Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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30 juillet 2018

La sélection de juillet 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.


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27 juillet 2018

Keith Kouna - Bonsoir Shérif

Avec la parution de Bonsoir Shérif, Keith Kouna nous propose un quatrième album aux saveurs punk-rock méticuleusement concoctées. Avec énormément de panache pour une grosse dose de vitriol dans la face. Ça brûle et ça fait du bien, moi qui me suis éloigné depuis longtemps de cette scène-là...


Comme en témoigne cette galette thématique et idéale pour toute une génération de révoltés, la démarche artistique de Keith prône le mouvement. Celui de mots incisifs accompagnés de guitares et de basse hurlantes, de batterie organique et de thèmes du quotidien avec ses déboires et ses joies, tout ça s’unissent en totalité dans un univers punk-rock 80/90's finalement contemporain. Bonsoir Shérif est un capharnaüm de morceaux engagés, un peu enragés aussi, alliant différents souffles. avec sa propre poésie et sa justesse de ton, l'artiste frappe à la gueule du monde à coup de musique rentre-dedans. À la façon de Ding Dang Dong, premier titre là pour nous réveiller. C'est drôle sur le coup, mais ce qui va suivre sera encore plus efficace, où toutes les chansons défilent pour nous éveiller face à cette époque qui nous endort, ce monde de marde, comme ils disent. Sans pour autant faire la morale, Keith hurle à qui veut bien comprendre. Je ne pourrais passer sous silence certaines ballades époustouflantes comme la magnifique, la sublime, la puissante Berceuse en fin d'album. Tantôt incisives donc, tantôt posées, les portions instrumentales de Bonsoir Sherif varient agréablement de morceau en morceau. Tout au fil de l’album, Kouna assume et intensifie ses propos comme avec le cas Vaches, critiquant discrètement les membres de la société. Si les autres morceaux semblent me cantonner dans une certaine tradition punk, le propos, lui, reste toujours incisif. "Coup de gueule contre la connerie générale, les rectums en chefs, les gérants d'estrades, les bons citoyens, les gourous politiques, religieux et médiatiques, leurs ouailles en colère et tous ceux prêts à tuer ou mourir pour un pays, pour une croyance, pour du fric ou pour avoir le dernier mot". Perte de repères sociaux, idéologies politiques désespérantes, désabusement et désespoir face à l’état des lieux de cette planète qui part en sucette en ces temps troubles de sécurité absolue, d'extrémismes de tout bord, d'idées et d'opinions qui nous enfonce un peu plus chaque jour dans la peur et la haine, les thèmes explorés trouvent la faille en moi pour me mettre une claque dans la tronche. Moi ou eux. Tous en général. Pour le coup, Keith Kouna exprime une saine colère tout à fait justifiée compte tenu du contexte actuel. Et ça fait du bien, pour toutes les générations confondues. Me replongeant dans mes amours pour les bérus, les Shériff, Guérilla Poubelle, ou encore de l'autre côté de l'atlantique avec Eric Panic, cet album pouvant révolutionner certaines consciences un peu trop faibles, est attachant par son mérite d’être d’une sincérité incontestable. Et puis, afin de solliciter tous nos sens, la pochette et le livret est un vrai régal pour les yeux... À caresser allègrement.


Ne connaissant pas Keith Kouna avant de découvrir ce nouvel album, l'auteur-compositeur-interprète irrévérencieux m'offre le temps de dix chansons, un retour tout à fait pertinent sur la scène alternative punk française, que j'ai fort apprécié.

Tracklist
01 - Ding Dang Dong
02 - Shérif
03 - Vaches
04 - Poupées
05 - Congo
06 - Pays
07 - Doubidou
08 - Marie
09 - Madame
10 - Berceuse

08 juin 2018
Ambiance Anbigües / Ulysse

26 juillet 2018

Cali chante Léo Ferré

C’est difficile pour un chroniqueur amateur comme moi de se lancer dans la critique d’une œuvre qui touche de loin ou de près quelqu'un d'aussi immense et impressionnant que Léo Ferré. Comme le dit Cali, Léo c'est une montagne. Comme le catalan, je suis au pied de l'Everest, et ce n'est jamais facile de tenir en équilibre sur les mots de Ferré, tant ils donnent le vertige.


A l'aube de ses cinquante ans, Cali a voulu se faire plaisir en posant sa valise dans le fameux Studio Pigalle. Si le chanteur a réussi depuis longtemps à me conquérir avec quelques albums sublimes (L'amour parfait, Menteur, Vernet Les Bains...), il arrive encore a me surprendre. Parce que cette galette, aussi belle que le visuel signé Yann Orhan, est une tornade d'émotions, une violence de sentiments. Parce qu'honnête. Parce qu'amoureux. Parce qu'il y a la puissance des mots de Léo Ferré accompagnée par l'intensité du piano du grandiose Steve Nieve, de la guitare de François Poggio, et Cali, ses cris déchirants à noyer votre âme, ses murmures à vous briser le cœur, sous l'ombre bienveillante et puissante qui plane de son idole... 
L'album débute avec C'est extra. C'est extra et c'est juste beau. Ça se prend en plein cœur, ça vous attrape les tripes et vous met les frissons. Introduction parfaite. Cette œuvre profonde de 1969 devant laquelle nous avons toujours l’impression de toucher l’essence de quelque chose de puissant, parfois indicible mais immuable malgré le temps qui passe, les époques qui changent. Une introduction qui me transporte beaucoup plus loin que la simple écoute. L'enfance, La mélancolie ces œuvres belles et poignantes qui sollicitent nos fonctions les plus timorées de l'amour pour les mots... Piano magistral couché d'un chant naviguant dans les sentiments forts de chaque mot. Quand la douceur s'estampe, le rock qui sommeil en Cali se fait sentir. Ainsi, la dimension rageuse de Ils ont voté, de Vingt ans, de Ni dieu Ni maître devient de plus en plus évidente au fur et à mesure que l’ambiance se rapproche du dynamisme révolté du grand maître. Un poing serré, levé vers le ciel, l'autre main sur le cœur pour le poète aux mots qui s'enlacent et s'entrechoquent, qui jouent entre eux, et les notes qui tissent les mélodies en vagues qui submergent tout. Submerger c'est le mot. Je suis terriblement vite submergé quand les premières notes de piano annoncent Les anarchistes, ou quand la voix de Cali danse sur Jolie Môme, quand elle récite La mémoire et la mer, quand elle scande Thank you Satan. Voilà l’audace de Cali, son audace fougueuse quand il attrape les souvenirs de ses goûts étoilés pour les balancer dans nos cœurs brûlants. Et puis l'ultime délice, l'ultime merveille. Avec le temps. Une évasion hors du temps. Comme un rappel vers la poésie de Léo Ferré. Une voix lente, envoûtante, mêlée à des accords parfaits et à ces paroles à la fois sensibles et déchirantes. Un dernier cadeau, la présence de Mathieu Ferré pour la lecture du poème très peu connu de son père : L'amour est dans l'escalier sur une improvisation émouvante de Steve et François...


Cali capte avec tendresse l'oeuvre de Léo Ferré dans une étreinte poignante faite d'émerveillements et de frissons, où naît l’instant magique de l’excellence... Un album hommage poignant, honnête, faisant passer mon vertige en apesanteur, où l’intime transparence de Cali ravage mon cœur de poésies. Bouleversant.  

Tracklist
01 - C'est extra
02 - L'enfance
03 - Vingt ans
04 - La mélancolie
05 - Ils ont voté
06 - Ni dieu Ni maître
07 - Les anarchistes
08 - Les étrangers
09 - Thank you Satan
10 - Jolie môme
11 - La mémoire et la mer
12 - Les poètes
13 - Paris je ne t'aime plus
14 - Le flamenco de Paris
15 - Avec le temps
16 - L'amour est dans l'escalier

05 octobre 2018
BMG

www.facebook.com/brunocali
www.calimusic.fr

13 juillet 2018

Bancal Chéri

La récréation sonne pour Dimoné, Nicolas Jules, Imbert Imbert et Roland Bourbon. Dans la cour, les quatre copains comme cochons, vont se donner à cœur joie dans ce Bancal Chéri foutraquement réjouissant.
L'histoire raconte que la fibre est née entre les compères lors du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué (Presque Oui, Yéti, Évelyne Gallet, Sarah Olivier, Jeanne Garraud et Patricia Capdevielle pour compléter la distribution) Deux dates de spectacles, pour finalement trois ans de tournée. Voilà Bancal Chéri : une cavalcade de quatre artistes aux courants musicaux différents mais pas si éloignés, offrant un univers électrique, effronté, libre, singulier, s'amusant des codes de chacun. Et une belle histoire d'amitié surtout. 
Qu’est-ce que tu dis ? ouvre le disque éponyme, et vient titiller mes sensations avec un rock sixties à la Bikini Machine frétillant et une écriture fine, un délice de vocabulaire. Puis La barbe à papa vient joliment casser le rythme et montre l'authenticité du jeu avec les genres. Du plaisir à l'écoute, et vraisemblablement aussi du plaisir à jouer pour les musiciens. Oscillant entre jazz et chanson, Les épaules donne envie de se dandiner, quand Screamin Jay Hawkins m'enfonce dans un blues aux paroles cyniques, au chant salvateur et aux chœurs langoureux. Du plaisir à l'écoute. Je me répète ? Ah bon. Mais c'est tellement vrai, et c'est tellement bon. Chacun apportant sa folie, chacun apportant sa poésie, chacun faisant mon bonheur derrière le micro. Dimoné m'explose avec son délire dans L'habitude enfin, Imbert Imbert me fait chialer avec sa douce Quand tu dis non... Et quand les chanteurs ne chantent pas, les musiciens jouent. Un morceau instrumental comme Glass Glock déboule aux milieux des pistes pour apporter encore plus d'épaisseur et de claques dans un album qui en possède déjà pas mal. Ces petites piqûres de contrebasse dans la nuque... frissons assurés... Le reste de l'album se passe de commentaires tant il ne demande qu'à être écouté, dégusté jusqu'à la dernière note, jusqu'au dernier mot. J'apprécie tout particulièrement l’entraînante La Vienne et les Deux-Sèvres parce que d'une, sur une musique de Village Green des Kinks et de deux, le chant baladant de Nicolas Jules est un régal. Enfin, pour finir en apothéose et montrer que Bancal Chéri a pris tous les chemins possibles sans risques et périls, il y a une chanson dont je ne me lasse pas, en boucle et à fond dans le casque : Natanaé et son mélange d'intonations, de cris du cœur, de chants en langues araméenne, arménienne et comanche qui s’entrechoquent pour délivrer un morceau fort, inspiré, aspirant et transcendant : un grand moment ! Comme l'ensemble de ce premier album, qui j'espère en appellera d'autres. 


Fantastique en puissance, Bancal Chéri fait assurément partie de ces projets parenthèse entre artistes, qui finissent par devenir indispensables, ceux qui ajoutent fièrement leur pierre à l'édifice de la richesse de la scène française. De l'émotion pure. 

Tracklist
01 - Qu'est-ce que tu dis
02 - La barbe à Papa
03 - Les épaules
04 - Screamin Jay Hawkins
05 - L'habitude enfin
06 - Quand tu dis non
07 - Glass Glock
08 - Les tampons de ouate
09 - Numéro lose bis
10 - Petite tête
11 - Natanaé
12 - La Vienne et les Deux-Sèvres
13 - Mounak

14 juin 2018
Label Printival

www.facebook.com/bancalcheri
www.bancalcheri.bandcamp.com


10 juillet 2018

Dalida by Ibrahim Maalouf

Je ne m'attendais pas spécialement à cet orage de sentiments. Cet album m'est tombé dessus comme un ciel agité d'une fin de journée caniculaire, qui orchestre un ballet de nuages intenses et envoûtants au-dessus de ma tête fiévreuse.


La belle du Caire et le magnifique de Beyrouth. Une rencontre qui s’annonçait intéressante pour un album hommage initié par Barclay mais qui me laissait quand même un peu insensible tant ces projets à la mode sont parfois lisse ou creux. M.Pokora à quand même repris Claude François, ne l'oublions pas. Et puis non. Ibrahim Maalouf qui s'aventure dans l'oeuvre de Dalida c'est une évasion vers la poésie assurée. Dès le premier morceau je l'ai compris. Alain Souchon que je n'écoute quasiment pas et qui reprend Bambino. Surprise ! D'une douceur et d'une sensibilité inattendue, une fable pour les cœurs étendus bercés par une trompette enivrante. Et de la lumière,  comme sur Paroles Paroles avec Matthieu Chedid et Monica Bellucci, sortez les ventilateurs, je suis au bord du . Parce que voilà, ces deux voix s'accordent à merveille sur cette chanson. C'est délicieux. Profond... Profondément délicieux quand la trompette entonne les premières notes de Il venait d'avoir dix-huit ans... Frissons... Apesanteur... une version instrumentale sobre pour une claque... La succulente Laissez-moi danser, reine des piste de danse au camping se transforme en véritable petit chef d’œuvre pour la vie. Dans une version piano-voix qui donne envie de chialer  tellement c'est beau, Izia s'offre le plaisir Le plus grand titre ou presque de cet album. Ou presque car Arno déboule avec l'une de ses plus belles interprétations en reprenant une chanson méconnue de la chanteuse populaire Je me repose dans une version vraiment bouleversante avec un final, à la trompette, monumental. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé cette album de reprises. Parce qu'il y a du cœur, de la sincérité, à l'image de ce magnifique Ibrahim Maalouf. Et de l'intensité, de l'amour intense, de la passion qui me transportent de bout en bout de l'album. Je me surprends à apprécier Thomas Dutronc avec Les gitans, Mika avec Salma Y Salama, et je suis tombé sous le charme et de la voix de Rokia Traoré qui reprend A ma manière avec le corps, avec les larmes, avec les sentiments qu'elle puise dans cette superbe chanson. Enfin, je ferme les yeux pour le dernier titre. Love In Portofino par Golshifteh Farahani... Et j'y vois tant d'images... Comme dans un film en Sicile, au bord de l'eau, juste ce qu'il faut de mots, deux corps qui s'aiment, équilibre paradisiaque. De la finesse, de la justesse et une orchestration musicale précieuse, que demander de plus !


Pour des raisons que je m'interdis de citer, je loue un véritable culte pour Dalida. Pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle vivait, pour la grâce qu'elle pouvait dégager... Trente ans après sa mort, Dalida by Ibrahim Maalouf est le plus bel et sincère hommage qui pouvait lui être rendu. Les étoiles s'alignent, je me remets l'album encore, encore et encore, je vois son sourire... 

Tracklist
01 - Bambino - Alain Souchon
02 - Come Prima - Ben L'oncle Soul
03 - J'attendrai - Melody Gardot
04 - Paroles Paroles - M & Monica Bellucci
05 - Il venait d'avoir dix-huit ans
06 - Laissez-moi danser -Izia
07 - Salma Y Salama - Mika
08 - Les Gitans - Thomas Dutronc
09 - A ma manière - Rokia Traoré
10 - Je me repose - Arno
11 - Interlude Dalida
12 - Love In Portofino - Golshifteh Farahani

17 novembre 2017
Disques Barclay

www.ibrahimmaalouf.com
www.facebook.com/ibrahim.maalouf

1 juillet 2018

Miossec - Finistériens

Ça sent la Bretagne.
Celle que l'on ne peut pas effacer, celle qui reste ancré à jamais dans le cœur et la mémoire. Ça sent les détails qui traînent dans la musique familière de Yann Tiersen, ça sent les mots écorchés et poétiques de Christophe Miossec, comme un signe, comme une croix, une voix pour rester à la surface.


Ça sent le vent, la mer et la pluie. Les relents de spleen trop vite épuisé. Ces éléments d'un Finistère de caractère et d'histoires pas toujours ternes. C'était une époque où je traînais péniblement mes pompes dans le sud de la France, avant de venir, de revenir, de rentrer au bercail. C'est fou comme ça sent la Bretagne. Est-ce qu'il faut se sentir à bout pour se sentir enfin si bien ? 
Ça sent la bière, ça sent l'alcool comme antidépresseur. Ça sent la morosité, la rupture qui trop souvent, vous tranche le cœur. En deux ou en cendres. Heureusement ici, certains mots offrent une opportunité de vivre, d'y croire, d’espérer, de se questionner... Tous les dimanches, tous les dimanches / Je pense à toi et je pense à eux / Et je pense à nous et j'ai le cœur qui flanche / Après quoi courrons nous tous les dimanches, c'est la question qui me démange...  Ici l'artiste contemple au plus près toutes ces choses sombres de la vie qui flottent dans une détresse stagnante, dans une noirceur tendre qui lui ressemble terriblement, pour mieux effacer ce qui colle à la peau. Je n'en peux plus de cette vie-là / Je craquerai avant la fin du mois... 
Paradoxalement ça sent la douleur et ça sent l’apaisement. Entre chagrin et joie, pour ne pas rester à quai Je t'aime, je t'aime, je t'aime quand même / Même si tu m'as laissé sur le bord de la Seine, pour continuer d'aimer et par ricochet vivre. Ou survivre pour mieux intercepter les quelques éclats de lueurs qui pourraient éclaircir le ciel breton quand la tempête fait rage. Ça sent la nostalgie, la détresse. Ce soupir qui s'envole et va se perdre dans l'horizon d'un océan déchaîné. Ça sent la musique enfin. Celle qui fait chavirer, qui fait vibrer les cordes sensibles quand le cœur et l'âme s'enlacent dans une étreinte foudroyante. Ce sont les mélodies d'une averse soudaine un jour de soleil timide, incisives, pour les rêves très longs qui coulent sur nous comme un baume apaisant. Et en s'étirant, elle devient la bande-son à la fraîcheur d'un premier amour retrouvé, toujours sous l'orage qui gronde, sur la plage des sables blancs, immense est déserte de Concarneau. Je m'y retrouve seul contre les embruns, mais vivant. Se sentir vivant quand elle recouvre sur notre âme un voile de légèreté, et quand elle peut s'énerver un peu pour régénérer un rock plus sauvage, elle fait naître le sentiment mélancolique de l'album, que la nostalgie frappe au plus près. Quand j'écoute cet album, cette merveille, c'est pour avoir le cœur serré, aussi intensément serré que cette terre fragile et tourmentée par les cris des oiseaux de mer quand ils reviennent prés du rivage... Se sentir comme une fortune de mer qui dérive dans les rouleaux, en fredonnant un air qui rappelle la douceur des mots de ce beau Christophe Miossec...


Tracklist
01 - Seul ce que j'ai perdu
02 - Les joggers du dimanche
03 - Les chiens de paille
04 - A Montparnasse
05 - CDD
06 - Nos plus belles années
07 - Jésus au PMU
08 - Haïs-moi
09 - Fermer la porte
10 - Loin de la foule
11 - Une fortune de mer

14 septembre 2009
Pias

www.facebook.com/christophemiossec
www.christophemiossec.com

29 juin 2018

La sélection de juin 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.

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7 juin 2018

Jamie Gallienne - Under the radar

Un disque pour faire monter le volume, un disque qui donne la patate. Une fois les pieds mis dans cet univers pop-rock électrique et vivant, difficile d'en sortir avant le gong final. On y est, on y reste. Par la force des choses. De belles choses.


Biberonné aux Beatles, Kinks et autre Led Zep', l'Angevin n'a pas fait les choses à moitié pour son premier album en confiant la réalisation à Ken Stringfellow. S'il vous plaît. Le goût de la bonne musique du guitariste de REM a permis à Jamie Gallienne de bénéficier d'un son live puissant. Résultat ? Voilà un album inspiré et à forte personnalité.Ne perdez pas l'attention en l'écoutant, parce que tout est dans le détail. C'est agréable de découvrir des titres aussi organique, addictif, jamais froid et très loin d'être artificiel. Des morceaux qui brûlent à l'essence de nos sensations. Tantôt dandy chic, tantôt rockeur sexy, l'artiste nous dévoile en chansons les moments de doutes que l'on croise dans notre quotidien. Le sien, c'est la musique, alors au fil des titres, on découvre les facettes d'un musicien à la dualité assumée tout en épousant à la perfection les mélodies enivrantes, les riffs typés, l'énergie et la puissance d'un son qui va occuper tout l'espace d'un album à l'âme profonde. Sans oublier de parler de cette explosive batterie qui résonne dans le crâne et coule jusqu'au cœur à coup de pulsions dévastatrices, I Love To See You Dance par exemple, mais surtout Sophisticated Animal qui fait grésiller les enceintes de ma chaîne hi-fi tellement elles prennent du plaisir violent. Quel morceau ! Enfin, autre titre qui me mets dans un bel état est l'électrique Free Electron, morceau jubilatoire pour les membres de mon corps qui ne demandent qu'à être lâché. Bref, Under the radar est un album décapant, affirmé et sans complexe. A dévorer sans modération. 


Et s'il faut se frayer péniblement un chemin parmi toutes les dernières nouveautés pour espérer le croiser, je me permets d'admettre que Jamie Gallienne vient de sortir un très beau premier disque qui serait bien dommage pour vous, de passer à côté...

Tracklist
01 - Brain Twister
02 - I Love To See You Dance
03 - Key Man
04 - Brighter Days
05 - Bad Fluid
06 - Busy Bee
07 - Sisco Bay
08 - Sophisticated Animal
09 - Free Electron
10 - Sunday Driver

18 mai 2018
Let's Be Bop

6 juin 2018

«C’est toujours agréable d’être programmé sur ce genre d'évènement..»

Dudy c'est un DJ classieux qui fait sonner ses platines et remuer les têtes sur un son hiphop-electro singulier. Et lors du Printemps de Bourges 2018, il a bien voulu répondre à quelques questions de Renaud, l'envoyé spécial sur le festival pour Break musical... 

crédit photo Maeva Schamberger / illustration page facebook Dudy

Bonjour et pour commencer, c’est quoi et qui Dudy et peux-tu nous dire quand a commencé cette histoire ?
Le projet initial, je l’ai commencé en temps que DJ y a plus de 16 ans. Après, j’ai commencé à faire beaucoup plus de Scratch en y consacrant beaucoup de temps. J’ai composé y a longtemps puis je me suis remis sur le scratch, car je n’arrivais pas à faire les deux en même temps ! Et maintenant, aujourd’hui, je reviens sur la compo depuis un an, un an et demi en créant seul.

J’ai évolué en faisant des compétitions de Scratch. Je n’ai jamais été vers les concours DMC qui pour moi ne sont que technique et non musical. Je suis toujours allé vers des compétitions qui alliaient les deux, la musicalité et le technicité comme sur des compétitions comme RedBull Thre3Style ou le Rock Da Club.

Sinon j’ai bourlingué sur de nombreux festivals aux cotés d’artistes comme C2C, Pulpalicious, Birdy Nam Nam, Foreign Beggars, Datsik ou encore DJ Fly. J’ai sorti un deuxième EP en Avril 2017, un 4 titres qui s’appelle « Natural Knacker #2 » dont un morceau est signé avec les Puppetmastaz.


Comment composes-tu ?
Sur la composition, je compose avec Live Ableton, Platine Serato et clavier maitre, batterie électronique et mes influences viennent principalement du HipHop. Puis ensuite, je me suis intéressé à tout ce qui était utilisé dans le hiphop c’est-à-dire la Soul, la Funk et petit à petit je me suis ouvert sur tous les styles de musique… Sur le rock, sur le métal et du coup, ce que je compose est un peu un ressenti de tout ça même si cela reste très electro-hiphop.

Sur mes nouveaux sons, je ne sample plus et crée tout de A à Z, mais je pense revenir bientôt aux samples à ce côté hiphop duquel on ne se défait pas. Et quand je compose, je pense aussi et avant tout à comment je vais déstructurer le son pour y insérer le Scratch Musical.


Aujourd’hui tu es au Printemps de Bourges, comment vis-tu cela ? 
Je suis très content de jouer, là, à Séraucourt sur le Printemps de Bourges. Ça me réconforte dans l’idée que si on me fait jouer ici, c’est que cela doit plaire un minimum. Que mon projet est légitime. C’est toujours agréable d’être programmé sur ce genre d'évènement et de jouer devant différents publics et surtout devant les professionnels du métier qui sont très nombreux et curieux sur ce festival. Bref, c’est une très belle opportunité pour moi.


Des projets ?
Je vous inviter à venir me découvrir sur scène, car c’est la aussi qu’est l’énergie et c’est aussi tout un show accompagné chouette mapping vidéo. Vous pourrez me retrouver sur des festivals cet été et en tournée jusqu'à la fin de l’année.

Et en terme de projet, nous prévoyons un nouvel EP devrait sortir à la fin de l’année, restez à l’écoute.


www.facebook.com/dudy.music
www.dudy-music.com

Interview réalisé par Renaud pour Break musical


5 juin 2018

Woody Murder Mystery - Lost in Beaucaire

Avec un nom pareil et une si belle pochette, ma curiosité fut rapidement réveillée. Quelques coups d'oreilles bien placés et très vite, je suis tombé sous le charme de ce groupe atypique.


Dès le premier morceau, le charme opère. Interlude plonge l'auditeur dans un univers de caractère, entreprenant et ravageur. Je ferme les yeux, et ce morceau devient la bande sonore d'un road-trip imaginaire. Il y a de la brume et beaucoup de sentiments qui me transpercent, un peu comme dans les années 70. Un morceau court, mais un morceau bon, très bon. Je salive, Near the dearest world me maintient en apesanteur. C'est planant, ça sent la dream-pop à plein nez, et au milieu d'un classique rendez-vous guitare-batterie, un orgue vient éclabousser le morceau de milliers d'étoiles. C'est beau ! Et puis il y à l'introduction de Jusqu'au matin, troisième morceau, qui me plonge dans un monde féerique, indou, ou mystique. Je n'en sais trop rien mais je sais juste que les neufs morceaux seront un capharnaüm de plaisirs instrumentaux, de délices vocaux. Une oeuvre globale dans laquelle on plonge, aspiré par la nonchalance fantastique qui traverse l'album, par la justesse d'un chant souple, sensuel, et par l'élégance de compositions parfaites, soignées à merveille par un trio qui ne rechigne pas à produire du beau. Mention d'amour pour le dernier titre Jeannie, un instrumental avec un orgue rêveur, songeur, monotone mais débordant d'enthousiasme, un ultime morceau qui conclut de façon planante cet album délicieux.


Voilà donc un bien joli album pour les âmes en quête de rêves, d'intrigues, d'errance et d'évasion. Laissez-vous prendre par ce Lost in Beaucaire, il va vous surprendre tout en vous faisant du bien.

Tracklist
01 - Interlude
02 - Near the dearest world
03 - Jusqu'au matin
04 - Lost in Beaucaire
05 - Red garden
06 - Roses
07 - A1 Navigation
08 - La première fois
09 - Surface lactée
10 - When will you sleep ?
11 - White guy
12 - Jeannie

25 mai 2018
Freemount Records


4 juin 2018

Rodrigue, le Zeppelin, 1er juin 2018

Ça valait vraiment le coup d'attendre. 
Devant la salle, une joyeuse ribambelle de spectateurs patiente. Lorsque la porte s'ouvre, le décor t'embarque déjà dans cet univers si percutant de Rodrigue : un piano sur lequel veille une lune rêveuse, une guitare, une contrebasse, des percussions. 


C'est Le château des sélénites qui ouvre le bal, puis l'enchaînement des titres dont certains ont dix ans d'âge et qui ont pris, comme le bon vin, une saveur incroyable. Je me remémore les débuts, tous ces concerts toujours vécus de l'intérieur avec une force inouïe. L'Attache, Un petit mot de travers, Coccinelle, Le jour où je suis devenu fou, La Route, Grunge et intelligente, 69 degrés, L'indien (qui déchaîne toujours en moi cette folie délicieuse), 1911, Sexy fix... Pas question de faire ici un inventaire pâle des titres, ça serait omettre la poésie et l'humaine dimension de ces presque trois heures d'envol. Un accordéon est venu rejoindre la troupe, et la voix magnifique et gracieuse de Céline Dengreville. Et puis l'inédite, la flamboyante et audacieuse Vengeance textuelle de Rodrigue au sujet du combat de genres homme/femme virant ces derniers temps au pugilat. Ce fut un moment de frissons, de "nous sommes" en refrain, de nous sommes humains. 


Rodrigue, c'est un temps, c'est un tant, c'est l'art d'exulter, de crier, de danser, de rire, de frissonner, de mettre en scène une émouvante et vibrante humanité. Et au Zeppelin de Saint-André-lez-Lille (59), vendredi soir, c'était grand.

Séverine & Guillaume pour Break musical


Dates des concerts à venir
www.rodrigueweb.com

www.facebook.com/rodrigueweb
www.youtube.com/rodrigueweb

2 juin 2018

Amoure - Vague

Amoure, c'est un trio étonnant, totalement frais qui jongle frénétiquement entre une pop déferlante et un rock volcanique, avec une envie communicative. Une envie de profiter, de danser, d'aimer.


Le groupe vient de sortir un EP prometteur. 4 titres qui mettent l'eau à la bouche : Vague, Sable, Claire, Week end à Rome, et à voir la pochette aux couleurs bonbons, voilà un album à écouter sous le soleil, sur sa chaise longue avec un mojito, ou lors d'une soirée perdue sur la plage les pieds nus dans le sable frais d'un soir d'été. J'ai découvert le groupe avec leur cover d'Etienne Daho. Cette magnifique chanson parfaitement reprise et sacrément bien intégré dans notre époque. Un coup de pinceau qui doit faire rougir d'honneur le parrain de la pop (voir le clip ici). Mais dès que j'ai glissé l'album dans mon lecteur, en découvrant le premier titre Vague, j'ai vite ressenti toute l'énergie juvénile du groupe, avec une vraie identité musicale. Les compositions sont variées, c'est pop, un peu rock, parfois zouk et les rythmes totalement décomplexés et multicolore. J'alterne entre enthousiasme et euphorie sans que le trio strasbourgeois me fasse tomber dans le mielleux. Parce qu'ils me bercent à coups d'air joyeux et de refrains lancinants, parce qu'ils m'emportent dans leurs envolées naïves et fraîches, parce qu'ils sont beaux, parce qu'ils sont authentiques, parce qu'ils font une musique qui fait du bien. 


Pépite en vue et bourré d'ambitions, Amoure c'est de l'amour, ce n'est pas une vague c'est un tsunami, c'est un coup de soleil sur la scène french-pop et sans sourciller, je coince volontiers ma bulle dans leur bulle.

Tracklist
01 - Vague
02 - Sable
03 - Claire
04 - Week-end à Rome

04 mai 2018
Deaf Rock Records

www.facebook.com/amouremusic
www.youtube.com/channel/amoure


31 mai 2018

La sélection de mai 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.

                                       ~


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28 mai 2018

Fontaine Wallace - s/t

Un truc incroyable qui m'arrive quand je glisse cet album dans mon lecteur. Après quelques écoutes, y avait comme une chose dans la voix du chanteur qui me ramener vers des souvenirs flous, lointains, des souvenirs impossible à accrocher sur la carte de mon passé. Après recherche, je lis que Nicolas Falez, plume et chanteur de Fontaine Wallace, fut aussi celui de Superflu. Ce soir je vais replonger délicieusement dans l'album... Dieu que cette nuit va être belle...  


Un album sans nom qui vole, défie les lois de l’apesanteur, impose les silences et délivre une musique pure comme du cristal, belle et fragile, enrobée de dentelle. Nicolas Falez serait-il un magicien de l'indie pop/folk ? Aucune idée, mais en tout cas c'est un poète, un vrai, un céleste qui nous emmène dans son univers à l'atmosphère séduisante, à l'allure parfaite, qui tourne en boucle dans mon lecteur. Ses mots me donnent le tournis, figent mon âme et m'abandonnent aux émotions qui se dégagent de l'album et se délitent dans l'espace. Parce que c'est une voix qui vous capte et vous enchante dans un style qui a autant de charme, aux allures d'antan sans être dépassé. Et puis, accompagné de Cécile B. à la basse, de Ludovic Morillon à la batterie et de Fabrice de Battista aux claviers, Fontaine Wallace délivre une musique dont il est difficile de ne pas tomber amoureux...
À la maison de campagne j'étais venu pour une fille, mais je suis rentré avec un nouvel ami. Pour s'éloigner un peu on avait trouvé un canot, on a parlé musique en faisant des ronds dans l'eau... C’est sur ces paroles que Une odyssée ouvre l'album. Un morceau qui ouvre la porte sur une fragilité tout en douceur. Complexe et direct à la fois, sur une partition de batterie aussi chirurgical que jubilatoire et une guitare qui lèche les tympans. Elle en remet une couche avec Architecte sur laquelle l'énergie est tout à fait contagieuse. Comment résister ? Fontaine Wallace n’a pas trop de misère à installer une atmosphère éthérée aidée par une complicité évidente entre les musiciens. C’est haut, c'est velouté. C'est surtout magnifique à l'écoute du troisième titre Joueur d'échecs. Jusqu'à ronger le bouton repeat de ta télécommande. Lumineux et léger ce morceau m'emporte. Et ce ne sera pas terminé avec les surprises, Quarantaine, Petite ville ou encore La neige de l'année dernière sont aussi des morceaux maîtrisés et savoureux que j'écoute avec délectation. Entre nostalgie mélancolique et rêverie incisive, Fontaine Wallace dépeint la noirceur familière du quotidien dans un spleen lettré pour raconter avec merveille, l'intime de nos vies. 


Le premier album de Fontaine Wallace ne s'explique pas, il se vit, se ressent. Si le terme "organique" veut dire quelque chose, il a été créé pour cet album. Un délice supplémentaire dans cette formidable année musicale. 

Tracklist
01 - Une odyssée
02 - Architecte
03 - Joueur d'échecs
04 - Quarantaine
05 - Déjà fait
06 - Sagittaire
07 - Petite ville
08 - La neige de l'année dernière
09 - Astronaute
10 - Le plongeon

20 avril 2018

23 mai 2018

Andrew Sweeny - Free The Prisoners

Avec le temps qu'il fait dehors et en écoutant le nouvel album de Andrew Sweeny, j'ai envie de monter à cheval et d'aller me perdre au pied du Mont Robson. Un stetson sur la tête, le cœur lourd de chagrins mais les yeux tournés vers l'essentiel, la vie...


Parfois, il ne faut pas grand chose pour que le cœur soit touché. Une belle voix, une guitare acoustique, quelques notes de piano par-ci, quelques notes de violoncelle par-là... Nourrit de folk britannique, le canadien Andrew Sweeny débarque en France avec un album terrifiant. Si vous avez le cœur funambule, il vous le fera chavirer. Si vous avez le cœur émotif, il vous le fera trembler. Si vous avez le cœur sec, il vous le fera pleurer. Accrochez vos pieds au plancher, Free The Prisoners est un opus qui fait décoller. Sans en rajouter des tonnes, ni tomber dans une production aguicheuse et superflue, le chanteur nous conte ses histoires dans une atmosphère émotionnellement étourdissante. On est bien là, au croisement d'un Nick Drake, d'un Léonard Cohen et même par moment d'un bruce springsteen. J'ose. Quand je ferme les yeux, je vois ces artistes. Des géants. Alors de fil en aiguille je déduis que Andrew Sweeny en est un aussi. Ces géants capables de nous sortir des albums qui s'imposent d'eux-mêmes. Dont on ne peut résister. Et dans le plus anodin des détails de notre quotidien, attrapé à la volée dans notre routine suffisent à créer le besoin de les retrouver régulièrement. Pour secouer nos émotions. Raviver nos sentiments. J'ai besoin de me faire secouer les tripes de temps en temps. Free The Prisoners fait désormais parti de ces albums-là qui procure ces choses-là, qui m'envahissent, imprègne ma vie d'un filtre qui fait résonner mon existence selon ses mélodies. Incrédule, je me laisse à chaque fois emporter par les doux parfums folk. Et celui de Sweeny est un régal du genre, surtout quand il lorgne vers le rock et le blues sans jamais oublier les fondamentaux. Free The Prisoners ne s'écoute que d'une traite, sans temps mort, sans l'interrompre pour mieux l'aimer tel qu'il est. 
Chanté comme si la vie ne pendait qu’à une corde vocale, cet album évoque l’émancipation, la responsabilité, et le plaisir hédoniste face à l’inconscience et la nuisance humain. Il sera publié en complément d’un recueil de 100 poèmes écrits en 100 jours en 2015 dans le RER C le long de la rive gauche de la Seine. 100 œuvres transcendées par la routine de ces trains de banlieues. Comme pour se soustraire aux ombres. Une voix unique qui, mot après mot, nous rend plus vivant, fait gronder en nous la révolte.


Free The Prisoners fait partie de ces rares albums sans paillettes, réalisés avec inspiration et justesse mais dont ils font preuve d'un triste contraste : Celui d'offrir une musique riche, émouvante, artistique et enrichissante dans un monde où il suffit de faire le guignol à coup d’Auto-Tune pour absorber le plus grand nombre de gens. Nous vivons dans un monde où les mentalités sont aussi étroites que les paysages des rocheuses canadiennes sont vastes. Heureusement qu'il existe des artistes comme Andrew Sweeny... 

Tracklist
01 - Free The Prisoners
02 - Lucinda
03 - Killing The Lion
04 - You are My Heart
05 - Refugee
06 - Human Love
07 - Show Me
08 - Don't Trust The Things That Shine
09 - Stainless Ship
10 - Nothing in this World

11 mai 2018
Travelling Music

www.travellingmusic.net/andrew-sweeny
www.twitter.com/andrewpgsweeny

20 mai 2018

I Me Mine - Ellipsis

Depuis 2013, le groupe (Fred, Sam et Guillaume) ne chaume pas avec à son compteur un grand nombre de concerts et déjà un ep et deux albums. Et surtout aujourd'hui, celui qui nous intéresse, le dernier album sorti en mars dernier : Ellipsis.


10 Titres pour ce nouvel opus et à l’écoute on peut dire que I Me Mine, c’est comme si Supertramp, Electric Light Orchestra et avait fait l’amour avec Queen et les Beatles. J’en viens donc à supposer que le nom du groupe vient d’un hommage au titre « I ME MINE » des Beatles et peut être aussi du livre de Georges Harrison du même nom Bref, le résultat est un indie-pop-rock-psyché aux références Britannique assumées. Mais toutes ces influences sont digérées et non banalement copiées. Il faut le dire à la première écoute ça fleure bon la pop sixties dans le son avec une voix lead et des mélodies léchées  et parfois John Lennonisante comme sur des titres comme Elephant On the Doorway
Le résultat est un son chiadé, singulier qui s’affine de plus en plus en fur et à mesure que le groupe et que les années avancent. 

Ellipsis est un album qui sonne comme une BO de film de Sofia Coppola. On peut souligner un travail remarquables sur le son, les arrangements et en particulier les harmonies en autres vocales. C’est un album plein de bonnes idées et de bonnes surprises, les toulousains s’offre même le plaisir d’un featuring de taille sur le titre Expectations appelant au clavier ni plus ni moins qu’Hervé Salters plus connu sous le nom de General Elektriks à les accompagner.


Après disséquassions suite à plusieurs écoute, je conclus en disant que ce nouvel opus Ellipsis semble composé en deux parties une première partie offrant des titres rythmés, enjoués et radiophoniques. Tandis que la seconde partie de l’album s’aventure dans un chant plus posé, sobre et des arrangements tout en finesse et explosion en crescendo. Un grand album qui donne envie de découvrir et de suivre la suite de l’aventure de ce groupe plus que prometteur !

A chronicle of Renaud, special reporter at the Festival de Bourges 2018 from Break musical

www.imemine.fr

19 mai 2018

Slim Paul - Dead Already

La voix et la guitare de Slim Paul reviennent à leurs premiers amours : «  Le Blues ». 


Celui qui a mené sa barque au travers de nombreux groupes de rock’n roll, de Stoner et surtout, pendant plus de 10 ans, Scarecrow, le fameux groupe de Blues-Hiphop qu’il composait entre autre avec Jamo et Antibiotik, n’en ai pas à son premier opus solo : Trois EPs éparpillés (“Weep N Moan Sessions”, en 2012, “Weep N Moan Sessions II”, en 2014, et “No Yet Man”, en 2017) entre les projets et au fur et à mesure des années trahissaient déjà cette envie d’un album.
Et le voilà, 13 avril 2018, Dead Already dans les bacs. 12 pistes que je m’empresse d’écouter. 
One of the days, un beat, la voix de Paul qui swing et s’envole. Un titre rythmé et épuré qui met en jambe et fait remuer la tête. Stuck in my own city est un titre puissant qui convient parfaitement à la voix rocailleuse de Paul. Un titre sombre, mélancolique qui sent la poussière américaine,  des déserts et autres grands espaces. Ce titre conviendrait parfaitement à un générique de série.  

Same morning, Lady Sorrow et Let me Be in, nous envoi un blues des familles au accent très rock emmené à grand coup de guitare électrique et de solo de wahwah. Trois sons aux accents de Ben Harper surtout ce solo de slide disto sur Same Morning
Beauty and the beat, dont le riff de guitare entêtant fait gentiment penser à un hommage à The Doors et à son fameux « Break on Through ».  Et ce Dead Already sorte de morceau blues–post-rock de 11 minutes comme une sorte d’improvisation, de bœuf macabre clôture cet album de manière magistral. 
Come and play, Buried land, Long gone, Nola Song sont des morceaux « sages » de l’album ou l’on se laisse porter par le chant, le texte et le flow rythmique si envoûtant du groupe. Ces chansons sont dans des styles de blues plus « classique » mais tout aussi bon, à l’image du magnifique solo de trompette.


Entre calme et colère, entre joie et nostalgie, entre blues et rock ce premier album et bien plus qu’un simple album de Blues. Il va fouiller dans de nombreuses influences et styles. Slim Paul de sa voix éraillée, qui semble pouvoir se briser à chaque instant, traverse ces 12 titres en maestro de puissance et de maîtrise autant sur la voix que sur la composition et les arrangements toujours classieux et qui ne font jamais dans la redite ou la facilité. 
C’est un bel essai, une nouvel fois, transformé. 

Au passage, je ne peux que vous conseillé de découvrir en live Slim Paul. J’étais la veille de la sortie de l’album à Paris au Hasard Ludique pour la date Parisienne. L’album est très bon mais en live il prend une toute autre dimension et le son de Simon Rubio (ingé son) est merveilleux. Les reverbs sont parfaites, le son de batterie rond et « fat » … bref, un son de live qui vous enveloppe et vous mets une claque.

A chronicle of Renaud, special reporter at the Festival de Bourges 2018 from Break musical



13 mai 2018

Eddy de Pretto - Cure

Tellement sous le charme de cet ovni, de ce grand corps aux mots aussi fort que l'expression de ses yeux qui me disent tant de choses. Je suis resté en apesanteur tant de jours, que j'ai crié un peu partout la joie de l'aimer. 


Un nouveau monde s'est ouvert à moi tournoyant autour d'un grand gaillard sorti de nulle part, quand mon âme s'est couchée, assommée par ces quelques premiers mots :  Tu seras viril mon kid / Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque / Et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques / Que seul une rêverie pourrait surpasser... Puis j'ai dégringolé sur les vers de Fête de trop comme une vieille veuve ivre au cœur à prendre. Tu sais ce soir j'ai lu dans mon corps relâché / Le manuel torturé de cette danse exaltée, j'ai même / Glissé ma langue dans des bouches saliveuses / Dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses, puis là / Je suis rentré bel et bien les mains nues / Avec cet air déjà vu et l'envie de surplus / J'ai rien trouvé d'précis excepté d'apparence / Exactement même si demain tout recommence... Le sang coulant encore plus quand le clip de Normal fut mis en ligne. Et là tu te dis qu'il se passe quelque chose, que tu deviens spectateur d'un phénomène en éruption. Érection. Sensation. Émotion. Avalanche de frissons, la curiosité encore tiède et lancinante, j'ai acheté l'album sur ces trois titres dans l'espoir que ça ne sera pas qu'un coup d'un soir, mais bien une histoire pour le restant de ma vie. Deux, trois écoutes et j'ai entrevu à nouveau sa grande âme mélancolique sur Rue de Moscou, Beaulieue, Quartier des lunes... Son intimité au grand jour avec Jimmy, ses déchirures, ses échecs et ses emmerdes avec RandomMamère, Genre... Qu'il soit désabusé ou désinvolte, Eddy de Pretto m'émeut. Terriblement. Peut-être parce que par moment il fait effet de miroir. Dans le reflet de nos histoires, j'attends l'écho de ses maux qu'il nous balance en pleine face. Des maux mis en mots qui mettraient certains en mode PLS... Parce que ça fracasse, ça retourne, mais sans jamais être sale, ni vulgaire. Et ça, c'est la marque des grands. Un auteur, un personnage, un poète, un chanteur, une voix, un homme, un timbre, un tout !   


Sincère, mouvant, fidèle et important, Eddy de Pretto s'est fendu d'un des plus grands albums de notre époque. Un fantasme de Pretto eddyfiant !

Tracklist
01 - Début
02 - Random
03 - Rue de Moscou
04 - Jimmy
05 - Beaulieue
06 - Quartier des lunes
07 - Desmurs
08 - Kid
09 - Normal
10 - Honey
11 - Genre
12 - Ego
13 - Mamère
14 - Fête de trop
15 - Musique basse

02 mars 2018
Digital Distribution Serbia

www.facebook.com/eddydepretto
www.eddydepretto.com

11 mai 2018

Part-Time Friends - Born To Try

C’est Ghosts Away qui ouvre l’album et le constat est sans appel. De sa mélodie ouatée, Part-Time Friends répète dans ce deuxième opus que sa musique fait un bien fou. Parce qu'elle est bourrée d'enthousiasme et de sincérité. Terriblement contagieux.


Peut-être est-ce parce que je suis en phase avec cette pop-folk actuelle, mais dès le premier morceau, je sais que le duo va me toucher en me balançant entre synthé, guitares et rythmes chaleureux. Même effet qu'avec Fingers Crossed leur premier album paru en 2016 (voir tous mes articles concernant le groupe). C'est lumineux, c'est poétique, ça frappe en plein coeur. Les deux morceaux suivants Born To Try et l’entêtant Understand qui tape sur le système émotionnel... Volume à fond, ôde aux nineties, Pauline et Florent enchaînent les tubes. Pour casser le rythme, le duo m'aspire dans une folk mélancolique ravageuse. Voix posées, guitare sèche, mélodie flottante, refrain fédérateur, Hear That Sound est une beauté. A écouter à fond dans le casque pour être amoureux. Et puis arrive Street & Stories, le morceau qui fait le tour du monde, le tour des cœurs et le tour des entractes publicitaires. Bah moi quand je vois la pub de la Citroën C3, je sifflote le morceau et je suis content. Fier un peu. Comme du temps de Jil is Lucky quand The Wanderer illuminé la pub Flower by Kenzo. Illumine. Lumineux. Étincelant. Voilà des mots facilement associable à la musique, à l'univers de Part-Time Friends. Hurricanes finit par me surprendre, après des premières écoutes mitigées. A coup de  synthés simples mais incisifs. C'est posé, c'est calme. Glitter in my eyes maintient le cap , sur une trame électro-pop enivrante et aérienne. Je ferme les yeux et pleins de belles choses se passent, sans détour. En fin d'album, Letter you'll never read  est cette introduction magnifiquement envoûtante poussée de la voix de Pauline, finissant dans un rythme pop condensant parfaitement les neufs morceaux précédents. Les deux complices finissent ensuite sur le terrible We are not a band anymore. Terrible ? Parce que c'est une constellation de beauté musicale qui me fait dire qu'après un premier album qui m'avait plus que convaincu, le binôme revient encore plus fort, encore plus grand, assumant encore plus sa musique. Ça valait bien toutes les déchirures du monde, si au final le public peut découvrir et s'émerveiller d'un album aussi parfait, qui n'est rien d'autre que grandiose.        


Douceurs d'apparence exhalée d'une ambiance accrocheuse, ce Born To Try enchante et berce. Il siège dans l'esprit ou le cœur et charge l'atmosphère dans laquelle on l'écoute d'un spleen délicat et exaltant. Un nouvel album de Part-Time Friends terriblement appréciable, et surtout vrai...

Tracklist
01 - Ghosts Away
02 - Born To Try
03 - Understand
04 - Heart That Sound
05 - Streets & Stories
06 - I Don't My
07 - Hurricanes
08 - Glitter in my eye
09 - La La La in L.A
10 - Letter You'll Never Read
11 - We Are Not A Band Anymore

30 mars 2018
Un Plan Simple

www.facebook.com/theparttimefriends
www.part-timefriends.lnk

30 avril 2018

La sélection d'avril 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.

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15 avril 2018

Pale Grey - Waves

C'était une belle découverte et déjà un joli coup de cœur en octobre dernier quand j'ai fait la chronique de l'EP Ghosts (ici) et à l’écoute de ce troisième album Waves, la réponse est identique. Voir plus.


C’est de Belgique que nous viennent Pale Grey et les premières harmonies et rythmiques de l’album ne laissent planer aucun doute, ce groupe ne mérite pas de rester dans l'ombre, du moins chez nous, en France. Ce qui est bien avec Waves, c'est que c'est un album assez éclectique. Un peu pop, un peu dream-pop, un peu hip-hop, un peu électro-pop. Si dans l'ensemble les onze morceaux sont inévitablement liées par leur esthétique sonore léchée et une belle production propre, soignée, il y a tout de même de grosses surprises, comme la magnifique Ghosts, légère et feutrée qui me file une claque à la Radiohead. Une note tenue, quelques accords délicats, et la voix satinée du chanteur pour un effet envoûtant. Billy, Loss et Grace, s’engouffrent dans la percée aérienne avec aisance, implosant gracieusement dans le ciel de nos rêves d'évasion et de grands espaces. Hunter se prête à la gigote, bras tendus, yeux au ciel, à tournoyer, et Late Night aspire dans les années 80 à coup de synthétiseur hypnotique, pas loin de se retrouver dans la B.O de la saison 3 de Stranger Things. Puisque généralement, un phénomène en appelle un autre. Ce morceau aspire et respire le respect avec ce mélange de Hip-hop chanté et l'incruste de violons aux parfum irlandais. Gros morceau authentique ! Authentique comme l'ensemble de l’album qui trouve une homogénéité naturelle de piste en piste. Comme par exemple, l'optimiste Blizzard et l’entraînante Seasons, deux chansons qui s'accordent parfaitement avec l'instrumentale et mélancolique Light, où seul un piano suffit pour tout raconter, pour tout retourner à l'intérieur de nos petits corps de passionné de musique. le joli éponyme Waves, entre rêve et flânerie cotonneuse clôture un album riche et sacrément agréable à vivre. Parce qu'on ne fait pas qu'écouter ce genre de musique.


Waves c'est ce genre d'album que l'on glisse dans son lecteur, pour une belle pause mélancolique et mélodique un dimanche après-midi d'hiver, ou une soirée d'automne, ou les écouteurs dans les oreilles, en maillot sur une serviette, sur une plage, le regard à l'horizon, Pale Grey pour les émotions...
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Tracklist
01 - Billy
02 - Hunter
03 - Loss
04 - Grace
05 - Late night
06 - Ghosts
07 - Blizzard
08 - Light
09 - Crow
10 - Seasons
11 - Waves

9 mars 2018
JauneOrange

www.palegreymusic.com
www.facebook.com/palegreymusic

13 avril 2018

Rodrigue - Unplugged Live

Un artiste qui s'adresse à nous spontanément, par conviction, par dévouement, afin de servir l'intérêt général dans une sorte de capharnaüm joyeux d'art, de folie et de magie musicale. La voix sûre et la main sur le cœur, il clame haut et doux, fredonne, chantonne, étonne et détonne avant de nous éblouir de ses verbes, ses cantiques exquises et son univers émotionnel. Après trois albums et deux DVD live, Rodrigue revient fêter ses dix ans de scènes musicales de façon époustouflante et d'une main de maître. 


Pour débuter ce Unplugged Live, Le château des sélénites est la meilleure des mises en abîme. Une œuvre délicate, polie par la main habile d’un artiste exceptionnel, et je ne veux pas peser mes mots, puisque cette chanson fait naître des étoiles dans les yeux émerveillés de ceux qui se laissent prendre à l'aimer. Dans cette version épurée, Rodrigue laisse briller l'expression de ses émotions les plus profondes et captivantes. Envoûtantes. Contagieuses. Dans cet éclat céleste, mon cœur s'envole. Le piano, les cordes, la plume poétique, la voix passionnée. L'inclassable artiste créatif, survolté et audacieux fixe les règles, dérègle les codes. Cet enregistrement live sera acoustique, quatorze chansons seront étirées et essorées jusqu'à la dernière goutte de sensations. Entouré de sept musiciens, le dandy lillois survole dix ans d'une carrière jeune, mais extrêmement riche. Ouvrons les yeux, l'univers de Rodrigue n' a rien de basique. Son talent non plus. Et puis, quand j'entends les premières notes d'Un petit mot de travers, j'ai fermé les yeux, et j'ai dilué mon âme dans cet Unplugged Live sincère et chaleureux. Les notes tourbillonnent, les mots ondulent, les mélodies virevoltent, et emportent mon cœur comme un ouragan, tellement fort qu'à peine le troisième morceau (Etre humain) terminé, j'explose. Ejaculation musicale précoce. C'est pas facile de tenir quand on aime, ça l'est encore moins quand on est agréablement surpris. Rodrigue aurait pu choisir la simplicité, mais non, il enjolive son univers d'une enveloppe encore plus poétique, encore plus intense, encore plus sensuelle, encore plus que plus. Rodrigue aime se mettre en danger, aime la jouissance des barrières franchies, aime surprendre, aime se surprendre. Ce fou chantant aime la musique comme une oeuvre d'art, comme un passionné. Comme un junky prisonnier d'une drogue d'extase. Cet album live me fait prendre conscience que le jour où je pourrais enfin le voir sur scène, ce sera l'un de mes nombreux plus beaux jours de ma vie. Bref, un album où l’onirisme côtoie l’organique. Un monde rempli de distorsion, de douceur, de rêves, d’urgence, de lumière, de violence, d’amour, de désespoir, d'espoir et de candeur. Tout ça à la fois. La puissance des chansons comme L'attache, Coccinelle, La route, Grunge & intelligente est de transcender toutes ces caractéristiques pour secouer nos neurones, faire battre notre cœur. A la fois intimiste, à la fois grandiloquent, sombre et engagé, insouciant et réconfortant, Rodrigue nous prend par la main pour nous pousser dans un précipice émotionnel nous obligeant à remonter la pente. L’occasion par cet effort, de découvrir les beautés des émotions qui vivent en nous. Et forcément c'est bien plus beau avec le violoncelle de Denis Bruneel, le piano de Céline Dengreville, la contrebasse de Hubert Fardel, la clarinette d'Arnaud Lefin, les percussions de François Taillefer, l'accordéon de Sofia Miguélez et Elise Vallet, la guitare de Jimmy Laurent et Rodrigue en grand chef d'orchestre. 
Enfin, s'il fallait choisir une seule chanson, c'est L'indien qui me ravage la tête et le cœur, qui me retourne l'esprit et les tripes... Ces voix, ce rythme, ces guitares, cette grosse caisse, le public à l'unisson... Déchirant, sombre, vénéneux... Ce morceau n'est pas qu'une chanson, c'est du sable mouvant qui m'aspire lentement, un scalpel qui s'insinue dans ma chair, un poison lent qui me consume inexorablement... Âme déchaînée, âme réveillée, âme dans tous ses états, ici folie rêveuse et réalité furieuse s’enlacent pour dix minutes de plaisir. Une conclusion pour cet album plus près du corps, du cœur, sans pitié, mais avec certitude : plus physique, plus enragé, plus exigeant, plus explosif, plus honnête... Merveilleux.   


Rodrigue met le feu à nos pulsions, entre sensualité sans complexe et état de grâce émotionnel, entre hébétude étincelante et furie sanguinaire : c'est si bon et c'est si beau à la fois que ça rend ce Unplugged Live sans pareil.  

Tracklist
01 - Le château des sélénites 
02 - Un petit mot de travers
03 - Etre humain
04 - L'attache
05 - Coccinelle 
06 - Sexy fix
07 - Le jour où je suis devenu fou
08 - La route
09 - Square Morrison
10 - Grunge & intelligente / International
11 - 69 degrés 
12 - Chambre alvéole 
13 - L'indien
14 - Magnifiques ennemis

06 avril 2018 
Fragments des Arts


10 avril 2018

French touch Vol 2

French touch Vol.2 c'est une petite playlist de quinze morceaux français que j'écoute souvent et sans modération. Pour le plaisir, grands artistes assuré ! Cliquez sur le gros bouton play, et bonne écoute !


Avec 
Daguerre, Daniel Darc, Cali, Miossec, Balbino Medelin, 
Agnès Bihl, Thomas Fersen, Ridan, Marie Cherrier, Laetitia Velma
Magyd Cherfi, Chouf, Zaza Fournier, Alain Bashung et Eddy de Pretto



Découvrez également la playlist French touch vol 1 avec Albin de la Simone, Alex Beaupain, Benjamin Biolay, Tim Dup, Emily Loizeau, Mickey 3d, Soan, Melissmell, Nesles, Laura Cahen, Bertrand Belin... CLIQUEZ ICI

7 avril 2018

Sidi Wacho - Bordeliko


Allez, c'est bon, l'hiver se fait la malle. Alors quoi de mieux que de mettre un peu de chaleur dans sa platine, un peu de cumbia fiévreuse pour faire danser les beaux jours qui arrivent.


Deux ans après l’unanime Libre, Sidi Wacho remet ça avec Bordeliko. Ça ? Ça, c'est de l'enthousiasme explosif dans les tympans et le cœur. Et sans mettre de gants s'il vous plaît. Dès le premier morceau, le ton est donné. Rythme colossal, refrain fédérateur, Bordeliko annonce la couleur. De couleurs primaires, sans nuances, vives, intenses. Et puis l'énergie. Difficile de s'endormir en écoutant l'album, difficile de ne pas s'agiter en concert. De Barbès en Amérique du sud, de Lille à Santiago, Sidi Wacho scandent les minorités, chantent les opprimés, enjambent les frontières. Le collectif multiplie ses influences dans un patchwork cohérent, sachant bien mettre en place une atmosphère tout le long présente et festive en alternant chant français et espagnol. Il donne un ton joyeux, enthousiasmant, voire même hypnotique, à l'image de Te gusta la cumbia "On est pas des génies - Mais on a du caractère - On a rien inventé - On est pas des lumières - Mais tu sais que je sais - Que tu sais déjà - Que me gusta la cumbia...." Et c'est avec une naturelle légèreté qu'il nous font passer d'une ambiance à une autre, d'une sonorité festive à quelque chose de plus sombre, sur Comme un pauvre et cette trompette introductive sur un air de flamenco fragile avant de lâcher les chevaux d'un flow intense pour un sujet délicat. Comme sur Libre, le collectif dénonce et défonce toujours le pouvoir, le racisme, l'oppression, la soumission, le manque de tolérance et les misères de toutes sortes dans une musique qu'ils aiment faire, qu'ils adorent partager, et qu'on ne peut qu'aimer parce que terriblement populaire. "On dansera le poing levé comme des révolutionnaires !" Alors oui, après cet hiver rude qui m'a vu me muter en granit de par son froid, et ses actualités gerbantes, ça fait un bien terrible d'écouter l'exotique Flores, le dansant El presidente, l'explosif et magnifique Ya Janoubi avec Amazigh Kateb. Ce Bordeliko porte bien son nom car c'est un vrai capharnaüm de parfums, de couleurs, d'origines et de cultures qui vient secouer la scène française pour faire tomber nos préjugés, nos craintes, nos doutes et notre rigidité. Et oui, Saludo revolutionario fait son boulot, le morceau réveille l'âme, frappe la conscience, bombe le torse pour que l'espoir se transforme en volonté. N'attendons pas, agissons. N'attendez pas, écoutez vite le nouvel album de Sidi Wacho ! 


Un deuxième album tout aussi percutant que le premier. Sidi Wacho est dans la place en même temps que le printemps fait son apparition. Coïncidence ?   

Tracklist
01 - Bordeliko
02 - Grita justicia
03 - La esquina (feat Skalpel)
04 - Te gusta la cumbia
05 - Comme un pauvre
06 - Quiero bailar
07 - Flores
08 - El presidente
09 - Ya janoubi (feat Amazigh Kateb)
10 - Sidi wah
11 - Saludo revolucionario
12 - Sigue (outro)

09 mars 2018
Blue Line / PIAS



 
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