Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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23 mai 2016

Christine Ott - Only Silence Remains

Noyé dans une terrible et belle mélancolie, touché en plein cœur, faut pas me faire découvrir des choses pareilles... Avec Christine Ott c’est plus facile de rêver, surtout emporté par un piano, arme destructive pour hypersensible. Un violon en plus, pour des pluies de frissons garantis. Il pleut des notes, le vent se lève, une tempête symphonique s'approche.


Non pas celle qui dévaste tout et entache la vie de désolations et de tristesses. Non, plutôt une tempête symphonique qui fait souffler dans nos oreilles des promesses de rêves, d'envies. Des silences hypnotiques à coups d'ondes Martenot. La pianiste fait un détour dans sa carrière légendaire faite de collaborations notamment pour Yann Tiersen, Dominique A, Jonny Greenwood, Stuart Staples, Tindersticks, Têtes Raides, Noir Désir, Loic Lantoine, Radiohead... Pour revenir avec un second album Only Silence Remains, sept ans après son premier disque Solitude Nomade, qui dès le visuel de la pochette promet un enregistrement séduisant.
L'album commence par un opéra frétillant pour se terminer dans une poésie totale qui plonge l'auditeur dans un silence amoureux. Étreinte immédiate dans cette musique loin d'être classique. Christine Ott reconnut mondialement comme une expert des ondes Martenot, ce clavier étrange inventé en 1928, impose son instrument comme une maestria contre vents et marées, au milieu d'un déluge orchestral où se côtoies piano mélodique, harmonium (Raintrain) et même des dialogues d'introduction de la mission Apollo 11 dans Sexy moon. La lune, les tempêtes, l'apocalypse environnementale, le ciel plein d'étoiles, cet album est organique. L'artiste s'amuse de l'espace-temps pour faire planer ses compositions. Une atmosphère dont il est difficile de s'échapper tellement les 44 minutes de cet album sont prenantes, attachantes, tourbillonnantes. Difficile également d'extraire un titre particulier, ces huit morceaux forment un éventail d'humeurs et d'états émotionnels dans un ensemble harmonieux, qui s'impose confortablement comme une bande sonore du film d'un petit bout de vie de l'auditeur. A chacun son interprétation, si l'on écoute cette oeuvre singulière avec le cœur. Christine Ott elle, évoque la vie, dans toutes ses couleurs, ses hauts et puis ses bas. Délicatement. Délicieusement.

Et puis, les neuf minutes de Tempête tombent. Une musique pour une obsession définitive, je reste là sans bouger dans les profondeurs invisibles, abandonné de toute envie d'émerger, m’enfonçant vers le bas, vers le bas... de ce concert peuplé de présences inhumaines où volent les insectes du son. Les mélodies fissurent l'espace, déchirent le temps, stridentes, hurlantes, et épousent les palpitations de mes tripes jusqu'à ce que finalement, un piano solitaire comme un phare dans la nuit fasse dériver mon corps figé dans un silence applaudissant, éblouissant, époustouflant.
Formidable et magnifique Christine Ott.


Véritable surprise, Only Silence Remains tourne sans cesse comme un disque rayé infatigable, dont s'écoule par scintillement et émerveillement, une oeuvre musicale vraiment exceptionnelle. Une musique qui atteint et qui touche l'âme.

Tracklist
1 - A mes étoiles
2 - Szczecin
3 - Sexy moon
4 - Raintrain
5 - No memories
6 - Danse avec la neige
7 - Tempête
8 - Disaster

20 mai 2016
Gizeh Records

facebook.com/christineottmusic
www.christineott.fr

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isa
26 septembre 2017 à 20:25

Une fois n'est pas coutume, j'ai un avis mitigé sur cet album. J'ai adoré les morceaux au piano, mais moins aimé les titres plus électro.

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