17 octobre 2019

Avant tout, je tiens à m'excuser : ce que vous lirez là n'est pas vraiment une critique, c'est plus un moment d'allégresse que je vais partager sans trop d'objectivités. Les Cowboys Fringants reviennent avec une poignée de belles chansons. Et dans cette époque où l'inévitable pèse, Les Antipodes fait du bien. Un bien fou. 


Quelques chose se passe de nos jours, une inquiétude plane, ça me ronge, je m'inquiète, et comme tout quidam je m'accroche à ce que je peux, en faisant le vœux d'un espoir, d'un défouloir, d'un rêve, d'un plaisir. Je veux de la poésie, des poings levés, des mots pour mieux comprendre tout ces maux qui m'entourent. J'avais besoin ces temps-ci de quelque chose de fort, qui me réveille, qui me secoue. Les Antipodes, quatre ans après Octobre, est une résurrection pour mon cœur, un chef d’œuvre pour mes oreilles, un nouveau printemps qui revient, l'essence de ce à quoi je peux m'accrocher. En découvrant le premier extrait L'Amérique pleure, je savais que j'allais aimé démesurément ce nouvel album, et je serais bien incapable de vous expliquer posément ses mérites et ses qualités sans devoir traverser un déluge de superlatifs excessifs comme j'ai l'habitude d'écrire quand il s'agit de l'un des plus grand groupe francophone. C'est pourtant un disque simple. Un grand disque simple même. Dans sa genèse, d'abord : on prend les mêmes ingrédients et on recommence, pour un grand moment de partage. Dans les compositions ensuite, toujours grandiose. L'Amérique pleure donc. Comme le dit si bien Stephane E. dans les commentaires Youtube de la vidéo "-C'est la chanson que j'avais sans le savoir au fond du cœur... jusqu'à ce que les Cowboys la chantent à ma place." J'avais besoin d'entendre ça, et ça fait du bien. Dès la première seconde, explosion d'oxygène...

La question qu'j'me pose tout le temps
Mais comment font tous ces gens
Pour croire encore en la vie
Dans cette hypocrisie

Parce que moi je ne crois plus trop en l'humanité en ce moment. Comme le monde, je deviens peut-être bipolaire. Parfois ça me pique, parfois l'espoir reprend. Un vrai paradoxe ou un ascenseur émotionnel, comme dans ce disque où peut se côtoyer le comique et le dramatique. Comme quand je découvre Les maisons toutes pareilles. Le deuxième morceau de l'album. Avec son refrain en Oh oh ohohoh ! c'est du déjà entendu et pourtant... Ça reste une révolution musicale dans un florilège de mélodies, d'où l'abondance des mots frappent l'esprit, un tsunami de lucidité puisée dans la plus triste des réalités. L'ascenseur émotionnel fonctionne quand déboule Suzy Prudhomme où l'on retrouve l'une des autres facettes des Québécois dans l'art de raconter une histoire nostalgique dans une ambiance folklo-country enjouée. L'esquisse d'une autre fille qui rejoint Hannah, La Catherine, la belle Sophie... Et puis soudain Ici-bas. Vraiment ? L’ascenseur monte aux larmes jusqu'à passer volontairement quelques jours à écouter la chanson en boucle en rentrant du boulot, casque sur les oreilles, à marcher dans la rue en même temps que se couche le soleil... "Tant que mes pieds marcheront - J'avancerai comme un con - Avec l'espoir dans chaque pas - Et ce jusqu'à mon dernier souffle, ici-bas"... Vraiment... Magnifique, sublime.
De toutes manière, j'ai une relation particulière avec la musique des Cowboys Fringants, il faut bien l'avouer. Une relation qui peut se résumer comme suit : je ne pourrais jamais m'en lasser. Jamais. Depuis quinze ans je revis à chaque cycle albums/concerts. J'ai beau engloutir une quantité effarante d'écoutes et d'albums, j'y reviens toujours avec le même plaisir et le même délice. Et parmi eux, Les Antipodes prend déjà une belle place. C'est un album dans son temps, hors des modes, loin des normes et comme certain de ses prédécesseurs, un futur intemporel. Et comme la vie actuelle, l'album propose deux visages. Le côté militant ou révoltant (l'excellente D'une tristesse) et le coté un ton un rien gouailleur dont une bonne humeur constante et une énergie assurée traversent les titres Mononc' André, La traversée (de L'Atlantique en 1774) ou encore Johnny Pou. Et n'est pas un vrai album des Cowboys Fringants sans une dernière chanson qui brise le cœur. Sur mon épaule à l'apothéose pour midinette émotive à la larme facile. Je tombe dans le piège sans rougir. Et j'en redemande.
  

Voilà de quoi s'enveloppé dans l'univers tendre, survolté et révolté, désabusé et plein d'espoir des Cowboys Fringants pour passer l'hiver au chaud en attendant la prochaine tournée en Europe pour savourer comme il se doit  cet excellent nouvel album. Putain que ça fait du bien.  

Tracklist
01 - L'Amérique pleure
02 - Les maisons toutes pareilles
03 - Suzy Prudhomme
04 - Ici-bas
05 - Saint-Profond
06 -Mononc' André
07 - La traversée (de L'Atlantique en 1774)
08 - D'une tristesse
09 - Johnny Pou
10 - Sur mon épaule

04 octobre 2019
La Tribu

www.facebook.com/lescowboysfringants
www.cowboysfringants.com

1 commentaires :

Les Cowboys Fringants <3 Ces textes si bien écrits, ces mélodies souvent entraînantes malgré certains thèmes graves, ces chansons plus tristes, plus lentes, hautement émouvantes… C'est toujours une joie de découvrir un nouvel album. Je ne me suis pas encore procuré celui-ci (mais cela ne saurait tarder), et par conséquent je ne l'ai écouté qu'une seule fois mais j'ai déjà craqué pour Ici-bas et Sur mon épaule. Et j'ai hâte de les revoir en concert, c'est toujours un excellent moment.

Reply