Avec un casque sur les oreilles, c'est mieux.
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10 octobre 2018

Elysian Fields - Pink Air

Pink Air est le neuvième édifice de Elysian Fields. Le duo New-yorkais décloisonne encore un peu plus son rock indie, et fait de son nouveau jet un ensemble sensuel et mélancolique. Carrément hypnotisant quant Jennifer Charles à la voix puissante, porte le rock bluesy en elle...


On a évidemment d’un côté la voix incroyablement sexy de Jennifer Charles. C’est la partie visible de l’iceberg que l’on retrouve sur la quasi-totalité des titres. Derrière elle, Oren Bloedow tisse comme toujours des accompagnements de haute-volée à la guitare, avec des rythmiques taillées au cordeau comme par exemple sur Storm Cellar, à la couleur blues. Les deux compères savent y faire et chaque note coule de source, chaque boucle semble mûrement réfléchie et s’intègre à l’ensemble avec une facilité déconcertante. Au fil des morceaux, le résultat semble épurée et coulant de source alors que derrière chaque titre se cache un foisonnement d’arrangements différents, de Star Sheen plus pop, et autres Philistine Jackknife pas loin du trip-hop… C’est la grande classe façon Elysian Fields. Parce qu'au final, en vue d'ensemble on obtient quelques ballades pour des road-trips classiques, mais carrément sexy, accrocheur. Difficile de dire le contraire à l’écoute de l’imparable Dispossessed, un brin formaté mais efficacement rock. Même remarque pour Knights Of The White Carnation, avec une manière de faire impeccable et un sens mélodique qui fait mouche. C’est lourd et puissant à la fois, une belle réussite qui contraste agréablement avec le morceau suivant. Le dernier de l'album. Time Capsule, dernière ballade tout en sensualité pour fermer les yeux. M'enfin, voilà un bon album à mettre en rentrant du boulot pour se poser, pour décompresser et voir son esprit se balader sur l'avenue le cœur ouvert à l'inconnu et dire bonjour à n'importe qui... Facile, facile. J'en redemande.


Ce Pink Air apporte quelque chose d'intense, et démontre une fois de plus que le duo New-yorkais possède un savoir-faire incomparable dans ce savant capharnaüm rock indie, et ça fait du bien à écouter ! Et je l'aime autant que Queen of the Meadow...

Tracklist
01 - Storm Cellar
02 - Star Sheen
03 - Beyond The Horizon
04 - Tidal Wave
05 - Karen 25
06 - Start In Light
07 - Philistine Jackknife
08 - Dispossessed
09 - Household Gods
10 - Knights Of The White Carnation
11 - Time Capsule

28 septembre 2018
Microcultures Records / Differ-ant

www.elysianmusic.com
www.facebook.com/elysianfields

8 octobre 2018

Alexis HK - Comme un ours

Encore un artiste souvent croisé, mais sans avoir eu le temps ou le courage d'écouter ce qu'il voulait bien chanter jusqu'ici. Et comme je suis toujours impressionné devant les bons textes français, et comme j'ai déjà entendu des ami(e)s dire beaucoup de bien d'Alexis HK, j'ai décidé de franchir le pas et de me jeter sur son dernier album qui vient de paraître, Comme un ours


Et voilà que cette nouvelle galette hexagonale tourne et tourne dans le lecteur ces derniers jours, comme un album inéluctable et peut-être un jour incontournable. Des mélodies entêtantes qui tanguent et dansent, une ambiance acoustique, un banjo, une contrebasse, une basse, une gratte et un chanteur avec des mots propres, séduisants sur de beaux textes. Je lui trouve un petit côté Brassens de notre époque, loin d'être déplaisant. (Edit : Je suis content, après avoir poussé la curiosité, j'ai lu qu'il avait consacré un spectacle à "son bon maître"). En tout cas, je me sens super bien dans ce premier rendez-vous. Quand la mélodie, l'interprétation et l'atmosphère sont aussi agréables que des mots qui collent à la musique, il se passe quelque chose de beau et de fort. Comme dans ma petite préférée La fille à Pierrot où le chanteur me fascine quand il tricote une histoire si simple et pourtant... On écoute, on plonge, on absorbe et on admire cette si belle langue française. Pour les mêmes raisons, je flanche aussi pour Marianne, de  Je veux un chien... Puis du reste aussi, un peu, beaucoup même. Alexis HK et ses allures de crooner mélancolique m'embarquent dans son manège étourdissant à vibrer. J'aurais dû aimer ce chanteur bien plus tôt. Shame on me ! Sans tenir de discours, le chanteur raconte des histoires sans tomber dans la déprime même si tout n'est pas rose dans ce monde à la dérive, mais au fil des chanson, l’espoir résiste. L'artiste dépeint le quotidien qu'il soit désolant comme avec La chasse aux migrants, la haine des autres dans Les pieds dans la boue, le terrorisme un soir de novembre avec Marianne, mais aussi ce quotidien plus gaie, Salut mon grand adressé à son fils, Le cerisier... Un quotidien qui parfois, nous oblige à nous transformer en ours, pour ce que la solitude apporte de bien tout en permettant de développer notre instinct animal et mieux rugir face à l'actualité. En tout cas je vois les choses comme ça, et je le ressens en écoutant cet album.


Voilà un album d'âmes, d'histoires, de poésie, une merveille d'écriture, tendre et engagée, sombre comme il faut, lumineux comme il faut, avec beaucoup de vie, avec beaucoup de sentiments. Du grand Alexis HK apparemment !

Tracklist
01 - Comme un ours
02 - Les pieds dans la boue
03 - Je me suis assoupi
04 - Sucré
05 - La chasse
06 - Je veux un chien
07 - La fille à Pierrot
08 - Salut mon grand
09 - Porté
10 - Marianne
11 - Le cerisier
12 - Un beau jour

05 octobre 2018
La Familia


www.facebook.com/alexishkofficiel
www.alexishk.com


2 octobre 2018

Septembre - Si c'était à refaire

Cela sonne comme un spleen et comme un enthousiasme, comme un automne et comme un recommencement. C'est pourquoi Septembre s'appelle Septembre. Une nostalgie heureuse, entre la tristesse de la fin des vacances et la ferveur de la rentrée.


C'est par ces premiers mots écrits sur la bio promotionnelle de l'album que je découvre Septembre. Quelques mots qui m'intriguent et surtout qui me parle beaucoup. Oh oui, la nostalgie de fin des vacances et l'excitation de la rentrée, ce mois de septembre me tiraille de tous les côtés chaque année, et j'adore ça. Je lance le CD, une première écoute passe, et me voilà emballé par cette musique vive, cette pop californienne qui accompagne des textes en français simples et loin d'être désagréable. Les titres passent et je me sens bien au milieu de ces histoires de jeunes femmes égoïstes et ravissantes, de l'amour direct, de l'éternel recommencement (Si c'était à refaire), de crime onirique (Du flou, de la violence) de couples qui se dévorent des yeux, de nostalgie (La piscine), de rêve paradoxal (Reykjavik), de mouvements qui réveillent de notre quotidien. Réalisé par Jeff Delort (Cat's on Trees, Higelin, Tété, Julien Doré..) et Lionel Buzac (Charlie Winston, Elephanz...) ce premier album pourrait se retrouver au croisement de la pop d'Indochine, des rêveries de Julien Doré, des chants envolés de Benjamin Biolay, des décadences sexy d'Etienne Daho, d'univers romantico-poétique de Guillaume Cantillon, voir de Mickey3d. Un carrefour de références qui prédit un boulevard de succès pour le groupe Avignonnais. Parce qu'ici, il y a quelque chose de sensuel, de mélancolique et de réconfortant. Quelque chose qui fait du bien à l'écoute, entraînant et enthousiaste. Tout ce que je demande quand je mets le casque sur les oreilles après une journée de boulot, parfait ! 


Septembre frappe joyeusement et au bon moment, aux portes de l'automne avec un premier album réussi. Une sorte de crème solaire contre le spleen automnal qui arrive...

Tracklist
01 - La piscine
02 - Si c'était à refaire
03 - Quatre points de suspension
04 - Des coups de pieds dans les vagues
05 - Je suis la forêt
06 - Eldorado
07 - Rodéo machine
08 - Reykjavik
09 - Des comme toi
10 - Amy Jade
11 - Alice City
12 - Du flou, de la violence
13 - Septembre

28 septembre 2018
BMG


30 septembre 2018

La sélection de septembre 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.




Écoutez nos autres playlists sur soundsgood : soundsgood.co/break-musical

29 septembre 2018

Alain Bashung - Immortels

J'ai mis deux jours avant de me décider à écouter ce morceau posthume. Pour une question d'idées confuses dans ma tête... Pourquoi le faire revenir ? Pourquoi sortir des titres qu'il n'avait pas accepté de son vivant ? 


Mais dans ce grand vide
Comment résister...

J'ai mis le casque sur les oreilles... J'ai pris une vague d'émotions dans la tronche. Oui, Alain Bashung est immortel, nous sommes immortels et qu'est-ce que ça fait du bien de l'entendre de nouveau. De lui découvrir une nouvelle chanson, magnifiquement écrite par Dominique A... 

Immortels porte un murmure pénétrant à l'oreille qui vous sonde et semble chercher au plus profond de vous. Aucun express sinon lui... Cet voix si familière qui se glisse sournoisement en vous, lentement, calmement, mais non sans une certaine forme de nostalgie sous-jacente. La musique vient jouer de sa complexité et ses répétitions qui égratigne ponctuellement le cœur. Un retour qui sonne aussi fort que la plus profonde des déclarations d'amour. Ça fait mal et ça fait du bien de l'écouter en boucle. C'est tellement beau à en pleurer...   


Quelle vague d'émotions... 
Et bien ce soir, on peut chialer tranquille.


28 septembre 2018

Miossec - Les rescapés

Sentiments déchaînés, pulsions qui débordent, ici, on vogue les yeux bandés entre tempêtes de bord de mer et montagne russe. Plus près du corps, Plus près du cœur. Sans pitié, Miossec frappe encore et d'album en album s'impose comme celui qui... L'artiste qui...


Comme celui qui... L'artiste qui... Je ne sais pas trop, vous la voyez cette ombre gigantesque sur la scène française ? Vous voyez ? Mais j'ai une certitude qui plane au-dessus de ma tête : encore plus physique c'est sûr, jusqu'au bout du plaisir extrême, c'est certain, en aimant la vie tout au long du chemin, de l'aimer jusqu'à la baiser intensément. Christophe prend un nouveau virage musical, Miossec met le feu à nos pulsions, entre intimité torturée et sensualité sans complexe, entre ivresse vacillante et furie irascible : c'est si bon et c'est si beau, putain ces rythmiques électro en pleine tronche, synthétiseur Roland SH 1000, orgue Yamaha, mellotron, boite à rythme Elka, ça respire, c'est vivant comme dit le chanteur trop rarement complimenté pour ses talents de compositeur. Dans ce fantasme sonore, tu ne cherches qu'à monter le volume, surtout quand cette voix caresse les notes, comme à chaque fois. Cette douce voix rocailleuse qui me déchire la peau et la chair. Quand ses mots s'imbriquent biologiquement à la musique, quand ses textes deviennent organique... L'atmosphère n'est plus pareil, le temps change et Miossec me mets K.O... Ça m'injecte une certaine béatitude, un petit bien-être ravageur. Ça fait du bien de se sentir vivant parmi ces Rescapés, ça fait du bien d'être encore un peu optimiste parmi les pessimistes... Nous sommes des survivants, Nous sommes des rescapés... Des rescapés de l'amour, des guerres, de l'horreur, du dérèglement climatique, de nos échecs, de nos ivresses, de de nos élans, de nos vertiges et de nos conneries. L'hymne des âmes fracassées, le chant des cœurs vaillants. Cet album fait du bien. Dès ce premier morceau, le charme agit, imparable... Et ne se démentira pas au cours des dix titres qui suivent, ni au fil d'écoutes répétées, excessives. Dans une sorte de plaisir décuplé, Miossec livre un album musicalement plus personnel, et dresse un bilan sans complaisance de sa propre vie dans l'excellent Je suis devenu. avec sa clairvoyance et sa pudeur follement élégantes, ses déchirures électriques, ces râles émotionnels, ses mélodies qui serrent à chaque fois le cœur, pour mieux éveiller le meilleur en nous, et au final nous donner cette impression satisfaisante de profiter pleinement de tous les sentiments possible... Et c'est un buffet à volonté de sentiments par ici : La mer quand elle mord, c'est méchant par exemple. Premier morceau sur la mer pour le chanteur, indubitablement réussi. Un hommage poignant à son grand-père maternel, et par ricochet aux marins de nos familles. Et puis le reste, L'aventure toujours dans l'urgence, sans superflu (Les gens), brut de poésies (La ville blanche, La vie sentimentale), sans concession, parfois saignant, saillant, poignant (On meurt), mais toujours doublée d’une lucidité déroutante et de compositions organiques. 


Après le magnifique Ici-bas, ici-même je pensais que ça serait compliqué pour lui de sortir un album aussi beau. Deux ans plus tard, le brestois débarque avec un Mammifères époustouflant parce que surprenant, jouant des codes et en sortant des sentiers battus. Après cet album je pensais que ça serait compliqué pour lui de sortir un album aussi chouette. Et là déboule Les rescapés... Encore une fois différent, tout en faisant pourtant du Miossec comme on l'aime. Le chanteur sort un grand disque qui va nous faire danser en concert, un album qui possède toutes les promesses pour devenir vital... 

Tracklist
01 - Nous sommes
02 - Je suis devenu
03 - On meurt
04 - Les infidèles
05 - L'aventure
06 - Les gens (quand ils sont les uns dans les autres)
07 - La mer quand elle mord, c'est méchant
08 - La vie sentimentale
09 - Son homme
10 - Pour
11 - La villa blanche

28 octobre 2018
Les éditions pas terrible

www.facebook.com/christophemiossec
www.christophemiossec.com

23 septembre 2018

Pale Grey chante Les Mots Bleus

Pale Grey s'offre le luxe de reprendre l'une des plus belles chansons françaises de tous les temps. On est pas bien là ? 


Parce que la musique est un vecteur d'émotions, et que les reprises est un prétexte d'hommage mais aussi d'un peu de publicité. Bien sûr, c'est vieux comme le monde, et tout le monde y va de sa petite tentative. Mais heureusement que certains font ça très bien.

Les Mots Bleus de Christophe donc.1974, le dandy à la voix androgyne, balance un pavé dans la mare des cœurs sensibles. Une chanson d'amour étrange et qui va devenir intemporelle. En 1992, Alain Bashung va propulser cette chanson très mélodieuse, un peu pathos (mais nous sommes dans les années 70), dans le panthéon de ces morceaux qui deviennent des monuments et emportent les cœurs dans une pandémie sentimentale ravageuse. Une reprise en parlé-chanté qui suggère quelques harmoniques qui suffisent à sentir la douce mélodie de Christophe. Du Bashung dans toute sa classe.

Depuis, on tente, on essaie. Thierry Amiel, Julie Pietri... Ouais ok. Sans jamais se rapprocher du sublime, sans jamais frôler les immenses ombres de Christophe et de Bashung... Et puis un jour, aussi respectueux et courageux qu'ils soient, les belges de Pale Grey décident de flirter avec ces instants magiques pour tenter d'atteindre le sommet de ces mots bleus. Qu'on aime ou pas, cette chanson se voit d'un coup sublimée (encore une fois), transcendée par une musique pop-indé contemporaine, offrant une nouvelle version mélancolique, s'échappant progressivement pour trouver sa propre existence dans une déclaration d'amour enflammée aux 70's pour finir en apothéose avec un clin d'oeil au Love Story d'Hiller... 

Bercée par son envoûtante ambiance, Pale Grey secoue la poésie léthargique de cette époque, pour couvrir nos oreilles de doux murmure rempli de mots bleus qui décidément, brillent toujours aussi fort là-haut. Grandiose !


www.palegreymusic.com
www.facebook.com/palegreymusic

19 septembre 2018

Slim Wild Boar - Pure Dust

Là, on parle d'une musique qui forge l'âme, qui aide à vivre, à rêver et qui même rassurer. Une musique qui s'installe dans le ventre et qui donne des envies d'ailleurs, d'évasions et de désirs. Pas de doute, ce sont les symptômes de la country-folk de Slim Wild Boar.


La voix grave, fragile et communicative du Rennais, m'absorbe instantanément dès l'ouverture avec Pure Dust. Une introduction guitare vibrante et c'est parti pour une balade mélancolique, touchante, intense et addictive. Pour dire vrai, je ne connaissais pas Slim Wild Boar avant d'avoir reçu son album solo. Je suis couvert de honte depuis. Dès demain, je vais raser les murs, marcher à l'ombre. Pourquoi ? Parce que j'habite Rennes et c'est la honte tout simplement. Si je l'avais connu plus tôt, je l'aurais aimé depuis bien longtemps. Au deuxième titre c'est décidé, je vais rattraper le temps perdu et je connais la date du prochain concert. Streams Of Ghosts est puissant d'émotions, ça transpire la mélancolie, mais aussi la sincérité du chanteur, et l'amour pour la musique qu'il partage. Un coup de cloche, un battement de cœur et les chœurs font le reste. Nul doute, il y a du Johnny Cash chez le bonhomme. Musique profonde, univers honnête, références magnifiques, je ferme les yeux et les sifflements dans Fake m'emportent dans le Colorado, un stetson sur la tête, où dans mon rêve je me laisse pousser la barbe, vivant isolé loin de tout, loin de vous tous, avant sortir tous les soirs au bar du coin pour écouter un chanteur de bluegrass en sirotant une bière. Outre la voix incroyable, c'est aussi la guitare qui me procure des picotements derrière la nuque. Sur le morceau Amphétamine Blues, la voilà qui se met à galoper pour le plus grand plaisir de mes oreilles, dans un folk blues palpitant et terriblement addictif. C'est une drogue. La folk est une drogue. Slim Wild Boar est un dealer de bonheur. S'en suit Time, Une nouvelle douce mélancolie, une autre gourmandise, celle d'un rock country cinématographique façon Eddie Vedder, accords limpides et timbre grave avec en arrière-fond la soif pétillante des grands espaces intimes. Une recette que j'aime profondément. My Last Day est une lumineuse dernière ballade pour conclure parfaitement un album d'étés indiens, ou pour fusionner dans un plaisir automnale moelleux. Je sais je sais, l'été n'est pas fini, mais je rêve d'écouter Slim Wild Boar devant un feu de cheminée, le casque sur les oreilles, un verre de Blanton's Gold à la main, le disque qui tourne sur la platine... Parce que pour faire les choses bien, et pour prouver que la musique est un véritable art, le label Nantais Kizmiaz Records qui s'occupe du chanteur produira l'album uniquement en vinyle à un tirage limité de 300 exemplaires. Les puristes apprécieront, les autres pourront toujours se contenter de morceaux en ligne. Mais si la forme d'écoute est différente, l'addiction sera assurément la même. 


Ce n'est vraiment pas facile de résister au mur de son et d'émotion que Slim Wild Boar vous envoie à la tronche en seulement six morceaux, et chacune de mes écoutes est une expérience nouvelle et forte d'un folk fédérateur et essentiel. Une claque, un coup de foudre, mon cœur exulte d'une nouvelle jouissance musicale.  

Tracklist
01 - Pure Dust
02 - Streams Of Ghosts
03 - Fake
04 - Aphetamyne Blues
05 - Time
06 - My Last Day

29 septembre 2018
Kizmiaz Records

www.slimwildboar.bandcamp.com
www.facebook.com/slimwildboar

16 septembre 2018

Les albums à gagner en septembre !

Pour participer, cliquez sur le lien suivant et remplissez le formulaire ! Bonne chance !
JE PARTICIPE (terminé - Et bonne écoute aux gagnants, Olivier, Elodie, Ben, Véronique et JF)


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Macy Gray - Ruby (07 septembre 2018)
Deux ans après Stripped, Macy Gray est de retour avec Ruby, son nouvel album qui sortira le 7 septembre sur le label Mack Avenue. En premier extrait, la chanteuse a dévoilé Sugar Daddy, nouveau single accompagné de son clip plein d’humour tourné dans un bar de nuit. Réalisé par Christian Lamb et tournée à Los Angeles, la vidéo de Sugar Daddy met en vedette Macy Gray et s’inspire du film « Lady Sings The Blues » sortie en 1972, et dans lequel Diana Ross incarnait la légendaire Billie Holiday. Pour l’anecdote, c’est Evan Ross, le fils de Diana Ross qui joue dans la vidéo le rôle du « méchant » de la discothèque.

Découvrez le clip Sugar Daddy



Keith Kouna - Bonsoir Shériff (09 juin 2018)
S’il fallait définir en un mot la musique de Keith Kouna, on pourrait choisir « irrévérencieux ». Parce qu’il n’y va pas par quatre chemins, c’est dans un esprit rock et frontal que l’on se laisse absorber par son style. Qu’il parle des déboires et joies d’un quotidien ou des dérives de ce monde, c’est toujours avec franchise et justesse. Ses mélodies s’accordent aussi bien sur une musique intimiste piano-voix que sur un rock puissant lacéré de guitares. Un artiste uni et unique !

Découvrez ma chronique de l'album




Yvan Marc - Nos dimanches (27 avril 2018)
Il fait de la chanson comme un artisan et continue en parallèle à enseigner à des jeunes en lycée agricole comment bâtir un avenir responsable plutôt que d’en rêver: Yvan Marc est un chanteur à part. 6 albums, 15 ans de scène, pas loin de mille concerts (dont 180 donnés depuis la sortie de « Nos vies d’ours » en 2016), il est parfois passé par les plateaux de Taratata, de La Matinale, a été playlisté sur France Inter, FIP. Parfois non. Peu importe, il continue son chemin. Car l’essentiel est ailleurs. Dans les yeux du public qui ne cesse de se presser à ses concerts, de l’écouter chanter les thèmes qui lui tiennent à coeur: des histoires d’amour bien sûr et des histoires de terre toujours.

Découvrez le clip "Sous les gants"



Ginkgoa - On time (15 juin 2018)
Depuis quelques mois déjà, Ginkgoa envahit les scènes internationales grâce à son Future Swing élégant et furieux, et renverse les publics de grands festivals internationaux. Emmené par la chanteuse new-yorkaise Nicolle Rochelle, militante Femen, Ginkgoa entend faire bouger les lignes et incarner son époque. Après une synchro internationale pour les parfums Rochas, plus de 300 dates dans le monde entier (USA, Canada, Chine, Allemagne, Italie, France, Europe de l’Est…) et de nombreux prix remportés, Ginkgoa sort son EP cinq titres One Time le 15 Juin 2018 et part en tournée dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord.

Découvrez le clip "One Time"



Quiet Dan - When The Earth Was Flat (18 mai 2018)
Quiet Dan est un auteur, compositeur, musicien folk-rock israélien. Baroudeur, après avoir vécu aux U.S.A., il se pose pendant deux ans dans une maison en Picardie pour écrire son premier album : When The Earth Was Flat. Une première approche pour se faire connaître tout en poésie et folie. Un album regroupant habilement rock décalé et folk intimiste. When The Earth Was Flat est une véritable promenade cool dans l’esprit de Quiet Dan. On retrouve un mélange de classicisme et de modernité dans son oeuvre. (Cabaneariff.com)

Ecoutez l'album sur bandcamp

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Manu - Entre deux eaux, Vol 1

Je ne me suis jamais vraiment remis de Tenki Ame. Il y a trois ans, il y a eu La Vérité, que j'avais sacrément bien aimé aussi. Bon j'avoue, Manu c'est un peu une amourette d'adolescence depuis l'aventure Dolly. Il suffit qu'elle chante et je flanche. Alors qu'elle décide de revisiter son répertoire et celui de Dolly en acoustique, je ne réponds plus de rien.


Parce que Manu c'est d'abord une voix qui me fait lâcher prise. C'est aussi un rock qui me fait plier. Plier de plaisir. Mais oui, quel plaisir dès le premier morceau Goodbye... Cette balade qui glisse sur le temps, un violoncelle qui me prend la main, un chant qui me prend l'autre main, puis une guitare qui me prend le cœur, qui me l’accélère, qui... Je n'ai écouté que ce morceau pendant un mois. C'était un peu prévu, comme je l'ai déjà dit, dès qu'il y a un violoncelle je deviens faible, faible d'amour. Et puis cette chanson dans sa version rock était déjà tellement belle, alors là... Ecoutez donc la session filmée par le Cargo ici : https://youtu.be/kkf3QWnoaHQ et vous comprendrez sûrement. Dans ce concept de best-of de bon goût, les morceaux s’enchaînent, posés et éthérés, ils voguent à l'aise au milieu de vagues  mélancoliques, mis à nu par des compositions tellement aériennes qu'on pourrait s'envoler. A condition de ne s'envoler que pour suivre Manu dans son vertige féerique. Parce que chez moi, dès qu'il y a de la harpe je pense à Brocéliande. C'est dans mon A.D.N breton, mais la féerie ça lui va bien à la princesse Emmanuelle. Aujourd'hui son royaume rock est sous l'emprise d'un sortilège de charme, son univers devient acoustique et Entre deux eaux, vol 1 revisite un joli répertoire. Après avoir réussi à sortir de l'emprise ravageuse de Goodbye, j'ai parcouru le reste de l'album avec des étoiles pleins les yeux et les oreilles. Et d'autres morceaux sont venus se graver quelque part là sous ma poitrine. Je n'veux pas rester sage et son introduction émouvante, Amaku Ochiru évidement, me renvoyant aux couleurs pastels des films de Miyazaki, le fantastique Entre deux eaux, l'éblouissante You Call Me Name, L'hiver qui me plonge dans une mélancolie heureuse, et cerise sur le gâteau, un cover qui lui va comme un gant : Je suis déjà parti de Taxi Girl... Daniel aurait aimé, Darc aurait kiffé. 


Sans surprise, parce qu'il est à son image, Manu nous offre un album bonheur. Un disque raffiné, poétique, puissant et élégant. De quoi se mettre à genoux et lui glisser la bague au doigt, à la vie, à l'amour, pour qu'il puisse vivre dans ma collection d'albums pour le restant de mes jours. Pour des moments de plaisir (comme toujours avec Manu)... 

Tracklist
01 - Goodbye
02 - Comme un gant
03 - Allée des Tilleuls
04 - Un baiser dans le cou
05 - A bout pas au bout (Feat Noël Matteï)
06 - Amaku Ochiru
07 - Entre deux eaux
08 - You Call Me Name
09 - Je n'veux pas rester sage
10 - L'hiver
11 - Le paradis
12 - Je suis déjà parti (Cover Taxi Girl)

27 avril 2018
Tekini Records


www.facebook.com/manufriends
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11 septembre 2018

Blaubird - Rising / La fin de la tristesse

Une voix qui perce les nuages, une voix qui s'impose d'elle-même et dont il est difficile de lui résister. Ici, le plus anodin des détails, la moindre note, le simple mot, s'accrochent à mon quotidien et suffisent à créer un manque immense dès que l'album se termine.


Et puis, le reste de la journée, quand je n'ai pas le casque sur les oreilles, ces mêmes notes trottent dans la tête, disparaissent et reviennent, j'entends leurs appels, elles squattent mes pensées. Dès la première écoute, sans le moindre effort, elles ont pénétré la zone de turbulences de mon cœur. Laure Slabiak et sa voix de contralto venue du Lyrique, chante son abandon à elle même pour mieux s’envoler tel un Oiseau Bleu. La psychanalyse fait de ce symbole animal la métamorphose qui permet d’accéder à un état supérieur, un nouvel être libre et plus conscient… La voilà qui s'envole aux milieux de ses rêves, de ses racines perdues en Europe de l'Est, de ses souvenirs, l'acceptation de soi, et le renouveau qui en découle... L'album ne s'écoute que d'une traite, sans temps mort et finit par envahir l'auditeur. Je suis imprégné d'un filtre sonore qui fait résonner ma propre existence selon ses mélodies à elle. Incrédule, de titre en titre, je me laisse ensevelir par son parfum mélancolique. Dans ce voyage aux frontières entre le trip-hop, le folk et l'électro, Blaubird nous invite dans sa lumineuse poésie. En anglais, en français ou en Yidish jaillit un univers inspiré et assumé, teinté de mélancolie à l'intensité rare, à la rigueur minimaliste. Dans ce voyage, je vois un paysage folk et romantique qui se dessine, s'efface, se redécouvre et puis disparaît, dans une aventure sans fin à la chaleur acoustique et lyrique, une émotion comme un fil, mes sensations en funambule. De là-haut, je vois et j'entends des oiseaux, l'ombre de Barbara, un violon, des bruits, quelques notes de Chopin, de l'écho, un disque de Portishead, des envolées, des murmures, des paroles de gens proches de la chanteuse, des rythmes cardiaques qui s'emballent, des mots de William Blake, des ombres, du brouillard, et puis un magnifique lever de soleil. Daddy, L'absence, Dans le jardin, Cradle Song, Demain dès l'aube, Tes Mots d'Or... sont mes belles virées aux côtés de cet Oiseau Bleu. On partagera l'automne tiède qui s'annonce ensemble, bien confortablement dans un coton crémeux que l'on appelle Rising - La fin de la tristesse. Absolument délicieux. Incroyablement éblouissant. Bouleversant. Allez salut ! J'arrête d'écrire, je vais m'allonger avec le casque sur les oreilles et m'envoler. C'est tellement difficile de lui résister.


Blaubird, c’est une voix, c'est une voie pour me faufiler dès que l'envie me prend, vers cet état supérieur, l'âme totalement libre, apaisée, soulagée d'un poids. Une voix qui me ramène quelque part, qui m'emmène ailleurs. Quelle artiste ! Quel disque !

Tracklist
01 - Daddy
02 - L'absence
03 - Dans ce jardin
04 - Blue Bird
05 - On Levouch
06 - One
07 - Cradle Song
08 - The Shore
09 - Demain dès l'Aube
10 - Tes mots d'Or

21 septembre 2018
Elles et O / Differ-Ant

www.facebook.com/blaubirdmusic
www.laureslabiak.com/blaubird

7 septembre 2018

ELLA/FOY - Walking in The Space

"Il est des musiques qui sonnent comme une invitation, un appel au voyage ou à la rêverie. Celle du duo ELLA/FOY est justement de cette étoffe dont sont faits les songes…" C'est par ces mots que je découvre l'univers de ce duo merveilleux.


Quand la vie tire trop sur la corde, voilà le genre d'album qui fait du bien à écouter. Un album où résonne la promesse de s'égarer, de s'échapper, de s'envoler accompagné par une voix et des mélodies envoûtantes. Parce que oui, la première chose qui frappe quand je découvre cet album, c'est l'incroyable voix saisissante d'Hélène. Ce timbre magique qui m'invite dans un voyage folk à la fois intemporel et immensément sensuel. Dès le premier morceau, l'instrumentalisation, la voix, le rythme tout est là pour passer un sacré bon moment. Je ferme les yeux et démarre la bande son succulente d'un départ vers l'ailleurs, tout en restant figé, scotché par ce petit chef d’œuvre qui me tomber dessus en plein mois de juillet. Cet album en boucle pour filer vers le sud. Un super disque pour les vacances, même s'il trouvera sa place en cette rentrée de septembre. Dans le paysage d'automne qui arrive, il s'écoutera merveilleusement bien aussi. Le premier titre, How Would It Be me monte rapidement au cœur, caresse la peau. Chant aéré et mélodie virevoltent dans les airs. C'est un troublant voyage à travers la rêverie, Puis déjà, mon titre préféré à la deuxième piste : Les Envolées Sauvages, pour continuer à marcher dans l'espace. En apesanteur. On saisit bien la texture mélancolique, les boucles émergent et l'ambiance est magistral. Pour quelques instants magique, ma tête flotte. La suite de ce premier album nous entraîne dans un kaléidoscope de balades et de morceaux teintés de blues, de pop, de soul, de folk, de jazz. Tout en subtilité, avec vivacité, avec émotion et dans un esprit de totale liberté que le duo maîtrise parfaitement. 


Walking in The Space en tête me colle aux pas ces temps-ci. D'une irrésistible envie dont on ne se passe plus, pour un petit plaisir qui se bonifie au fil des écoutes. 

Tracklist
01 - How Would It Be
02 - Les Envolées Sauvages
03 - I Don't Wanna Work
04 - Last Goodbye
05 - Lazy Day
06 - Rock in My Shoes
07 - Imparfait
08 - Nothing Better To Do
09 - Red (...)
10 - San Francisco
11 - Walking In The Space
12 - Souvenir of Love
13 - New Eyes (bonus)

18 mai 2018
10h10

www.facebook.com/ellafoylegroupe
www.ellafoy.fr

23 août 2018

Miossec - 1964

Une nuit, j'ai rencontré une deuxième fois Christophe Miossec.
Un samedi soir perdu au milieu d'immenses écharpes de fumée dans ma petite piaule d'adulte encore trop jeune pour ce monde, j'ai poussé la curiosité un peu plus loin que d'habitude. Violence. Dans le cœur de ce samedi soir particulier, on pouvait entendre le mien battre très fort jusqu'au bout de la nuit.


Miossec faisait déferler ses mots, ses histoires, ses peines, sa pudeur, sa rage, tout ce qu'il avait sur le cœur, tout ce qu'il avait au fond de sa bière, tout ça droit sur moi, tout ça droit sur ma solitude nocturne. M'enivrant d'alcool et de mélodies, je l'écoutais me conter les chroniques d'une vie écorchée. Envahi par la mélancolie, pétrifié d'admiration dès le premier round. Je m'en vais... Faux calme, immobile parce que pudique, Miossec m’enfonçait dans le souterrain de mes propres souvenirs peuplés de fantômes, d'échecs amoureux, de désastres sentimentaux... D'une puissance obscure, cette chanson de rupture n'était pourtant rien d'autre que l'une des plus belles déclarations d'amour que j'avais pu entendre jusqu'alors et pour toujours. De partir au bon moment, de partir avant que...  Je m'en vais car l'on s'est vu voler / Je m'en vais avant que l'on ne puisse atterrir / Je m'en vais car l'on s'est tant aimé / Je m'en vais bien avant de te détruire... Dans le fond du canapé, le casque sur les oreilles, je crois que j'avais une étoile au coin de l’œil qui s'était mise à briller comme un diamant aux premières notes de Brest. Une larme venue du ciel. La Rade pas trop loin, ce fût une houle sentimentale dans mon crâne, comme je n'en avais jamais vécu jusqu'alors et pour toujours. Une minute trente plus tard, à ce moment-là précis, je l'ai définitivement aimé en un battement de cils. Ceci n'est pas un manifeste / Pas même un sermon, encore moins une messe / Mais il fallait bien qu'un jour je disparaisse / Doit-on toujours protéger l'espèce ? Et puis, sans avoir le temps de me tourner vers une prochaine nuit, les autres morceaux m'ont aspiré en me donnant le courage de croire à la poésie dans cette vie, une poésie aussi belle que l'orchestration sur Désolé pour la poussière. Une envolée de cordes pour sauver l'idiot qui ne l'avait jamais prise dans ses bras, comme un imbécile qui risque de ne jamais la revoir. Oh Rose, comme s'en vont les choses... Quelques mois après avoir pris une claque en tombant amoureux de l'album Baiser, j'ai balancé mon corps dans une nouvelle et rude épreuve. Je m'en souviens comme si c'était hier, il y a bientôt quinze ans... Je me souviens de la dévastation qui a suivi la découverte de ce disque. Parce que c'est vif dans ma mémoire comme une chair éclatée, les cicatrices sur l'âme, parce que cet album aussi, a secoué ma sensibilité. Il était bientôt trois heures du mat ... Cet album, c'était comme un dernier rempart, c'était ce qu'il y avait de mieux quand il n'y a personne.


1964 fut le deuxième album que j'ai découvert de Miossec, l'élément déclencheur d'une fantastique aventure garnie d'émerveillement, de concerts, d'albums à découvrir, d'amour pour les mots,  pour la vie écorchée. Instaurons l'état d'urgence / Des missions de reconnaissance / Ne restons plus sur nos défenses / Nos pavillons de complaisance / Engageons-nous dans la résistance... Je me suis resservi un verre... Dis-moi, à qui tu penses ? A quoi bon se mentir ? A ce rythme-là, j'ai vu le soleil se lever...

Tracklist
01 - Je m'en vais
02 - Rose
03 - Brest
04 - Essayons
05 - Ta chair ma chère
06 - Rester en vie
07 - Le stade de la résistance
08 - Désolé pour la poussière
09 - En quarantaine
10 - Dégueulasse
11 - Les gueules cassées
12 - Pentecôte

01 mars 2004
[Pias]

www.christophemiossec.com

15 août 2018

Break musical à Brest

Voyage musical à Brest (et un peu autour), terre de rock au bout du bout cerné par l’océan. Ma petite sélection de ces groupes et ces artistes de là-bas que j'aime bien, beaucoup ou passionnément. Une playlist portuaire qui sent bon les nuits rue de Siam...  




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Poursuivez mon tour de France :
Break musical à Toulouse : https://play.soundsgood.co/playlist/break-musical-a-toulouse
photographie : Le Vauban - la salle de concerts © FS / ATB - CRTB

30 juillet 2018

La sélection de juillet 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.


                                       ~


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27 juillet 2018

Keith Kouna - Bonsoir Shérif

Avec la parution de Bonsoir Shérif, Keith Kouna nous propose un quatrième album aux saveurs punk-rock méticuleusement concoctées. Avec énormément de panache pour une grosse dose de vitriol dans la face. Ça brûle et ça fait du bien, moi qui me suis éloigné depuis longtemps de cette scène-là...


Comme en témoigne cette galette thématique et idéale pour toute une génération de révoltés, la démarche artistique de Keith prône le mouvement. Celui de mots incisifs accompagnés de guitares et de basse hurlantes, de batterie organique et de thèmes du quotidien avec ses déboires et ses joies, tout ça s’unissent en totalité dans un univers punk-rock 80/90's finalement contemporain. Bonsoir Shérif est un capharnaüm de morceaux engagés, un peu enragés aussi, alliant différents souffles. avec sa propre poésie et sa justesse de ton, l'artiste frappe à la gueule du monde à coup de musique rentre-dedans. À la façon de Ding Dang Dong, premier titre là pour nous réveiller. C'est drôle sur le coup, mais ce qui va suivre sera encore plus efficace, où toutes les chansons défilent pour nous éveiller face à cette époque qui nous endort, ce monde de marde, comme ils disent. Sans pour autant faire la morale, Keith hurle à qui veut bien comprendre. Je ne pourrais passer sous silence certaines ballades époustouflantes comme la magnifique, la sublime, la puissante Berceuse en fin d'album. Tantôt incisives donc, tantôt posées, les portions instrumentales de Bonsoir Sherif varient agréablement de morceau en morceau. Tout au fil de l’album, Kouna assume et intensifie ses propos comme avec le cas Vaches, critiquant discrètement les membres de la société. Si les autres morceaux semblent me cantonner dans une certaine tradition punk, le propos, lui, reste toujours incisif. "Coup de gueule contre la connerie générale, les rectums en chefs, les gérants d'estrades, les bons citoyens, les gourous politiques, religieux et médiatiques, leurs ouailles en colère et tous ceux prêts à tuer ou mourir pour un pays, pour une croyance, pour du fric ou pour avoir le dernier mot". Perte de repères sociaux, idéologies politiques désespérantes, désabusement et désespoir face à l’état des lieux de cette planète qui part en sucette en ces temps troubles de sécurité absolue, d'extrémismes de tout bord, d'idées et d'opinions qui nous enfonce un peu plus chaque jour dans la peur et la haine, les thèmes explorés trouvent la faille en moi pour me mettre une claque dans la tronche. Moi ou eux. Tous en général. Pour le coup, Keith Kouna exprime une saine colère tout à fait justifiée compte tenu du contexte actuel. Et ça fait du bien, pour toutes les générations confondues. Me replongeant dans mes amours pour les bérus, les Shériff, Guérilla Poubelle, ou encore de l'autre côté de l'atlantique avec Eric Panic, cet album pouvant révolutionner certaines consciences un peu trop faibles, est attachant par son mérite d’être d’une sincérité incontestable. Et puis, afin de solliciter tous nos sens, la pochette et le livret est un vrai régal pour les yeux... À caresser allègrement.


Ne connaissant pas Keith Kouna avant de découvrir ce nouvel album, l'auteur-compositeur-interprète irrévérencieux m'offre le temps de dix chansons, un retour tout à fait pertinent sur la scène alternative punk française, que j'ai fort apprécié.

Tracklist
01 - Ding Dang Dong
02 - Shérif
03 - Vaches
04 - Poupées
05 - Congo
06 - Pays
07 - Doubidou
08 - Marie
09 - Madame
10 - Berceuse

08 juin 2018
Ambiance Anbigües / Ulysse

26 juillet 2018

Cali chante Léo Ferré

C’est difficile pour un chroniqueur amateur comme moi de se lancer dans la critique d’une œuvre qui touche de loin ou de près quelqu'un d'aussi immense et impressionnant que Léo Ferré. Comme le dit Cali, Léo c'est une montagne. Comme le catalan, je suis au pied de l'Everest, et ce n'est jamais facile de tenir en équilibre sur les mots de Ferré, tant ils donnent le vertige.


A l'aube de ses cinquante ans, Cali a voulu se faire plaisir en posant sa valise dans le fameux Studio Pigalle. Si le chanteur a réussi depuis longtemps à me conquérir avec quelques albums sublimes (L'amour parfait, Menteur, Vernet Les Bains...), il arrive encore a me surprendre. Parce que cette galette, aussi belle que le visuel signé Yann Orhan, est une tornade d'émotions, une violence de sentiments. Parce qu'honnête. Parce qu'amoureux. Parce qu'il y a la puissance des mots de Léo Ferré accompagnée par l'intensité du piano du grandiose Steve Nieve, de la guitare de François Poggio, et Cali, ses cris déchirants à noyer votre âme, ses murmures à vous briser le cœur, sous l'ombre bienveillante et puissante qui plane de son idole... 
L'album débute avec C'est extra. C'est extra et c'est juste beau. Ça se prend en plein cœur, ça vous attrape les tripes et vous met les frissons. Introduction parfaite. Cette œuvre profonde de 1969 devant laquelle nous avons toujours l’impression de toucher l’essence de quelque chose de puissant, parfois indicible mais immuable malgré le temps qui passe, les époques qui changent. Une introduction qui me transporte beaucoup plus loin que la simple écoute. L'enfance, La mélancolie ces œuvres belles et poignantes qui sollicitent nos fonctions les plus timorées de l'amour pour les mots... Piano magistral couché d'un chant naviguant dans les sentiments forts de chaque mot. Quand la douceur s'estampe, le rock qui sommeil en Cali se fait sentir. Ainsi, la dimension rageuse de Ils ont voté, de Vingt ans, de Ni dieu Ni maître devient de plus en plus évidente au fur et à mesure que l’ambiance se rapproche du dynamisme révolté du grand maître. Un poing serré, levé vers le ciel, l'autre main sur le cœur pour le poète aux mots qui s'enlacent et s'entrechoquent, qui jouent entre eux, et les notes qui tissent les mélodies en vagues qui submergent tout. Submerger c'est le mot. Je suis terriblement vite submergé quand les premières notes de piano annoncent Les anarchistes, ou quand la voix de Cali danse sur Jolie Môme, quand elle récite La mémoire et la mer, quand elle scande Thank you Satan. Voilà l’audace de Cali, son audace fougueuse quand il attrape les souvenirs de ses goûts étoilés pour les balancer dans nos cœurs brûlants. Et puis l'ultime délice, l'ultime merveille. Avec le temps. Une évasion hors du temps. Comme un rappel vers la poésie de Léo Ferré. Une voix lente, envoûtante, mêlée à des accords parfaits et à ces paroles à la fois sensibles et déchirantes. Un dernier cadeau, la présence de Mathieu Ferré pour la lecture du poème très peu connu de son père : L'amour est dans l'escalier sur une improvisation émouvante de Steve et François...


Cali capte avec tendresse l'oeuvre de Léo Ferré dans une étreinte poignante faite d'émerveillements et de frissons, où naît l’instant magique de l’excellence... Un album hommage poignant, honnête, faisant passer mon vertige en apesanteur, où l’intime transparence de Cali ravage mon cœur de poésies. Bouleversant.  

Tracklist
01 - C'est extra
02 - L'enfance
03 - Vingt ans
04 - La mélancolie
05 - Ils ont voté
06 - Ni dieu Ni maître
07 - Les anarchistes
08 - Les étrangers
09 - Thank you Satan
10 - Jolie môme
11 - La mémoire et la mer
12 - Les poètes
13 - Paris je ne t'aime plus
14 - Le flamenco de Paris
15 - Avec le temps
16 - L'amour est dans l'escalier

05 octobre 2018
BMG

www.facebook.com/brunocali
www.calimusic.fr

13 juillet 2018

Bancal Chéri

La récréation sonne pour Dimoné, Nicolas Jules, Imbert Imbert et Roland Bourbon. Dans la cour, les quatre copains comme cochons, vont se donner à cœur joie dans ce Bancal Chéri foutraquement réjouissant.
L'histoire raconte que la fibre est née entre les compères lors du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué (Presque Oui, Yéti, Évelyne Gallet, Sarah Olivier, Jeanne Garraud et Patricia Capdevielle pour compléter la distribution) Deux dates de spectacles, pour finalement trois ans de tournée. Voilà Bancal Chéri : une cavalcade de quatre artistes aux courants musicaux différents mais pas si éloignés, offrant un univers électrique, effronté, libre, singulier, s'amusant des codes de chacun. Et une belle histoire d'amitié surtout. 
Qu’est-ce que tu dis ? ouvre le disque éponyme, et vient titiller mes sensations avec un rock sixties à la Bikini Machine frétillant et une écriture fine, un délice de vocabulaire. Puis La barbe à papa vient joliment casser le rythme et montre l'authenticité du jeu avec les genres. Du plaisir à l'écoute, et vraisemblablement aussi du plaisir à jouer pour les musiciens. Oscillant entre jazz et chanson, Les épaules donne envie de se dandiner, quand Screamin Jay Hawkins m'enfonce dans un blues aux paroles cyniques, au chant salvateur et aux chœurs langoureux. Du plaisir à l'écoute. Je me répète ? Ah bon. Mais c'est tellement vrai, et c'est tellement bon. Chacun apportant sa folie, chacun apportant sa poésie, chacun faisant mon bonheur derrière le micro. Dimoné m'explose avec son délire dans L'habitude enfin, Imbert Imbert me fait chialer avec sa douce Quand tu dis non... Et quand les chanteurs ne chantent pas, les musiciens jouent. Un morceau instrumental comme Glass Glock déboule aux milieux des pistes pour apporter encore plus d'épaisseur et de claques dans un album qui en possède déjà pas mal. Ces petites piqûres de contrebasse dans la nuque... frissons assurés... Le reste de l'album se passe de commentaires tant il ne demande qu'à être écouté, dégusté jusqu'à la dernière note, jusqu'au dernier mot. J'apprécie tout particulièrement l’entraînante La Vienne et les Deux-Sèvres parce que d'une, sur une musique de Village Green des Kinks et de deux, le chant baladant de Nicolas Jules est un régal. Enfin, pour finir en apothéose et montrer que Bancal Chéri a pris tous les chemins possibles sans risques et périls, il y a une chanson dont je ne me lasse pas, en boucle et à fond dans le casque : Natanaé et son mélange d'intonations, de cris du cœur, de chants en langues araméenne, arménienne et comanche qui s’entrechoquent pour délivrer un morceau fort, inspiré, aspirant et transcendant : un grand moment ! Comme l'ensemble de ce premier album, qui j'espère en appellera d'autres. 


Fantastique en puissance, Bancal Chéri fait assurément partie de ces projets parenthèse entre artistes, qui finissent par devenir indispensables, ceux qui ajoutent fièrement leur pierre à l'édifice de la richesse de la scène française. De l'émotion pure. 

Tracklist
01 - Qu'est-ce que tu dis
02 - La barbe à Papa
03 - Les épaules
04 - Screamin Jay Hawkins
05 - L'habitude enfin
06 - Quand tu dis non
07 - Glass Glock
08 - Les tampons de ouate
09 - Numéro lose bis
10 - Petite tête
11 - Natanaé
12 - La Vienne et les Deux-Sèvres
13 - Mounak

14 juin 2018
Label Printival

www.facebook.com/bancalcheri
www.bancalcheri.bandcamp.com


10 juillet 2018

Dalida by Ibrahim Maalouf

Je ne m'attendais pas spécialement à cet orage de sentiments. Cet album m'est tombé dessus comme un ciel agité d'une fin de journée caniculaire, qui orchestre un ballet de nuages intenses et envoûtants au-dessus de ma tête fiévreuse.


La belle du Caire et le magnifique de Beyrouth. Une rencontre qui s’annonçait intéressante pour un album hommage initié par Barclay mais qui me laissait quand même un peu insensible tant ces projets à la mode sont parfois lisse ou creux. M.Pokora à quand même repris Claude François, ne l'oublions pas. Et puis non. Ibrahim Maalouf qui s'aventure dans l'oeuvre de Dalida c'est une évasion vers la poésie assurée. Dès le premier morceau je l'ai compris. Alain Souchon que je n'écoute quasiment pas et qui reprend Bambino. Surprise ! D'une douceur et d'une sensibilité inattendue, une fable pour les cœurs étendus bercés par une trompette enivrante. Et de la lumière,  comme sur Paroles Paroles avec Matthieu Chedid et Monica Bellucci, sortez les ventilateurs, je suis au bord du . Parce que voilà, ces deux voix s'accordent à merveille sur cette chanson. C'est délicieux. Profond... Profondément délicieux quand la trompette entonne les premières notes de Il venait d'avoir dix-huit ans... Frissons... Apesanteur... une version instrumentale sobre pour une claque... La succulente Laissez-moi danser, reine des piste de danse au camping se transforme en véritable petit chef d’œuvre pour la vie. Dans une version piano-voix qui donne envie de chialer  tellement c'est beau, Izia s'offre le plaisir Le plus grand titre ou presque de cet album. Ou presque car Arno déboule avec l'une de ses plus belles interprétations en reprenant une chanson méconnue de la chanteuse populaire Je me repose dans une version vraiment bouleversante avec un final, à la trompette, monumental. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé cette album de reprises. Parce qu'il y a du cœur, de la sincérité, à l'image de ce magnifique Ibrahim Maalouf. Et de l'intensité, de l'amour intense, de la passion qui me transportent de bout en bout de l'album. Je me surprends à apprécier Thomas Dutronc avec Les gitans, Mika avec Salma Y Salama, et je suis tombé sous le charme et de la voix de Rokia Traoré qui reprend A ma manière avec le corps, avec les larmes, avec les sentiments qu'elle puise dans cette superbe chanson. Enfin, je ferme les yeux pour le dernier titre. Love In Portofino par Golshifteh Farahani... Et j'y vois tant d'images... Comme dans un film en Sicile, au bord de l'eau, juste ce qu'il faut de mots, deux corps qui s'aiment, équilibre paradisiaque. De la finesse, de la justesse et une orchestration musicale précieuse, que demander de plus !


Pour des raisons que je m'interdis de citer, je loue un véritable culte pour Dalida. Pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle vivait, pour la grâce qu'elle pouvait dégager... Trente ans après sa mort, Dalida by Ibrahim Maalouf est le plus bel et sincère hommage qui pouvait lui être rendu. Les étoiles s'alignent, je me remets l'album encore, encore et encore, je vois son sourire... 

Tracklist
01 - Bambino - Alain Souchon
02 - Come Prima - Ben L'oncle Soul
03 - J'attendrai - Melody Gardot
04 - Paroles Paroles - M & Monica Bellucci
05 - Il venait d'avoir dix-huit ans
06 - Laissez-moi danser -Izia
07 - Salma Y Salama - Mika
08 - Les Gitans - Thomas Dutronc
09 - A ma manière - Rokia Traoré
10 - Je me repose - Arno
11 - Interlude Dalida
12 - Love In Portofino - Golshifteh Farahani

17 novembre 2017
Disques Barclay

www.ibrahimmaalouf.com
www.facebook.com/ibrahim.maalouf

1 juillet 2018

Miossec - Finistériens

Ça sent la Bretagne.
Celle que l'on ne peut pas effacer, celle qui reste ancré à jamais dans le cœur et la mémoire. Ça sent les détails qui traînent dans la musique familière de Yann Tiersen, ça sent les mots écorchés et poétiques de Christophe Miossec, comme un signe, comme une croix, une voix pour rester à la surface.


Ça sent le vent, la mer et la pluie. Les relents de spleen trop vite épuisé. Ces éléments d'un Finistère de caractère et d'histoires pas toujours ternes. C'était une époque où je traînais péniblement mes pompes dans le sud de la France, avant de venir, de revenir, de rentrer au bercail. C'est fou comme ça sent la Bretagne. Est-ce qu'il faut se sentir à bout pour se sentir enfin si bien ? 
Ça sent la bière, ça sent l'alcool comme antidépresseur. Ça sent la morosité, la rupture qui trop souvent, vous tranche le cœur. En deux ou en cendres. Heureusement ici, certains mots offrent une opportunité de vivre, d'y croire, d’espérer, de se questionner... Tous les dimanches, tous les dimanches / Je pense à toi et je pense à eux / Et je pense à nous et j'ai le cœur qui flanche / Après quoi courrons nous tous les dimanches, c'est la question qui me démange...  Ici l'artiste contemple au plus près toutes ces choses sombres de la vie qui flottent dans une détresse stagnante, dans une noirceur tendre qui lui ressemble terriblement, pour mieux effacer ce qui colle à la peau. Je n'en peux plus de cette vie-là / Je craquerai avant la fin du mois... 
Paradoxalement ça sent la douleur et ça sent l’apaisement. Entre chagrin et joie, pour ne pas rester à quai Je t'aime, je t'aime, je t'aime quand même / Même si tu m'as laissé sur le bord de la Seine, pour continuer d'aimer et par ricochet vivre. Ou survivre pour mieux intercepter les quelques éclats de lueurs qui pourraient éclaircir le ciel breton quand la tempête fait rage. Ça sent la nostalgie, la détresse. Ce soupir qui s'envole et va se perdre dans l'horizon d'un océan déchaîné. Ça sent la musique enfin. Celle qui fait chavirer, qui fait vibrer les cordes sensibles quand le cœur et l'âme s'enlacent dans une étreinte foudroyante. Ce sont les mélodies d'une averse soudaine un jour de soleil timide, incisives, pour les rêves très longs qui coulent sur nous comme un baume apaisant. Et en s'étirant, elle devient la bande-son à la fraîcheur d'un premier amour retrouvé, toujours sous l'orage qui gronde, sur la plage des sables blancs, immense est déserte de Concarneau. Je m'y retrouve seul contre les embruns, mais vivant. Se sentir vivant quand elle recouvre sur notre âme un voile de légèreté, et quand elle peut s'énerver un peu pour régénérer un rock plus sauvage, elle fait naître le sentiment mélancolique de l'album, que la nostalgie frappe au plus près. Quand j'écoute cet album, cette merveille, c'est pour avoir le cœur serré, aussi intensément serré que cette terre fragile et tourmentée par les cris des oiseaux de mer quand ils reviennent prés du rivage... Se sentir comme une fortune de mer qui dérive dans les rouleaux, en fredonnant un air qui rappelle la douceur des mots de ce beau Christophe Miossec...


Tracklist
01 - Seul ce que j'ai perdu
02 - Les joggers du dimanche
03 - Les chiens de paille
04 - A Montparnasse
05 - CDD
06 - Nos plus belles années
07 - Jésus au PMU
08 - Haïs-moi
09 - Fermer la porte
10 - Loin de la foule
11 - Une fortune de mer

14 septembre 2009
Pias

www.facebook.com/christophemiossec
www.christophemiossec.com

29 juin 2018

La sélection de juin 2018

En sélectionnant le meilleur de la musique actuelle, Break musical vous propose chaque mois des découvertes et des nouveautés à ne louper sous aucun prétexte.

                                       ~


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7 juin 2018

Jamie Gallienne - Under the radar

Un disque pour faire monter le volume, un disque qui donne la patate. Une fois les pieds mis dans cet univers pop-rock électrique et vivant, difficile d'en sortir avant le gong final. On y est, on y reste. Par la force des choses. De belles choses.


Biberonné aux Beatles, Kinks et autre Led Zep', l'Angevin n'a pas fait les choses à moitié pour son premier album en confiant la réalisation à Ken Stringfellow. S'il vous plaît. Le goût de la bonne musique du guitariste de REM a permis à Jamie Gallienne de bénéficier d'un son live puissant. Résultat ? Voilà un album inspiré et à forte personnalité.Ne perdez pas l'attention en l'écoutant, parce que tout est dans le détail. C'est agréable de découvrir des titres aussi organique, addictif, jamais froid et très loin d'être artificiel. Des morceaux qui brûlent à l'essence de nos sensations. Tantôt dandy chic, tantôt rockeur sexy, l'artiste nous dévoile en chansons les moments de doutes que l'on croise dans notre quotidien. Le sien, c'est la musique, alors au fil des titres, on découvre les facettes d'un musicien à la dualité assumée tout en épousant à la perfection les mélodies enivrantes, les riffs typés, l'énergie et la puissance d'un son qui va occuper tout l'espace d'un album à l'âme profonde. Sans oublier de parler de cette explosive batterie qui résonne dans le crâne et coule jusqu'au cœur à coup de pulsions dévastatrices, I Love To See You Dance par exemple, mais surtout Sophisticated Animal qui fait grésiller les enceintes de ma chaîne hi-fi tellement elles prennent du plaisir violent. Quel morceau ! Enfin, autre titre qui me mets dans un bel état est l'électrique Free Electron, morceau jubilatoire pour les membres de mon corps qui ne demandent qu'à être lâché. Bref, Under the radar est un album décapant, affirmé et sans complexe. A dévorer sans modération. 


Et s'il faut se frayer péniblement un chemin parmi toutes les dernières nouveautés pour espérer le croiser, je me permets d'admettre que Jamie Gallienne vient de sortir un très beau premier disque qui serait bien dommage pour vous, de passer à côté...

Tracklist
01 - Brain Twister
02 - I Love To See You Dance
03 - Key Man
04 - Brighter Days
05 - Bad Fluid
06 - Busy Bee
07 - Sisco Bay
08 - Sophisticated Animal
09 - Free Electron
10 - Sunday Driver

18 mai 2018
Let's Be Bop

6 juin 2018

«C’est toujours agréable d’être programmé sur ce genre d'évènement..»

Dudy c'est un DJ classieux qui fait sonner ses platines et remuer les têtes sur un son hiphop-electro singulier. Et lors du Printemps de Bourges 2018, il a bien voulu répondre à quelques questions de Renaud, l'envoyé spécial sur le festival pour Break musical... 

crédit photo Maeva Schamberger / illustration page facebook Dudy

Bonjour et pour commencer, c’est quoi et qui Dudy et peux-tu nous dire quand a commencé cette histoire ?
Le projet initial, je l’ai commencé en temps que DJ y a plus de 16 ans. Après, j’ai commencé à faire beaucoup plus de Scratch en y consacrant beaucoup de temps. J’ai composé y a longtemps puis je me suis remis sur le scratch, car je n’arrivais pas à faire les deux en même temps ! Et maintenant, aujourd’hui, je reviens sur la compo depuis un an, un an et demi en créant seul.

J’ai évolué en faisant des compétitions de Scratch. Je n’ai jamais été vers les concours DMC qui pour moi ne sont que technique et non musical. Je suis toujours allé vers des compétitions qui alliaient les deux, la musicalité et le technicité comme sur des compétitions comme RedBull Thre3Style ou le Rock Da Club.

Sinon j’ai bourlingué sur de nombreux festivals aux cotés d’artistes comme C2C, Pulpalicious, Birdy Nam Nam, Foreign Beggars, Datsik ou encore DJ Fly. J’ai sorti un deuxième EP en Avril 2017, un 4 titres qui s’appelle « Natural Knacker #2 » dont un morceau est signé avec les Puppetmastaz.


Comment composes-tu ?
Sur la composition, je compose avec Live Ableton, Platine Serato et clavier maitre, batterie électronique et mes influences viennent principalement du HipHop. Puis ensuite, je me suis intéressé à tout ce qui était utilisé dans le hiphop c’est-à-dire la Soul, la Funk et petit à petit je me suis ouvert sur tous les styles de musique… Sur le rock, sur le métal et du coup, ce que je compose est un peu un ressenti de tout ça même si cela reste très electro-hiphop.

Sur mes nouveaux sons, je ne sample plus et crée tout de A à Z, mais je pense revenir bientôt aux samples à ce côté hiphop duquel on ne se défait pas. Et quand je compose, je pense aussi et avant tout à comment je vais déstructurer le son pour y insérer le Scratch Musical.


Aujourd’hui tu es au Printemps de Bourges, comment vis-tu cela ? 
Je suis très content de jouer, là, à Séraucourt sur le Printemps de Bourges. Ça me réconforte dans l’idée que si on me fait jouer ici, c’est que cela doit plaire un minimum. Que mon projet est légitime. C’est toujours agréable d’être programmé sur ce genre d'évènement et de jouer devant différents publics et surtout devant les professionnels du métier qui sont très nombreux et curieux sur ce festival. Bref, c’est une très belle opportunité pour moi.


Des projets ?
Je vous inviter à venir me découvrir sur scène, car c’est la aussi qu’est l’énergie et c’est aussi tout un show accompagné chouette mapping vidéo. Vous pourrez me retrouver sur des festivals cet été et en tournée jusqu'à la fin de l’année.

Et en terme de projet, nous prévoyons un nouvel EP devrait sortir à la fin de l’année, restez à l’écoute.


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Interview réalisé par Renaud pour Break musical


 
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