Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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23 mai 2018

Andrew Sweeny - Free The Prisoners

Avec le temps qu'il fait dehors et en écoutant le nouvel album de Andrew Sweeny, j'ai envie de monter à cheval et d'aller me perdre au pied du Mont Robson. Un stetson sur la tête, le cœur lourd de chagrins mais les yeux tournés vers l'essentiel, la vie...


Parfois, il ne faut pas grand chose pour que le cœur soit touché. Une belle voix, une guitare acoustique, quelques notes de piano par-ci, quelques notes de violoncelle par-là... Nourrit de folk britannique, le canadien Andrew Sweeny débarque en France avec un album terrifiant. Si vous avez le cœur funambule, il vous le fera chavirer. Si vous avez le cœur émotif, il vous le fera trembler. Si vous avez le cœur sec, il vous le fera pleurer. Accrochez vos pieds au plancher, Free The Prisoners est un opus qui fait décoller. Sans en rajouter des tonnes, ni tomber dans une production aguicheuse et superflue, le chanteur nous conte ses histoires dans une atmosphère émotionnellement étourdissante. On est bien là, au croisement d'un Nick Drake, d'un Léonard Cohen et même par moment d'un bruce springsteen. J'ose. Quand je ferme les yeux, je vois ces artistes. Des géants. Alors de fil en aiguille je déduis que Andrew Sweeny en est un aussi. Ces géants capables de nous sortir des albums qui s'imposent d'eux-mêmes. Dont on ne peut résister. Et dans le plus anodin des détails de notre quotidien, attrapé à la volée dans notre routine suffisent à créer le besoin de les retrouver régulièrement. Pour secouer nos émotions. Raviver nos sentiments. J'ai besoin de me faire secouer les tripes de temps en temps. Free The Prisoners fait désormais parti de ces albums-là qui procure ces choses-là, qui m'envahissent, imprègne ma vie d'un filtre qui fait résonner mon existence selon ses mélodies. Incrédule, je me laisse à chaque fois emporter par les doux parfums folk. Et celui de Sweeny est un régal du genre, surtout quand il lorgne vers le rock et le blues sans jamais oublier les fondamentaux. Free The Prisoners ne s'écoute que d'une traite, sans temps mort, sans l'interrompre pour mieux l'aimer tel qu'il est. 
Chanté comme si la vie ne pendait qu’à une corde vocale, cet album évoque l’émancipation, la responsabilité, et le plaisir hédoniste face à l’inconscience et la nuisance humain. Il sera publié en complément d’un recueil de 100 poèmes écrits en 100 jours en 2015 dans le RER C le long de la rive gauche de la Seine. 100 œuvres transcendées par la routine de ces trains de banlieues. Comme pour se soustraire aux ombres. Une voix unique qui, mot après mot, nous rend plus vivant, fait gronder en nous la révolte.


Free The Prisoners fait partie de ces rares albums sans paillettes, réalisés avec inspiration et justesse mais dont ils font preuve d'un triste contraste : Celui d'offrir une musique riche, émouvante, artistique et enrichissante dans un monde où il suffit de faire le guignol à coup d’Auto-Tune pour absorber le plus grand nombre de gens. Nous vivons dans un monde où les mentalités sont aussi étroites que les paysages des rocheuses canadiennes sont vastes. Heureusement qu'il existe des artistes comme Andrew Sweeny... 

Tracklist
01 - Free The Prisoners
02 - Lucinda
03 - Killing The Lion
04 - You are My Heart
05 - Refugee
06 - Human Love
07 - Show Me
08 - Don't Trust The Things That Shine
09 - Stainless Ship
10 - Nothing in this World

11 mai 2018
Travelling Music

www.travellingmusic.net/andrew-sweeny
www.twitter.com/andrewpgsweeny

20 mai 2018

I Me Mine - Ellipsis

Depuis 2013, le groupe (Fred, Sam et Guillaume) ne chaume pas avec à son compteur un grand nombre de concerts et déjà un ep et deux albums. Et surtout aujourd'hui, celui qui nous intéresse, le dernier album sorti en mars dernier : Ellipsis.


10 Titres pour ce nouvel opus et à l’écoute on peut dire que I Me Mine, c’est comme si Supertramp, Electric Light Orchestra et avait fait l’amour avec Queen et les Beatles. J’en viens donc à supposer que le nom du groupe vient d’un hommage au titre « I ME MINE » des Beatles et peut être aussi du livre de Georges Harrison du même nom Bref, le résultat est un indie-pop-rock-psyché aux références Britannique assumées. Mais toutes ces influences sont digérées et non banalement copiées. Il faut le dire à la première écoute ça fleure bon la pop sixties dans le son avec une voix lead et des mélodies léchées  et parfois John Lennonisante comme sur des titres comme Elephant On the Doorway
Le résultat est un son chiadé, singulier qui s’affine de plus en plus en fur et à mesure que le groupe et que les années avancent. 

Ellipsis est un album qui sonne comme une BO de film de Sofia Coppola. On peut souligner un travail remarquables sur le son, les arrangements et en particulier les harmonies en autres vocales. C’est un album plein de bonnes idées et de bonnes surprises, les toulousains s’offre même le plaisir d’un featuring de taille sur le titre Expectations appelant au clavier ni plus ni moins qu’Hervé Salters plus connu sous le nom de General Elektriks à les accompagner.


Après disséquassions suite à plusieurs écoute, je conclus en disant que ce nouvel opus Ellipsis semble composé en deux parties une première partie offrant des titres rythmés, enjoués et radiophoniques. Tandis que la seconde partie de l’album s’aventure dans un chant plus posé, sobre et des arrangements tout en finesse et explosion en crescendo. Un grand album qui donne envie de découvrir et de suivre la suite de l’aventure de ce groupe plus que prometteur !

A chronicle of Renaud, special reporter at the Festival de Bourges 2018 from Break musical

www.imemine.fr

19 mai 2018

Slim Paul - Dead Already

La voix et la guitare de Slim Paul reviennent à leurs premiers amours : «  Le Blues ». 


Celui qui a mené sa barque au travers de nombreux groupes de rock’n roll, de Stoner et surtout, pendant plus de 10 ans, Scarecrow, le fameux groupe de Blues-Hiphop qu’il composait entre autre avec Jamo et Antibiotik, n’en ai pas à son premier opus solo : Trois EPs éparpillés (“Weep N Moan Sessions”, en 2012, “Weep N Moan Sessions II”, en 2014, et “No Yet Man”, en 2017) entre les projets et au fur et à mesure des années trahissaient déjà cette envie d’un album.
Et le voilà, 13 avril 2018, Dead Already dans les bacs. 12 pistes que je m’empresse d’écouter. 
One of the days, un beat, la voix de Paul qui swing et s’envole. Un titre rythmé et épuré qui met en jambe et fait remuer la tête. Stuck in my own city est un titre puissant qui convient parfaitement à la voix rocailleuse de Paul. Un titre sombre, mélancolique qui sent la poussière américaine,  des déserts et autres grands espaces. Ce titre conviendrait parfaitement à un générique de série.  

Same morning, Lady Sorrow et Let me Be in, nous envoi un blues des familles au accent très rock emmené à grand coup de guitare électrique et de solo de wahwah. Trois sons aux accents de Ben Harper surtout ce solo de slide disto sur Same Morning
Beauty and the beat, dont le riff de guitare entêtant fait gentiment penser à un hommage à The Doors et à son fameux « Break on Through ».  Et ce Dead Already sorte de morceau blues–post-rock de 11 minutes comme une sorte d’improvisation, de bœuf macabre clôture cet album de manière magistral. 
Come and play, Buried land, Long gone, Nola Song sont des morceaux « sages » de l’album ou l’on se laisse porter par le chant, le texte et le flow rythmique si envoûtant du groupe. Ces chansons sont dans des styles de blues plus « classique » mais tout aussi bon, à l’image du magnifique solo de trompette.


Entre calme et colère, entre joie et nostalgie, entre blues et rock ce premier album et bien plus qu’un simple album de Blues. Il va fouiller dans de nombreuses influences et styles. Slim Paul de sa voix éraillée, qui semble pouvoir se briser à chaque instant, traverse ces 12 titres en maestro de puissance et de maîtrise autant sur la voix que sur la composition et les arrangements toujours classieux et qui ne font jamais dans la redite ou la facilité. 
C’est un bel essai, une nouvel fois, transformé. 

Au passage, je ne peux que vous conseillé de découvrir en live Slim Paul. J’étais la veille de la sortie de l’album à Paris au Hasard Ludique pour la date Parisienne. L’album est très bon mais en live il prend une toute autre dimension et le son de Simon Rubio (ingé son) est merveilleux. Les reverbs sont parfaites, le son de batterie rond et « fat » … bref, un son de live qui vous enveloppe et vous mets une claque.

A chronicle of Renaud, special reporter at the Festival de Bourges 2018 from Break musical



13 mai 2018

Eddy de Pretto - Cure

Tellement sous le charme de cet ovni, de ce grand corps aux mots aussi fort que l'expression de ses yeux qui me disent tant de choses. Je suis resté en apesanteur tant de jours, que j'ai crié un peu partout la joie de l'aimer. 


Un nouveau monde s'est ouvert à moi tournoyant autour d'un grand gaillard sorti de nulle part, quand mon âme s'est couchée, assommée par ces quelques premiers mots :  Tu seras viril mon kid / Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque / Et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques / Que seul une rêverie pourrait surpasser... Puis j'ai dégringolé sur les vers de Fête de trop comme une vieille veuve ivre au cœur à prendre. Tu sais ce soir j'ai lu dans mon corps relâché / Le manuel torturé de cette danse exaltée, j'ai même / Glissé ma langue dans des bouches saliveuses / Dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses, puis là / Je suis rentré bel et bien les mains nues / Avec cet air déjà vu et l'envie de surplus / J'ai rien trouvé d'précis excepté d'apparence / Exactement même si demain tout recommence... Le sang coulant encore plus quand le clip de Normal fut mis en ligne. Et là tu te dis qu'il se passe quelque chose, que tu deviens spectateur d'un phénomène en éruption. Érection. Sensation. Émotion. Avalanche de frissons, la curiosité encore tiède et lancinante, j'ai acheté l'album sur ces trois titres dans l'espoir que ça ne sera pas qu'un coup d'un soir, mais bien une histoire pour le restant de ma vie. Deux, trois écoutes et j'ai entrevu à nouveau sa grande âme mélancolique sur Rue de Moscou, Beaulieue, Quartier des lunes... Son intimité au grand jour avec Jimmy, ses déchirures, ses échecs et ses emmerdes avec RandomMamère, Genre... Qu'il soit désabusé ou désinvolte, Eddy de Pretto m'émeut. Terriblement. Peut-être parce que par moment il fait effet de miroir. Dans le reflet de nos histoires, j'attends l'écho de ses maux qu'il nous balance en pleine face. Des maux mis en mots qui mettraient certains en mode PLS... Parce que ça fracasse, ça retourne, mais sans jamais être sale, ni vulgaire. Et ça, c'est la marque des grands. Un auteur, un personnage, un poète, un chanteur, une voix, un homme, un timbre, un tout !   


Sincère, mouvant, fidèle et important, Eddy de Pretto s'est fendu d'un des plus grands albums de notre époque. Un fantasme de Pretto eddyfiant !

Tracklist
01 - Début
02 - Random
03 - Rue de Moscou
04 - Jimmy
05 - Beaulieue
06 - Quartier des lunes
07 - Desmurs
08 - Kid
09 - Normal
10 - Honey
11 - Genre
12 - Ego
13 - Mamère
14 - Fête de trop
15 - Musique basse

02 mars 2018
Digital Distribution Serbia

www.facebook.com/eddydepretto
www.eddydepretto.com

11 mai 2018

Part-Time Friends - Born To Try

C’est Ghosts Away qui ouvre l’album et le constat est sans appel. De sa mélodie ouatée, Part-Time Friends répète dans ce deuxième opus que sa musique fait un bien fou. Parce qu'elle est bourrée d'enthousiasme et de sincérité. Terriblement contagieux.


Peut-être est-ce parce que je suis en phase avec cette pop-folk actuelle, mais dès le premier morceau, je sais que le duo va me toucher en me balançant entre synthé, guitares et rythmes chaleureux. Même effet qu'avec Fingers Crossed leur premier album paru en 2016 (voir tous mes articles concernant le groupe). C'est lumineux, c'est poétique, ça frappe en plein coeur. Les deux morceaux suivants Born To Try et l’entêtant Understand qui tape sur le système émotionnel... Volume à fond, ôde aux nineties, Pauline et Florent enchaînent les tubes. Pour casser le rythme, le duo m'aspire dans une folk mélancolique ravageuse. Voix posées, guitare sèche, mélodie flottante, refrain fédérateur, Hear That Sound est une beauté. A écouter à fond dans le casque pour être amoureux. Et puis arrive Street & Stories, le morceau qui fait le tour du monde, le tour des cœurs et le tour des entractes publicitaires. Bah moi quand je vois la pub de la Citroën C3, je sifflote le morceau et je suis content. Fier un peu. Comme du temps de Jil is Lucky quand The Wanderer illuminé la pub Flower by Kenzo. Illumine. Lumineux. Étincelant. Voilà des mots facilement associable à la musique, à l'univers de Part-Time Friends. Hurricanes finit par me surprendre, après des premières écoutes mitigées. A coup de  synthés simples mais incisifs. C'est posé, c'est calme. Glitter in my eyes maintient le cap , sur une trame électro-pop enivrante et aérienne. Je ferme les yeux et pleins de belles choses se passent, sans détour. En fin d'album, Letter you'll never read  est cette introduction magnifiquement envoûtante poussée de la voix de Pauline, finissant dans un rythme pop condensant parfaitement les neufs morceaux précédents. Les deux complices finissent ensuite sur le terrible We are not a band anymore. Terrible ? Parce que c'est une constellation de beauté musicale qui me fait dire qu'après un premier album qui m'avait plus que convaincu, le binôme revient encore plus fort, encore plus grand, assumant encore plus sa musique. Ça valait bien toutes les déchirures du monde, si au final le public peut découvrir et s'émerveiller d'un album aussi parfait, qui n'est rien d'autre que grandiose.        


Douceurs d'apparence exhalée d'une ambiance accrocheuse, ce Born To Try enchante et berce. Il siège dans l'esprit ou le cœur et charge l'atmosphère dans laquelle on l'écoute d'un spleen délicat et exaltant. Un nouvel album de Part-Time Friends terriblement appréciable, et surtout vrai...

Tracklist
01 - Ghosts Away
02 - Born To Try
03 - Understand
04 - Heart That Sound
05 - Streets & Stories
06 - I Don't My
07 - Hurricanes
08 - Glitter in my eye
09 - La La La in L.A
10 - Letter You'll Never Read
11 - We Are Not A Band Anymore

30 mars 2018
Un Plan Simple

www.facebook.com/theparttimefriends
www.part-timefriends.lnk

30 avril 2018

La sélection d'avril 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.

                                       ~


Écoutez nos autres playlists sur soundsgood : soundsgood.co/break-musical

15 avril 2018

Pale Grey - Waves

C'était une belle découverte et déjà un joli coup de cœur en octobre dernier quand j'ai fait la chronique de l'EP Ghosts (ici) et à l’écoute de ce troisième album Waves, la réponse est identique. Voir plus.


C’est de Belgique que nous viennent Pale Grey et les premières harmonies et rythmiques de l’album ne laissent planer aucun doute, ce groupe ne mérite pas de rester dans l'ombre, du moins chez nous, en France. Ce qui est bien avec Waves, c'est que c'est un album assez éclectique. Un peu pop, un peu dream-pop, un peu hip-hop, un peu électro-pop. Si dans l'ensemble les onze morceaux sont inévitablement liées par leur esthétique sonore léchée et une belle production propre, soignée, il y a tout de même de grosses surprises, comme la magnifique Ghosts, légère et feutrée qui me file une claque à la Radiohead. Une note tenue, quelques accords délicats, et la voix satinée du chanteur pour un effet envoûtant. Billy, Loss et Grace, s’engouffrent dans la percée aérienne avec aisance, implosant gracieusement dans le ciel de nos rêves d'évasion et de grands espaces. Hunter se prête à la gigote, bras tendus, yeux au ciel, à tournoyer, et Late Night aspire dans les années 80 à coup de synthétiseur hypnotique, pas loin de se retrouver dans la B.O de la saison 3 de Stranger Things. Puisque généralement, un phénomène en appelle un autre. Ce morceau aspire et respire le respect avec ce mélange de Hip-hop chanté et l'incruste de violons aux parfum irlandais. Gros morceau authentique ! Authentique comme l'ensemble de l’album qui trouve une homogénéité naturelle de piste en piste. Comme par exemple, l'optimiste Blizzard et l’entraînante Seasons, deux chansons qui s'accordent parfaitement avec l'instrumentale et mélancolique Light, où seul un piano suffit pour tout raconter, pour tout retourner à l'intérieur de nos petits corps de passionné de musique. le joli éponyme Waves, entre rêve et flânerie cotonneuse clôture un album riche et sacrément agréable à vivre. Parce qu'on ne fait pas qu'écouter ce genre de musique.


Waves c'est ce genre d'album que l'on glisse dans son lecteur, pour une belle pause mélancolique et mélodique un dimanche après-midi d'hiver, ou une soirée d'automne, ou les écouteurs dans les oreilles, en maillot sur une serviette, sur une plage, le regard à l'horizon, Pale Grey pour les émotions...
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Tracklist
01 - Billy
02 - Hunter
03 - Loss
04 - Grace
05 - Late night
06 - Ghosts
07 - Blizzard
08 - Light
09 - Crow
10 - Seasons
11 - Waves

9 mars 2018
JauneOrange

www.palegreymusic.com
www.facebook.com/palegreymusic

13 avril 2018

Rodrigue - Unplugged Live

Un artiste qui s'adresse à nous spontanément, par conviction, par dévouement, afin de servir l'intérêt général dans une sorte de capharnaüm joyeux d'art, de folie et de magie musicale. La voix sûre et la main sur le cœur, il clame haut et doux, fredonne, chantonne, étonne et détonne avant de nous éblouir de ses verbes, ses cantiques exquises et son univers émotionnel. Après trois albums et deux DVD live, Rodrigue revient fêter ses dix ans de scènes musicales de façon époustouflante et d'une main de maître. 


Pour débuter ce Unplugged Live, Le château des sélénites est la meilleure des mises en abîme. Une œuvre délicate, polie par la main habile d’un artiste exceptionnel, et je ne veux pas peser mes mots, puisque cette chanson fait naître des étoiles dans les yeux émerveillés de ceux qui se laissent prendre à l'aimer. Dans cette version épurée, Rodrigue laisse briller l'expression de ses émotions les plus profondes et captivantes. Envoûtantes. Contagieuses. Dans cet éclat céleste, mon cœur s'envole. Le piano, les cordes, la plume poétique, la voix passionnée. L'inclassable artiste créatif, survolté et audacieux fixe les règles, dérègle les codes. Cet enregistrement live sera acoustique, quatorze chansons seront étirées et essorées jusqu'à la dernière goutte de sensations. Entouré de sept musiciens, le dandy lillois survole dix ans d'une carrière jeune, mais extrêmement riche. Ouvrons les yeux, l'univers de Rodrigue n' a rien de basique. Son talent non plus. Et puis, quand j'entends les premières notes d'Un petit mot de travers, j'ai fermé les yeux, et j'ai dilué mon âme dans cet Unplugged Live sincère et chaleureux. Les notes tourbillonnent, les mots ondulent, les mélodies virevoltent, et emportent mon cœur comme un ouragan, tellement fort qu'à peine le troisième morceau (Etre humain) terminé, j'explose. Ejaculation musicale précoce. C'est pas facile de tenir quand on aime, ça l'est encore moins quand on est agréablement surpris. Rodrigue aurait pu choisir la simplicité, mais non, il enjolive son univers d'une enveloppe encore plus poétique, encore plus intense, encore plus sensuelle, encore plus que plus. Rodrigue aime se mettre en danger, aime la jouissance des barrières franchies, aime surprendre, aime se surprendre. Ce fou chantant aime la musique comme une oeuvre d'art, comme un passionné. Comme un junky prisonnier d'une drogue d'extase. Cet album live me fait prendre conscience que le jour où je pourrais enfin le voir sur scène, ce sera l'un de mes nombreux plus beaux jours de ma vie. Bref, un album où l’onirisme côtoie l’organique. Un monde rempli de distorsion, de douceur, de rêves, d’urgence, de lumière, de violence, d’amour, de désespoir, d'espoir et de candeur. Tout ça à la fois. La puissance des chansons comme L'attache, Coccinelle, La route, Grunge & intelligente est de transcender toutes ces caractéristiques pour secouer nos neurones, faire battre notre cœur. A la fois intimiste, à la fois grandiloquent, sombre et engagé, insouciant et réconfortant, Rodrigue nous prend par la main pour nous pousser dans un précipice émotionnel nous obligeant à remonter la pente. L’occasion par cet effort, de découvrir les beautés des émotions qui vivent en nous. Et forcément c'est bien plus beau avec le violoncelle de Denis Bruneel, le piano de Céline Dengreville, la contrebasse de Hubert Fardel, la clarinette d'Arnaud Lefin, les percussions de François Taillefer, l'accordéon de Sofia Miguélez et Elise Vallet, la guitare de Jimmy Laurent et Rodrigue en grand chef d'orchestre. 
Enfin, s'il fallait choisir une seule chanson, c'est L'indien qui me ravage la tête et le cœur, qui me retourne l'esprit et les tripes... Ces voix, ce rythme, ces guitares, cette grosse caisse, le public à l'unisson... Déchirant, sombre, vénéneux... Ce morceau n'est pas qu'une chanson, c'est du sable mouvant qui m'aspire lentement, un scalpel qui s'insinue dans ma chair, un poison lent qui me consume inexorablement... Âme déchaînée, âme réveillée, âme dans tous ses états, ici folie rêveuse et réalité furieuse s’enlacent pour dix minutes de plaisir. Une conclusion pour cet album plus près du corps, du cœur, sans pitié, mais avec certitude : plus physique, plus enragé, plus exigeant, plus explosif, plus honnête... Merveilleux.   


Rodrigue met le feu à nos pulsions, entre sensualité sans complexe et état de grâce émotionnel, entre hébétude étincelante et furie sanguinaire : c'est si bon et c'est si beau à la fois que ça rend ce Unplugged Live sans pareil.  

Tracklist
01 - Le château des sélénites 
02 - Un petit mot de travers
03 - Etre humain
04 - L'attache
05 - Coccinelle 
06 - Sexy fix
07 - Le jour où je suis devenu fou
08 - La route
09 - Square Morrison
10 - Grunge & intelligente / International
11 - 69 degrés 
12 - Chambre alvéole 
13 - L'indien
14 - Magnifiques ennemis

06 avril 2018 
Fragments des Arts


10 avril 2018

French touch Vol 2

French touch Vol.2 c'est une petite playlist de quinze morceaux français que j'écoute souvent et sans modération. Pour le plaisir, grands artistes assuré ! Cliquez sur le gros bouton play, et bonne écoute !


Avec 
Daguerre, Daniel Darc, Cali, Miossec, Balbino Medelin, 
Agnès Bihl, Thomas Fersen, Ridan, Marie Cherrier, Laetitia Velma
Magyd Cherfi, Chouf, Zaza Fournier, Alain Bashung et Eddy de Pretto



Découvrez également la playlist French touch vol 1 avec Albin de la Simone, Alex Beaupain, Benjamin Biolay, Tim Dup, Emily Loizeau, Mickey 3d, Soan, Melissmell, Nesles, Laura Cahen, Bertrand Belin... CLIQUEZ ICI

7 avril 2018

Sidi Wacho - Bordeliko


Allez, c'est bon, l'hiver se fait la malle. Alors quoi de mieux que de mettre un peu de chaleur dans sa platine, un peu de cumbia fiévreuse pour faire danser les beaux jours qui arrivent.


Deux ans après l’unanime Libre, Sidi Wacho remet ça avec Bordeliko. Ça ? Ça, c'est de l'enthousiasme explosif dans les tympans et le cœur. Et sans mettre de gants s'il vous plaît. Dès le premier morceau, le ton est donné. Rythme colossal, refrain fédérateur, Bordeliko annonce la couleur. De couleurs primaires, sans nuances, vives, intenses. Et puis l'énergie. Difficile de s'endormir en écoutant l'album, difficile de ne pas s'agiter en concert. De Barbès en Amérique du sud, de Lille à Santiago, Sidi Wacho scandent les minorités, chantent les opprimés, enjambent les frontières. Le collectif multiplie ses influences dans un patchwork cohérent, sachant bien mettre en place une atmosphère tout le long présente et festive en alternant chant français et espagnol. Il donne un ton joyeux, enthousiasmant, voire même hypnotique, à l'image de Te gusta la cumbia "On est pas des génies - Mais on a du caractère - On a rien inventé - On est pas des lumières - Mais tu sais que je sais - Que tu sais déjà - Que me gusta la cumbia...." Et c'est avec une naturelle légèreté qu'il nous font passer d'une ambiance à une autre, d'une sonorité festive à quelque chose de plus sombre, sur Comme un pauvre et cette trompette introductive sur un air de flamenco fragile avant de lâcher les chevaux d'un flow intense pour un sujet délicat. Comme sur Libre, le collectif dénonce et défonce toujours le pouvoir, le racisme, l'oppression, la soumission, le manque de tolérance et les misères de toutes sortes dans une musique qu'ils aiment faire, qu'ils adorent partager, et qu'on ne peut qu'aimer parce que terriblement populaire. "On dansera le poing levé comme des révolutionnaires !" Alors oui, après cet hiver rude qui m'a vu me muter en granit de par son froid, et ses actualités gerbantes, ça fait un bien terrible d'écouter l'exotique Flores, le dansant El presidente, l'explosif et magnifique Ya Janoubi avec Amazigh Kateb. Ce Bordeliko porte bien son nom car c'est un vrai capharnaüm de parfums, de couleurs, d'origines et de cultures qui vient secouer la scène française pour faire tomber nos préjugés, nos craintes, nos doutes et notre rigidité. Et oui, Saludo revolutionario fait son boulot, le morceau réveille l'âme, frappe la conscience, bombe le torse pour que l'espoir se transforme en volonté. N'attendons pas, agissons. N'attendez pas, écoutez vite le nouvel album de Sidi Wacho ! 


Un deuxième album tout aussi percutant que le premier. Sidi Wacho est dans la place en même temps que le printemps fait son apparition. Coïncidence ?   

Tracklist
01 - Bordeliko
02 - Grita justicia
03 - La esquina (feat Skalpel)
04 - Te gusta la cumbia
05 - Comme un pauvre
06 - Quiero bailar
07 - Flores
08 - El presidente
09 - Ya janoubi (feat Amazigh Kateb)
10 - Sidi wah
11 - Saludo revolucionario
12 - Sigue (outro)

09 mars 2018
Blue Line / PIAS



4 avril 2018

Moonlight Benjamin - Siltane

Me voilà sous l’envoûtement d’une des plus belles et intenses voix africaine qui j'ai pu entendre jusqu'à présent. Avec Siltane, Moonlight Benjamin partage avec émotion une culture à découvrir, et chante d'une puissance absolue à faire voler nos frontières.


La puissance, elle est dans le timbre profond de Moonlight Benjamin, elle est aussi dans l'intensité d'une musique effervescente. Loin d'être dans mes préférences de style musical, la chanteuse réussit son pari, ces frontières dont je parlais plus haut, qui volent pour laisser ma liberté de découverte errer sur des sentiers inconnus c'est grâce à la volonté de l'Haïtienne et l'énergie qu'elle offre dans ce troisième album. Dès le premier morceau Memwa'n, j'ai senti que quelque chose se passer. J'ai été absorbé par cette mélodie funky et révoltée, jusqu'à être totalement abasourdi par le vaudou blues rock de la deuxième piste Papa Legba. Ces guitares électriques, cette batterie cardiaque, cette voix qui envoûte, volume au maximum, ça s'agrippe et ça ne lâche plus. Sans modération. Pareil pour Moso moso. La prêtresse chante la révolte, l'histoire et la souffrance du peuple Haïtien, en puisant au plus profond dans les origines de son pays et de sa culture. Dépaysement total lorsque Siltane tourne dans le lecteur du petit occidental que je suis. D'abord parce que Moonlight Benjamin chante ses propres textes en créole, et parce que les rythmes vaudous ne sont pas légions en terre bretonne. Des rythmes d'ailleurs qu'elle fusionnent à merveille avec un blues rock US décoiffant. Preuve avec Siltane et cette voix qui navigue sur une mélodie saisissante. Un choc sensoriel, un bouleversement culturel, qu'est-ce que c'est bon ! A noter aussi, que si la chanteuse chante dans sa langue maternelle, elle interprète également des textes dans un français troublant, comme avec Doux pays ou par justesse jouant avec les accords dans la dansante chanson Des murs. L'album se termine avec Mèt agwe qui déchire l’âme dans une collision de sentiments, et paradoxalement, une âme apaisée par la voix sélénite de Moonlight. Aussi sublime, aussi fort, que l'unique rayon de soleil d'une fin d'après-midi qui transperce de gros nuages gris aux bords des larmes... 


En fait je ne sais plus trop quoi dire. Moonlight Benjamin délivre dans les airs une musique dont la chaleur et le souffle ne laisse pas insensible, mais dont il est difficile d'en sortir l'esprit tranquille. Parce que sa voix est bouleversante, parce qu'elle est authentique, parce que son âme est grande, parce que sa musique est irrésistible... Mèsi anpil !

Tracklist
01 - Memwa'n
02 - Papa Legba
03 - Moso moso
04 - Siltane
05 - Simbi
06 - Chan dayiva
07 - Port-au-prince
08 - Doux pays
09 - Tan malouk
10 - Des murs
11 - Mèt agwe

23 mars 2018
Ma Case

www.moonlightbenjamin.com
www.facebook.com/moonlightbenjamin

1 avril 2018

Les Smiths, A French Tribute

J'avoue que je me suis un peu méfié au début. On vogue en pleine mode des albums hommages, il y en a des biens et il y en a des pas terribles. Alors quand j'ai reçu l'album tribute à une légende comme The Smiths...


Certains n'ont d'intérêts que l'aspect financier. D'autres, vous comprendrez qu'il y a un réel intérêt artistique et une vraie volonté de rendre hommage. Faut pas avoir un master en musicologie-marketing-jenesaisquoi pour s'en rendre compte. Un survol d'écoutes ma suffi pour m'apercevoir que Les Smiths, A French Tribute possède tous les atouts pour squatter une belle place dans les cœurs des fans du déjanté Morrissey et de son groupe. Déjà ici, pas l'ombre d'un groupe phénomène à la mode qui surfe dans les médias, mais simplement des formations ou des artistes, tout aussi bourré de talents, à l'assaut de leur passion. Je vois ceux que je connais, Laurent Montagne, Volin, Wallace, Telegram ou encore mon magnifique Daguerre. Pour le reste, une avenue de découvertes s'ouvre à moi ! Dès le premier morceau c'est le coup de grâce avec Elektric Geisha et Mr Tristan qui reprennent l'incroyable  Handsome Devil. Cette voix, cette mélodie, ce rythme... Et là, s'ensuit une rétrospective musicale des cinq ans du groupe Mancunien. Le pied. Le vrai. Et sans modérations : dix-sept titres de plaisir. Tant qu'à faire, et se faire plaiz' autant ne pas faire semblant. J'apprécie terriblement la version ré-orchestrée de A Rush And A Push And The Land Is Ours par Tana & The Pocket Philarmonic, sans parler de celle de Daguerre avec There Is A Light That Never Goes Out, qui colle parfaitement son timbre de voix pour une reprise presque aussi parfaite que celle de The Divine Comedy (The Smiths is Dead en 1996). C'est l'un de mes morceaux préférés de The Smiths, par l'un de mes chanteurs préférés, alors mon avis n'est pas forcément objectif. Cet album Tribute pourra faire parler, converger les esprits, néanmoins il a le mérite d'avoir tenter le coup. Il fallait le faire, pour les trente ans de la séparation du groupe anglais, il fallait oser, tout comme cette reprise en français de Bigmouth Strikes Again par Télégram. Les univers se croisent, le hip-hop (Al3ph - What Difference Does It Makes?, la chanson (Wallace - Last Night I Dreamt That Somebod Loved Me), l’industriel (Lplpo - I Know It’s Over), la pop de The Smiths s'invite dans le Sud de la France, de Montpellier à Bayonne en passant par Sète et Alès pour un résultat varié et au finalement très riche.


Que dire d'autres de ce projet, lancé par Jean-Baptiste Pène et financé avec succès par un vrai public d'amateurs sur Ulule ? Je pourrais lui coller des superlatifs comme convaincant, intéressant, passionnant, mais celui qui lui va le mieux est bel et bien : audacieux.
Paris réussit !

Tracklist
01 - Handsome Devil (Elektric Geisha feat Mr Tristan)
02 - This Charming Man (Poussin)
03 - A Rush And A Push And The Land Is Ours (Tana & The Pocket Philarmonic)
04 - Panic (Vox Pompidou)
05 - Bigmouth Strikes Again (Telegram)
06 - What Difference Does It Makes? (Al3ph)
07 - Death Of A Disco Dancer (My Favorite Horses)
08 - There Is A Light That Never Goes Out (Daguerre)
09 - Asleep (Sphere)
10 - I Know It’s Over (Lplpo)
11 - How Soon Is Now (Noir)
12 - Last Night I Dreamt That Somebod Loved Me (Wallace)
13 - Some Girls Are Bigger Than Others (Laurent Montagne)
14 - Barbarism Begins At Home (Volin)
15 - Still Ill (Chozpareï)
16 - Girlfriend In A Coma (The Neighborhood)
17 - Please, Please, Please Let Me Get What I Want (Cyril Douay feat JB)

13 Octobre 2017
Inouïe distribution

www.facebook.com/lessmithsaft

30 mars 2018

La sélection de mars 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.




Écoutez nos autres playlists sur soundsgood : soundsgood.co/break-musical

28 mars 2018

CMK - She Changed Her Mind

Dans les compositions de CMK je retrouve les frissons doux que j’aime ressentir. Vous vous doutez bien que je brûle d'envie de vous faire découvrir le premier album de la jeune Lyonnaise.


Aujourd’hui, chose promise. Plus d'un mois après sa sortie, voici She Changed Her Mind en chronique sur Break musical. Parce que mine de rien, ce premier essai est sacrément bien réussi. Un soupçon ambitieux même, tant la pop-folk de la chanteuse est soigneuse, agréable, apaisante et prenante. Les arrangements sont à la limite de la perfection notamment sur la voix de la chanteuse qu'elle utilise avec subtilité alternant l'évasion, le rêve, la passion et le trouble. Guitare, voix, tout se mélange sans se piétiner et sans être redondants. Il n’y qu’à écouter la première ballade Love Is The Law pour se rendre compte de tout le potentiel que possède la chanteuse. Sa douce et tremblante voix emplît tout l'espace et s'entortille dans les cordes d'une guitare discrète et flottante. Avec légèreté elle nous transporte dans son univers feutré et touchant, entre amours et solitudes. La magie se poursuit avec le deuxième titre Twenty-One dans une ballade langoureuse, enveloppé d'une emphase nostalgique. Par moment elle me fait penser à Caracol (Jeans pour ses tonalités chaleureuses) à klô Pelgag (Tightrope Walking pour ses envolées lyriques et féeriques) aux Brigitte (Bright Side pour ces voix érotiques en écho) mais Claire Moreau possède bien son univers à elle, entre romantisme et onirisme aux allures de comptines qui bercent l'âme. 


En sept titres seulement, CMK nous ouvre les portes de son univers sensible et poétique. Et ça serait bien dommage de louper cette invitation !

Tracklist
01 - Love Is The Law
02 - Twenty-One
03 - Tightrope Walking
04 - Independent Mind
05 - Jeans
06 - Bright Side
07 - You Will Never

12 février 2018
The Panic Room

www.cmk-music.bandcamp.com
www.facebook.com/cmkmusicpage

26 mars 2018

Michael Wookey - Hollywood hex

J'arrive tardivement dans le monde émerveillant et troublant de Michael Wookey, mais je suis content de le découvrir avec Hollywood Hex son nouvel album, qui me procure quelque chose d'agréablement nostalgique, d'une tendresse saisissante recouverte d'une mélancolie persistante. J'en tremble. 


Chef d'oeuvre en vue. On reconnaît un grand album à la manière dont il ravit tous les sens dès les premières écoutes, comme à la façon dont il définit immédiatement une partie du monde qui nous entoure. Nul besoin d'attendre une quelconque addiction ici, elle va vous sauter littéralement dessus. Rien que les deux premiers morceaux de Hollywood hex suffisent à convaincre de la sensibilité à fleur de peau de l'artiste. Une sensibilité contagieuse. L'album commence avec Sailor. Par moment j'en ai le vertige, avec ce sentiment étourdissant que l'univers du chanteur m'emporte dans des souvenirs brumeux et mélancoliques que je ne connais pourtant pas. What the fuck. On reconnaît un grand album à la manière dont il vous retourne les sentiments, aussi. Celui-ci je l'écoute généralement le soir jusqu'à en mourir de sommeil. Jusqu'à en mourir de plaisir, surtout. Je m'arrête instantanément sur Red Hot Dollas, la chanson musicalement jouissive, l'excellence pour mon espèce, celle qui cherche constamment l'extase devant des morceaux qui brillent d'aussi loin que la musique existe. J'arriverai jamais à me remettre d'une chanson pareille. J'aimerais bien la réécouter pour la première fois. Vous connaissez ce sentiment ? Vous aimez ce sentiment ? Puis-je être grossier ? Bordel de putain cette chanson ! Frissons vertigineux dans tout le corps, et je ne vais même pas me rendre compte qu'ils ne quitteront pas ma chair sur les trois autres titres qui suivent. Living by the sea d'abord, qui est le genre de chanson qui absorbe le temps autour d'elle, jusqu'à l'hébétude. Écouter un titre de Michael Wookey, c'est se laisser transpercer par ses histoires torturées, poignantes, dans une rafale de poésies et d'émotions. L'émotion en fil conducteur. Elle parcourt le disque comme un frisson, et résulte sans contestation possible, de l'immense qualité des compositions d'un artiste total. Rapidement, la troisième et l’entraînante Bane fut la chanson définitive qui m'a fait comprendre à quel point j'étais en train de découvrir un album hors norme. Sans oublier la très pop et féerique Long live the meadows... Magnifique avec ses envolées de chants sortis des pénombres... Avec ses mélodies et sa voix à faire pleurer un insensible, je me sens comme un gamin de dix ans qui court de cadeau en cadeau le jour de Noël alors que j'essaye seulement de chercher quelle serait ma chanson préférée de l'album. Arrivé à la moitié du disque je pense alors avoir tout entendu, mais j'en oublie à quel point Hollywood hex m'écrase le cœur par sa beauté, par son quatuor de cordes. S'ensuit d'autres ballades plus folk qui font également la force de ce superbe album. Motherfucker, Shut your mouth and dance with me et Pistol whipped trio de compositions sensibles, d'une tendresse saisissante alternée d'une énergie subtile... Dernier morceau, ultime berceuse, Small voice of calm, La voix ici, survole les splendeurs édifiées par une mélodie minimaliste, épousée à une orchestration juste monstrueuse. Je ferme les yeux... Les fantômes dansent... Le disque s'arrête... Je retrouve le silence... Le repos d'après la tempête... Chef d'oeuvre en vue. 


Un album essentiel aux personnes atteintes d'une mélancolie persistante. Je ne me mouille pas trop, mais je ne peux trouver autre chose à dire : Hollywood hex peut rapidement devenir l'un de vos albums préférés de l'année.   

Tracklist
01 - Sailor
02 - Red hot dollas
03 - Living by the sea
04 - Bane
05 - Long live the meadows
06 - Hollywood hex
07 - Do right fear no man
08 - Motherfucker
09 - Shut your mouth and dance with me
10 - Pistol Whipped
11 - Small voice of calm

06 avril 2018
We Are Unique Records



24 mars 2018

Soviet Suprem - Marx Attack

Quatre ans après L'internationale, Sylvester Stalline et John Lenine déboulent avec un deuxième opus Marx Attack. Flow à gogo pour concerto prolétaire, cette union suprême sert aussi bien à un prétexte pour faire la fête, qu'une improbable ode à nos lointains voisins soviets... Pour une nouvelle bonne révolution sonore.


Teinté d’humour au troisième degré qui joue sur les codes de la guerre froide, les marxiens débarquent de la planète rouge avec ce Marx Attack qui veut rassembler les peuples, créer l’union entre les amateurs de musiques festives et la révolution du dancefloor. Soviet Suprem est un groupe pas comme les autres, prenant à contre-pied la culture yankee pour mieux vivre un balkanican dream aux accents militaro-punk. Dans une panoplie d’effets et de pistes vaporeuses, mettant en relief le raffinement mélodique habituel de la formation. Ce choix créatif bonifie pleinement le son d’ensemble et c’est grâce à toutes ces influences issues de la musique russe, dispersées intelligemment. Qu'il soit introductif ou intermède (à capella) Oci Cervene est un exemple éloquent de ce mélange aussi enchanteur que paisible. Post Soviet est un refuge pour le mélomane anxieux que je suis – et un brin prolo – qui voudrait prendre une pause du monde effervescent, ou même Vladimir en parfaites concordances avec l’ambiance de ce disque. Le reste de l'album est de pure tradition troisième degré, plus si affinités. Et des affinités il y en a. Même si aujourd'hui nous n'avons plus le droit de rire de rien et surtout de tout, la dérision arrive quand même à survivre comme en témoignent les titres Diktator de dancefloor, Post soviet, Valse soviet ou encore Tsar war. Burlesque mais pas grotesque. déjanté mais pas lourdingue, acide mais pas absurde, en grattant bien, le Soviet Suprem apporte un message qui réconforte, voir qui nous soulage de notre époque actuelle dont il vaut mieux se moquer, et surtout, d'arrêter de prendre au sérieux, de lâcher prise le temps d'un Marx Attack. Autant ne pas se priver, et de remettre le couvercle avec la reprise T'as le look coco, en duo avec Laroche Valmont himself...  


Alors, le verdict ? Voilà une autre bonne parution au compteur pour le Soviet Suprem. L'occasion de plonger les deux pieds dans de la bonne déconne et intelligente. Amusons-nous les uns des autres, alors quand ça ne va pas, un Marx et ça repart ! (facile, facile celle-là...)

Tracklist
01 - Oci Cervene (Les yeux rouges)
02 - Diktator de dancefloor
03 - Post Soviet
04 - Vladimir
05 - Couic Couic
06 - 1917
07 - Radio Activity
08 - Oci Cervene (A capella)
09 - Valse Soviet
10 - Peaux rouges
11 - International
12 - T'as le look coco
13 - Tsar War
14 - Russian Kiss
15 - Héros

16 mars 2018
Chapter Two / Wagram



20 mars 2018

No Money Kids - Man Down (Clip)


Mon gros craquement de slip de ce début d'année 2018 (la chronique ici) est de retour avec un nouvel extrait de son album Hear The Silence (la chronique ici aussi). Le titre en question est Man Down, le morceau d'ouverture d'un album puissant au son blues électro-rock moderne qui a tout pour plaire.

La preuve avec le clip ! 

"D'inspiration soul, le titre Man Down de No Money Kids illustre le deuil, celui d'un parent parti trop tôt. Un mid-tempo tendre et mélancolique évoquant des grands noms de la Motown, où les tons suaves laissent place aux cris électriques le temps d'un refrain rock, comme une douleur qui s'échappe. Mis en image par les Nantaises de Sherkan Films, le clip nous présente la danseuse et modèle Coralie Hédouin qui incarne le morceau dans un décor marin en noir et blanc. Une terra incognita où elle croisera furtivement le chemin du duo electro-blues, le temps d'un trajet en stop pour rejoindre une mer dont l'horizon parait inatteignable. Une nouvelle aventure sonique captivante qui permet de découvrir une facette de plus de No Money Kids qui en profite pour annoncer des nouvelles dates de concerts". Par ici : http://www.nomoneykids.com/#section-concerts

www.nomoneykids.com
www.facebook.com/nomoneykids

www.break-musical.fr/no-money-kids/hear-silence

14 mars 2018

Hugh Coltman - Who's Happy

L'ancien chanteur du groupe The Hoax, lauréat de la “Voix de l’année” par les Victoires du Jazz 2017 vient de revenir avec un quatrième album Who's Happy ?


À la question, je réponds : moi. Parce qu'effectivement sa voix, c'est du coton anglo-saxon qui glisse parfaitement sur ce jazz de fin de journée, ou de dimanche paisible. Moi, j'aime bien, parce que dès le premier morceau Civvy Street, la sonorité me renvoie à Pink Martini qui excelle également dans ce jazz latino, dansant et chaleureux. Belle entrée en scène pour l'album, et ça se poursuit avec l'enflammé Sugar Coated Pill qui me fait traverser l'atlantique direction la Nouvelle-Orléans. Plaisir. Des cuivres gorgés de soul, des guitares mêlant tous les blues et tous les folk, Hugh Coltman n'aime probablement pas s'enfermer dans un style. Il fait honneur à ce jazz sans frontière, riche et passionnant. Il me rappelle également un autre Hugh qui, loin de sa carrière de comédien, est un fervent défenseur de grands auteurs blues. Je veux parler de Hugh Laurie, son album Let Them Talk est un classique, je ne m'en lasse pas. Mais revenons-en à Hugh Coltman. Rythmes chaloupés, cuivres joyeux, guitare bluesy, voix toujours ensoleillée les morceaux s'enchaînent. La voix de la canado-haïtienne Mélissa Laveaux en écho à la voix de crooner du chanteur sur la reprise It's Your Voodoo Working de Charles Sheffield est un délice. Une petite touche de rockabilly vraiment pas désagréable. Même plutôt contagieux. L'album ne s'écoute pas, il se vit. Par les sentiments que le chanteur transmet dans sa musique, par la mélancolie rythmée de ses compositions. Ce qui se passe généralement dans la soul, Resignation Letter répond du style. J'imagine un fond de bar, un bon cocktail et ce titre qui passe dans le jukebox. Dans une autre époque, dans d'autres costumes, dans le voyage de Coltman. Et quand il ne sort pas la fanfare de son chapeau, le chanteur minimalise l'atmosphère sur des titres plus posés et plus jazzy comme All slips away avec une impression de duo voix/guitare, simple, beau, Hand Me Downs entraînante, Sleep in Late et sa trompette attendrissante. De quoi fermer les yeux. D'écouter... De vivre cette musique. Elle ne demande que ça, et je l'ai déjà dit. L’album se termine avec Little Big Man, berceuse que Coltman chante pour son fils, accompagné par les notes tendres d’un piano et d'une guitare aux accords si doux, qu'on lui doit bien en retour, ce petit sourire heureux... 


Heureux, c'est le sentiment dans lequel je me trouve après l'écoute de l'intégralité de l'album. Parce que la joie de vivre du chanteur est contagieuse et parce que son album a été enregistré à la Nouvelle-Orléans, la réponse est là, sans superflu, les nerfs au repos. 

Tracklist
01 - Civvy Street
02 - Sugar Coated Pill
03 - The Sinner
04 - It's Your Voodoo Working
05 - Ladybird
06 - New Park Street
07 - Hand Me Downs
08 - All Slips Away
09 - Resignation Letter
10 - Sleep in Late
11 - Little Big Man

02 mars 2018
Okeh / Sony Music

www.hughcoltman.com
www.facebook.com/HughColtman


12 mars 2018

Les Ogres de Barback / Le Bal Brotto Lopez - Quercy-Pontoise

Les Ogres de Barback représentent le sens de cette belle vie. Celle du partage, de l'ouverture, de la fraternité, du respect, de l'amitié, de l'amour. Les Ogres c'est une musique qu'ils propagent comme une contagion. Un virus pour devenir un peu plus grand.


A chaque coups d'oreilles c'est la même chose pour moi. Je pars parcourir un autre chemin. Et quasiment souvent, c'est un voyage merveilleux. Aujourd'hui mes oreilles se posent sur cet album live Quercy-Pontoise. Après une grosse année 2017 qui les aura vu reformer Un Air, Deux Familles avec Les Hurlements d'Léo, pour une tournée et un album live, puis sortir un album hommage à Pierre Perret en s'entourant d'une vingtaine d'autres artistes, Les Ogres de Barback jamais rassasiés, sont reparti à l'assaut d'un nouveau projet collectif avec Cyrille Brotto et Guillaume Lopez, et permettre d'enjoliver les influences chansons et tziganes des Ogres à une saveur occitane, une chaleur de Méditerranée, pour une musique universelle pour une musique ouverte sur le monde !
L'album commence avec le très joli Cor Adobat (Coeur arrangé). Je comprends très vite que les six membres de la troupe vont jouer au chat et à la souris avec les codes et les émotions. Chants en français ou en occitan dans une constellation d'instruments : Accordéon évidemment, trombone, guitare, scie musicale, contrebasse, soubassophone, piano, cornemuse, flûte offrant une palette sonore exceptionnellement riche où chaque instrumentiste va exprimer toute sa virtuosité. Une aubaine pour le public de Cergy-Pontoise (Je crois que le titre de l'album fait référence à la rencontre entre la fratrie Burguière et le duo Brotto/Lopez) d'où est enregistré le concert. Un album pour le live, un album pour chanter, pour danser, pour taper des mains, le cœur envoûté entre rêves et énergie. Un album pour se poser aussi. Fermer les yeux et s'ouvrir à d'autres cultures. Comme le font si bien Les Ogres de Barback depuis plus de vingt ans en laissant la possibilité de laisser une place à des copains de passage. Comme sur la dernière chanson de l’album, Lo pont de Nantas / Amazone, qui accueille les chanteurs languedociens Aqueles et la violoniste Alexandra Lacouchie. Un dernier titre qui résume parfaitement ce projet. Celui de permettre aux autres de s'exprimer, dans un doux parfum de partage et de poésie.


Pour vous mettre un peu plus dans l'ambiance, n'hésitez donc pas à vous procurez l'album ou, encore mieux, de les retrouver sur les routes.

Tracklist
01 - Cor adobat (Coeur arrangé)
02 - Vous m'emmerdez ! Que m'enmerdat
03 - Dejol pont
04 - Latchoska - Dos miné - Lo rainal
05 - Femme du guerrier
06 - Toi jamais - La thouxéenne - Luqu
07 - Leu soi perdut sense tu
08 - Mon pays
09 - C'est peut-être
10 - Condkoï
11 - Adam - Pas bien
12 - Lo pont de Nantas - Amazone

16 mars 2018
Irfan

/www.lesogres.com
www.facebook.com/lesogresdebarback

11 mars 2018

Life On Mars? By Gnus Cello

Janvier 2016. Je me souviendrais toujours de ce matin-là. Tout était si calme, si serein. Je venais d'arriver au boulot, le premier comme chaque jour. Un lundi matin paisible, un début de semaine de bonne humeur. Dans ce calme presque anormal, mon portable détonne comme une bombe. Je reçois un texto : David Bowie est mort.

Sensations déchaînées, humeur dans tous ses états, déchirures dans tout le corps. Sans pitié, mais avec une certitude : cette tristesse était aussi physique que l'amour que nous avions pour cet artiste.



En découvrant cette version de Bowie dès sa mise en ligne en janvier 2018, je me suis souvenu que Life On Mars? avait été l'un de mes premiers émois en 45 Tours, alors que j’entamais ma première décennie. Même si quelques petites années plus tard, Space Oddity avait aspiré mon âme sexuelle et sensuelle. Près de trente ans plus tard, je connais encore ses intonations par le bout de mes frissons, chaque arrangement de cette oeuvre. C’est l'effet-madeleine, et on ne peut s'empêcher d'en avoir les larmes aux yeux. Surtout avec une telle reprise. Un violoncelle, un piano et tant d'amour. C'est si bon, c'est si beau, les vibrations d'un archet érotique sur des cordes qui embrassent l'atmosphère, et surtout ces notes de piano qui caressent et déchirent à la fois. Le cœur et la chair tout autour, et pendant qu’on y est, que cette reprise me dévore tout le reste en m'arrachant les membres un à un. Je peux bien lui offrir mon corps à cette chanson, elle a tant apporté à ma vie...

I will love you forever David.
And thanks you Stefano aka Gnus Cello <3


Profitez de faire un tour sur sa chaîne youtube, qui regorge d'autres reprises toutes aussi magnifiques : Numb de Linkin Park, Can't help falling in love d'Elvis Presley, Believer d'Imagine Dragons, et même un mashup sublime entre Mad World et Inception...

www.youtube.com/gnustefano
www.facebook.com/gnuscello

10 mars 2018

Les Hurlements d'Léo - Luna de Papel

J'ai toujours un réel plaisir à découvrir un nouvel album des Hurlements d'Léo. Et plonger dans un délice sonore au goût de rock champêtre, légèrement punk, aux authentiques chansons qu'on fredonne depuis Le café des jours heureux... Il y a vingt ans.
Putain vingt ans.


Deux décennies ans plus tard et avec pas moins de dix-sept albums dans la caravane (des studios, des lives, des splits ou des hommages comme celui à Mano Solo par exemple) le jeu de guitares est toujours là, les cuivres sont toujours là, la voix de Kebous est toujours là... Les Hurlements d'Léo lâchent les fauves avec Luna de Papel. Fauve comme sa couleur, comme sa douceur, comme son odeur, comme ses mélodies... Les mélodies fauves des Hurlements d'Léo, j'aime bien l'idée ! Les mélodies fauves comme celles qui prennent le cœur en otage, comme celles qui enlacent l'âme de ses chaînes. Toujours pour le meilleur. Ça fait vingt ans finalement que ça dure, tant mieux, et c'est donc avec joie que je m'apprête à passer la nuit sous cette lune en papier, si belle. Et pour ne rien laisser au hasard et faire honneur au vingtième anniversaire d'une belle carrière, de nouveaux instruments font leur entrée dans la formation. Des compositions avec violon, section de cuivres, accordéon sans flonflons et riffs de guitares acérés viennent nourrir leur style toujours très rock. La fameuse grande famille des HDL aux portes toujours ouvertes ! Comme la présence d'Aurélia Campione de La Cafetera Roja sur le premier puissant (d'intensité) titre Luna de Papel. Question de puissance, Cumbia est pas mal aussi. le flow aiguisé de MC Anton Dirnberger (de la Cafetera) met le feu, en français et en espagnol dans le texte, rythmes incisifs et cuivres dansants, l'album démarre fort. J'adore ce morceau. Et puis j'adore la voix Kebous. "Tic Tac, l'horloge !" Cette voix, c'est l'une de mes nombreux madeleines de Proust depuis que la musique m'a mis au monde. Même si dans ce groupe, chacun pose sa voix, apporte son identité, ajoute ses mots, ouvre d'autres horizons. Arno Futur apporte sa guitare fougueuse sur L'appétit, Jean Fauque (auteur et ami de Bashung) sa plume complice sur Social traître et Luna de Papel. Sensation mélancolique pour La ferveur, quelques éclaboussures de rockabilly avec Des hauts, des bas, un peu d'évasion musicale avec La liste et l'imparable Mourir de vivre, où l'oud, cet instrument oriental envoûtant fait danser des mots si beaux, jusqu'à qu'ils valsent d'espoir quand l'accordéon s'invite dans la danse. Bam ! C'est ça les HDL ! Et puis arrive l'ultime morceau. Quand tu seras là-bas, sera mon chef d'oeuvre touchant de cet album. Avec Fredo des Ogres de Barback... Émouvant, plein de vies, ce morceau est un capharnaüm de souvenirs amassés sur une route qui dure depuis vingt ans au contact de marginaux, de voyous, de fous et d'apaches...
Huitième album studio. Le même feu de camp brille sous la lune, mais comme à chaque fois, il est toujours un peu plus grand, un peu plus haut, pour que tout autour les compagnons d'un jour, de toujours, des chants et des airs s'y installent. Qui d’autre que Les Hurlements d'Léo pour héberger tant de vertiges jusqu'à faire plonger l’auditeur dans une aventure musicale qui n'a aucune frontière ?


Les inépuisables Hurlements d'Léo, cette grande famille aux arborescences infinies, nous offre Luna de Papel, pour nous rappeler à quel point la musique est magnifique quand elle fraternelle et faite par passion... Voici un album pour les affamés de disques rares, créés par un groupe fidèle à son esprit alternatif et libertaire. Du bonheur. 

Tracklist
01 - Luna de Papel
02 - Cumbia
03 - L'appétit
04 - Fille de joie
05 - La ferveur
06 - Des hauts, des bas
07 - La liste
08 - Beauté parisienne
09 - Les autres
10 - Mourir de vivre
11 - Social traître
12 - Quand tu seras là-bas

16 mars 2018
Madame Léo / Irfan

www.hurlements.com
www.facebook.com/Hurlements

8 mars 2018

Dragon Rapide - See The Big Picture

Voici un album qui donne l’impression d’être dans le tourbillon d'une pop décomplexée. Le groupe de Clermont-Ferrand tape avec justesse dans le vrai, à travers un album complet de treize morceaux See The Big Picture qui vient de sortir chez Freemount Records.


Et ça commence par le perturbant I Don't Want To. Très vite j'ai l’horrible impression que j'entre dans du mauvais goût commercial habituel. Tube pour cœurs inertes comme ceux qui se pavoisent sur La Femme ou Thérapie Taxi, puis finalement non, le chant est trompeur. Fausse piste. Au fil des secondes qui passent, le groupe commence à envoyer du bois par intermittence. Je devine que le reste de l'album risque d'avoir l'odeur de l'artisanal, essence même d'un vrai groupe de rock. Et après avoir écouté totalement ce premier album, je me rends compte que chaque morceau est particulier et mérite qu'on s'y attarde. Sur le deuxième morceau Dragon Rapide libère peu à peu une pop sucrée. Sucker Punch. Bummed puis Astoria confirment. Un arc-en-ciel musical avec toutes ses harmonies vocales, et ces instruments harmoniques. Finalement ça parait plus pop que ça en a l'air. Mais, le cinquième morceau comme : Nostalgia, me renvoie à la richesse rock britannique du temps des Kinks, de Travis, de Black keys, que je jurerai sur plusieurs morceaux (Odyssey, Soon A Son). Out Of Time qui illustrerait parfaitement une scène de vacances à la plage. Une ballade au delà du classique. Il y a aussi Never Be The Same qui me met en joie, voilà un morceau qui rappelle un peu la façon glamour de faire des Beach Boys. Avec du Sex appeal dans les voix. Autre référence dont Dragon Rapide n'ont pas à rougir. Chant délicieux pour s'envoyer en l'air, rythme au service de la mélodie. Très fort ce morceau, je reste bluffé. L'album est d'une réalisation propre et ambitieuse. J'avoue qu'à la première écoute j'ai eu un peu peur mais qu'une fois réellement englouti dans le mouv' de Sylvain, Pog et Jimmy, tout est devenu plus facile. Le rock imparable est devenu pop jouissive, la conclusion est lancée. C'est canon. C'est cool. Méga cool même. Pour vrai, je ne risque pas de m'en lasser. Plus je l’écoute, plus il me donne l’effet d’un disque qui survole l'histoire de l'indie pop anglo-saxonne pour n'en retenir que le meilleur avec une énergie rock puisée de la scène, sans trucage.


Voilà un bel exemple qu'il ne faut pas se fier aux premières impressions. Dragon Rapide ça vaut bien mieux que ces pseudos groupes aux chansons à deux accords vite torchées avec quelques fausses manières pour faire genre comme les grands, que les majors nous vendent... Si vous êtes à la recherche d’un album authentique, aux mélodies enthousiastes, écoutez celui-ci.

Tracklist
01 - I Don't Want To
02 - Sucker Punch
03 - Bummed
04 - Astoria
05 - Nostalgia
06 - Soul Doctors.
07 - Ugly Face
08 - Odyssey
09 - Something New
10 - Out Of Time
11 - Never Be The Same
12 - Soon A Son
13 - Spinning Top

02 février 2018
Freemount Records

www.facebook.com/dragonrapidemusic
www.dragonrapideblog.wordpress.com

6 mars 2018

[CD à gagner] Un peu de Pop Dream dans votre vie avec Antarte !

Antarte c'est de la Post Pop Dream qui nous vient tout droit d'Italie. Formé de Lillo Morreale (guitares, voix), Paolo Vita (guitares, piano), Nicola Benetti (batterie), Nicolo Bosio (basse) et Urbano Pettazzoni (claviers, violoncelle, guitare).

Dès leur premier EP en 2009, le trio (alors composé de Lillo Morreale, Paolo Vita et Gabriele Castelli à la batterie) emprunte la voie de l’expérimentation. En 2013, leur premier LP autoproduit Olio su tela reçoit de bonnes critiques de la presse spécialisée en Italie.

Leur nouvel album Isole est un voyage entre post-rock, shoegaze et dream pop dans lequel se mêle rock psychédélique ternaire, folk délicat et des dérives instrumentales plus complexes faisant aussi écho aux minimalistes et au jazz. Les morceaux sont parfois très longs comme avec Scirocco pour donner la possibilité de nombreux changements mélodiques et improvisations.
Une musique avec de riches instrumentations et des strates complexes enveloppant les mélodies sublimées par la langue italienne qui nous plongent dans un rêve. Une chaleureuse invitation à une somnolence torpide, comme si on s’était endormi au pied d’un olivier baigné par un soleil de plomb.

Sorti le 16 mars 2018
Label Megaphone


Isole a été enregistré et mixé à Agrigento par Lillo Morreale (chanteur du groupe) assisté de Sergio Tirinnocchi et masterisé en Angleterre par Simon Heyworth (Nick Drake, Nick Cave, Brian Eno…).


Pour tenter de remporter cet album et le recevoir le jour de sa sortie, vous n'avez qu'une seule chose à faire : envoyer un mail à breakmusical.webzine@gmail.com en écrivant un joli poème ou en demandant juste à participer au tirage au sort le 13 mars 2018

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*aucune obligation d'inscription, de participation financière, ou d'utilisation de tes renseignements pour t'envoyer des spams par centaines ou les vendre à prix d'or à La Redoute... Même pas un ! C'est juste un tirage au sort avec une main innocente  à l'heure de l'apéro pour faire plaisir au plus chanceux (ou chanceuse) avec un super album comme cadeau ! Et l'huissier est un chat. Bonne chance. 

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www.antarte.bandcamp.com

 
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