The Marshals - Le Ptit Cham Session (2023)

Une guitare, une batterie, un harmonica. Si peu et pourtant, suffisant pour être le prolongement d'une âme et réveiller quelque chose au fond de l'auditeur ébloui que je suis. 


Une musique bourdonnante, résonnante qui secoue les rêves enfouis de grands espaces américains synonyme de liberté. En harmonie avec ce que le blues offre à la vie, ce que le folk prend de la nature pour nous le transmettre. Le Ptit Cham Session est une bande-originale pour égayer le quotidien. Clairement.

 Fin d'après-midi, la couleur du soleil n'est plus tout à fait comme celle du matin. Il y a dans son teint quelque chose qui apaise. Ou est-ce la musique qui caresse mes oreilles qui me rend dans cet état de quiétude totale ?  Probablement l'alchimie de ces deux bonheurs associés. Je suis dans le train, comme souvent, je branche mes écouteurs et je me laisse envahir. Cette musique authentique du far west auvergnat se glisse sous la peau et retourne les sentiments. Et sans sourciller, je m'enferme dans cette bulle de mélodies venues d'ailleurs pour m'emmener là-bas. Où ? Là-bas. Suffit de prêter l'oreille pour embarquer dans un road-trip aux milles images qui savent nous parler. Quatrième chronique pour The Marshals par ici, je ne m'en lasse pas. Je ne peux pas. C'est un coup de cœur pour la vie. Une nouvelle session, chic ! Une nouvelle session pour le plaisir, ça s'entend, les mecs s'éclatent derrière leurs instruments. En crescendo, Rolling, Witches, mais surtout Elements and things déboulent pour libérer nos âmes prisonnières de barrières qui nous entourent. A coups de guitare, de batterie, d'harmonica, par tout les moyens, la musique défile pour nous sortir de cette cage. Ouvrir la porte et laisser s'échapper l'étincelle qui rallume les esprits, de quoi redonner vie aux rêves. Les yeux fermés, Steal the silence, mon cœur palpite d'envies d'herbes fraiches sous les pieds, d'horizon montagneux aux odeurs de forêts de hêtres et de sapins. A défaut, je me contenterai d'un couchant dans le rétroviseur sur une route de vacances en direction du Mont-Dore, promis.

Le blues est une respiration.
C'est un oxygène, si on s'embrase avec.
Le Ptit Cham Session
comme échappatoire, comme moyen d'exister. Pendant 30 minutes. 

The Marshals c'est aussi une voix. 

Je glisserai bien dix balles dans le jukebox pour l'entendre au milieu des Clutch, Black Strobe, Ben Nichols, PJ Harvey, Brother Dege, The Dead South, Seasick Steve, John Lee Hooker... Le pied pas possible. Cette voix coule comme un torrent qui descend les collines d'hiver jusqu'aux plaines désertes, traversant les villes abandonnées et s'écrasant sur les murs gris des cités ouvrières pour arroser et nourrir tout ce qui pourra reprendre vie.

Une voix comme l'espoir usé qui habille les âmes fragiles.

Et quand sonne le dernier titre See the lightning, que j'entends tomber la pluie sur ce morceau, je réalise que cette musique est venue s'insinuer sous ma peau, que les notes se sont fondues dans ma chair... l'âme posée sur la voix, j'ai vu la foudre venir frapper mon cœur.

Une histoire de coup de foudre. Je continuerai le blog jusqu'à la prochaine session.


Tracklist
01 - Rolling
02 - Oh my

03 - Witches
04 - Elements and things
05 - Steal the silence
06 - Howl
07 - Troublemarker
08 - New Dawn
09 - See the lightning

19 mai 2023
Flower Coast


www.themarshals.bandcamp.com

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