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Affichage des articles du septembre, 2025

Félix Radu - infini +3 (2025)

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J’aime la musique. Je tombe amoureux sans jamais serrer la main de celui que j’aime. Je sens une vibration dans ma poitrine avant même de savoir pourquoi. Je reconnais un rythme qui parle une langue que je n’ai jamais apprise, mais que je comprends mieux que mes propres mots. Je commence mes journées avec un morceau coincé dans la tête, et je me demande s’il m’a choisi, ou si c’est moi qui l’ai choisi. Dans le train, sous la pluie, sur le vélo, dans mon bain : peu importe où, peu importe quand, la chanson me suit, elle devance mes pas, elle me rattrape. Et puis arrive  Infini +3 , le premier album de  Félix Radu  qui vient de sortir. Dès la première note, je suis pris de vertige. Chaque piste est un univers parallèle où le réel se dissout, où mon quotidien devient une danse de lumière et d’ombres. Tu ne te contentes pas de jouer avec les notes, tu joues avec mes nerfs, mes souvenirs, mes émotions. Je dis moi, mais comme dans toutes mes chroniques c'est parce que j'aime ca...

Bells Larsen - Blurring Time (2025)

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Voilà de quoi naviguer délicieusement entre folk, indie lo-fi, ballades acoustiques, sur des flots tranquilles aux paysages sonores délicats qui laissent retomber la tension du moment. Je pense à l’intimité d’Elliott Smith, à la précision émotive de Sufjan Stevens, ou aux balades cristallines d’Adrienne Lenker, pour vous situer. Mais le plus simple reste de découvrir l'album par vous-même.  Les guitares effleures, les harmonies sont sensibles et nulle surenchère dramatique par ici. Neuf titres qui apportent des moments de solitude et s'ensuit en cascade dans mon casque bluetooth le doute, puis la maladresse, la nostalgie, et comme dans toutes les boucles de la vie, la musique me remonte physiquement et émotionnellement vers le désir, la quiétude, l'apaisement. Je découvre Might par hasard, un vendredi soir dans le train qui m'amène vers le repos d'un week-end que je veux léger. Cette musique est donc parfaite, atmosphère touchante, et pochette à la fois intrigante,...

Hubert-Félix Thiéfaine - Scandale mélancolique (2005)

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La musique de Thiéfaine dans Scandale mélancolique est une mélancolie ardente, semblable à une brume qui s’installe au petit matin sur une ville de bord de mer encore engourdie (ça c'est que je vois dans mes rêves). Vous savez, cette vapeur grise qui monte des pavés après la pluie, quand la lumière hésite à se lever. Subitement, une éclaircie perce l’épaisseur du ciel, d’abord discrète, puis un rayon s’étire et embrase les façades. Les vitres ternies se mettent à miroiter. Bientôt, la ville devient constellation de reflets, comme si le chaos s'enveloppait d’une beauté secrète. j’aime rôder vers les fleurs perdues dans les jardins sauvages aux parfums d’ardoises & de rues des villes avant l’orage ( Jardins sauvages ) de la folie des ombres / à l'alchimie des heures / on se perd dans le nombre / infini des rumeurs / c'est juste une pénombre / au fond de la douleur / c'est juste un coin trop sombre / au bout d'un autre ailleurs... ( Scandale mélancolique ) ...

Delayan — Looking Towards the Atlantic (2025)

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Quand Pascal Layan décide de larguer les amarres et de voguer en solo sous le nom de Delayan , c'est pour nous offrir une carte postale sonore entre les côtes de l’Atlantique latine et les plages à l'atmosphère anglaise. Looking Towards the Atlantic est un voyage autant intérieur qu’exotique, bercé de mélodies anglo-saxonnes, d’arrangements soignés, et d’un souffle nostalgique bien placé. Ancien membre de Bristol, Delayan revient des terres lisboètes, riche de ce soleil ibérique, porté par le chant des vagues et les jours plus clairs. À son retour, il compose à la fois à la guitare et surtout au piano qui lui ouvre des perspectives nouvelles pour l’écriture. Dès l’ouverture, English Motorbike , je capte le ton : basse ronde, chœurs entêtants, groove tranquille mais affirmé. Un morceau pour rouler sur une route côtière au lever du jour et avec ce titre, Delayan ne cache rien de ses amours : les années 60-70, la pop anglo-saxonne soignée, les harmonies presque classiques. Je su...

Les Hurlements d'Léo - Sirocco (2025)

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Un peu de chaleur ne nous ferait pas de mal en ce mois de septembre encore estival, n’est-ce pas ? Mais attention : quand je parle de chaleur, il s’agit plutôt d’un souffle brûlant, d’un vent qui décoiffe et réveille nos âmes fatiguées, pas d’un simple rayon de soleil paresseux qui se bagarre entre deux bourrasques de Tramontane. Avec Sirocco , Les Hurlements d’Léo nous embarquent dans une nouvelle traversée intense, entre cris de fraternité et ballades cabossées. Comme ils savent si bien faire, comme ça fait si bien du bien.  Le retour d'R1 Wallace aux côtés de Kebous n’est pas anecdotique : c’est le cœur qui bat plus fort. c’est comme deux chiens qui n’aboient pas pareil mais qui flairent la même chose : l’urgence de chanter, de gueuler, de dire, de partager. Y a dans leurs voix ce frottement qui gratte la colonne vertébrale, cette complicité rugueuse, comme deux frères qui se chamaillent mais finissent par trinquer au même comptoir pour finir par chanter plus fort que la tempêt...

Lone Wolf & Rice Fab (2025)

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Le duo breton formé par Lone Wolf (guitare, chant) et Rice Fab (harmonica) livre avec cet album éponyme un pur bijou de blues enraciné, du Delta Blues jusqu’au bout des doigts. On y ressent à chaque note la poussière du Mississippi, le vent froid qui glisse sur les champs miséreux, l’écho d’un chant crié pour conjurer la solitude. Authentique.  Dès le premier morceau, Going Down My Dusty Road , le ton est donné : minimalisme, tension, intensité. Lone Wolf pose une guitare crue, rugueuse, presque éraflée ; Rice Fab lui répond, râpeux ou soufflé selon les moments, mais toujours précis, expressif, organe à lui seul capable de ramener le parfum poussiéreux des images de cette "Amérique" qui trottent dans ma tête. Les treize titres se succèdent comme les étapes d’un voyage dans le temps, sans artifices superflus. On y entend l’ombre de Robert Johnson, John Lee Hooker, Skip James, non pas comme un simple hommage, mais comme une respiration : ces influences nourrissent la musique,...

Feu! Chatterton - Labyrinthe (2025)

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Amateur de frissons sonores en quête de vertige émotionnel : bonjour à tous. Bienvenue. C’est important de souhaiter la bienvenue. Ma confession est la suivante : ce nouveau disque de Feu! Chatterton est ma romance musicale du moment. Comme pour toute première rencontre, on hésite timidement ou on plonge direct. Voir les deux à la suite. j'ai vu sur Facebook un connard dire « c’est juste de la chanson française avec des mots trop gros pour leur bouche ». Ben non. Ici ça tient, ça prend, ça claque. Une expérience sensationnelle et émouvante. Un entre-deux qui te vrille le cœur et les tympans. Rien n'est trop gros, tout est juste trop beau. Parce que là, ça répond en écho à ce monde à la con. D’une putain de méchante époque où faudrait pas y foutre les pieds et pourtant on y vit tous. Les morceaux s’ouvrent comme des portes de fête foraine : d’abord t’es happé par la lumière, les éclats de voix, les guitares qui griffent. Puis tu t’enfiles un verre de métaphore. Deux verres de ...

L'estaca (Le pieu de 2025 par Noé Preszow)

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Parce qu'elle fait partie de ces chansons qui traversent le temps, les frontières et les régimes. L’estaca , écrite en 1968 par Lluis Llach en pleine dictature franquiste, résonnait déjà comme un cri de résistance, une invitation à tirer ensemble sur ce pieu qui nous enchaîne. Pieu auquel nous sommes tous attachés pour symboliser l’oppression. Chanson métaphore et hymne de résistance, L’estaca est devenue un chant universel de liberté et de lutte collective.  En 1974 c'est  Jacques-Émile Deschamps   qui est le premier à reprendre ce titre en français (L'estaque), suivit par Marc Ogeret et Marc Robine dans les années 80. Dans sa version originale, même si la puissance du live au Camp Nou de Lluis Llach est indétrônable, j'ai toujours aimé la version de Goulamaska que j'ai pu vivre en concert et celle du collectif Motivé(s) également, qui marquera mon engagement antifasciste lors de mes années lycéennes à Perpignan.  Aujourd'hui,  Noé Preszow en propose une vers...

Septembre Ardent (2025)

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Par analogie, disséquer un album peut revenir à lire un texte littéraire ou philosophique avec attention. On se penche sur le langage, ses figures, ses silences, ses ellipses, ses mouvements. La complexité d’un texte tient à la complexité de son langage, mais encore faut-il savoir en maîtriser l’usage. Un bouquin de Camus n’a rien à voir avec un roman de Levy : il ne s’agit pas seulement d’empiler des mots, mais de leur donner une portée, une chair. La musique fonctionne de la même manière. Surtout ici.  Avec Septembre Ardent , on se rapproche davantage de Camus ou de Faulkner que d’un récit balisé. Ici, les voix, les instruments, les langues (français et arabe) se superposent comme des flux de conscience. La rumeur, thème central de l’album, devient un personnage à part entière : elle circule, se tord, s’infiltre dans le texte sonore comme une phrase interminable où chaque respiration est déjà une bifurcation. On ne sait plus toujours qui parle, mais l’essentiel n’est pas là : ce ...

NOUVEAUX CLIPS / septembre 2025

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En sélectionnant le meilleur des nouveautés du moment, je vous propose, tout au long de ce mois de rentrée, une playlist 100 % découverte, composée de titres et de clips inédits à ne manquer sous aucun prétexte ! illustration artificielle avec  Stephane Balmino, 21 GRAMMES, MDNS, Philémon Cimon, Noé Preszow, Loan, Valentin Vander, Fabien Martin, Alain Souchon, Ours et Pierre Souchon, Achile, Bops, Francis Cabrel, Cyril Mokaiesh, Les yeux d'la tête, Les 3 fromages, Kiwi Vandale, Bipolar Club, FRAGILE, Nastyjoe, Equipe de Foot, Pomme, Félix Radu, Maxime Sacchetto. Maxime Sacchetto - Sous le soleil brûlant Félix Radu - Parler c'est déjà l'amour Pomme - des excuses Equipe de Foot - Melting White Fox Nastyjoe - Worried For You FRAGILE - Celebrate Bipolar Club - Le rock est mort Kiwi Vandale - Feu Les 3 fromages - J'aimerais être un oiseau Les yeux d'la tête - Que de l'amour Cyril Mokaiesh - Regarder passer les trains...

Mel D - Young Bones

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La rentrée, ce moment si particulier où l’on quitte la langueur des vacances pour replonger dans le flux quotidien, entre excitation et mélancolie. C’est dans cette période flottante que paraît Young Bones , le premier album solo de la Suissesse Mel D . Et c’est peu dire que ce disque arrive au bon moment : neuf chansons qui ressemblent à des balises sensibles dans nos tempêtes intérieures, des repères doux mais solides pour traverser l’automne qui s’annonce avec le coucher de l'été dans le rétroviseur. Dès Changing , morceau d’ouverture, la magie opère. Hypnotique, envoutant, le titre fait l’effet d’un sortilège chuchoté à l’oreille. Je pense à Cat Power dans ses instants les plus planants : cette manière de capturer le silence et de le transformer en intensité. La voix de Mel D flotte au-dessus d’arrangements délicats, comme suspendue dans l’air. Je plane, littéralement. Puis vient Soft , léger, ballade tendre et soul, qui évoque la grâce intimiste d’une Agnes Obel : piano, nappe...

Adieu Marquise - Anthologie de la disparition (2025)

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Cher(e) ami(e), inconnu(e), ou imaginaire, Je t’écris pour te confier une rencontre qui m’a laissé sans voix, plus vibrant que jamais : Anthologie de la disparition  d’ Adieu Marquise . Ce n’est pas seulement un disque (édité seulement en cassette audio), mais une secousse intérieure, un coup porté au cœur avec la délicatesse d’une caresse envahissante. J’ai eu la sensation étrange d’assister à la révélation d’un monde que je refuse de croire enfoui sous l’avalanche de contenus virtuels, sous les flux incessants d’images et de bruits, de notifications et de stimulations anxiogènes qui nous assiègent chaque jour. Un monde qui, malgré ce tumulte numérique, soudain se déploie avec ses ombres et ses lumières, ses vertiges et ses apaisements, un monde qui respire et qui pulse à sa propre mesure, comme un souffle secret que l’on n’attendait plus mais qui vous bouleverse quand il surgit. Écouter cet album, c’est sentir le Gwalarn souffler sur les côtes bretonnes, ce vent rugueux et salé q...

RIT - Hobo Blues (2025)

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Je ne pouvais me passer de présenter ce disque sorti en mai dernier, tant je crois que j'aime le blues et là, crachant dans les enceintes, je le trouve parfait pour lancer cette rentrée musicale.  Avec Hobo Blues , RIT signe un disque qui échappe au temps, comme s’il été déposé sur notre table de chevet par un vieux routard du folk-blues, revenu d’un long voyage intérieur et extérieur. Enregistré sur un magnétophone 8 pistes, sans retouches ni artifices, l’album s’offre brut et sans artifice, dans une sincérité qui rappelle que cette musique-là n’a pas besoin de vernis pour être essentielle et pour toucher là où il faut. La voix de RIT oscille entre la nonchalance d’un JJ Cale et la netteté d’un phrasé plus tranchant, comme un conteur qui hésite entre le murmure et la sentence. Les guitares, elles, se déploient tour à tour en folk épurée et en slide caressante, sculptant des paysages sonores qui respirent le voyage, la poussière, les marges, les différences. Il y a dans ces a...