En mars dernier, quand la tournée a été annoncée, l'élan a été immédiat, c’était quasiment viscéral et je n’ai pas eu une once d'hésitation. J’ai regardé les dates, les possibilités qui s'offraient à moi. Quatre étaient jouables. Lannion pour la première, Laval, Nantes, puis le lendemain, Rennes. Soyons fous. Impossible de faire sans, impossible de rater une miette de ce baroud final. J’ai qu’une vie, alors j’ai fait pleurer ma carte bleue. À l'époque, la tournée Des adieux sonnait déjà comme un couperet, mais on gardait au fond du cœur une naïveté saine de croire que les légendes ne s'éteignent jamais vraiment, qu’il y aurait encore un peu de route à faire aux côtés de notre idole. Puis les mois ont glissé et l'onde de choc est arrivée, juste là, un jeudi d'automne, à deux jours de lever le rideau sur cette première date à Lannion, ce 3 octobre. L'annonce a été brutale. Une maladie implacable, évolutive, incurable. Une fin trop proche. C’est ce que l’...
Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Je suis un homme ordinaire, mais quand arrive cette chanson (jamais par hasard) je suis tout sauf commun. Je crois que mon visage s'illumine de cette lueur musicale, une lumière qui ne vient pas du soleil, mais d’une voix qui m’enveloppe, celle de Jacques Higelin . Tombé du ciel s’élève comme un souffle dans l’air. Les premières notes s’immiscent sous ma peau, et tout ce qui pèsent sur les épaules disparaît, s’évapore comme une brume matinale. Parfois je ferme les yeux, laissant la mélodie se mêler à la danse du vent. Parfois je regarde les étoiles s'il fait nuit. Je regarde vers les cieux dès fois que… un chanteur de charme ou un pot d’fleurs… Les mots, ces mots, s’accrochent au cœur comme un poème ancien que j'aurais toujours connu sans jamais l’avoir appris. La gravité s’éloigne, comme si Higelin me tendait la main pour m’arracher au sol. Je ne suis plus assis, je plane. Amoureux. Les souvenirs, les regrets, les doutes, les erreurs, les chagrins s’effacent, balayés par ...
Rien de ce qu'ils disent sur Bertrand Cantat ne m'intéresse, j'écoute seulement de la musique, le nouveau disque de Détroit et la poésie s'occupe du reste. Ici, le vent est l'hôte. Je n'en finis pas de le voir tourner dans les airs… Tout est rumeur, tout est soupir, mais comme assourdi dans les parages des landes. Puisqu'il s’agit d’un disque délicat, à la fois noise et épuré, centré sur une voix éthérée, soutenue par des mélodies de guitares, une batterie discrète et un souffle électrique enivrant. L’album s’ouvre avec L’Angle . Les sentiments ne sont qu’une question de point de vue. Mon ressenti est enthousiaste. J’essaie de cartographier les images qui s'affichent dans mes pensées face à tous ces différents types de lignes qui traversent le monde, comme les lignes téléphoniques, les lignes de musique, les lignes de métro, la ligne d'horizon et le ballet des nuages, pour m'accrocher, pour ne pas me laisser porter trop loin dans cette poésie. On...
Après trois albums et quelques EP épuisés, Nesles que l'on prononce "Nèle" revient se frayer un chemin dans le paysage rock français avec un nouveau projet intitulé Nu, sorti en ce début du mois de décembre. Nu débarque comme une offrande. Des préliminaires pour plonger dans la jungle musicale du chanteur. Et pour nous, une belle découverte. L'album nous fait entrevoir un univers inventif qui saura faire bousculer quelques consciences. Dans un style dépouillé voulu par l'artiste, certaines chansons peuvent se rapprocher de ce qu'un Dominique A fait. Alliant poésies brutes et guitares chatouilleuses, L'art du grotesque étant un très bon exemple pour la comparaison. Mais Nesles n'est pas "comme", Nesles est Nesles, singulier et créatif. Et la pluie s'est arrêtée nous emmène beaucoup plus vers un univers folk, une ballade de plus pour se laisser surprendre, faire battre les palpitations d'une très belle découverte. Vocalem...
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