Renaud - Amoureux de Paname (1975)

C’était sûrement le bon temps, ou peut-être juste un autre temps. 1975. Les cheveux longs, les pattes d’eph’, les pavés encore tièdes de Mai 68, mais déjà bien rangés sous le tapis. Les utopies commençaient à sentir le renfermé et les hippies rangeaient leurs colliers pour chercher du boulot. Pompidou était mort, Giscard débarquait avec son sourire de premier de la classe, et dans les bistrots, on parlait (déjà) de crise, d'écologie, de chômage et d’avenir en berne. Et puis y’a eu ce môme clope au bec sorti de nulle part. Un titi pas comme les autres, avec sa tignasse en bataille, gueule d'ange et ses mots qui claquaient comme des pavés sur le bitume. Il débarquait sans frime, sans orchestration à la con, juste une guitare en bandoulière et des histoires pleines de gouaille. Amoureux de Paname , ça s’appelait. Dès le premier titre éponyme c'était un pavé dans la mare, un album qui sentait la clope et le bitume mouillé. Écoutez-moi vous les ringards / Écologistes des grands ...