Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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18 mai 2016

Ruppert Pupkin - Run

Les albums s'entassent en ce moment, ce qui explique le peu de chroniques, mais j'ai trouvé la cause : ce n'est la faute que de Ruppert Pupkin. Cette petite voix improbable, intemporelle, faisant de l'ombre à mes motivations, un petit timbre rare d'où fleurit une agréable apesanteur dans laquelle je me cache, par gourmandise.


La première écoute du disque désarçonne : le titre qui l'entame, Save U, semble comme résonner et fait vibrer mes frissons jusque dans mon cœur. Une voix pareille n'existait plus. C'est une rareté. C'est un bijou. Un fragment d'étoile polaire trouvé dans le désert. Elle vient de loin, une ombre plane, elle a l'aspect métallique et la texture de coton. Confortablement je me cache derrière une mélodie qui s'évapore au milieu de mes pensées. You you you you you... Même chose sur Take Care, au rythme plus soutenu, tout aussi envoûtant. Un titre dangereux pour la chanteuse puisqu'il nous fera tous devenir amoureux d'elle. Les pistes s'enchaînent ensuite sans aucune difficulté. Run se distingue avec ses références cinématographiques et son allure frappée, secouée, tandis que Visions peut se mettre à rêver de se retrouver dans la B.O d'un prochain western de Tarantino. Je le vois bien. On est bien. O mY Dead n'est pas le dernier pour courir après mes sentiments. Cette voix, toujours cette voix, aérienne pour le coup, à s'enfermer dans une cathédrale pour faire vibrer les vitraux et les faire voler en éclats pour offrir un ballet dans les cieux de centaines de couleurs. Le charme des premiers titres persiste dans le cœur de l'auditoire. Aucune déception, et avec bonheur, le reste des titres habités d'une âme à nulle autre pareil offre l’irrésistible envie de se passer l'album en boucle. À l'image de Everynight qui devient entêtant avec ses rages de guitares qui culminent dans des envolées frénétiques. C'est beau parce que c'est puissant, et sacrément bien réalisé. Voodoo doll aussi et puis finir sur un Stay lancinant, tremblant, intime... Une musique qui appelle les rêves, comme celle de Portishead dont la comparaison avec l'univers de l'artiste est loin d'être surprenante.

Je vais glisser l'album à coté de Brand New Soul de De Laurentis, pour l'addition de voix magnifiques, celles qui me donnent envie de rêver. Ile de Ré, cheveux au vent sur le 103 sans casque, le soleil sur les joues, Take Care du bout des lèvres, les plages au bout du chemin, de la bonne musique dans le cœur, heureux. 


Run est frais, efficace, entêtant et s'impose comme une véritable réussite, offrant à celui qui l'écoute une énorme ration de plaisir. Et puisqu'il donne l'impression de flotter dans une bulle poétique...

Tracklist
1 - Save U
2 - Take Care
3 - Run
4 - Visions
5 - O mY Dead
6 - How many Lives
7 - Everynight
8 - Your Sister
9 - My Pain
10 - Voodoo doll
11 - Stay

juin 2016
autoproduction


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