Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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10 février 2016

Max Richter - Memoryhouse

Pour mieux pénétrer dans les nuits longues et tièdes de l'hiver, entre la fraîcheur extérieur et les chaleurs d'une couette, d'un chat qui ronronne sur les genoux. S'enivrer d'une symphonie bellissime aux heures endormies. Le casque sur les oreilles, les paupières lourdes, c'est l'album qu'il faut. 


Calé dans mon fauteuil sans âge, paralysé par le mouvement violent, érotique et majestueux des violons qui prennent le large, engourdi en écoutant ce post-minimaliste allemand, avec des poussées physiques aux allures de rock, comme si je sortais ma tête par la fenêtre ouverte d'un TGV, au ralenti, d'une lenteur gracieuse comme dans un clip de Dolan, et que d'un coup tout s’accélérer, se déchirer dans une excitation sans limite. La nuit, c’est le meilleur moment du monde pour contempler, sans un mot, sans parole, sans toute cette merde qui nous entoure, juste des ondes, des notes, des frissons. Max Richter m'éblouit, me détache du monde. Plus rien n'existe. Le dessin des ombres sur les murs du salon deviennent de plus en plus flous, le temps se fracture, le trait divise mes deux mondes. Je glisse vers un point de fuite abstrait. La musique de Richter est une perversion que je désire et va farfouiller dans la profondeur de mon esprit, de mes entrailles avec toutes ces envolées musicales qui me transporte dans une multitude de voyages immobiles. Un échappatoire. Une délivrance. Une jouissance musicale.
C'est avec ce genre de merveilles que la musique est un art. Un art qui se vit. Un art qui se respire. Parce que l'auditeur lui, s'il est capable de comprendre ce qu'il écoute, alors il s'émeut, pleure, sourit, rêve.. respire.. Sublime.. Magnifique ! Grandiose !  


Une ode merveilleuse aux minutes qui s’étalent sur la nuit, doucement, je ne veux pas me coucher. Je veux que l'album dure jusqu'à l'aurore. Pour que cette musique danse, glisse, sur la gelée matinale. Mais pour dire la vérité, je ne serais plus là au petit matin. Cet album t'embarque loin, très loin, très très loin que je ne reviendrais pas de ce voyage nocturne. Encore une fois.


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isa
11 février 2016 à 02:19

Magnifique... Le violon <3
Merci pour la découverte.

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11 février 2016 à 08:38

Bientôt cinq ans que je partage mes coups de coeur en chronique et je n'avais jamais parlé de cet album qui est une merveille (jamais écouté les autres par contre - Le dernier Creep dure apparemment 8 heures!!)

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Anonyme
11 février 2016 à 12:25

Merci pour la découverte +1

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