Courtepaille), inspiré (Apocalypse cul sec, Combat final) et en plus je retrouve les excellents MPL dans un featuring sur Les puceaux.
Un goût prononcé de fantaisie pour un peu de légèreté dans ce monde improbable, ça ne fait que du bien et la découverte de ce premier album vient parachever mon enthousiasme de manière resplendissante : par ici, c'est un vrai et beau cœur qui bat, heureux comme un premier jour de vacances.


Tracklist
01 - Triss comme Dalida
02 - Flamands roses
03 - Prophétie 1
04 - Apocalypse cul sec
05 - Combat final
06 - Prophétie 2
07 - Neiges éternelles
08 - Garçons
09 - Les puceaux feat.MPL
10 - Denver city
11 - Courtepaille

02 février 2024

www.oscarlesvacances.com/ Un album acheté = Un cheval heureux en Camargue
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