Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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27 octobre 2016

The Marshals - Les Courriers Session

Chaque fois que j'écoute The Marshals, ça me fait toujours le même coup : je suis pris d'une envie irrépressible de me plonger dans l'hiver et de m'enfumer l'esprit. De tout foutre en l'air et de ne jurer que pour Johnny Cash à bord d'un vieux pick-up Ford, genre le F-250 de 1964. Ouais, le rêve !


En attendant je suis là, dans ma vieille Bretagne à me faire chatouiller les oreilles par un cocktail bien épais de blues-rock qui provient du fin fond du Mississippi de l'Auvergne. Ah oui, les mecs n'ont pas traversé l'Atlantique, ils sont d'ici et pourtant si tu tombes dessus la première fois t'y croit pas un instant. Après trois albums (dont AYMF Session chroniqué à la maison) les Moulinois, une voix, un harmonica, une batterie, une guitare, reviennent avec un monstre qui vous dévore à petit feu, des mélodies mouvantes qui vous aspirent lentement... Délicieusement... Sombrement... Une musique comme un poison des plus exquis, qui vous consume sauvagement... Planant et entraînant dès l'ouverture avec cette chevauchée enthousiaste I gave my wallet to the poor qui montre que le blues peut aussi avoir ce petit côté festif, cette petite étincelle de folie, de grandeur. Et prouve surtout la maîtrise du groupe vis-à-vis de son univers. C'est net, c'est propre, c'est direct. Good old days est dans le même esprit, au refrain vivifiant, les deux pieds dans l'album nous savons désormais où nous les avons posés. Si j'ai cité Johnny Cash au début de la chronique, ce n'est pas anodin. The Marshals rend hommage au maître avec le folk lancinant de Folsom prison blues. J'en redemande. C'est un bon d'une soixante d'années qui fait du bien. L'expédition brumeuse continue des plus belles. L'horizon est un coton, le sol toujours mouvant, Six feet tall et Lullaby apaisent, on est bien. Reprenant du rythme, Long night arrive pour rappeler le besoin viscéral du blues sans concessions qui nous raconte des histoires. Et pour conclure rien de mieux que les six minutes de Keep my gold où Laurent, Julien et Thomas caressent au plus près les codes d'un univers inclassable, enfin d'y extraire au maximum l’essence d’une musique qui n'est rien d'autre que sublime.


Enfin voilà, les mecs vendent carrément du rêve avec leur musique intemporelle. Je glisse ce quatrième album magnifique au milieu de ceux de Robert Johnson, de John Lee Hooker et de Johnny Cash. Franchement, ils n'ont pas à rougir d'être si bien entouré.

Tracklist
01 - I gave my wallet to the poor
02 - Good old days
03 - Folsom prison blues
04 - Six feet tall
05 - Lullaby
06 - Long night
07 - Something to hide
08 - Keep my gold

04 novembre 2016
Freemount Records

www.facebook.com/TheMarshals
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