Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
__________________________________________________________________________________________________

26 février 2017

Thomas Fersen - Un coup de queue de vache

Une sortie d'album de Thomas Fersen c'est toujours un bel événement. Comment se lasser de cette poésie gaillarde et toujours aussi bien ficelée ? Après les trains fantômes, les valises, la choucroute, les blattes, les Dugenou, les papillons, le poète nous aspire vers une nouvelle passion : la ferme.   


Un coup de queue de vache, dixième album studio, est un vrai recueil de poésies, au plus près des animaux de la campagne, pour un vrai bol d'air ! Encore une fois, les textes de Thomas Fersen sont un bonheur d’écriture, très souvent drôle, sarcastique et toujours pertinent, avec des expressions, des tournures, des vers et des couplets qui s'articulent dans une souplesse fidèle à la réputation de l'auteur. Dès la première écoute, c'est un régal. Une poésie reconnaissable à la seconde. Et j'avale les titres avec une joie réconfortante. Dans ce grand bal aux bestiaux, coq, vache, cochon, papillon, lèvre, libellule dansent et se moquent à coup de métaphores qui en dit-long sur notre nature humaine. Dans une autre époque, sur un autre blog, j'avais dit que Fersen était notre Jean de La Fontaine contemporain. C'est encore plus vrai aujourd'hui. Dans ces fables animalières à l'humour fin, nous pourrions uniquement rire avec l'hilarant La Cabane de mon cochon, mais le morceau éveille notre rapport à la consommation. Cette ferme c'est un monde si proche mais pourtant à part, c'est un univers parallèle tout près de notre vie, juste derrière notre mur mitoyen du quotidien. Ces animaux viennent nous toucher le coude et s'incrustent dans notre vie pour une petite pause champêtre avec leurs mélodies extrêmement séduisantes. Jubilons donc des arrangements signés Joseph Racaille, de ce quatuor à cordes qui nous offre cette ambiance contrastant à des histoires sordides et qui donne la pêche et nous colle le sourire. Comme l'histoire de ce coq devenu fou après Un coup de queue de vache et finissant en coq au vin. C'est un conte banal à l'apparence, mais dont la chaire est poésie, qui émaille d'une jolie douceur, de mots enchanteurs. Ici, on s'amuse des amours illusoires dans Un lièvre, on danse joyeusement sur La Pachanga à la composition drôle et sacrément entraînante. Le chanteur n’ayant pas perdu sa fougue, nous rappelle pour l'occasion certains bons morceaux rythmés des premiers albums. On sourit toujours et encore sur Tu n’as pas les oreillons, et on jubile de cette façon qu'il a de chanter, si aisément, une chanson sur les premiers émois d'une partie intime de notre corps, avec le phrasé qu'un certain Pierre Perret aurait utilisé avec délice.
Un coup de vache est une excellente raison pour crier (encore) au génie, à l'écoute de cet album qui oscille entre fantaisie, absurdité et tendresse. Un artiste qui dépeint parfaitement ce quotidien souvent simple et ordinaire, parfois malsain et horrible. A sa manière, subtile et décalée. Lui qui a si bien compris toute l'importance d'enfiler un costume pour vivre d'aventures imaginaires et de poésies, loin de ce monde de malades. Mais d'en rire quand même. Comme disait un autre grand artiste, «​Dans cette foire aux âmes brisées, où le vieux drame humain se joue, la folie m'a toujours sauvé et m'a empêché de devenir fou.»
Oui, voilà un bon résumé.


Voilà un Thomas égal à lui-même. Voilà un Fersen des grands jours. Hip, hip, hip...

Tracklist
01 - Un coup de queue de vache
02 - Encore cassé
03 - Les petits sabots
04 - La pachanga
05 - Tu n'as pas les oreillons
06 - Un lièvre
07 - Testament
08 - As-tu choisi ?
09 - La cabane de mon cochon
10 - Dans les rochers de Beg-An-Fry
11 - Big bang

27 janvier 2017
Editions Bucéphale


www.facebook.com/ThomasFersenOfficiel
www.thomasfersen.forumactif.com

avatar
isa
26 février 2017 à 16:23

Thomas Fersen, j'irais presque les yeux fermés. Je n'ai pas encore écouté ce dernier album, mais les quelques titres que j'ai entendus laissent présager un bon cru, comme le confirme cette chronique. Un artiste lunaire au bestiaire développé, très bon aussi pour nous raconter des histoires, comme il le fait sur scène.

Reply
 
© since 2014
-->